{"id":116197,"date":"2021-05-05T06:28:55","date_gmt":"2021-05-05T10:28:55","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/%ef%bb%bfdeux-textes-de-lecrivaine-libanaise%ef%bb%bf-thanaa-atwi\/"},"modified":"2021-05-05T06:28:55","modified_gmt":"2021-05-05T10:28:55","slug":"%ef%bb%bfdeux-textes-de-lecrivaine-libanaise%ef%bb%bf-thanaa-atwi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/%ef%bb%bfdeux-textes-de-lecrivaine-libanaise%ef%bb%bf-thanaa-atwi\/","title":{"rendered":"\ufeffDeux textes de l\u2019\u00e9crivaine libanaise\ufeff Thanaa ATWI"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Traduit par M\u2019barek HOUSNI<\/strong><\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-cyan-blue-color\"><strong>Obsession<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00abLe moi est toujours l\u2019autre, m\u00eame dans le cas o\u00f9 je croirais que c\u2019est effectivement moi, je suis \u00e0 jamais s\u00e9par\u00e9 de moi-m\u00eame \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>On s\u2019assit l\u2019un face \u00e0 l\u2019autre, sa<br \/>\nt\u00eate d\u00e9passe \u00e0 peine la mienne, elle se d\u00e9chausse et grimpe \u00e0 mon corps<br \/>\ns\u2019\u00e9levant pour voir ce qui s\u2019y trouve \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Chaque matin, je la mets<br \/>\ndans mon sac. Svelte et mince, elle tombe par terre et je la ramasse. D\u2019allure<br \/>\n\u00e9bouriff\u00e9e, elle me taquine me reprochant certaines d\u00e9cisions prises. Elle se<br \/>\nfaufile dans mon lit.\u00a0 Lorsqu\u2019elle se met<br \/>\nen col\u00e8re, elle disperse le contenu de mon armoire. Elle dort pr\u00e8s de moi, me<br \/>\ntord les bras pour me faire tomber par terre. Oh obsession maligne, depuis<br \/>\nquand tu es l\u00e0 ! Elle rit fort. Sa pr\u00e9sence est \u00e9ternelle. Plus que \u00e7a, le<br \/>\ntemps et l\u2019obsession sont identifiables l\u2019un \u00e0 l\u2019autre. Elle a une identit\u00e9<br \/>\npsychologique. On partage notre moi scind\u00e9, on est deux constructions mentales<br \/>\ndans un univers parall\u00e8le. <\/p>\n<p>L\u2019obsession est un \u00eatre qui marche vers lui-m\u00eame. Elle ne<br \/>\nbavarde pas mais pense. Elle est cette fronti\u00e8re qui nous s\u00e9pare du monde, et<br \/>\nses fondements sont organiques. Elle colle \u00e0 nous comme nos propres id\u00e9es,<br \/>\ncomme notre ombre et le reflet de nous-m\u00eames.\u00a0<br \/>\nL\u00e9g\u00e8res et fragiles, nos obsessions vivent \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de nous sans qu\u2019on<br \/>\ns\u2019en aper\u00e7oive, car j\u2019ai toujours cru que les obsessions sont minces et ne<br \/>\nvieillissent jamais. Je ne connais pas d\u2019obsession ob\u00e8se, comme je ne sais rien<br \/>\n\u00e0 propos de l\u2019\u00e2ge que peuvent avoir les obsessions. Chercher \u00e0 connaitre son<br \/>\norigine est une d\u00e9marche qui demeure floue. Tout comme le fait de chercheur le<br \/>\nparadis et la langue que parlent ceux qui y demeurent, ou les choses<br \/>\nabandonn\u00e9es qui attirent notre attention. Peut-\u00eatre nait-elle avec nous,<br \/>\npeut-\u00eatre m\u00eame que son destin est le n\u00f4tre, qu\u2019elle n\u2019est pas une punition qui<br \/>\nnous est inflig\u00e9e. On lui confie beaucoup de choses, comme quelqu\u2019un qui<br \/>\nconserve des choses en dehors de lui.<\/p>\n<p>L\u2019introduction qu\u2019un britannique psychiquement malade avait<br \/>\n\u00e9crite dans sa biographie, et que j\u2019avais lu, disait ceci : \u201c la moiti\u00e9 des<br \/>\ngens ne sait rien de la fa\u00e7on avec laquelle vit l\u2019autre moiti\u00e9 \u201c. Cela m\u2019a<br \/>\ndonn\u00e9 l\u2019id\u00e9e que nos obsessions sont la moiti\u00e9 de nous-m\u00eames. Elles ne sont<br \/>\nassur\u00e9ment pas des illusions, mais un t\u00e9moin actif de nos situations. Elles ont<br \/>\ndes oreilles dress\u00e9es v\u00e9rifiant toute chose avec pr\u00e9cision, et de petits yeux<br \/>\ntel un chas d\u2019aiguille, des yeux qui regardent en tous sens tel un li\u00e8vre qui<br \/>\nsort d\u2019un chapeau et se place dans nos sens, il se r\u00e9veille au premier<br \/>\nembranchement, nous surveille comme l\u2019insomnie et tels des miroirs occup\u00e9s \u00e0<br \/>\nattirer notre attention.<\/p>\n<p>Je pense \u00e0 celui dont les obsessions lui sont interdites, et<br \/>\nje me pose la question sur son \u00e9tat, elle serait comment ? De m\u00eame, je me pose la<br \/>\nquestion sur la possibilit\u00e9 o\u00f9 les obsessions seraient tr\u00e8s ombreuses en ce<br \/>\nmonde, qu\u2019en serait-il de lui ? <\/p>\n<p>Les anciens \u00e9gyptiens ont cru en trois choses : l\u2019\u00e2me, le<br \/>\ncorps le \u201cK\u00a0\u00bb, un type de fant\u00f4me qui accompagne les hommes partout o\u00f9 ils<br \/>\nsont. L\u2019\u00e2me chez Platon est compos\u00e9e de trois parties : l\u2019\u00e9l\u00e9ment qui raisonne,<br \/>\nl\u2019\u00e9l\u00e9ment irascible et l\u2019\u00e9l\u00e9ment qui aime. Freud a divis\u00e9 l\u2019\u00e2me en trois<br \/>\nparties : l\u2019\u00c9go, le \u00c7a et le Surmoi. Les obsessions ont, de tout temps, \u00e9t\u00e9<br \/>\nimput\u00e9es aux forces de la nature. Chez les hindouistes, par exemple, il y a le<br \/>\n\u201cGray\u00a0\u00bb qui est une obsession sp\u00e9ciale, cette femelle qui peut habiter le<br \/>\ncorps de l\u2019homme. En Inde, on croyait que le chien peut habiter le corps d\u2019un<br \/>\nhomme. Les babyloniens croyaient que les perturbations sont le fait<br \/>\nd\u2019obsessions et d\u2019esprits mal\u00e9fiques. Oui, les obsessions nous habitent, ce<br \/>\nsont nos jumeaux siamois, sans qu\u2019elles le paraissent, car elles sont<br \/>\nsoigneuses envers nous et parfois elles nous inspirent.<\/p>\n<p>Il m\u2019arrive souvent, lorsque je l\u00e8ve mes yeux vers le ciel<br \/>\nlointain, de me souvenir de ce qu\u2019avait dit un \u00e9crivain fran\u00e7ais ; il disait<br \/>\nque les \u00eatres invisibles ne sont que des \u00eatres comme les humains, exil\u00e9s loin<br \/>\nde leur terre d\u2019origine, alors que nous on vit sur leur plan\u00e8te, qu\u2019est la<br \/>\nterre, cette plan\u00e8te particuli\u00e8re et singuli\u00e8rement diff\u00e9rente des autres<br \/>\nplan\u00e8tes. Mais elle nous berne avec ce mouvement ordonn\u00e9 et altern\u00e9 qu\u2019est le<br \/>\ncycle du jour et de la nuit. Car celui qui la regarde d\u2019un endroit lointain de<br \/>\nl\u2019univers la voit diff\u00e9remment.<\/p>\n<p class=\"has-text-color has-vivid-cyan-blue-color\"><strong>Ombre<br \/>\nsalutaire<\/strong><\/p>\n<p>Un homme est assis au coin du large<br \/>\nboulevard. Il remue des braises devant lui, il les ordonne lentement. Dans son<br \/>\nautre main, il y a probablement une bi\u00e8re, et il savoure, dans sa solitude, les<br \/>\npens\u00e9es qui traversent sa t\u00eate. L\u2019homme fait deux pas, s\u2019arr\u00eate et scrute son<br \/>\nombre, puis marche et reprend son man\u00e8ge en faisant attention comme si son<br \/>\nombre risque de lui \u00eatre enlev\u00e9e, ou comme s\u2019elle est sur le point de tomber,<br \/>\nou carr\u00e9ment se s\u00e9parer de lui. Les anciens croyaient que l\u2019\u00e2me r\u00e9sidait dans<br \/>\nnotre ombre, et que sa perte causerait notre mort. Ils croyaient aussi que le<br \/>\nchangement qui affectait le volume de notre ombre est un signe de maladie, que<br \/>\nnotre sant\u00e9 en p\u00e2tirait. On est li\u00e9es dans notre voisinage par nos ombres,<br \/>\nelles sont \u00e9troitement li\u00e9es \u00e0 nous et ne nous quitteront jamais. C\u2019est vrai<br \/>\nqu\u2019elles nous d\u00e9passent largement, en longueur et largeur, mais leur r\u00e9flexion<br \/>\nsalutaire nous imite avec pr\u00e9cision, telle une image dans une glace, ou comme<br \/>\ndes reflets dans l\u2019eau claire, malgr\u00e9 notre dissemblance, puisque ne refl\u00e9tant<br \/>\npas clairement nos traits, et ne portant pas des habits semblables \u00e0 ceux qu\u2019on<br \/>\nchoisit dans notre vie quotidienne.<\/p>\n<p> Nos ombres sont nos \u00e2mes coll\u00e9es \u00e0 nous, plus que \u00e7a, ce sont nos images fid\u00e8les, ou bien elles sont nos obsessions dont on ne peut se d\u00e9partir ; suivant cette loi qui dit que \u00ab ceux qui s\u2019assemblent se ressemblent \u00bb, un moi qui nous reproduis de nouveau en plusieurs personnes, en plusieurs constitutions et strates, qu\u2019on supporte \u00e0 peine, dont on ignore le r\u00f4le jou\u00e9, du moment qu\u2019on croit qu\u2019elles sont intruses et \u00e9trang\u00e8res, croyant m\u00eame qu\u2019elles sont autres et n\u2019ayant rien \u00e0 voir avec nous.<\/p>\n<p><strong>*\u00c9crivaine et journaliste <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/%EF%BB%BFdeux-textes-de-lecrivaine-libanaise%EF%BB%BF-thanaa-atwi.html\">\ufeffDeux textes de l\u2019\u00e9crivaine libanaise\ufeff Thanaa ATWI<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/\">ALBAYANE<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: M&rsquo;hammed rahal<br \/>\n<a href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/%EF%BB%BFdeux-textes-de-lecrivaine-libanaise%EF%BB%BF-thanaa-atwi.html\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traduit par M\u2019barek HOUSNI Obsession \u00abLe moi est toujours l\u2019autre, m\u00eame dans le cas o\u00f9 je croirais que c\u2019est effectivement moi, je suis \u00e0 jamais s\u00e9par\u00e9 de moi-m\u00eame \u00bb On s\u2019assit l\u2019un face \u00e0 l\u2019autre, sa t\u00eate d\u00e9passe \u00e0 peine la mienne, elle se d\u00e9chausse et grimpe \u00e0 mon corps s\u2019\u00e9levant pour voir ce qui [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1760,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,54],"tags":[],"class_list":["post-116197","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-maroc"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/116197","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1760"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=116197"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/116197\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=116197"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=116197"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=116197"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}