{"id":115590,"date":"2021-04-25T14:18:00","date_gmt":"2021-04-25T18:18:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/sur-les-traces-denayat-zayyat-leclairage-dune-vie\/"},"modified":"2021-04-25T14:18:00","modified_gmt":"2021-04-25T18:18:00","slug":"sur-les-traces-denayat-zayyat-leclairage-dune-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/sur-les-traces-denayat-zayyat-leclairage-dune-vie\/","title":{"rendered":"Sur les traces d\u2019Enayat Zayyat: l\u2019\u00e9clairage d\u2019une vie"},"content":{"rendered":"<p>Sur les traces d\u2019Enayat Zayyat, de l\u2019\u00e9crivaine \u00e9gyptienne Iman Mersal, publi\u00e9 d\u00e9but avril par Sindbad\/Actes Sud, vient d\u2019obtenir ce jeudi le Grand Prix du Sheikh Zayed Book Award, cat\u00e9gorie litt\u00e9rature, l\u2019un des plus importants prix mondiaux consacr\u00e9 \u00e0 la litt\u00e9rature et \u00e0 la culture arabes. Il a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 au Caire par Al Kotob Khan Library en 2019 sous le titre original \u2018F\u00ee athar \u2018Inay\u00e2t al-Zayyat\u2019.<\/p>\n<p>La laur\u00e9ate de ce prestigieux prix, Iman Mersal, est n\u00e9e au Caire en 1966. Titulaire d\u2019un doctorat en litt\u00e9rature arabe, elle enseigne aujourd\u2019hui la litt\u00e9rature arabe \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019Alberta, au Canada. Elle a d\u00e9j\u00e0 \u00e0 son actif une anthologie de ses po\u00e8mes publi\u00e9e \u00e9galement par Actes Sud en 2018 sous le titre Des choses m\u2019ont \u00e9chapp\u00e9.\u00a0 Pr\u00e9cisons aussi qu\u2019elle est actuellement en r\u00e9sidence \u00e0 Marseille comme titulaire de la Chaire Camus de l\u2019IMeRA.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il soit ordonn\u00e9 autour d\u2019un seul ordre de pr\u00e9occupation, \u00e0 savoir l\u2019histoire tragique d\u2019Enayat Zayyat, une jeune \u00e9gyptienne qui s\u2019est donn\u00e9 la mort en 1963 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 27 ans, \u00e0 la suite du refus par une maison d\u2019\u00e9dition \u00e9tatique de publier son premier manuscrit, L\u2019amour et le silence, publi\u00e9 apr\u00e8s sa mort en 1967.\u00a0 Cet ouvrage connut un succ\u00e8s plut\u00f4t \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Iman Mersal l\u2019avait d\u00e9couvert par hasard dans les ann\u00e9es 1990.\u00a0 Vingt ans plus tard, elle d\u00e9cida d\u2019enqu\u00eater sur le parcours et la fin tragique de la jeune auteure.<\/p>\n<p>Sur les traces d\u2019Enayat Zayyat est volumineux (288 pages), difficile \u00e0 classer.\u00a0 En effet, il se pr\u00e9sente comme une sorte d\u2019approche anthropologique bas\u00e9e sur l\u2019observation, les r\u00e9cits de vie, et l\u2019histoire de l\u2019Egypte, sur les multiples raisons ayant pouss\u00e9 la jeune femme au suicide, en particulier ses d\u00e9boires conjugaux et sa d\u00e9pression, ainsi que sur les longues et minutieuses enqu\u00eates d\u2019Iman Mersal, ses interviews, ses coups de fil, et ses rencontres avec des hommes et des femmes de tous bords, \u00e9pluchant les archives de la presse, visitant les rues, les lieux habit\u00e9s ou fr\u00e9quent\u00e9s par la jeune Enayat, et m\u00eame les cimeti\u00e8res cairotes, constamment \u00e0 la recherche du moindre indice sur le pass\u00e9 et le suicide de la jeune femme.<\/p>\n<p>Bien que personne ne puisse pr\u00e9voir et maitriser tous les \u00e9v\u00e9nements, la vie de chacun, a-t-on dit, est \u00e9clair\u00e9e par des signes. Pour tenter de relever ceux qui ont balis\u00e9 la vie de la jeune Enayat, et mettre \u00e0 nu les \u00e9tats d\u2019\u00e2me du comportement humain, Iman Mersal s\u2019est d\u2019abord entretenue avec les parents et autres connaissances, en particulier, Nadia Lutfi, la c\u00e9l\u00e8bre actrice \u00e9gyptienne des ann\u00e9es 1950 et 1960, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 83 ans. Elle \u00e9tait l\u2019amie la plus proche d\u2019Enayat. Comme son vrai nom, Paula Mohamed Mostafa Shafiq, ne convenait pas au cin\u00e9ma, elle avait emprunt\u00e9 pour la sc\u00e8ne le nom du personnage de Nadia Lutfi, que joue son amie Faten Hamama dans le film Je ne dors plus d\u2019Abdel-Qoddous (1957).<\/p>\n<p>Pour faire preuve de plus d\u2019objectivit\u00e9 et s\u2019imposer un retour r\u00e9flexif sur les raisons de son choix, Iman Mersal\u00a0 se r\u00e9f\u00e8re toujours consciencieusement \u00e0 l\u2019ouvrage d\u2019Enayat :<br \/><em>\u00ab Dans L\u2019Amour et le Silence, l\u2019amie intime de Nagla, s\u2019appelle Nadia. Elles sont amies depuis l\u2019\u00e9cole, Nadia soutient Nagla quand elle d\u00e9prime : elle va la voir chez elle, l\u2019encourage \u00e0 sortir et \u00e0 travailler\u2026 \u00bb<\/em> (p.5)<\/p>\n<p>Aussi, pour \u00e9voquer des souvenirs communs de jeunesse des deux amies, Enayat et Paula Mohamed Mostafa Shafiq, d\u00e9veloppe-t-elle en d\u00e9tail l\u2019enqu\u00eate qu\u2019elle a men\u00e9e pour rencontrer cette derni\u00e8re :<\/p>\n<p>\u00ab J\u2019avais eu le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone de Nadia Lutfi par un ami journaliste, Mohammed Shair, mais il m\u2019a fallu un an avant de trouver le courage de l\u2019appeler du Canada, le 14 septembre2014. Je venais de trouver une interview intitul\u00e9e : <em>\u00ab Nadia Lutfi r\u00e9v\u00e8le ce qui a pouss\u00e9 Enayat\u00a0 Zayyat au suicide \u00bb<\/em>, publi\u00e9e dans l\u2019hebdomadaire Al-Mussawwer dat\u00e9 du 16 mai 1967 moins de. Deux mois apr\u00e8s la parution du roman. Dans le chapeau, Foumil Labib \u00e9crit : <em>\u00ab Nadia Lutfi \u00e9tait la confidente de l\u2019autrice de L\u2019Amour et le Silence. Elle conna\u00eet tout de la trag\u00e9die de la plume qui s\u2019est bris\u00e9e avant de coucher sur le papier tout ce qu\u2019elle avait \u00e0 dire. \u00bb<\/em> Nadia raconte comment elles se sont connues\u2026 \u00bb (pp.49-50)<\/p>\n<p>Sur les traces d\u2019Enayat Zayyat m\u00e9rite amplement le Grand Prix du Sheikh Zayed Book Award. Traduit par l\u2019arabisant bien connu Richard Jacquemond, il est agr\u00e9able \u00e0 lire. Le lecteur pourra y d\u00e9couvrir non seulement l\u2019\u00e9clairage de la vie d\u2019Enayat, sa r\u00e9sistance au malheur et sa lutte contre le d\u00e9sespoir, mais aussi une profusion de d\u00e9tails sur la politique, culturelle et surtout sociale de l\u2019Egypte, comme, par exemple, ce chapitre o\u00f9 Iman Mersal aborde le probl\u00e8me du divorce ; l\u2019ensemble renfor\u00e7ant la cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e0 ses propos.<\/p>\n<p><em><strong>Iman Mersal,\u00a0 Sur les traces d\u2019Enayat Zayyat, r\u00e9cit traduit de l\u2019arabe (Egypte) par Richard Jacquemond, Sindbad\/Actes Sud, avril 2021, Paris.<\/strong><\/em><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p class=\"c2\"><strong>Rafik Darragi<\/strong><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/31779-sur-les-traces-d-enayat-zayyat-l-eclairage-d-une-vie\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur les traces d\u2019Enayat Zayyat, de l\u2019\u00e9crivaine \u00e9gyptienne Iman Mersal, publi\u00e9 d\u00e9but avril par Sindbad\/Actes Sud, vient d\u2019obtenir ce jeudi le Grand Prix du Sheikh Zayed Book Award, cat\u00e9gorie litt\u00e9rature, l\u2019un des plus importants prix mondiaux consacr\u00e9 \u00e0 la litt\u00e9rature et \u00e0 la culture arabes. 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