{"id":118787,"date":"2021-06-17T15:41:18","date_gmt":"2021-06-17T19:41:18","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/premiere-et-seconde-guerres-mondiales\/"},"modified":"2021-06-17T15:41:18","modified_gmt":"2021-06-17T19:41:18","slug":"premiere-et-seconde-guerres-mondiales","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/premiere-et-seconde-guerres-mondiales\/","title":{"rendered":"PREMIERE ET SECONDE GUERRES MONDIALES"},"content":{"rendered":"<p class=\"c4\"><strong><em>L\u2019auteur de la r\u00e9flexion ci-dessous, parvenue \u00e0 notre r\u00e9daction, rend un vibrant hommage aux soldats africains morts au front pendant la premi\u00e8re et la seconde Guerres mondiales. Ici, il met l\u2019accent sur les soldats originaires du Burkina Faso qui sont morts pour la France et qui sont royalement ignor\u00e9s. C\u2019est le cas, par exemple, de Sankara Zouli, mort le 18 juin 1940.<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\"><strong><em>\u00ab\u00a0Avant-propos<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\"><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\"><strong><em>\u00abVous, Tirailleurs S\u00e9n\u00e9galais, mes fr\u00e8res noirs \u00e0 la main chaude sous la glace et la mort<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\"><strong><em>Qui pourra vous chanter si ce n\u2019est votre fr\u00e8re d\u2019arme, votre fr\u00e8re de sang?\u00bb.<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\"><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>C\u2019est par ces strophes que d\u00e9bute le \u00abPo\u00e8me liminaire\u00bb, un po\u00e8me de L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor, \u00a0\u00a0d\u00e9di\u00e9 \u00e0 son ami le Guyanais L\u00e9on-Gontran Damas et qui ouvre le recueil \u00abHosties noires\u00bb paru en 1948. L\u2019auteur rend hommage aux combattants africains ayant servi dans diff\u00e9rentes unit\u00e9s de Tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais, notamment dans le po\u00e8me \u00abAux Tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais morts pour la France\u00bb. Lui-m\u00eame, bien qu\u2019ayant obtenu la citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise en 1932 et r\u00e9ussi au concours d\u2019agr\u00e9gation en grammaire fran\u00e7aise en 1933, a \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9 en 1939 et affect\u00e9 au 31<sup>e<\/sup> \u00a0R\u00e9giment d\u2019infanterie coloniale (RIC). Fait prisonnier par les Allemands le 20 juin 1940, il sera incarc\u00e9r\u00e9 dans plusieurs camps de prisonniers africains dont le Frontstalag 230 de Poitiers. Plus que tout autre, le chantre de la N\u00e9gritude aura aussi \u00e9t\u00e9 celui qui a le plus chant\u00e9 ses fr\u00e8res d\u2019armes, ses fr\u00e8res de sang.<\/em> <em>Tirailleur auto-proclam\u00e9 comme je me suis d\u00e9crit dans un pr\u00e9c\u00e9dent article publi\u00e9 le 23 ao\u00fbt 2019 dans le quotidien \u00abl\u2019Observateur Paalga\u00bb et sur le site \u00abLefaso.net\u00bb (https:\/\/lefaso.net\/spip.php?article91529), je tente modestement de \u00abchanter\u00bb les soldats originaires du Burkina Faso et qui sont morts pour la France au cours des deux guerres mondiales. Ces h\u00e9ros sont\u00a0 d\u2019autant\u00a0 plus\u00a0 m\u00e9connus\u00a0 que\u00a0 leur\u00a0 pays\u00a0 n\u2019est\u00a0 devenu\u00a0 une colonie distincte qu\u2019en 1919 et n\u2019existait plus comme telle en 1939-1945, ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9membr\u00e9 de 1937 \u00e0 1947 au profit des colonies de C\u00f4te d\u2019Ivoire, du Niger et du Soudan fran\u00e7ais (actuel Mali). En cons\u00e9quence, ils ont parfois continu\u00e9 \u00e0 \u00eatre r\u00e9pertori\u00e9s comme originaires de ces colonies, en d\u00e9pit d\u2019un effort louable de mise \u00e0 jour consistant \u00e0 mettre \u00abBurkina (ex-Haute Volta)\u00bb comme pays d\u2019origine lors de l\u2019indexation et de la mise en ligne de leurs fiches militaires sur le site \u00abM\u00e9moire des Hommes\u00bb du minist\u00e8re fran\u00e7ais des Arm\u00e9es ou sur le site priv\u00e9 \u00abMemorialgenWeb\u00bb qui recense les soldats et r\u00e9sistants morts pour la France, et notamment les cimeti\u00e8res o\u00f9 ils sont inhum\u00e9s.<\/em> <em>Quelques 179 000 Tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais ont \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s au 1<sup>er<\/sup> \u00a0avril 1940 et pr\u00e8s de 65 000 ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s dans les combats lors de la bataille de France. En mai-juin 1940, ils ont \u00e9t\u00e9 sur tous les secteurs du front (les Ardennes, la Somme, la Meuse, l\u2019Aisne, en Champagne, sur la Loire et le Rh\u00f4ne) et ont \u00e9t\u00e9 oppos\u00e9s \u00e0 des troupes allemandes souvent mieux \u00e9quip\u00e9es mais contre lesquelles ils se sont battus avec acharnement. Nombre d\u2019entre eux, dont des Burkinab\u00e8, reposent \u00e0 jamais dans la n\u00e9cropole nationale de Fleury-les-Aubrais, au nord d\u2019Orl\u00e9ans.<\/em> <em>Au cours de cette p\u00e9riode, certains de ces soldats ont aussi \u00e9t\u00e9 victimes de la barbarie nazie et de crimes de guerre qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s, crimes que d\u00e9taille Raffael Scheck, historien allemand, professeur au Colby College dans le Maine (Etats-Unis d\u2019Am\u00e9rique) dans son livre \u00abUne saison noire. Les massacres des tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais. Mai-Juin\u00a0 1940\u00bb\u00a0 paru\u00a0 en\u00a0 anglais\u00a0 en\u00a0 2006\u00a0 et\u00a0 publi\u00e9\u00a0 en\u00a0 fran\u00e7ais\u00a0 en\u00a0 2007\u00a0 (Editions Tallandier). Il estime leur nombre \u00e0 \u00ab1 500 au moins, 3 000 sans doute\u00bb. Ces massacres ont \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9s dans plusieurs villes de France, \u00a0et notamment le 18 juin 1940 \u00e0 Clamecy dans la Ni\u00e8vre et les 19 et 20 juin 1940 \u00e0 Chasselay pr\u00e8s de Lyon o\u00f9 a \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9 le \u00abTata s\u00e9n\u00e9galais\u00bb, derni\u00e8re demeure de 118 Tirailleurs. Des Burkinab\u00e8 figurent parmi ces victimes.<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p class=\"c6\"><strong><em>La n\u00e9cropole nationale \u00a0de Fleury-les-Aubrais<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\"><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>La n\u00e9cropole nationale de Fleury-les-Aubrais est la plus grande n\u00e9cropole de regroupement en France, comportant un ossuaire et 3 540 tombes individuelles (635 tombes relatives \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale et 2 905 relatives \u00e0 la Seconde Guerre mondiale).<\/em> <em>Durant l\u2019\u00e9t\u00e9 2019, ann\u00e9e marquant le centenaire de la cr\u00e9ation de la colonie de Haute-Volta, j\u2019ai effectu\u00e9 un p\u00e9riple m\u00e9moriel dans diff\u00e9rents cimeti\u00e8res militaires de l\u2019Hexagone dont cette \u00a0n\u00e9cropole, \u00e0 la recherche des s\u00e9pultures des combattants originaires de cette colonie qui a acquis son ind\u00e9pendance en 1960 sous le nom de R\u00e9publique de Haute-Volta devenue Burkina Faso en 1984. Les tombes individuelles sont num\u00e9rot\u00e9es et dispos\u00e9es en carr\u00e9s et en rangs. J\u2019y ai d\u00e9nombr\u00e9 une quarantaine de tombes de compatriotes, apr\u00e8s confrontation du relev\u00e9 in situ avec les donn\u00e9es accessibles sur les sites \u00abM\u00e9moire des Hommes\u00bb et \u00abMemorialgenWeb\u00bb (cf. mon article du 23 ao\u00fbt 2019 cit\u00e9 plus haut).<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p class=\"c6\"><em><strong>Le 18 juin 1940<\/strong><\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>Dans la m\u00e9moire collective fran\u00e7aise, le 18 juin 1940 \u00e9voque plus particuli\u00e8rement l\u2019historique Appel du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle sur les ondes de la BBC. La veille, le mar\u00e9chal P\u00e9tain, nomm\u00e9 chef du gouvernement le 16 juin par le pr\u00e9sident Paul Reynaud, avait d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 la radio: \u00abC\u2019est le c\u0153ur\u00a0 serr\u00e9 que je vous dis aujourd\u2019hui qu\u2019il faut cesser le combat. Je me suis adress\u00e9 cette nuit \u00e0 l\u2019adversaire pour lui demander s\u2019il est pr\u00eat \u00e0 rechercher avec moi, entre soldats, apr\u00e8s la lutte et dans l\u2019honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilit\u00e9s\u00bb. Dans son Appel, le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle invitait, quant \u00e0 lui, ses compatriotes \u00e0 poursuivre la lutte :<\/em> <em>\u00abLes chefs, qui, depuis de nombreuses ann\u00e9es, sont \u00e0 la t\u00eate des arm\u00e9es fran\u00e7aises, ont form\u00e9 un gouvernement. Ce gouvernement, all\u00e9guant la d\u00e9faite de nos arm\u00e9es, s\u2019est mis en\u00a0 rapport\u00a0 avec\u00a0 l\u2019ennemi\u00a0 pour\u00a0 cesser\u00a0 le\u00a0 combat\u2026\u2026Certes,\u00a0 nous\u00a0 avons\u00a0 \u00e9t\u00e9,\u00a0 nous sommes, submerg\u00e9s par la force m\u00e9canique, terrestre et a\u00e9rienne, de l\u2019ennemi\u2026\u2026Mais le dernier mot est-il dit ? L\u2019esp\u00e9rance doit-elle dispara\u00eetre ? La d\u00e9faite est-elle d\u00e9finitive ? Non !\u2026.Car la France n\u2019est pas seule ! Elle n\u2019est pas seule ! Elle n\u2019est pas seule ! Elle a un vaste Empire derri\u00e8re elle. Elle peut faire bloc avec l\u2019Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l\u2019Angleterre, utiliser sans limites l\u2019immense industrie des Etats-Unis.\u201d<\/em> <em>M\u00eame si cela peut para\u00eetre comme \u00abun d\u00e9tail de l\u2019Histoire\u00bb, ce 18 juin 1940, des soldats de l\u2019Empire colonial fran\u00e7ais ont vers\u00e9 leur sang et sont morts pour la France aux c\u00f4t\u00e9s de leurs fr\u00e8res d\u2019armes fran\u00e7ais. A Fleury-les-Aubrais, ils sont 7 originaires du Burkina Faso. Dans le\u00a0 \u00a0tableau ci-apr\u00e8s, leurs noms (en majuscules) et pr\u00e9noms sont r\u00e9capitul\u00e9s tels que mentionn\u00e9s sur leurs fiches militaires, avec des erreurs manifestes de transcription.<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p class=\"c6\"><strong><em>Une \u00e9nigme Sankara?<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>Parmi eux, figure un Sankara Zouli, n\u00e9 en 1918 \u00e0 Koumi, un village pr\u00e8s de Bobo-Dioulasso et mieux connu pour \u00eatre le si\u00e8ge d\u2019un Grand S\u00e9minaire catholique fond\u00e9 en 1933, inaugur\u00e9 en 1935 et dont les archives contiennent des noms de futures \u00e9minentes personnalit\u00e9s tels que les Cardinaux \u00a0Paul Zoungrana, Archev\u00eaque de Ouagadougou de 1960 \u00e0 1995 et Bernard Yago, Archev\u00eaque d\u2019Abidjan de 1960 \u00e0 1994, ou le Professeur Joseph Ki-Zerbo, premier agr\u00e9g\u00e9 d\u2019histoire d\u2019Afrique noire. Avant d\u2019aller au front et vers son destin, Sankara Zouli \u00e9tait bas\u00e9 dans un des trois CTTIC (Centre de transit des troupes indig\u00e8nes coloniales). Ces camps \u00e9tablis \u00e0 Fr\u00e9jus, \u00e0 Souge pr\u00e8s de Bordeaux et \u00e0 Rivesaltes pr\u00e8s de Perpignan, servaient \u00e0 la pr\u00e9paration militaire des recrues indig\u00e8nes et coloniales \u00e0 leur arriv\u00e9e en m\u00e9tropole. La fiche militaire de ce soldat\u00a0 indique qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 le 18 juin 1940, date qui figure \u00e9galement sur le site \u00abMemorialgenweb\u00bb. C\u2019est donc avec \u00e9tonnement qu\u2019en allant m\u2019incliner sur sa tombe (Carr\u00e9 12, rang 3, tombe \u00a047) situ\u00e9e \u00e0 gauche de l\u2019all\u00e9e centrale et proche de l\u2019entr\u00e9e principale, j\u2019ai remarqu\u00e9 que la st\u00e8le \u00a0\u00a0porte les mentions suivantes: \u00abSankara Zouli. Soldat RTS. Mort pour la France le 17-6-940\u00bb. L\u2019erreur de date est peut-\u00eatre imputable au fait que certains soldats ont \u00e9t\u00e9 inhum\u00e9s initialement dans des cimeti\u00e8res municipaux avant d\u2019\u00eatre transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 la n\u00e9cropole nationale de Fleury-les-Aubrais. En tout \u00e9tat de cause, les services charg\u00e9s de la gestion de ces lieux de m\u00e9moire devraient veiller \u00e0 assurer au moins une parfaite concordance entre les informations port\u00e9es sur les tombes et celles qui figurent dans les dossiers militaires des d\u00e9funts. Cette erreur m\u00e9rite donc d\u2019\u00eatre corrig\u00e9e.<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p class=\"c6\"><strong><em>Il faut r\u00e9tablir \u00a0leur droit au nom<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>Le 15 ao\u00fbt 2019, \u00e0 l\u2019occasion de la comm\u00e9moration \u00e0 St Raphael du 75<sup>e<\/sup>\u00a0 anniversaire du d\u00e9barquement en Provence, le pr\u00e9sident Emmanuel Macron a lanc\u00e9 un \u00ab\u00a0appel aux maires de France pour qu\u2019ils fassent vivre par le nom de nos rues et de nos places, par nos monuments et nos c\u00e9r\u00e9monies, la m\u00e9moire de ces hommes qui rendent fi\u00e8re \u00a0toute l\u2019Afrique\u00bb. Afin de faciliter le choix des maires, le minist\u00e8re des Arm\u00e9es a dress\u00e9 une premi\u00e8re liste de 106 noms intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Combattants africains de la Seconde Guerre mondiale. Biographies\u00bb. Il a ensuite publi\u00e9 un livret\u00a0 contenant 100 fiches biographiques \u00e0 l\u2019usage\u00a0 des\u00a0 maires\u00a0 de\u00a0 France.\u00a0 Dans\u00a0 les\u00a0 notices\u00a0 biographiques\u00a0 de\u00a0 la\u00a0 premi\u00e8re\u00a0 liste, figurent 6 Burkinab\u00e8, \u00e0 savoir \u00abADO\u00a0 KABORE \u00a0Kabor\u00e9\u00bb inhum\u00e9 \u00e0 Fleury-les-Aubrais, \u00abBOUTIE Diasso\u00bb n\u00e9 en 1918 \u00e0 Kayoro et inhum\u00e9 au Mont Val\u00e9rien, \u00abGABRIEL Ky ou Ki\u00bb, n\u00e9 \u00e0 Toma en 1908, \u00abGANOAGA Kabor\u00e9\u00bb, n\u00e9 vers 1917 \u00e0 \u00abPouytenga (C\u00f4te d\u2019Ivoire)\u00bb, \u00abZ\u00c9GU\u00c9\u00bb \u00a0n\u00e9 \u00abvers 1919 \u00e0 Rensato (Burkina Faso), fils de Noala Traor\u00e9\u00bb et \u00abZIBAGO Thiao\u00bb, n\u00e9 en 1906 \u00e0 \u00abTankyu, cercle de D\u00e9dougou\u00bb. Leurs noms de famille sont en majuscules. S\u2019agissant du premier cit\u00e9, sa fiche biographique \u00e9tablie \u00e0 partir des archives du Service historique de la d\u00e9fense (SHD) conserv\u00e9es \u00e0 Caen, \u00e0 Pau et \u00e0 Vincennes fournit les d\u00e9tails suivants:<\/em><\/p>\n<p class=\"c6\"><strong><em>\u00abADO KABORE Kabor\u00e9 ou HADO Kabor\u00e9 (1917-1940). Mort pour la France. 57<sup>e<\/sup> RICMS<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>N\u00e9 \u00e0 Abkango (Burkina Faso) en 1971. Fils de Kibsa et Patoli. Cultivateur. Mort pour la France \u00e0 Sigloy (Loiret), le 18 juin 1940.<\/em> <em>Carri\u00e8re militaire et campagnes: Incorpor\u00e9 au 6<sup>e<\/sup> \u00a0Bataillon de tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais (BTS) comme appel\u00e9 pour 3 ans, le 11 f\u00e9vrier 1937. Rengag\u00e9 pour 2 ans le 15 avril 1938 \u00e0 compter du 11 f\u00e9vrier 1940. Affect\u00e9 au 57<sup>e<\/sup>\u00a0 R\u00e9giment d\u2019infanterie\u00a0 coloniale\u00a0 mixte\u00a0 s\u00e9n\u00e9galais\u00a0 (57<sup>e<\/sup> \u00a0\u00a0RICMS),\u00a0 le\u00a0 26\u00a0 avril\u00a0 1940.\u00a0 Tu\u00e9\u00a0 par l\u2019ennemi \u00ab par \u00e9clat de bombe \u00bb \u00e0 Sigloy (Loiret), le 18 juin 1940.\u201d<\/em> <em>Comme on dit au Burkina Faso, \u00abc\u2019est bien mais ce n\u2019est pas arriv\u00e9\u00bb. Autrement dit, l\u2019intention est bonne mais ce n\u2019est pas suffisant. En effet, le droit au nom est un droit imprescriptible. Rendre hommage \u00e0 ces h\u00e9ros en donnant leurs noms \u00e0 des rues, des places ou des \u00e9coles, c\u2019est en premier lieu reconna\u00eetre leurs vrais noms de famille qui sont \u00abKABORE\u00bb, \u00abDIASSO\u00bb, \u00abKY\u00bb (ou \u00abKI\u00bb), \u00a0\u00abTRAORE\u00bb ou \u00abTIAO\u00bb. S\u2019il est vrai que, fort malheureusement, ils sont l\u00e9gion les cas d\u2019inversion des noms et pr\u00e9noms des soldats africains \u00a0recrut\u00e9s \u00a0dans \u00a0les \u00a0troupes \u00a0coloniales, \u00a0on \u00a0ne \u00a0saurait \u00a0se \u00a0satisfaire \u00a0d\u2019une<\/em> <em>\u00abd\u00e9colonisation\u00bb \u00a0partielle \u00a0de \u00a0leur \u00a0identit\u00e9 \u00a0et \u00a0de \u00a0leur \u00a0origine. \u00a0Une \u00a0rue \u00a0au \u00a0nom \u00a0de \u00abGABRIEL \u00a0Ky\u00bb ne saurait honorer le \u00abKY Gabriel\u00bb, dont il s\u2019agit, \u00abtu\u00e9 \u00e0 l\u2019ennemi en 1940\u00bb, \u00abfils de Tionkoro Ki et de Lankoro Ki, mari\u00e9 \u00e0 Kayourou Par\u00e9\u00bb. IL FAUT DONC LEUR RENDRE LEURS NOMS, ainsi que leur pays d\u2019origine. Et, pour ce qui concerne plus particuli\u00e8rement le Burkina Faso, cela devrait \u00eatre un casus belli d\u2019honorer un combattant\u00a0 en\u00a0 disant\u00a0 qu\u2019il\u00a0 est\u00a0 n\u00e9\u00a0 \u00e0\u00a0 Pouytenga\u00a0 \u00ab(C\u00f4te\u00a0 d\u2019Ivoire)\u00bb,\u00a0 surtout\u00a0 apr\u00e8s\u00a0 avoir reconnu pour d\u2019autres de ses compatriotes que leur lieu de naissance se trouve bien \u00a0au \u00abpays des Hommes int\u00e8gres\u00bb m\u00eame si ledit lieu relevait \u00e0 l\u2019\u00e9poque d\u2019une colonie voisine.<\/em> <em>S\u2019agissant de la deuxi\u00e8me liste diff\u00e9rente de la premi\u00e8re et devenue la liste officielle objet du livret pr\u00e9fac\u00e9 par Genevi\u00e8ve DARRIEUSSECQ, la Secr\u00e9taire d\u2019Etat aupr\u00e8s de la ministre des Arm\u00e9es, on s\u2019explique mal comment le nombre de soldats burkinab\u00e8 est pass\u00e9 de 6 \u00e0 2 dans le r\u00e9capitulatif par pays (page 16), pourquoi le soldat \u00abZIBAGO Thiao\u00bb susnomm\u00e9 est pris en compte (page 18) au titre du S\u00e9n\u00e9gal et non du Burkina Faso, et pourquoi le soldat CISSE Amadou, originaire du \u00abMali (ex-Soudan)\u00bb est indiqu\u00e9 comme provenant du \u00abSoudan\u00bb (page 18), ce pays jouxtant l\u2019Egypte et qui est \u00e0 tort sur la carte (page 15) des pays d\u2019origine des combattants. Ce soldat \u00e9tait du 25<sup>e<\/sup> \u00a0RTS et a \u00e9t\u00e9 \u00ab pris et fusill\u00e9 par l\u2019ennemi \u00e0 Balmont sortie nord de Lyon le 19 juin 1940 , vers 15 heures\u00bb selon sa fiche.<\/em> <em>\u00abAux combattants d\u2019Afrique, la France reconnaissante\u00bb. Tel est le titre du livret contenant les 100 fiches biographiques \u00e0 l\u2019usage des maires de France. Si l\u2019un des objectifs vis\u00e9s \u00e9tait de comm\u00e9morer une histoire commune entre la France et ses anciennes colonies d\u2019Afrique, l\u2019exercice aurait sans doute gagn\u00e9 en qualit\u00e9 et en pertinence en associant les administrations et associations d\u2019anciens combattants des pays concern\u00e9s.<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p class=\"c6\"><strong><em>Louis Dominique OUEDRAOGO\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><strong><em>Liste des Burkinab\u00e8 morts le 18 juin 1940 et inhum\u00e9s \u00a0\u00e0 la n\u00e9cropole nationale \u00a0de Fleury-les-Aubrais<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<table>\n<tbody readability=\"19.5\">\n<tr readability=\"5\">\n<td width=\"203\" readability=\"5\"><em>NOMS et Pr\u00e9noms \/ Unit\u00e9s<\/em><\/p>\n<p><em>Date et lieu de naissance<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"95\"><em>Lieu de d\u00e9c\u00e8s<\/em><\/p>\n<p><em>(D\u00e9partement)<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"132\"><em>R\u00e9f\u00e9rences inhumation<\/em><\/td>\n<\/tr>\n<tr readability=\"7\">\n<td width=\"203\"><em>ADO KABORE Kabor\u00e9 \/ 57<sup>e<\/sup> \u00a0R.I.C.M.S<\/em><\/p>\n<p><em>1917, Burkina<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"95\"><em>\u00a0Sigloy<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0(45\u00a0 Loiret)<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"132\"><em>Carr\u00e9 12, rang 4, tombe<\/em><\/p>\n<p><em>59<\/em><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr readability=\"9\">\n<td width=\"203\" readability=\"5\"><em class=\"c7\">\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>BANA \u00a0Soma \u00a057<sup>e<\/sup> \u00a0R.I.C.M.S<\/em><\/p>\n<p><em>1917 Soubaka Burkina<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"95\"><em>\u00a0Ch\u00e2teauneuf-sur- \u00a0Loire<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0(45 Loiret)<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"132\"><em>Carr\u00e9 11, rang 4, tombe<\/em><\/p>\n<p><em>62<\/em><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr readability=\"5\">\n<td width=\"203\" readability=\"5\"><em>BARE \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0KABRE <span class=\"c8\">?<\/span> 5<sup>e<\/sup> \u00a0RTS<\/em><\/p>\n<p><em>1917 Tintoulon Subdivision de<\/em><\/p>\n<p><em>Ouagadougou<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"95\"><em>R\u00e9gion de Moulon<\/em><\/p>\n<p><em>(45 Loiret)<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"132\"><em>Ossuaire<\/em><\/td>\n<\/tr>\n<tr readability=\"6\">\n<td width=\"203\"><em>KAMO Souhamo 57<sup>e<\/sup> \u00a0RICMS<\/em><\/p>\n<p><em>1914 Boumoua Burkina<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"95\"><em>Sigloy<\/em><\/p>\n<p><em>(45 Loiret)<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"132\"><em>Carr\u00e9 10, rang 4, tombe<\/em><\/p>\n<p><em>60<\/em><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr readability=\"3\">\n<td width=\"203\" readability=\"5\"><em>K\u2019BOURE POTORO 16<sup>e<\/sup> \u00a0RTS<\/em><\/p>\n<p><em>1919 Din\u00e9n\u00e9mina Burkina<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"95\"><em>Clamecy<\/em><\/p>\n<p><em>(58- Ni\u00e8vre)<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"132\"><em>Ossuaire<\/em><\/td>\n<\/tr>\n<tr readability=\"6\">\n<td width=\"203\"><em>SANKARA ZOULI ? CTTIC<\/em><\/p>\n<p><em>1918 Koumi Burkina<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"95\"><em>Sigloy<\/em><\/p>\n<p><em>(45-Loiret)<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"132\"><em>Carr\u00e9 12, rang 3, tombe<\/em><\/p>\n<p><em>47<\/em><\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr readability=\"2\">\n<td width=\"203\"><em>YEMDAOGO Z\u00e9n\u00e9 24<sup>e<\/sup> \u00a0RTS<\/em><\/p>\n<p><em>1917 Burkina<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"95\"><em>Clamecy<\/em><\/p>\n<p><em>(58- Ni\u00e8vre)<\/em><\/p>\n<\/td>\n<td width=\"132\"><em>Ossuaire<\/em><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p class=\"c4\"><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p class=\"c6\"><strong><em>Sources: Relev\u00e9 in situ \/ donn\u00e9es sur \u00abM\u00e9moire des Hommes \u00bb et \u00abMemorialgenWeb\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"c6\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Auteur: Editions LEPAYS<br \/>\n<a href=\"https:\/\/lepays.bf\/premiere-et-seconde-guerres-mondiales\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019auteur de la r\u00e9flexion ci-dessous, parvenue \u00e0 notre r\u00e9daction, rend un vibrant hommage aux soldats africains morts au front pendant la premi\u00e8re et la seconde Guerres mondiales. Ici, il met l\u2019accent sur les soldats originaires du Burkina Faso qui sont morts pour la France et qui sont royalement ignor\u00e9s. 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