{"id":116399,"date":"2021-05-08T04:00:00","date_gmt":"2021-05-08T08:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ahmed-ounaies-superbe-et-memorable-tahar-ben-ammar\/"},"modified":"2021-05-08T04:00:00","modified_gmt":"2021-05-08T08:00:00","slug":"ahmed-ounaies-superbe-et-memorable-tahar-ben-ammar","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ahmed-ounaies-superbe-et-memorable-tahar-ben-ammar\/","title":{"rendered":"Ahmed Ouna\u00efes: Superbe et m\u00e9morable Tahar Ben Ammar"},"content":{"rendered":"<p><span class=\"c2\"><em><strong><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Ahmed-Ona\u00efs-min.jpg\" alt=\"\" width=\"20%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"left\"\/>Par Ahmed Ouna\u00efes &#8211;<\/strong><\/em><\/span> La Tunisie a su produire, \u00e0 chaque phase de son \u00e9volution, les \u00e9lites en mesure de prendre en charge son destin. Tahar Ben Ammar a r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019appel. L\u2019homme inspire le respect : d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9, g\u00e9n\u00e9reux, au-dessus des partis, fin n\u00e9gociateur, il cultive la politique en son sens noble.<\/p>\n<p>La lutte contre l\u2019ordre colonial en Tunisie s\u2019est r\u00e9solument structur\u00e9e au cours des ann\u00e9es 1930 avec l\u2019enracinement et le face-\u00e0-face dramatique des deux Destours, avec les vell\u00e9it\u00e9s d\u2019appropriation par le monde ouvrier du champ syndical, et avec les joutes \u00e9minemment politiques qui animaient la tribune du Grand Conseil, entre la section fran\u00e7aise et la section tunisienne ainsi qu\u2019entre les membres de la section tunisienne. Ces facteurs ont contribu\u00e9 \u00e0 esquisser une v\u00e9ritable soci\u00e9t\u00e9 politique. Une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de jeunes, nourris aux sources des universit\u00e9s fran\u00e7aises, s\u2019ins\u00e9rait dans la vie publique et poussait au renouvellement des concepts et des pratiques de la soci\u00e9t\u00e9 traditionnelle. La presse tunisienne, vive et p\u00e9n\u00e9trante dans les deux langues, donnait aux d\u00e9bats leur port\u00e9e nationale et, bien au-del\u00e0, des ouvertures sur le monde.<\/p>\n<p>Plus au fond, deux axes dominent la soci\u00e9t\u00e9 politique. L\u2019id\u00e9e ma\u00eetresse est que le d\u00e9passement de l\u2019ordre colonial se r\u00e9alisera en opposant \u00e0 la France la force des principes qu\u2019elle invoque : la libert\u00e9, l\u2019\u00e9galit\u00e9, le progr\u00e8s, ainsi que le respect des bases de civilisation qui nous distinguent de part et d\u2019autre ; la France admettra en toute coh\u00e9rence les implications de la profession de foi qu\u2019elle assume. D\u2019autre part, la doctrine de lutte repose certes sur la foi dans les principes, mais aussi sur le recours \u00e0 la violence pour autant que le syst\u00e8me colonial repose sur la force et qu\u2019il se perp\u00e9tue par la force. Les axes sont li\u00e9s : dans l\u2019ordre colonial, l\u2019acteur politique est porteur de violence et de contre violence. Mahmoud Materi, Pr\u00e9sident du N\u00e9o Destour en 1937, n\u2019admettait pas les options extr\u00eames, la provocation, encore moins la violence : il \u00e9tait vou\u00e9 \u00e0 d\u00e9missionner du N\u00e9o Destour qu\u2019il avait contribu\u00e9 \u00e0 fonder.<\/p>\n<p>Le r\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral Armand Guillon, homme mod\u00e9r\u00e9, fid\u00e8le du Front Populaire, se sentait d\u00e9pass\u00e9 par l\u2019\u00e9volution de la situation politique en Tunisie et en France. La militarisation irr\u00e9sistible de la sc\u00e8ne, au lendemain du 9 avril 1938 \u00e0 Tunis, de septembre 1939 en France et bient\u00f4t de la guerre mondiale, entra\u00eenait pour tous des sacrifices inou\u00efs. La seconde guerre mondiale faisait de la Tunisie et de la France un champ de bataille entre les deux plus grandes forces, germanique et anglo-am\u00e9ricaine, \u00e9crasant tout le reste. Si, en Asie, la guerre a pr\u00e9cipit\u00e9 la d\u00e9sagr\u00e9gation de l\u2019ordre colonial, elle n\u2019a fait que durcir le retour colonial partout en Afrique. Ces enseignements ont guid\u00e9 les hautes consciences mais n\u2019ont pas impr\u00e9gn\u00e9 la R\u00e9sistance fran\u00e7aise. Ayant conduit la lib\u00e9ration de la France, les gaullistes n\u2019ont pas con\u00e7u la lib\u00e9ration des peuples africains.<\/p>\n<p>Sur ce fond, Tahar Ben Ammar fait contraste avec les acteurs politiques tunisiens : \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame du syst\u00e8me, au sein du Grand Conseil, il se rattache ouvertement au courant nationaliste sans se r\u00e9clamer d\u2019aucun parti. Il s\u2019oppose aux pr\u00e9tentions des pr\u00e9pond\u00e9rants en plaidant pour des r\u00e9formes substantielles dans l\u2019ordre politique, \u00e9conomique et social. Telle est la ligne qu\u2019il soutient face aux gaullistes qui reviennent en force au lendemain de la victoire des Alli\u00e9s. Dans ses entretiens avec les \u00e9missaires gaullistes et dans les M\u00e9morandums qu\u2019il leur soumet, et devant de Gaulle lui-m\u00eame, il plaide pour l\u2019\u00e9volution d\u00e9cisive des rapports entre la Tunisie et la France, l\u2019\u00e9galit\u00e9 et la justice pour le peuple tunisien et l\u2019\u00e9quilibre du syst\u00e8me politique et \u00e9conomique.<br \/>D\u00e9plorant les clivages qui minent les nationalistes et r\u00e9pondant au v\u0153u de Cheikh Abdelaziz Thaalbi, Tahar Ben Ammar fonde le 22 f\u00e9vrier 1944 le Front National Tunisien. Il parvient \u00e0 rassembler les partis politiques, les Monc\u00e9fistes, les ind\u00e9pendants et les Zitouniens dont Cheikh Fadhel Ben Achour, ainsi que les nombreuses corporations qui anticipaient les \u2018\u2018Organisations Nationales\u2019\u2019.<\/p>\n<p>Les principaux repr\u00e9sentants de la communaut\u00e9 isra\u00e9lite s\u2019y joignent en novembre 1944 et les communistes, \u00e0 leur tour, au lendemain du Congr\u00e8s du PCT en ao\u00fbt 1946. Le Front s\u2019attache d\u2019embl\u00e9e \u00e0 \u00e9laborer une plateforme commune afin de fixer le cap et de pouvoir parler d\u2019une seule voix. Le processus aboutit d\u2019abord \u00e0 l\u2019adoption du Manifeste du Front National, rendu public le 22 f\u00e9vrier 1945 et qui fixe pour objectifs une Assembl\u00e9e Nationale \u00e9lue, la Monarchie constitutionnelle et l\u2019autonomie interne, puis au Congr\u00e8s de la nuit du destin qui, le 23 ao\u00fbt 1946, pose l\u2019objectif de l\u2019ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>Le Front National poursuit ses r\u00e9unions en d\u00e9pit des mises en garde des R\u00e9sidents g\u00e9n\u00e9raux successifs et constitue, avec une \u2018\u2018Assembl\u00e9e des Soixante\u2019\u2019, la base d\u2019une action nationale cr\u00e9dible. Il s\u2019attaque ainsi, en toute l\u00e9gitimit\u00e9, aux divers plans de r\u00e9formes trompeurs qui ont jalonn\u00e9 le parcours de la Tunisie jusqu\u2019en juillet 1954. Les r\u00e9formes Voizard-Mzali du 4 mars 1954, d\u00e9nonc\u00e9es \u00e9galement par le Front, \u00e9taient l\u2019objet d\u2019une vive confrontation entre Lamine Bey et Tahar Ben Ammar. C\u2019est ainsi que le Bey rejetait au d\u00e9part sa d\u00e9signation \u00e0 la t\u00eate du gouvernement appel\u00e9 \u00e0 n\u00e9gocier l\u2019autonomie interne au lendemain du discours de Carthage de Pierre Mend\u00e8s-France le 31 juillet 1954.<\/p>\n<p>Bient\u00f4t, au c\u0153ur de la crise, le Bey se ravise, illustrant pr\u00e9cis\u00e9ment la l\u00e9gitimit\u00e9 tr\u00e8s forte, sinon la n\u00e9cessit\u00e9 de Tahar Ben Ammar. L\u2019homme n\u2019appartenait \u00e0 aucun parti, mais tout le d\u00e9signait pour la haute responsabilit\u00e9. Du reste, la mission \u00e9tait risqu\u00e9e: Mhamed Chenik, avant lui, avait \u00e9t\u00e9 \u00e9galement charg\u00e9 en ao\u00fbt 1950 de n\u00e9gocier des r\u00e9formes devant \u00ab conduire la Tunisie vers l\u2019autonomie interne \u00bb. Or, le gouvernement fran\u00e7ais qui avait cautionn\u00e9 la d\u00e9marche, la reniait en d\u00e9cembre 1951. L\u2019\u00e9preuve n\u2019\u00e9tait pas moins risqu\u00e9e\u00a0 en 1954. Toutefois, la base nationale la plus large, du N\u00e9o Destour au Parti Communiste, soutenait le nouvel \u00e9lan politique sous l\u2019autorit\u00e9 de Tahar Ben Ammar. Pour tous, sa caution est cr\u00e9dible.<\/p>\n<p class=\"c3\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/ind\u00e9pendance-interne.jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>Ayant men\u00e9 \u00e0 son terme la n\u00e9gociation, la signature et la ratification des Conventions d\u2019autonomie interne, il remettait le 13 septembre 1955 la d\u00e9mission de son gouvernement \u00e0 Lamine Bey. Il ne concevait nulle autre ambition pour lui-m\u00eame. En r\u00e9ponse au Bey, c\u2019est Habib Bourguiba qu\u2019il recommande pour diriger le nouveau gouvernement.<\/p>\n<p>A cette date, la question de l\u2019ind\u00e9pendance \u00e9tait pos\u00e9e : les \u00e9volutions en Tunisie et au Maroc et le d\u00e9clenchement de la r\u00e9volution alg\u00e9rienne h\u00e2taient les \u00e9ch\u00e9ances. Habib Bourguiba, rentr\u00e9 triomphalement \u00e0 Tunis le 1er juin 1955, ne donnait pas plus d\u2019un an \u00e0 l\u2019\u00e9tape de l\u2019autonomie interne : pour tous, l\u2019ind\u00e9pendance n\u2019est pas loin, elle est l\u00e0 ! Habib Bourguiba \u00e9tait tout d\u00e9sign\u00e9 pour conduire l\u2019\u00e9tape ultime. Lamine Bey lui offre de former le gouvernement qui n\u00e9gocie l\u2019ind\u00e9pendance, d\u2019assumer l\u2019auguste mission. Bourguiba d\u00e9cline, sans doute par calcul, et recommande Tahar Ben Ammar.<\/p>\n<p class=\"c3\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Premier-Gouvernement-Ben-Ammar.jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>Lamine Bey le rappelle donc. De tous bords, les d\u00e9l\u00e9gations affluent pour l\u2019inviter \u00e0 endosser la mission : les partis politiques, Cheikh al-Islam, les ind\u00e9pendants, les personnalit\u00e9s les plus en vue. Pour tous, il est l\u2019homme de la Nation, il reste le plus cr\u00e9dible. Habib Bourguiba, accompagn\u00e9 de Ta\u00efeb Mehiri et d\u2019Ahmed Tlili, lui rend visite et, \u00e0 l\u2019issue de l\u2019audience, d\u00e9clare : \u00ab Je voudrais exprimer mes sentiments d\u2019amiti\u00e9 envers le Pr\u00e9sident Tahar Ben Ammar et ma consid\u00e9ration pour la volont\u00e9 qu\u2019il manifeste en vue de rassembler les sensibilit\u00e9s et les comp\u00e9tences les plus diverses au sein de son gouvernement. Ce souci de rassembler les forces vives de la nation fera du prochain gouvernement l\u2019\u00e9manation du consensus national. L\u2019histoire retiendra que Tahar Ben Ammar, gr\u00e2ce \u00e0 son affabilit\u00e9, son patriotisme, son d\u00e9vouement et son abn\u00e9gation, est celui qui a su r\u00e9unir les conditions du succ\u00e8s de cette exp\u00e9rience \u00bb (as-Sabah, 17 septembre 1955).<\/p>\n<p class=\"c3\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Deuxiemme-gouvernrmrnt.jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>Tahar Ben Ammar accepte donc et pr\u00e9sente, le 17 septembre 1955, une formation gouvernementale enfin homog\u00e8ne. Pour autant, la t\u00e2che ne sera gu\u00e8re ais\u00e9e ni aupr\u00e8s de la France, ind\u00e9cise face \u00e0 la d\u00e9colonisation, ni \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, alors que Salah Ben Youssef rallumait le feu de bout en bout du pays et versait le sang au sein m\u00eame de la famille destourienne.<\/p>\n<p class=\"c3\"><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Tahar-Ben-Ammar-signe-le-protocole-de-l'ind%C3%A9pendence(1).jpg\" alt=\"\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\"\/><\/p>\n<p>A nouveau, la n\u00e9gociation est men\u00e9e \u00e0 son terme. Tahar Ben Ammar signe le 20 mars 1956 le Protocole qui abolit le trait\u00e9 du Bardo et qui reconna\u00eet solennellement l\u2019ind\u00e9pendance et la souverainet\u00e9 de la Tunisie. Cet honneur, il ne l\u2019a pas vol\u00e9 ! Pourquoi Bourguiba lui en gardait-il rancune ? Pourquoi s\u2019acharnait-il \u00e0 l\u2019humilier, \u00e0 le tra\u00eener en prison, lui-m\u00eame et son \u00e9pouse ? A ses obs\u00e8ques, le 10 mai 1985, aucun officiel n\u2019\u00e9tait pr\u00e9sent : nul n\u2019enfreint la consigne.<\/p>\n<p>Ce retournement n\u2019a jamais atteint la dignit\u00e9 de Tahar Ben Ammar. Mais l\u2019ann\u00e9e suivant sa disparition, en juin 1986, le Pr\u00e9sident Bourguiba convoquait au Palais de Carthage Chedly, le jeune fils de Tahar Ben Ammar et, au terme de la vive discussion qu\u2019ils engag\u00e8rent, lui dit, les yeux charg\u00e9s de larmes : \u00ab C\u2019est moche, la politique ! \u00bb Le remords \u00e9clatait : il n\u2019effa\u00e7ait pas l\u2019injustice, mais il signifiait l\u2019honneur intact et la grandeur de Tahar Ben Ammar.<\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>Ahmed Ouna\u00efes<\/strong><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/31830-ahmed-ounaies-superbe-et-memorable-tahar-ben-ammar\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Ahmed Ouna\u00efes &#8211; La Tunisie a su produire, \u00e0 chaque phase de son \u00e9volution, les \u00e9lites en mesure de prendre en charge son destin. Tahar Ben Ammar a r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019appel. 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