{"id":117974,"date":"2021-06-03T17:27:10","date_gmt":"2021-06-03T21:27:10","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/vallee-du-sourou-la-resilience-des-producteurs-face-a-linsecurite\/"},"modified":"2021-06-03T17:27:10","modified_gmt":"2021-06-03T21:27:10","slug":"vallee-du-sourou-la-resilience-des-producteurs-face-a-linsecurite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/vallee-du-sourou-la-resilience-des-producteurs-face-a-linsecurite\/","title":{"rendered":"Vall\u00e9e du Sourou : La r\u00e9silience des producteurs face  \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\">\n<figure><a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou.jpg\" data-caption=\"Sur une superficie de 6 ha, Harouna Saba cultive plusieurs produits mara\u00eechers dont le piment.\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"696\" height=\"464\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou-696x464.jpg\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou-630x420.jpg 630w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\" alt=\"\" title=\"sourou\"\/><\/a><figcaption class=\"wp-caption-text\">Sur une superficie de 6 ha, Harouna Saba cultive plusieurs produits mara\u00eechers dont le piment.<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<p><strong>La vall\u00e9e du Sourou dans la r\u00e9gion de la Boucle du Mouhoun fait partie des zones humides d\u2019importance internationale d\u2019o\u00f9 son inscription sur les sites RAMSAR (zone humide d\u2019importance internationale). Sur ce p\u00f4le de croissance de 6 558 hectares (ha) am\u00e9nag\u00e9s pour un potentiel de 30 000 ha, sont produits annuellement le riz, le ma\u00efs, la tomate, l\u2019oignon, la pomme de terre, le haricot vert, etc. Malheureusement, depuis quelques temps, ces \u00e9normes potentialit\u00e9s agricoles sont mises \u00e0 rude \u00e9preuve, entre autres, par la COVID-19 et surtout l\u2019ins\u00e9curit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>Le p\u00e9rim\u00e8tre irrigu\u00e9 de la commune de D\u00ee, dans la vall\u00e9e du Sourou, est situ\u00e9 \u00e0 environ 40 km de Tougan, chef-lieu de la province du Sourou (r\u00e9gion de la Boucle du Mouhoun). De vastes superficies emblav\u00e9es s\u2019\u00e9tendent \u00e0 perte de vue sur des milliers de kilom\u00e8tres (km) sur lesquelles sont produites de nombreuses sp\u00e9culations telles que le riz, le ma\u00efs, la tomate, l\u2019oignon, la pomme de terre, le haricot vert, etc. Dans cette immense plaine, des bras valides debout ou accroupis, arrachent des mauvaises herbes ou pulv\u00e9risent les champs dans le but de leur offrir un visage resplendissant pour une meilleure production. Harouna Saba, la quarantaine r\u00e9volue et p\u00e8re de sept enfants, fait partie de ces milliers de producteurs de la vall\u00e9e, class\u00e9e site RAMSAR du fait de sa richesse en humidit\u00e9 et en esp\u00e8ces fauniques.<\/p>\n<p>Avec sa famille, il exploite pr\u00e8s de 6 ha dans le p\u00e9rim\u00e8tre irrigu\u00e9 depuis 7 ans. Cette ann\u00e9e 2021, la famille Saba, comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e, se lance dans la diversification de ses productions. Elle produit du ma\u00efs (1,75 ha), de la tomate (1,05 ha), du riz (1,5ha), de l\u2019oignon (1,25ha), du piment (0,12 ha) et de l\u2019aubergine (500 m2). Au d\u00e9but, en dehors de sa propre consommation, soutient M. Saba, la famille pouvait brasser par an entre 1,5 et 2 millions F CFA apr\u00e8s la vente de ses r\u00e9coltes. Comme Harouna Saba, Djibril Wonni, 43 ans et p\u00e8re de 4 enfants, tire sa pitance quotidienne des terres arables du Sourou. Il produit, sur une superficie de 5 ha, du ma\u00efs, du riz, de l\u2019oignon et de la tomate. \u00ab Mes productions en ann\u00e9e de gr\u00e2ce peuvent atteindre 5 millions F CFA \u00bb, se r\u00e9jouit-il. Adama Yaro, n\u00e9 en 1960, p\u00e8re de 8 enfants est aussi compt\u00e9 parmi les \u00ab agrobusinessmen \u00bb de la Vall\u00e9e du Sourou. Soutenu par ses deux \u00e9pouses et ses enfants, le sexag\u00e9naire exploite 1 ha de terres emblav\u00e9es.<\/p>\n<h3>Les effets pervers de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9<\/h3>\n<figure id=\"attachment_36029\" aria-describedby=\"caption-attachment-36029\" class=\"wp-caption alignleft c1\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-36029\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou2-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou2-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou2-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou2-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou2-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou2-630x420.jpg 630w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou2.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"\/><figcaption id=\"caption-attachment-36029\" class=\"wp-caption-text\">Le coordonnateur de l\u2019\u00e9quipe d\u2019appui-conseil du p\u00e9rim\u00e8tre irrigu\u00e9 de D\u00ee, Souleymane Ouattara : \u00ab Avec l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 grandissante, les superficies emblav\u00e9es n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9es au moment id\u00e9al \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>En hivernage, le vieux Yaro s\u2019adonne \u00e0 la production du riz et du ma\u00efs et en saison s\u00e8che, il se consacre \u00e0 la culture de l\u2019oignon, de la tomate et du haricot vert. Aux dires du chef de m\u00e9nage, les r\u00e9coltes de la saison pluvieuse sont essentiellement consacr\u00e9es \u00e0 la consommation familiale et \u00e0 la vente pour faire face aux d\u00e9penses de la famille qui peuvent parfois s\u2019\u00e9lever \u00e0 400 000 F CFA par an. \u00ab En saison s\u00e8che, mes chiffres d\u2019affaires varient entre 900 000 F CFA et un million FCFA \u00bb, rel\u00e8ve M Yaro. A quelques jets de pierre du p\u00e9rim\u00e8tre de M. Yaro, se trouve celui de Sanatou Zongo. Ag\u00e9e de 30 ans, cette m\u00e8re de 5 enfants exploite un petit lopin de terre de 500 m2, dans la vall\u00e9e du Sourou.<\/p>\n<p>Sur ce champ, Dame Zongo s\u2019essaye en campagne hivernale \u00e0 la culture du ma\u00efs et se consacre uniquement en saison s\u00e8che \u00e0 la production de l\u2019oignon. De son avis, en cas de p\u00e9nurie, une partie des c\u00e9r\u00e9ales est pr\u00e9lev\u00e9e pour nourrir ses enfants. Quant \u00e0 l\u2019oignon, Mme Zongo confie que ses ventes varient chaque ann\u00e9e entre 100 000 et 150 000 F CFA. A l\u2019image des sieurs Saba, Wonni, Yaro et Mme Zongo, ils sont nombreux les producteurs venus des quatre coins du Burkina Faso \u00e0 tirer leur pitance quotidienne de la vall\u00e9e du Sourou. Selon le coordonnateur de l\u2019\u00e9quipe d\u2019appui- conseil du p\u00e9rim\u00e8tre irrigu\u00e9 de D\u00ee, Souleymane Ouattara, 2 240 ha de terres ont \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9es dans ce village en 2013 par le Millenium challenge account (MCA).<\/p>\n<p>\u00ab Ce p\u00e9rim\u00e8tre est exploit\u00e9 par 4 032 producteurs dont 1 928 femmes \u00bb, pr\u00e9cise-t-il. Le Directeur en charge de l\u2019appui \u00e0 la production et \u00e0 la valorisation agricole dans la Vall\u00e9e du Sourou, Fulbert Parou, pr\u00e9cise qu\u2019environ 12 000 producteurs exploitent l\u2019ensemble des 6 558 ha de superficies am\u00e9nag\u00e9es et r\u00e9parties entre les villages de D\u00ee, Niansan, Lanfiera, D\u00e9b\u00e9, Sonnom, etc. Une \u00e9tude \u00e0 l\u2019effet d\u2019avoir une id\u00e9e sur l\u2019impact du projet dans le p\u00e9rim\u00e8tre de D\u00ee a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e par la structure de M. Ouattara. \u00ab Avec l\u2019am\u00e9nagement, les revenus ont \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9s par trois voire quatre.<\/p>\n<p>Avant, le revenu annuel moyen des producteurs tournait autour de 500 000 F CFA, mais aujourd\u2019hui il est de 2 millions F CFA \u00bb, atteste le coordonnateur. Toutefois souligne M. Ouattara, la crise s\u00e9curitaire et la maladie \u00e0 Coronavirus (COVID-19) ont eu un impact pr\u00e9judiciable sur la production. Avec l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 grandissante \u00e0 partir de 2020, d\u00e9plore Souleymane Ouattara, on note des r\u00e9ticences chez certains producteurs, si bien que des superficies emblav\u00e9es n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9es au moment id\u00e9al. Pour Harouna Saba, la COVID-19 et le terrorisme ont eu un impact n\u00e9gatif surtout sur la commercialisation des produits mara\u00eechers.<\/p>\n<p>\u00ab Les acheteurs des pays voisins n\u2019ont pas pu faire un d\u00e9placement massif cette ann\u00e9e dans la vall\u00e9e. Ma perte comparativement aux ann\u00e9es normales s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 pr\u00e8s d\u2019un million F CFA \u00bb, annonce-t-il, l\u2019air m\u00e9content. Djibril Wonni a aussi vu son chiffre d\u2019affaires p\u00e9ricliter d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e. \u00ab En 2014 avec l\u2019am\u00e9nagement de la vall\u00e9e, j\u2019ai fait un chiffre d\u2019affaire de 8 millions F CFA, l\u2019ann\u00e9e qui a suivi, il \u00e9tait au tour de 5 millions et en 2016, je n\u2019ai eu que 3 millions F CFA \u00bb, susurre-t-il. Cette perte est due essentiellement \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u00e9fectueux de la route, justifie-t-il. L\u2019agrobusinessman indexe aussi le contexte s\u00e9curitaire. Avec la situation confuse, explique M. Wonni, les partenaires int\u00e9rieurs et ext\u00e9rieurs se font rares et les co\u00fbts des produits ont chut\u00e9 \u00e0 cause de la m\u00e9vente.<\/p>\n<h3>L\u2019initiative \u00ab un million de tonne de riz paddy \u00bb<\/h3>\n<figure id=\"attachment_36030\" aria-describedby=\"caption-attachment-36030\" class=\"wp-caption alignright c1\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-36030\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou3-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou3-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou3-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou3-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou3-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou3-630x420.jpg 630w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou3.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"\/><figcaption id=\"caption-attachment-36030\" class=\"wp-caption-text\">Le directeur provincial en charge de l\u2019agriculture du Sourou, Fay\u00e7al T\u00e9gu\u00e9ra : \u00ab Cette ann\u00e9e, le Sourou vient en t\u00eate avec \u00e0 peu pr\u00e8s 20 000 tonnes de riz \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Et Adama Yaro de rench\u00e9rir que durant les 6 ans d\u2019exploitation, son plus bas chiffre d\u2019affaires a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 au cours de la saison s\u00e8che 2020-2021. \u00ab La vente de mes oignons a \u00e9t\u00e9 en-dessous de 800 000 F CFA. J\u2019ai d\u00fb faire deux semaines avant d\u2019avoir un preneur \u00bb, regrette-t-il avec un brin de tristesse. Hamado Nassa, chauffeur routier, fr\u00e9quente la Vall\u00e9e du Sourou pour le transport des produits mara\u00eechers depuis 1996. Une fois son camion charg\u00e9, le natif de Koudougou prend la direction de la C\u00f4te d\u2019Ivoire o\u00f9 il \u00e9coule sa marchandise dans les villes d\u2019Abidjan, de Daloa et de Bouak\u00e9.<\/p>\n<p>De son avis, la fermeture des fronti\u00e8res \u00e0 cause de la maladie \u00e0 Coronavirus, les tracasseries routi\u00e8res et \u00ab l\u2019inondation \u00bb du march\u00e9 par les oignons venus du Nig\u00e9ria constituent les principales difficult\u00e9s de son secteur d\u2019activit\u00e9. \u00ab Pour la COVID-19, nous avons eu peur au d\u00e9marrage car cela a co\u00efncid\u00e9 avec la p\u00e9riode de maturit\u00e9 de la tomate. Les camions charg\u00e9s \u00e9taient bloqu\u00e9s et il a fallu que l\u2019on parte \u00e0 l\u2019information pour se rendre compte que le fret \u00e9tait admis \u00e0 la circulation. Nous avons applaudi cette mesure d\u2019all\u00e8gement car si ce n\u2019\u00e9tait pas le cas, ce serait la d\u00e9solation \u00bb, s\u2019est-il r\u00e9joui. En 2020, M. Nassa dit avoir effectu\u00e9 neuf voyages.<\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e, le transporteur n\u2019est qu\u2019\u00e0 son 3e voyage, rel\u00e8ve-t-il. A \u00e9couter Adama Yaro, ce sont majoritairement les Ghan\u00e9ens et les Ivoiriens qui se d\u00e9placent dans la vall\u00e9e pour l\u2019achat des produits mara\u00eechers.<br \/>\u00ab Cette ann\u00e9e, nos bienfaiteurs ne sont pas venus. C\u2019est plut\u00f4t un Burkinab\u00e8 qui a achet\u00e9 nos r\u00e9coltes pour les revendre au Mali \u00bb, rel\u00e8ve-t-il. Pour pallier cette m\u00e9vente, M. Yaro lance un cri du c\u0153ur aux autorit\u00e9s.<\/p>\n<p>\u00ab A d\u00e9faut d\u2019acheter nos r\u00e9coltes, le gouvernement peut n\u00e9gocier des partenaires pour nous ou nous guider pour leur \u00e9coulement \u00bb, plaide-t-il. En attendant l\u2019effectivit\u00e9 de cette dol\u00e9ance, les producteurs disent d\u00e9velopper des alternatives pour combler l\u2019absence des acheteurs ghan\u00e9ens et ivoiriens. \u00ab Nous nous sommes tourn\u00e9s vers le Mali avec certains partenaires qui arrivent tant bien que mal \u00e0 enlever notre production \u00e0 cause du confinement \u00bb, soutient Harouna Saba. De leur c\u00f4t\u00e9, les structures techniques de la Vall\u00e9e du Sourou affirment aussi s\u2019atteler \u00e0 voler au secours des producteurs.<\/p>\n<p>Pour freiner la baisse des prix des produits mara\u00eechers, notamment l\u2019oignon au regard de la limitation de la mobilit\u00e9 due \u00e0 la fermeture des fronti\u00e8res, le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, des Am\u00e9nagements hydroagricoles et de la M\u00e9canisation, a pris la d\u00e9cision de combler le manque \u00e0 gagner en accompagnant les producteurs \u00e0 produire le riz. Une d\u00e9marche qui cadre avec l\u2019initiative du Pr\u00e9sident du Faso, Roch Marc Christian Kabor\u00e9, qui vise \u00e0 produire par an au moins un million de tonnes de riz paddy. Chaque ann\u00e9e, selon le Directeur provincial en charge de l\u2019agriculture du Sourou, Fay\u00e7al T\u00e9gu\u00e9ra, des intrants subventionn\u00e9s sont mis \u00e0 la disposition des producteurs.<\/p>\n<p>\u00ab Cette dotation est constitu\u00e9e de 35% d\u2019engrais uniquement r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 la production rizicole. Nous avons re\u00e7u une quantit\u00e9 consid\u00e9rable de semences de riz par rapport aux ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Nous avons aussi re\u00e7u l\u2019appui de la Banque africaine de d\u00e9veloppement (BAD) avec des produits phytosanitaires et des \u00e9quipements de traitement \u00bb, d\u00e9taille Fay\u00e7al T\u00e9gu\u00e9ra. Avec l\u2019av\u00e8nement de la COVID-19, il sera difficile pour le pays des Hommes int\u00e8gres d\u2019obtenir une quantit\u00e9 importante de riz, pr\u00e9vient le coordonnateur de l\u2019\u00e9quipe d\u2019appui-conseil du p\u00e9rim\u00e8tre irrigu\u00e9 de D\u00ee. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019augmenter la production nationale de la c\u00e9r\u00e9ale. A ce propos, le coordonnateur confirme que depuis 2020, les producteurs ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019engrais subventionn\u00e9 pour les champs de riz.<br \/>\u00ab Cette mesure a entra\u00een\u00e9 une hausse des superficies emblav\u00e9es consacr\u00e9es au riz. Ce sont 565 ha sur le p\u00e9rim\u00e8tre de D\u00ee qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9s au riz. Nous souhaitons que ces efforts se poursuivent \u00bb, sugg\u00e8re-t-il.<\/p>\n<h3>La transformation de la tomate en cours<\/h3>\n<figure id=\"attachment_36031\" aria-describedby=\"caption-attachment-36031\" class=\"wp-caption alignleft c1\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-36031\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou4-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou4-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou4-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou4-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou4-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou4-630x420.jpg 630w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/sourou4.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"\/><figcaption id=\"caption-attachment-36031\" class=\"wp-caption-text\">Adama Yaro, producteur : \u00ab A d\u00e9faut d\u2019acheter nos r\u00e9coltes, le gouvernement peut nous guider pour l\u2019\u00e9coulement de nos produits \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Selon M. T\u00e9gu\u00e9ra, malgr\u00e9 la situation d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, son administration ne cesse de d\u00e9velopper des initiatives de concert avec les producteurs pour perp\u00e9tuer les activit\u00e9s de production dans la Vall\u00e9e du Sourou. Avec la COVID-19, poursuit-il, plusieurs initiatives ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es. De son avis, ces efforts ont permis \u00e0 la province du Sourou d\u2019atteindre une production record.<\/p>\n<p>\u00ab Au regard des statistiques nationales, en terme de progression, cette ann\u00e9e le Sourou vient en t\u00eate. Nous avons produit \u00e0 peu pr\u00e8s 20 000 tonnes de riz dans la province. Les initiatives du minist\u00e8re en charge de l\u2019agriculture et nos strat\u00e9gies avec les producteurs ont port\u00e9 fruit \u00bb, se r\u00e9jouit-il.<\/p>\n<p>A l\u2019en croire, la Vall\u00e9e du Sourou, beaucoup plus orient\u00e9e dans la production mara\u00eech\u00e8re, a grandement contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019atteinte de ce rendement. Avec la sensibilisation pour cette campagne s\u00e8che, plus de 1 662 ha emblav\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s \u00e0 la culture du riz, pr\u00e9cise le directeur provincial. Pour accompagner les efforts des producteurs, un prix plancher a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 pour le riz paddy \u00e0 150 F le Kg pour cette campagne. Cette mesure vise \u00e0 galvaniser les \u00ab agrobusinessmen \u00bb en vue de produire plus le riz, soutient Fay\u00e7al T\u00e9gu\u00e9ra.<\/p>\n<p>Concernant l\u2019\u00e9coulement des produits mara\u00eechers, la principale difficult\u00e9 des producteurs de la Vall\u00e9e, rassure M. T\u00e9gu\u00e9ra, des r\u00e9flexions sont en cours pour trouver une solution durable. \u00ab Ce sont des ventes individuelles qui sont actuellement constat\u00e9es sur le march\u00e9 alors que des soci\u00e9t\u00e9s coop\u00e9ratives existent. L\u2019une des vocations de ces soci\u00e9t\u00e9s est de regrouper l\u2019ensemble des producteurs pour \u00e9couler les produits \u00e0 des prix r\u00e9mun\u00e9rateurs \u00bb, fait remarquer l\u2019ing\u00e9nieur d\u2019agriculture. Des comptoirs ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s mais le projet n\u2019est pas encore arriv\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9. Des discussions sont en cours pour les rendre op\u00e9rationnels, affirme-t-il. Pour la transformation de la tomate, un particulier a b\u00e2ti une unit\u00e9 de transformation compl\u00e8te. Lorsque cette unit\u00e9 sera fonctionnelle, les producteurs pourront signer diff\u00e9rents types de contrats avec la soci\u00e9t\u00e9 pour \u00e9viter les pertes, promet le directeur provincial de l\u2019agriculture.<\/p>\n<p class=\"c2\"><strong>Abdoulaye BALBONE<\/strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><strong>\u00ab La menace s\u00e9curitaire est encore r\u00e9elle \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab La crise s\u00e9curitaire est r\u00e9elle au niveau de la vall\u00e9e du Sourou \u00bb ; c\u2019est ce qu\u2019a confi\u00e9 un agent de l\u2019AMVS, souhaitant garder l\u2019anonymat. En raison du classement de la province parmi les zones dites rouges, a-t-il dit, les partenaires se font de plus en plus rares. \u00ab Pourtant, leur pr\u00e9sence est n\u00e9cessaire pour qu\u2019ils puissent aussi d\u00e9fendre les dossiers de la Vall\u00e9e. Nous avons un certain nombre de projets qui vont bient\u00f4t d\u00e9marrer. Nous nous demandons quelle approche faut-il mettre en place afin que ces projets soient mis en route et puissent apporter une plus-value. Lorsque le travail se fait, la peur au ventre, il est difficile d\u2019investir comme on le souhaite \u00bb, a-t-il soutenu. A l\u2019entendre, alors qu\u2019une relative accalmie s\u2019est install\u00e9e, des hommes arm\u00e9s sont venus incendier les lieux de vente de dolo (boissons alcoolis\u00e9es locales), de viandes de chiens et de porc \u00e0 Niassan et \u00e0 D\u00e9b\u00e9, le 16 f\u00e9vrier 2021.<\/p>\n<p class=\"c2\"><strong>A.B.<\/strong><\/p>\n<hr\/>\n<p><strong>Dr Roland Bama, m\u00e9decin-chef du district de Tougan par int\u00e9rim :<\/strong><br \/><strong>\u00ab Il est difficile de contr\u00f4ler le flux de personnes \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab A la date du 18 f\u00e9vier 2021, nous sommes \u00e0 z\u00e9ro cas de la COVID-19. Sur l\u2019aire du district sanitaire, des s\u00e9ances de sensibilisation sur les mesures barri\u00e8res pour la lutte contre le coronavirus sont r\u00e9alis\u00e9es par les agents sur le terrain. Les dispositifs de lave-mains sont disponibles dans chaque formation sanitaire gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019appui du minist\u00e8re de la Sant\u00e9 et d\u2019autres partenaires intervenant dans la province. Une dizaine de tests ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans la province du Sourou par nos services.<\/p>\n<p>Avec le contexte d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, il est difficile de contr\u00f4ler le flux de personnes qui entrent ou qui sortent de la province. Dans la ville de Tougan, nous ne disposons pas de poste de contr\u00f4le pour tester les passagers. Au d\u00e9but, on avait commenc\u00e9 avec l\u2019appui de la Croix-Rouge mais le manque de moyens a fait que l\u2019op\u00e9ration s\u2019est arr\u00eat\u00e9e. Normalement, un poste permanent au niveau de la vall\u00e9e devrait \u00eatre op\u00e9rationnel pour le contr\u00f4le de temp\u00e9rature. Ce qui n\u2019est pas le cas. Il existe un poste fonctionnel uniquement les jours de march\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p class=\"c2\"><strong>A.B.<\/strong><\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom tdi_33_b27 td_block_template_1\">\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-27454\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/PUB-Bandeau-paiement-mobile-siteweb.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/06\/03\/vallee-du-sourou-la-resilience-des-producteurs-face-a-linsecurite\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sur une superficie de 6 ha, Harouna Saba cultive plusieurs produits mara\u00eechers dont le piment. La vall\u00e9e du Sourou dans la r\u00e9gion de la Boucle du Mouhoun fait partie des zones humides d\u2019importance internationale d\u2019o\u00f9 son inscription sur les sites RAMSAR (zone humide d\u2019importance internationale). 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