{"id":120011,"date":"2021-06-30T17:44:29","date_gmt":"2021-06-30T21:44:29","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lutte-contre-la-covid-19-le-cri-du-coeur-des-enfants-de-la-rue\/"},"modified":"2021-06-30T17:44:29","modified_gmt":"2021-06-30T21:44:29","slug":"lutte-contre-la-covid-19-le-cri-du-coeur-des-enfants-de-la-rue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lutte-contre-la-covid-19-le-cri-du-coeur-des-enfants-de-la-rue\/","title":{"rendered":"Lutte contre la COVID-19: le cri du c\u0153ur des enfants de la rue"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Le Burkina Faso est touch\u00e9 par la pand\u00e9mie de la COVID-19 depuis le 9 mars 2021. Des mesures sont prises pour prot\u00e9ger les populations, mais les enfants en situation de rue pr\u00e9tendent \u00eatre en marge de la campagne de protection contre le coronavirus.<\/strong><\/p>\n<p>Edouard Koala passe toute sa journ\u00e9e \u00e0 errer dans la ville de Ouagadougou. De maquis en gargotes, ils n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 se frotter aux inconnus et \u00e0 fouiller dans les restes des plats pour survivre. Depuis l\u2019av\u00e8nement du coronavirus, sa vie a chang\u00e9. De la m\u00e9fiance \u00e0 son \u00e9gard, refus de lui tendre des pi\u00e8ces d\u2019argent\u2026il est d\u00e9sormais consid\u00e9r\u00e9 comme une source de propagation du virus et craint comme une peste par ses ex- bienfaiteurs. A la date du 24 juin 2021, le Burkina comptait 13 477 cas confirm\u00e9s.<\/p>\n<p>Depuis la d\u00e9tection du \u00ab virus de Wuhan \u00bb au \u00ab pays des Hommes int\u00e8gres \u00bb, le 9 mars 2020, une panoplie de mesures ont \u00e9t\u00e9 prises pour freiner la propagation de la maladie au sein des populations. Ce sont, entre autres, la fermeture des fronti\u00e8res terrestres et a\u00e9riennes, des distributions de masques et de gels hydroalcooliques \u00e0 certaines couches vuln\u00e9rables, des s\u00e9ances de sensibilisation\u2026<\/p>\n<p>\u00ab Mais personne ne songe \u00e0 nous, les enfants de la rue\u00bb, d\u00e9plore Edouard Koala. Il dit n\u2019avoir jamais re\u00e7u de masques de protection. Le gel hydroalcoolique, il n\u2019en connait pas l\u2019odeur. Au quartier Hamdallaye dans le secteur 8 de Ouagadougou, plusieurs enfants en situation de rue comme lui se sentent en marge de la lutte contre le coronavirus. Dans leur dortoir sis devant une boutique de fortune, \u00e0 proximit\u00e9 de la grande mosqu\u00e9e de Hamdallaye, on d\u00e9nombre une quinzaine d\u2019adolescents. Leur quotidien : sortir<br \/>\nqu\u00e9mander l\u2019aum\u00f4ne, sans protection, malgr\u00e9 les risques de contamination pour finir la journ\u00e9e \u00ab entass\u00e9s \u00bb \u00e0 la belle \u00e9toile.<\/p>\n<h3>\u00ab 200 F CFA pour un masque, c\u2019est une forte somme \u00bb<\/h3>\n<p>Dans le fief d\u2019Edouard, les gamins se fichent de la distanciation sociale. Se prot\u00e9ger est le dernier de leur souci. Aucun n\u2019est prot\u00e9g\u00e9. Boukary Ou\u00e9draogo ne compte pas d\u00e9bourser 200 F CFA pour s\u2019acheter un masque ou un gel hydroalcoolique \u00e0 1500 F CFA. Acqu\u00e9rir cette \u00ab forte \u00bb somme pour lui \u00e9quivaudrait \u00e0 parcourir difficilement plusieurs dizaines de kilom\u00e8tres dans la ville de Ouagadougou \u00e0 compter sur les pi\u00e8ces<br \/>\nde monnaies des bonnes volont\u00e9s et \u00e0 se priver de nourriture.<\/p>\n<p>\u00ab D\u00e9bourser 200 FCFA pour se payer un masque, c\u2019est vraiment une forte somme pour nous les enfants de la rue. Nous avons des difficult\u00e9s pour manger. Nous n\u2019allons pas aussi gaspiller le peu d\u2019argent, que les gens nous donnent pour nous acheter des masques ou des gels \u00bb, clarifie-t-il. S\u2019offrir un masque est un luxe que ne peuvent se payer des milliers<\/p>\n<figure id=\"attachment_37097\" aria-describedby=\"caption-attachment-37097\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-37097\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/06\/covid6-300x297-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"297\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/06\/covid6-300x297-1.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/covid6-150x149.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/covid6-424x420.jpg 424w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/covid6.jpg 503w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"><figcaption id=\"caption-attachment-37097\" class=\"wp-caption-text\">La responsable du CASEMAR, Rejane Kologo : \u00ab les enfants de la rue sont abandonn\u00e9s \u00e0 leur sort \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>d\u2019enfants de la rue. Se doter d\u2019un cache-nez est le dernier souci de Djibril Diallo. Venu de Sapouy, une commune situ\u00e9e \u00e0 une centaine de Km de Ouagadougou, \u00e0 la recherche d\u2019un bien-\u00eatre, il a vite d\u00e9chant\u00e9. Les difficiles conditions de vie, l\u2019ont contraint \u00e0 grossir le nombre des enfants de la rue de la capitale.<\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but de la pand\u00e9mie, il n\u2019a eu qu\u2019un seul cache-nez que lui a offert le Samu social dans le cadre de ses maraudes et campagnes de sensibilisation contre la COVID-19. M\u00eame s\u2019il dit redouter la maladie qui a d\u00e9j\u00e0 fait 168 morts (ndlr, \u00e0 la date du 24 juin 2021) au Burkina, des questions lui taraudent l\u2019esprit : \u00ab dans les messages de sensibilisations, on parle de prot\u00e9ger les couches vuln\u00e9rables. Nous, qui nous prot\u00e8gent ? Ne faisons-nous pas partie des couches vuln\u00e9rables ? \u00bb.<\/p>\n<p>Dans leurs diff\u00e9rents Quartiers g\u00e9n\u00e9raux (QG), sis \u00e0 la gare routi\u00e8re Ouagarinter, au stade du 4-Ao\u00fbt, au march\u00e9 de Pissy, \u00e0 Hamdallaye, au march\u00e9 de Mankoudougou, \u00e0 la Gare de l\u2019Est\u2026ce sont des questions qui reviennent r\u00e9guli\u00e8rement sur leurs l\u00e8vres. \u00ab L\u2019Etat, les ONG\u2026se sont mobilis\u00e9s pour prot\u00e9ger la population. Mais, personne ne parle de nous. En aucun moment, nous n\u2019avons m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 cit\u00e9s dans un message de sensibilisation \u00bb, se plaint le jeune Djibril.<\/p>\n<h3>\u00ab Seul le poison peut me tuer \u00bb<\/h3>\n<p>Rencontr\u00e9 dans son \u00ab ghetto \u00bb devant la cit\u00e9 chinoise de Gounghin au secteur 7 de la capitale, Jules Roland reconna\u00eet avoir re\u00e7u deux masques d\u2019un bon samaritain. Mais, \u00e0 cause des larcins au sein de sa bande, ils se sont \u00ab volatilis\u00e9s \u00bb. \u00ab Entre nous, nous nous volons les biens. Lorsque tu dors, \u00e0 ton r\u00e9veil, tu constates que tes objets ont disparu. Depuis, la perte de mes cache-nez, je n\u2019ai plus jamais cherch\u00e9 \u00e0 m\u2019en procurer. D\u2019ailleurs qui va me l\u2019offrir \u00bb, s\u2019interroge Roland qui traine dans la rue depuis l\u2019\u00e2ge de 9 ans.<\/p>\n<p>Sous l\u2019effet des stup\u00e9fiants, ce jeune, qui totalise 14 ans dans la rue, ne tient pas sur ses jambes. Mais il est convaincu d\u2019une chose :<br \/>\n\u00ab Mon sang est incompatible \u00e0 la maladie. Seul le poison peut me tuer. C\u2019est Dieu qui prot\u00e8ge les enfants de la rue contre le coronavirus \u00bb. Les perceptions de la maladie divergent au sein des enfants de la rue. Si certains pensent qu\u2019ils sont immunis\u00e9s naturellement contre la COVID-19, d\u2019autres pensent que la maladie n\u2019existe pas. \u00ab Je ne crois m\u00eame pas \u00e0 la maladie. Nous, les enfants de la rue, avions surv\u00e9cu \u00e0 la grippe aviaire, au chol\u00e9ra\u2026ces maladies sont pires que le coronavirus qui d\u2019ailleurs n\u2019existe m\u00eame pas. Je n\u2019ai pas port\u00e9 de cache-nez, parce que je crois que la maladie est termin\u00e9e et c\u2019est pourquoi, personne ne m\u2019en a offert \u00bb, lance Roland en s\u2019\u00e9clipsant.<\/p>\n<p>A Bobo-Dioulasso, c\u2019est aussi la perception de certains enfants en situation de rue \u00ab log\u00e9s \u00bb, \u00e0 proximit\u00e9 de la gare Sitarail, l\u2019abattoir, au vid\u00e9o club, \u00e0 Diarradougou\u2026Amad Barry, 11 ans, a quitt\u00e9 L\u00e9o et ses parents pour rallier la capitale \u00e9conomique, pour se \u00ab chercher \u00bb. Sans famille, depuis lors, il erre dans les rues \u00e0 la recherche de pitance. Dans sa bande constitu\u00e9e de plus de 20 enfants, aucun ne poss\u00e8de de masque de protection. M\u00eame s\u2019il dit reconna\u00eetre que le coronavirus existe, il n\u2019a jamais poss\u00e9d\u00e9 aussi de cache-nez ni touch\u00e9 \u00e0 un gel hydroalcoolique. \u00ab C\u2019est Dieu qui me prot\u00e8ge. Donc, je ne peux pas avoir la maladie. Le coronavirus, c\u2019est une maladie des riches et qui ne tuent seulement que les riches\u00bb, affirme-t-il tout sourire.<\/p>\n<h3>\u00ab On ne pense pas aux enfants de la rue\u2026\u00bb<\/h3>\n<figure id=\"attachment_37096\" aria-describedby=\"caption-attachment-37096\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-37096\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/06\/covid5-300x200-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/06\/covid5-300x200-1.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/covid5-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/covid5-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/covid5-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/covid5-630x420.jpg 630w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/covid5.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"><figcaption id=\"caption-attachment-37096\" class=\"wp-caption-text\">Dans les rues, les enfants errent sans protection.<\/figcaption><\/figure>\n<p>A Bobo-Dioulasso, l\u2019association \u00ab Ti\u00e9 \u00bb, qui signifie \u00ab pr\u00e9sence \u00bb en langue Bobo, a fait de la protection des enfants en situation de rue son cheval de bataille. D\u00e8s le premier mois de la d\u00e9couverte du virus au Burkina, elle a initi\u00e9 des campagnes de distributions de masques, des sensibilisations contre la COVID-19, installer des kits de lavage de mains sur 26 sites abritant les enfants en situation de rue.<\/p>\n<p>\u00ab On parle de coronavirus, on distribue des cache-nez, mais on ne pense pas aux enfants de la rue \u00bb, affirme le coordonnateur de l\u2019association Ti\u00e9, Lassina Konat\u00e9. Or, pour lui, ils sont vuln\u00e9rables et ils m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre prot\u00e9g\u00e9s comme les autres citoyens.<br \/>\n\u00ab Nous avons distribu\u00e9 une centaine de masques seulement. C\u2019\u00e9tait insuffisant, car le nombre d\u2019enfants de la rue est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. N\u2019ayant pas les moyens de leur donner \u00e0 tous, nous avons privil\u00e9gi\u00e9 ceux qui sont plus vuln\u00e9rables, c\u2019est-\u00e0-dire les malades, les sans abris\u2026\u00bb, regrette-t-il.<\/p>\n<p>Faute de moyens pour leur fournir \u00e0 tous des masques, M. Konat\u00e9 s\u2019\u00e9vertue \u00e0 les convaincre dans leurs diff\u00e9rents \u00ab QG \u00bb que le coronavirus existe bel et bien et la seule mani\u00e8re pour l\u2019\u00e9viter, c\u2019est de se prot\u00e9ger en respectant les mesures- barri\u00e8res surtout la distanciation physique. \u00ab Cela pose aussi probl\u00e8me. Puisqu\u2019ils dorment ensemble. Si quelqu\u2019un est contamin\u00e9, il peut contaminer les autres \u00bb, est-il convaincu. Dans les \u00e9coles, les march\u00e9s\u2026des actions sont men\u00e9es pour prot\u00e9ger les populations, mais pas les enfants de la rue, s\u2019indigne-t-il. Il ajoute : \u00ab L\u2019Etat a cousu des cache-nez pour les \u00e9l\u00e8ves, mais pas pour les enfants de la rue. Il y a plus de 300 foyers coraniques \u00e0 Bobo-Dioulasso avec des milliers d\u2019enfants. L\u2019Etat n\u2019a pas pens\u00e9 \u00e0 eux aussi.<\/p>\n<p>C\u2019est un public cible qui a \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9 par l\u2019Etat et ils devaient \u00eatre pris en charge \u00bb. Pour lui, l\u2019Etat ne doit pas \u00ab marginaliser \u00bb cette frange vuln\u00e9rable de la population qui n\u2019a aucune m\u00e9thode de protection. C\u2019est l\u2019avis de Rejane Kologo alias \u00ab maman caf\u00e9 \u00bb, responsable du Centre d\u2019accueil Casa Esperance Mission refuge (CASEMAR). Install\u00e9e dans la capitale \u00e9conomique, depuis 17 ans, dit-elle, dans son centre, elle re\u00e7oit quotidiennement entre 300 \u00e0 580 enfants talib\u00e9s devenus malgr\u00e9 eux, des enfants de la rue \u00e0 qui elle offre des vivres, des cours d\u2019alphab\u00e9tisation, des soins corporel et sanitaire (d\u00e9sinfection de plaies, traitement de diverses maladies).<\/p>\n<p>Elle est \u00ab envahie \u00bb par pr\u00e8s de 200 enfants, venus chercher des masques de protection chez \u00ab maman caf\u00e9 \u00bb. Ces garnements se bousculent, se tapotent dans un brouhaha \u00ab infernal \u00bb. Ses alertes pour r\u00e9tablir l\u2019ordre et la discipline n\u2019ont pas d\u2019\u00e9cho favorable. Ag\u00e9 de 10 ans, Ibrahim Diallo est pass\u00e9 de statut<br \/>\nde talib\u00e9 \u00e0 celui d\u2019enfant de la rue. Il mendie principalement dans le quartier Bindougousso, au grand march\u00e9 de Bobo-Dioulasso. Dans son foyer coranique, il n\u2019a jamais re\u00e7u de masque de protection. \u00ab Notre ma\u00eetre coranique nous a demand\u00e9 de payer nous-m\u00eames des cache-nez pour nous prot\u00e9ger \u00bb, confie-t-il.<\/p>\n<p>M\u00eame si la mendicit\u00e9 lui rapporte 1 000 F CFA par jour, celui qui se consid\u00e8re d\u00e9sormais comme un enfant de la rue ne compte pas d\u00e9bourser ses \u00ab maigres \u00bb ressources pour une maladie d\u2019ailleurs qu\u2019il ne craint pas. \u00ab Je n\u2019aime pas le cache-nez. M\u00eame si, on me l\u2019offre, je ne vais pas le porter \u00bb, affirme le gamin tout en souriant. La raison ? Il ne rajoute rien, avant de se fondre rapidement dans la masse de bambins, un masque offert par \u00ab maman caf\u00e9 \u00bb en main. Avec l\u2019av\u00e8nement du coronavirus, comment prot\u00e9ger \u00ab ces enfants \u00bb a toujours \u00e9t\u00e9 une question qui trouble les nuits de \u00ab maman caf\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Alors, elle a confectionn\u00e9 avec ses propres ressources des cache-nez pour les leur distribuer au centre-ville, devant les stations-services, les gargotes\u2026\u00abLe d\u00e9fi pour les prot\u00e9ger est \u00e9norme. Ils sont oblig\u00e9s de dormir entass\u00e9s dans une petite maison. Ils n\u2019ont pas acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau, aux gels, aux savons\u2026Il faut leur fournir le mat\u00e9riel de protection. Peut-\u00eatre qu\u2019il y a eu des enfants qui ont contract\u00e9 la maladie, mais ils ont pu gu\u00e9rir sans qu\u2019on ne le sache. Je pense que c\u2019est Dieu qui leur a donn\u00e9 cette grande r\u00e9sistance face \u00e0 la maladie \u00bb, estime-t-elle. Avec la vie qu\u2019ils m\u00e8nent dans la rue, se m\u00ealer aux inconnus, manger les restes des aliments \u00e0 travers la ville\u2026sans qu\u2019ils ne soient atteints de COVID-19, il y a une main de Dieu sur eux, est-elle convaincue.<\/p>\n<figure id=\"attachment_37095\" aria-describedby=\"caption-attachment-37095\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-37095\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/06\/covid2-300x200-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/06\/covid2-300x200-1.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/covid2-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/covid2-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/covid2-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/covid2-630x420.jpg 630w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/covid2.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"><figcaption id=\"caption-attachment-37095\" class=\"wp-caption-text\">Le DR en charge de l\u2019action humanitaire des Hauts-Bassins, Aly Kon\u00e9, \u00e0 propos des enfants de la rue : \u00ab Les actions de sensibilisations et de communication sont renforc\u00e9es pour leur \u00e9viter la maladie \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00ab Pendant la pand\u00e9mie, des actions pour leur protection n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 men\u00e9es. Sinc\u00e8rement rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 fait pour eux par les autorit\u00e9s \u00bb, regrette-t-elle. Ce manque d\u2019initiatives pour leur \u00e9pargner des affres du virus, elle l\u2019impute \u00e9galement aux ma\u00eetres coraniques qui, estime-t-elle, les a abandonn\u00e9s \u00e0 leur sort. \u00ab Les ma\u00eetres coraniques se sont d\u00e9sengag\u00e9s de leur prise en charge. Si vous leur demandez est-ce que leurs maitres leur donnent de l\u2019eau pour se doucher, des gels pour se prot\u00e9ger\u2026ils vous r\u00e9pondront par la n\u00e9gative \u00bb, s\u2019indigne la responsable du Centre d\u2019accueil Casa Esperance Mission<br \/>\nrefuge (CASEMAR).<\/p>\n<p><strong>\u00ab Des enfants fragiles qu\u2019il faut prot\u00e9ger \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Pour elle, ces m\u00f4mes sont des enfants fragiles qu\u2019il faut prot\u00e9ger contre la maladie. Des tentatives pour rencontrer des ma\u00eetres coraniques sont rest\u00e9es vaines.<br \/>\nC\u2019est un public-cible pour lequel, il serait difficile de respecter les mesures de<br \/>\nprotection, parce que dans la rue, ils sont la cible de tous les dangers, selon l\u2019\u00e9ducatrice sociale, St\u00e9phanie Ou\u00e9draogo. \u00ab Dans les interventions de l\u2019Etat face \u00e0 ce genre de crise, il faut tenir compte de ces enfants, parce qu\u2019ils n\u2019ont pas de parents et dans leur \u00e9tat actuel, ils sont sans g\u00e9niteurs-protecteurs \u00bb, soutient-elle.<\/p>\n<p>Selon le recensement de 2016, les Hauts-Bassins comptaient 1700 enfants en situation de rue, indique le Directeur r\u00e9gional (DR) de la femme, de la solidarit\u00e9 nationale et de l\u2019action humanitaire des Hauts- Bassins, Aly Kon\u00e9. L\u2019op\u00e9ration de retrait des enfants de la rue organis\u00e9e par son minist\u00e8re de tutelle en fin d\u00e9cembre 2020, a permis de retirer 370 des rues de la capitale \u00e9conomique. Pour prot\u00e9ger les enfants en situation de rue contre la COVID-19, explique-t-il, des sorties sont organis\u00e9es r\u00e9guli\u00e8rement par les services de l\u2019action sociale. Lors de ces sorties de sensibilisations sur leurs sites, des masques sont dispatch\u00e9s aux enfants, soutient M. Kon\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Avant, cela, nous leur demandons s\u2019ils connaissent la maladie. S\u2019ils ne la connaissent pas, nous leur expliquons ce que c\u2019est, ses cons\u00e9quences et comment se prot\u00e9ger \u00bb, pr\u00e9cise le directeur r\u00e9gional en charge de l\u2019action humanitaire des Hauts-Bassins. \u00ab Nous leur demandons de faire beaucoup attention. Certains croient \u00e0 l\u2019existence de la maladie. D\u2019autres avec la sp\u00e9culation disent que c\u2019est la toux\u2026qu\u2019ils n\u2019ont jamais vu de malades de la COVID-19 au Burkina. Donc, ils ne croient pas. M\u00eame si des cas n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s parmi eux, les actions de sensibilisations et de communication sont renforc\u00e9es pour leur \u00e9viter la maladie \u00bb confie M. Kon\u00e9.<\/p>\n<p>Avec les ma\u00eetres coraniques, explique M. Kon\u00e9, l\u2019accent est mis sur la sensibilisation et leur formation pour \u00e9viter la maladie aux talib\u00e9s. Pour les enfants de la rue qui estiment que l\u2019Etat ne fait rien pour leur protection, Aly Kon\u00e9 r\u00e9pond : \u00ab peut-\u00eatre que ce sont des enfants avec qui nous n\u2019avons pas encore eu de contact. Ils ont l\u2019impression que personne ne vient vers eux. La grosse difficult\u00e9, nous ne pouvons pas avoir acc\u00e8s \u00e0 certains enfants. C\u2019est aussi la triste r\u00e9alit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Abdel Aziz NABALOUM<\/strong><br \/>\nemirathe@yahoo.fr<\/p>\n<hr>\n<p><strong>A quand leur dose d\u2019Astra zeneca ?<\/strong><\/p>\n<p>Le 30 mai 2021, le Burkina recevait dans le cadre du m\u00e9canisme Covax, 115 200 doses du vaccin Astra zeneca. Les personnes prioritaires pour recevoir le vaccin sont le personnel des Nations unies, les forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9, les agents de sant\u00e9\u2026 Malheureusement, les enfants en situation de rue, tout aussi vuln\u00e9rables, ne figurent manifestement pas sur la liste. M\u00eame s\u2019ils sont en \u00ab marge \u00bb de la soci\u00e9t\u00e9, ils doivent aussi \u00eatre pris en compte dans le programme de vaccination contre la COVID-19, qui a d\u00e9j\u00e0 caus\u00e9 plus de 100 morts au \u00ab pays des Hommes int\u00e8gres \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>A.A.N<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/06\/30\/lutte-contre-la-covid-19-le-cri-du-coeur-des-enfants-de-la-rue\/\">Lutte contre la COVID-19: le cri du c\u0153ur des enfants de la rue<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/06\/30\/lutte-contre-la-covid-19-le-cri-du-coeur-des-enfants-de-la-rue\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Burkina Faso est touch\u00e9 par la pand\u00e9mie de la COVID-19 depuis le 9 mars 2021. Des mesures sont prises pour prot\u00e9ger les populations, mais les enfants en situation de rue pr\u00e9tendent \u00eatre en marge de la campagne de protection contre le coronavirus. Edouard Koala passe toute sa journ\u00e9e \u00e0 errer dans la ville de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/covid6-300x297.jpg","fifu_image_alt":"Lutte contre la COVID-19: le cri du c\u0153ur des enfants de la rue","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-120011","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/120011","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=120011"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/120011\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=120011"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=120011"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=120011"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}