{"id":115704,"date":"2021-04-27T05:18:00","date_gmt":"2021-04-27T09:18:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lexegese-des-textes-bibliques-et-les-decouvertes-archeologiques\/"},"modified":"2021-04-27T05:18:00","modified_gmt":"2021-04-27T09:18:00","slug":"lexegese-des-textes-bibliques-et-les-decouvertes-archeologiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lexegese-des-textes-bibliques-et-les-decouvertes-archeologiques\/","title":{"rendered":"L\u2019ex\u00e9g\u00e8se des textes bibliques et les d\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques"},"content":{"rendered":"<p class=\"c3\"><span class=\"c2\"><em><strong><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Ammar-Mahjoubi(18).jpg\" width=\"20%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"left\" alt=\"\"\/>Par Ammar Mahjoubi &#8211;<\/strong><\/em><\/span> <strong>La Bible est un ensemble de livres religieux, dont la r\u00e9daction s\u2019est \u00e9tal\u00e9e sur une dur\u00e9e longue d\u2019environ dix si\u00e8cles, entre le XIIe et le IIe si\u00e8cle avant le Christ. Elle r\u00e9unit trois composantes d\u00e9sign\u00e9es par le sigle TNK, T pour \u00abTorah\u00bb ou Pentateuque, N ou \u00ab Neviim\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ables Proph\u00e8tes\u00bb, et K pour \u00abKetouvim\u00bb, \u00ables Ecrits\u00bb (\u062a\u0648\u0631\u0627\u062a\u060c \u0623\u0646\u0628\u064a\u0627\u0621\u060c \u0643\u062a\u0627\u0628\u0627\u062a).<\/strong><\/p>\n<p class=\"c3\">Le dernier livre, celui de Daniel, date de 164 av. J.-C. Prestigieuse, v\u00e9n\u00e9r\u00e9e, d\u00e9clar\u00e9e d\u2019essence divine, la compilation \u00e9tait alors consid\u00e9r\u00e9e comme parole c\u00e9leste, recueillie dans le \u00abLivre\u00bb par excellence, tel \u00e9tait le sens du mot \u00abBible\u00bb. Autorit\u00e9 divine, elle fut reconnue par l\u2019Eglise chr\u00e9tienne naissante, qui ne tarda pas \u00e0 joindre \u00e0 la Bible h\u00e9bra\u00efque un autre recueil d\u2019\u00e9crits v\u00e9n\u00e9rables, r\u00e9dig\u00e9s par les premi\u00e8res communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes. A l\u2019\u00abAncien Testament\u00bb, qui d\u00e9signa d\u00e9sormais la Bible juive, s\u2019ajouta donc le \u00abNouveau Testament\u00bb, qui comprit les \u00abEvangiles\u00bb,\u00a0 les \u00abActes des Ap\u00f4tres\u00bb, les \u00ab Ep\u00eetres\u00bb et \u00abl\u2019Apocalypse de Jean\u00bb. Ce nouvel ensemble de livres fut tenu, lui aussi, pour divin et consid\u00e9r\u00e9 comme la r\u00e8gle fondamentale de la foi.<\/p>\n<p class=\"c3\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Dani\u00e8l.jpg\" width=\"40%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"right\" alt=\"\"\/>Tant \u00e0 l\u2019\u00e9poque antique qu\u2019au Moyen Age, s\u2019ajout\u00e8rent \u00e0 ces deux recueils, par les Juifs comme par les Chr\u00e9tiens, d\u2019innombrables commentaires dogmatiques et th\u00e9ologiques. L\u2019ex\u00e9g\u00e8se y \u00e9tait toutefois limit\u00e9e, \u00e9troitement circonscrite par le cr\u00e9do de leur inspiration divine. Il fallut ainsi attendre la Renaissance. Il en fut alors autrement, car rien n\u2019emp\u00eacha plus les philologues de traiter la Bible, en tant que recueil de textes antiques, tout comme \u00e9taient trait\u00e9s, examin\u00e9s et discut\u00e9s tous les documents grecs et latins, selon les m\u00eames m\u00e9thodes et avec la m\u00eame \u00e9mancipation de toute contrainte. La R\u00e9forme, en m\u00eame temps, accrut l\u2019int\u00e9r\u00eat et la ferveur pour la lecture des textes sacr\u00e9s. Mais les approches nouvelles d\u2019aborder l\u2019\u00e9tude des textes bibliques, dans leurs langues originales et avec toutes les ressources de la science philologique, ne manqua pas de susciter la m\u00e9fiance, puis l\u2019hostilit\u00e9 des adeptes, d\u00e9fenseurs de l\u2019ex\u00e9g\u00e8se th\u00e9ologique traditionnelle. Lorsque le roi de France Fran\u00e7ois Ier cr\u00e9a en 1530 le Coll\u00e8ge de France, les \u00ab lecteurs royaux \u00ab, qui commenc\u00e8rent l\u2019\u00e9tude des textes sacr\u00e9s \u00e9crits en h\u00e9breu et en grec, furent rudement attaqu\u00e9s par la Sorbonne. Il fallut recourir \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 royale, pour prot\u00e9ger les professeurs du Coll\u00e8ge et pr\u00e9server les \u00e9tudes. Rabelais, champion des temps nouveaux, \u00e9crivit, dans \u2018\u2019la Lettre de Gargantua \u00e0 Pantagruel\u2019\u2019 : \u00abJ\u2019entends et veulx que tu apprennes les langues parfaitement. Premi\u00e8rement la grecque, comme veut Quintilien ; secondement la latine ; et puis l\u2019h\u00e9bra\u00efque pour les saintes lettres et la chalda\u00efque et arabique pareillement\u00bb.<\/p>\n<p class=\"c3\">Ce n\u2019est qu\u2019au prix d\u2019une lutte acharn\u00e9e, autant que patiente et courageuse, que les approches nouvelles des Ecritures purent s\u2019imposer. En 1610, Spinoza dans son\u00abTractus th\u00e9ologico-politicus\u00bb revendiqua vigoureusement le droit \u00e0 une interpr\u00e9tation rationnelle des textes bibliques et dressa, avec une rigueur exemplaire, un programme complet d\u2019\u00e9tudes de ces textes. Mais il fut chass\u00e9 de la Synagogue et Richard Simon, qui avait \u00e9crit une\u00a0 \u00abHistoire critique du Vieux Testament\u00bb en 1678, s\u2019exposa aux pers\u00e9cutions de Bossuet et fut exclu de l\u2019Oratoire. Au XVIIIe si\u00e8cle, c\u2019est en Allemagne et gr\u00e2ce aux succ\u00e8s de l\u2019\u00bbAufkl\u00e4rung\u00bb, que se d\u00e9veloppa l\u2019ex\u00e9g\u00e8se critique. Les professeurs de Halle, G\u00f6ttingen et Leipzig purent montrer que les Ecritures ne pouvaient \u00eatre comprises th\u00e9ologiquement que si, au pr\u00e9alable, elles l\u2019\u00e9taient grammaticalement et philologiquement. Le probl\u00e8me fondamental, \u00e0 cette \u00e9poque \u00e9tait celui de l\u2019origine et de la composition du Pentateuque, c\u2019est-\u00e0-dire des cinq premiers livres de la Bible.<\/p>\n<p class=\"c3\">L\u2019ex\u00e9g\u00e8se se heurtait \u00e0 une tradition antique qui, depuis les d\u00e9buts de l\u2019\u00e8re\u00a0 chr\u00e9tienne, attribuait ces \u00e9crits tout entiers \u00e0 Mo\u00efse. Jusqu\u2019\u00e0 la fin du Moyen Age, cette attribution s\u2019\u00e9tait impos\u00e9e \u00e0 la Synagogue comme \u00e0 l\u2019Eglise. Mais au XVIe si\u00e8cle, les doutes commenc\u00e8rent \u00e0 s\u2019insinuer \u00e0 la faveur tant de la R\u00e9forme que de la Renaissance. En 1651, Th. Hobbes dans son \u00abLeviathon\u00bb \u00e9crivit que \u00ables cinq livres de Mo\u00efse ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits apr\u00e8s son \u00e9poque, bien qu\u2019on ne voie pas clairement combien de temps apr\u00e8s\u00bb. En 1670, Spinoza affirma courageusement que le Pentateuque ne doit pas \u00eatre attribu\u00e9 \u00e0 Mo\u00efse, mais \u00e0 un autre auteur qui vivait bien plus tard, au temps de l\u2019Exil \u00e0 Babylone : \u00abIl est plus clair que le jour, d\u2019apr\u00e8s tous ces passages, que ce n\u2019est point Mo\u00efse qui a \u00e9crit le Pentateuque, mais bien un autre \u00e9crivain post\u00e9rieur \u00e0 Mo\u00efse de plusieurs si\u00e8cles.\u00bb (Baruch Spinoza, \u00abTrait\u00e9 th\u00e9ologico-politique\u00bb, 1670). Spinoza ajoutait que l\u2019ensemble de ces textes rassemblait des \u00e9l\u00e9ments d\u2019origines diverses et n\u2019\u00e9taient gu\u00e8re homog\u00e8nes.<\/p>\n<p class=\"c3\">Au XIXe si\u00e8cle, c\u2019est surtout gr\u00e2ce \u00e0 la critique biblique convaincante de J. Wellhausen que rien ne subsista plus de \u00abl\u2019authenticit\u00e9 mosa\u00efque\u00bb qui avait si longtemps pr\u00e9valu. Ce professeur r\u00e9put\u00e9 de la facult\u00e9 de th\u00e9ologie de Greifswald exposait, pour expliquer l\u2019origine du Pentateuque, un syst\u00e8me d\u2019une simplicit\u00e9 s\u00e9duisante et d\u2019une coh\u00e9rence parfaite, qui re\u00e7ut partout, en Allemagne, aux Etats-Unis, en Angleterre et m\u00eame aussi en France, un accueil des plus favorables. L\u2019orthodoxie catholique elle-m\u00eame, apr\u00e8s l\u2019avoir longtemps condamn\u00e9, avait fini par admettre certaines parmi ses conclusions principales, m\u00eame si les critiques n\u2019avaient cess\u00e9 de discuter et de contester certains points de vue d\u2019un syst\u00e8me d\u2019explication vieux \u00e0 pr\u00e9sent de plus d\u2019un si\u00e8cle. De toute fa\u00e7on, plus personne ne cautionne, parmi les ex\u00e9g\u00e8tes et les historiens, l\u2019attribution \u00e0 Mo\u00efse d\u2019une quelconque paternit\u00e9 de la Thora. L\u2019expos\u00e9 de Wellhausen, qui b\u00e9n\u00e9ficiait en partie des travaux de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs et n\u2019avait cess\u00e9 d\u2019\u00eatre r\u00e9vis\u00e9, reconnaissait dans le Pentateuque quatre apports principaux.: le \u00abYahviste\u00bb et \u00abl\u2019Elohiste\u00bb, qu\u2019il avait dat\u00e9s des IXe et VIIIe si\u00e8cles av. J.C., le \u00abDeut\u00e9ronomiste\u00bb, contemporain de la R\u00e9forme, en 622 av. J-C., du roi Josias et le \u00abSacerdotal\u00bb, de l\u2019\u00e9poque post\u00e9rieure \u00e0 l\u2019Exil.<\/p>\n<p class=\"c3\">Sans exception, tous ces travaux \u00e9taient essentiellement philologiques. Ils scrutaient minutieusement le texte biblique, l\u2019expliquaient, mais sans d\u00e9passer les limites de la critique linguistique. Alors que les progr\u00e8s exceptionnels de l\u2019arch\u00e9ologie orientale, depuis le XIXe si\u00e8cle, ne cessaient de procurer une foule d\u2019informations nouvelles. Tous les pays voisins de l\u2019antique Isra\u00ebl, tous les peuples cit\u00e9s par la Bible \u00e9taient concern\u00e9s. Les fouilles mettaient au jour des millions de tablettes, de supports en marbre ou en pierre, couverts d\u2019inscriptions de mieux en mieux d\u00e9crypt\u00e9es, de plus en plus d\u00e9chiffr\u00e9es et comprises. Textes, monuments et aussi outils, ustensiles et bibelots informaient, d\u00e9voilaient les croyances, la soci\u00e9t\u00e9 de ces peuples, leur vie \u00e9conomique et leurs cultures. Bien avant les \u00e9crits de la Bible, l\u2019histoire ancienne du pays de Canaan, de la M\u00e9sopotamie et de l\u2019Egypte pharaonique \u00e9tait \u00e9clair\u00e9e, document\u00e9e. Il serait injuste de reprocher \u00e0 Wellhausen, ou au cheikh Tahar Ben Achour, auteur d\u2019un remarquable \u00abTafsir\u00bb du Coran, d\u2019avoir ignor\u00e9 les apports souvent d\u00e9cisifs de l\u2019arch\u00e9ologie, qui \u00e0 leur \u00e9poque n\u2019avait pas encore franchi l\u2019\u00e9tape de ses d\u00e9buts. Mais il \u00e9tait devenu \u00e9vident que la reconsid\u00e9ration de nombre de questions \u00e9tait devenue n\u00e9cessaire. Il \u00e9tait devenu indispensable et ind\u00e9niable d\u2019entreprendre une mise \u00e0 jour de la philologie des ex\u00e9g\u00e8tes, \u00e0 la lumi\u00e8re des documents nouveaux.<\/p>\n<p class=\"c3\">Ces donn\u00e9es nouvelles qui documentaient toute la r\u00e9gion de l\u2019antique Isra\u00ebl appelaient maintes comparaisons avec la Bible. Nombre de chercheurs europ\u00e9ens afflu\u00e8rent donc, \u00e0 partir de la fin du XIXe si\u00e8cle, en Terre sainte, avec la seule intention ou presque de consolider les indications de l\u2019Ancien Testament et fournir des supports au Nouveau. L\u2019arch\u00e9ologie, en Palestine, ses d\u00e9buts, devint ainsi une annexe de la recherche biblique. L\u2019arch\u00e9ologue amateur Mosh\u00e9 Dayan, qui \u00e9tait surtout un collectionneur insatiable, transforma sa maison en un v\u00e9ritable mus\u00e9e biblique, accumulant un nombre consid\u00e9rable d\u2019objets exhum\u00e9s de ses \u00abfouilles\u00bb, et m\u00eame d\u00e9rob\u00e9s ou acquis. Un autre chef d\u2019Etat-major, parmi les proches de Ben Gourion, le g\u00e9n\u00e9ral Yigael Yadin, mena des fouilles dans des sites prestigieux, \u00e0 Hazor, Megiddo et Massada. Mais le plus c\u00e9l\u00e8bre, parmi ces arch\u00e9ologues amateurs, \u00e9tait sans doute l\u2019Am\u00e9ricain William E. Albright qui, \u00e0 partir de 1920, fouilla sans rel\u00e2che, dans le seul but de d\u00e9fendre sa th\u00e8se de la fiabilit\u00e9 du r\u00e9cit biblique, faisant des \u00e9mules parmi les arch\u00e9ologues isra\u00e9liens qui lui succ\u00e9d\u00e8rent. Ses r\u00e9f\u00e9rences, pour dater les vestiges mis au jour, \u00e9taient la migration d\u2019Abraham vers Canaan, le d\u00e9part de Jacob vers l\u2019Egypte, la p\u00e9riode d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e florissante du roi Salomon\u2026.Concluant dans son livre sur \u00abL\u2019Arch\u00e9ologie en Palestine\u00bb : \u00abApr\u00e8s un long silence, l\u2019arch\u00e9ologie a enfin confirm\u00e9 la tradition biblique de fa\u00e7on cat\u00e9gorique.\u00bb. Yadin n\u2019\u00e9tait pas en reste pour montrer que la \u00abscience mat\u00e9rielle\u00bb du pass\u00e9 renfor\u00e7ait la \u00abscience \u00e9crite\u00bb dans la Bible ; les b\u00e2timents, les c\u00e9ramiques, les armes et les objets d\u2019art r\u00e9v\u00e9l\u00e9s par ces fouilles \u00e9taient, d\u00e9cidait-il, autant de t\u00e9moignages \u00e9loquents de \u00ab la p\u00e9riode des patriarches\u00bb, de \u00abla conqu\u00eate de Canaan\u00bb apr\u00e8s \u00abla sortie d\u2019Egypte\u00bb ; Avec son coll\u00e8gue Benjamin Mazar, futur pr\u00e9sident de l\u2019Universit\u00e9 h\u00e9bra\u00efque, et le professeur Aharoni, de l\u2019Universit\u00e9 de Tel-Aviv, Yadin construisit toute une fresque harmonieuse du pass\u00e9, totalement accord\u00e9e au r\u00e9cit biblique.<\/p>\n<p class=\"c3\">Beaucoup d\u2019historiens, qui s\u2019int\u00e9ressaient au pass\u00e9 de la Palestine, discernaient l\u2019\u00e9tranget\u00e9 de cette ad\u00e9quation. L\u2019Am\u00e9ricain Thomas Thompson, en particulier, montra les faiblesses de la p\u00e9riodisation d\u2019Albright et de ses disciples. Avec d\u2019autres chercheurs non isra\u00e9liens, il remit en question l\u2019ensemble des r\u00e9cits de la Bible sur les patriarches, et ils propos\u00e8rent de les consid\u00e9rer comme une \u0153uvre litt\u00e9raire tardive, une construction id\u00e9ologique d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, d\u00e9pourvue de tout fondement historique. Plusieurs noms cit\u00e9s dans la Gen\u00e8se n\u2019\u00e9taient en effet apparus qu\u2019au VIIe si\u00e8cle et m\u00eame au VIe si\u00e8cle avant le Christ, et les royaumes assyriens et babyloniens, bien connus par les auteurs de ces r\u00e9cits, n\u2019existaient pas \u00e0 l\u2019\u00e9poque fix\u00e9e pour les patriarches. Les transformations d\u00e9cisives qui intervinrent dans les \u00e9tudes historiques \u00e0 partir des ann\u00e9es 1960 finirent par affecter tous les travaux universitaires. L\u2019\u00e9cole des Annales, en mettant l\u2019accent sur l\u2019histoire sociale et anthropologique, entra\u00eena le recul de l\u2019historiographie politique classique. Les arch\u00e9ologues s\u2019int\u00e9ress\u00e8rent d\u00e9sormais aux vestiges de la vie mat\u00e9rielle, d\u2019autant que la conception de la \u00ab longue dur\u00e9e\u00bb de cette \u00e9cole historique convenait parfaitement aux recherches des fouilleurs, int\u00e9ress\u00e9s par le long terme des processus historiques en Palestine.<\/p>\n<p class=\"c3\">D\u00e9sormais, l\u2019exigence d\u2019une investigation arch\u00e9ologique s\u2019imposait et ne pouvait que prendre en d\u00e9faut de cr\u00e9dibilit\u00e9 la p\u00e9riodisation et les conclusions des fouilleurs align\u00e9s sur les indications de la Bible. Les traces, les influences des peuples et des civilisations qui s\u2019\u00e9taient succ\u00e9d\u00e9 au pays de Canaan \u00e9taient reconnues et \u00e9tudi\u00e9es. Celles des M\u00e9sopotamiens venus au XVIIIe si\u00e8cle av. J.-C., puis celles des Egyptiens, qui domin\u00e8rent Canaan du XVIe au XIIIe si\u00e8cle. C\u2019est seulement apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e des Philistins, qui donn\u00e8rent au pays le nom de Palestine, qu\u2019on peut situer, vers le XIIe si\u00e8cle av. J.-C. l\u2019\u00e9tablissement des H\u00e9breux venus d\u2019Egypte. D\u2019autres peuples avaient aussi laiss\u00e9 leur empreinte : les Aram\u00e9ens, apparus au XIe si\u00e8cle, qui impos\u00e8rent une langue dont la long\u00e9vit\u00e9 et l\u2019expansion marqu\u00e8rent durablement le Proche-Orient et aussi les Ammonites, les Edomites, les Moabites et les Amal\u00e9cites..<\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>Ammar Mahjoubi<\/strong><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/31784-l-exegese-des-textes-bibliques-et-les-decouvertes-archeologiques\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Ammar Mahjoubi &#8211; La Bible est un ensemble de livres religieux, dont la r\u00e9daction s\u2019est \u00e9tal\u00e9e sur une dur\u00e9e longue d\u2019environ dix si\u00e8cles, entre le XIIe et le IIe si\u00e8cle avant le Christ. 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