{"id":12166,"date":"2019-02-07T05:05:34","date_gmt":"2019-02-07T10:05:34","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/carnet-de-voyage-geneve-vue-sur-alger\/"},"modified":"2019-02-07T05:05:34","modified_gmt":"2019-02-07T10:05:34","slug":"carnet-de-voyage-geneve-vue-sur-alger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/carnet-de-voyage-geneve-vue-sur-alger\/","title":{"rendered":"Carnet de voyage\u00a0:\u00a0Gen\u00e8ve, vue sur Alger"},"content":{"rendered":"<h4 class=\"title-14\"\/>\n<div class=\"featured_image\"><img width=\"1000\" height=\"516\" data-cfsrc=\"https:\/\/www.elwatan.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Sans-titre-1-24.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image c1\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/www.elwatan.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Sans-titre-1-24.jpg 1000w, https:\/\/www.elwatan.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Sans-titre-1-24-300x155.jpg 300w, https:\/\/www.elwatan.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Sans-titre-1-24-768x396.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1000px) 100vw, 1000px\"\/><noscript><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"516\" src=\"https:\/\/www.elwatan.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Sans-titre-1-24.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/www.elwatan.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Sans-titre-1-24.jpg 1000w, https:\/\/www.elwatan.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Sans-titre-1-24-300x155.jpg 300w, https:\/\/www.elwatan.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Sans-titre-1-24-768x396.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\"\/><\/p>\n<p><\/noscript><\/div>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s3\"><strong>G<\/strong><\/span><span class=\"s4\">en\u00e8ve, vendredi 1<sup>er<\/sup> f\u00e9vrier. Le vol AH2046 d\u2019Air Alg\u00e9rie atterrit aux alentours de 14h30. Gen\u00e8ve est \u00e0 moins de deux heures de vol d\u2019Alger. L\u2019avion est clairsem\u00e9. Nous sommes accueillis par une vague de froid, somme toute, normale, pour la saison.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">Les abords du tarmac sont recouverts de neige. La temp\u00e9rature avoisine les 3\u00b0. Nous sommes en compagnie de l\u2019artiste plasticien Ammar Bouras. Nous sommes ici dans le cadre de l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00abartgen\u00e8ve\u00bb, foire d\u2019art contemporain qui en est \u00e0 sa huiti\u00e8me \u00e9dition. Elle s\u2019est tenue du 31 janvier au 3 f\u00e9vrier au Palais des expositions (appel\u00e9 simplement Palexpo), situ\u00e9 \u00e0 quelques encablures de l\u2019a\u00e9roport. L\u2019\u00e9v\u00e9nement a vu la participation de quelque 80 galeries.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">Dans ce Salon d\u2019art tr\u00e8s en vue o\u00f9 la succession kal\u00e9idoscopique d\u2019\u0153uvres visuelles donne le vertige, l\u2019espace \u00e9diteur, install\u00e9 au stand A3, a fait une belle place \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 travers les \u00e9ditions Macula, une belle maison dirig\u00e9e par V\u00e9ronique Yersin et entour\u00e9e d\u2019une formidable \u00e9quipe \u00e9ditoriale (Joanna Schaffter, Sophie Yersin, Yan Le Borgne\u2026).<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">Les \u00e9ditions Macula ont donn\u00e9 carte blanche \u00e0 une dizaine d\u2019\u00e9diteurs, dont la maison Barzakh, pour proposer une programmation. <em>\u00abPour la sixi\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive, les \u00e9ditions Macula sont invit\u00e9es \u00e0 cr\u00e9er l\u2019Espace \u00e9diteurs d\u2019artgen\u00e8ve, qui propose des publications litt\u00e9raires ou th\u00e9oriques, des recueils d\u2019entretiens, des ouvrages sur la photographie, des revues, des catalogues d\u2019exposition ou encore des \u00e9ditions limit\u00e9es.<\/em><\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\"><em>C\u2019est \u00e0 chaque fois l\u2019occasion de convier des \u00e9diteurs \u2013 au nombre de dix cette ann\u00e9e \u2013 qui partagent notre int\u00e9r\u00eat pour le dialogue entre le texte et l\u2019image et dont le catalogue fait \u00e9cho au n\u00f4tre. Cette ann\u00e9e, l\u2019Alg\u00e9rie est \u00e0 l\u2019honneur avec deux expositions de photographies, l\u2019accueil des \u00e9ditions Barzakh, (\u2026) et une journ\u00e9e th\u00e9matique autour de l\u2019architecte fran\u00e7ais Fernand Pouillon et de son \u0153uvre en Alg\u00e9rie, au c\u0153ur d\u2019un projet \u00e9ditorial des \u00e9ditions Macula\u00bb,<\/em> peut-on lire dans le programme de l\u2019Espace \u00e9diteurs.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">La sc\u00e9nographie de l\u2019espace est \u00e9l\u00e9gante, domin\u00e9e par deux blocs de couleur verte et jaune. Sur l\u2019un d\u2019eux est expos\u00e9 un dessin sign\u00e9 Adel Abdessemed, l\u2019enfant terrible des Aur\u00e8s et star mondiale de l\u2019art contemporain. Le dessin qui repr\u00e9sente une t\u00eate d\u2019\u00e2ne, fait \u00e9cho \u00e0 un livre intitul\u00e9 <em>Charbon<\/em>, paru chez Macula, contenant 42 dessins de l\u2019artiste ex\u00e9cut\u00e9s \u00ab<em>\u00e0 la pierre noire<\/em>\u00bb et accompagn\u00e9 d\u2019un texte de V\u00e9ronique Yersin.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><strong><span class=\"s4\">M\u00e9moire photographique des ann\u00e9es 1990<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"p6\"><span class=\"s4\">Sur les murs d\u2019exposition sont dispos\u00e9es une vingtaine de photographies sur papier baryt\u00e9 de Ammar Bouras qui r\u00e9f\u00e8rent aux ann\u00e9es 1990. Les photos nous donnent d\u2019embl\u00e9e la chair de poule. L\u2019expo op\u00e8re comme un flash-back qui nous renvoie brutalement \u00e0 cette p\u00e9riode trouble de notre histoire r\u00e9cente. Un \u00abtalk\u00bb a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 le samedi 2 f\u00e9vrier entre le plasticien et Sofiane Hadjadj, cofondateur des \u00e9ditions Barzakh. A noter qu\u2019un livre de Ammar Bouras intitul\u00e9 <em>1990-1995 \u2013 Alg\u00e9rie, chronique photographique<\/em> sortira dans les tout prochains jours chez Barzakh<em>.<\/em><\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">Il est pr\u00e9fac\u00e9 par Malika Rahal et comprend un entretien entre Ammar Bouras et l\u2019\u00e9crivain Adl\u00e8ne Meddi. Des exemplaires de ce magnifique ouvrage ont pu \u00eatre livr\u00e9s \u00e0 temps et apport\u00e9s \u00e0 Gen\u00e8ve.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span> \u00ab1990-1995 \u2013 Alg\u00e9rie, chronique photographique <em>est un livre de photographies en noir et blanc (argentique) prises dans les ann\u00e9es 1990 par Ammar Bouras, c\u00e9l\u00e8bre plasticien alg\u00e9rien, dont on sait trop peu qu\u2019il fut photoreporter pendant cette p\u00e9riode. Celui-ci a exhum\u00e9 les n\u00e9gatifs de ses archives, puis les a scann\u00e9s pendant des mois. Le r\u00e9sultat est d\u2019autant plus miraculeux qu\u2019il est l\u2019un des rares photoreporters \u00e0 avoir accumul\u00e9 et conserv\u00e9 ses pellicules de l\u2019\u00e9poque.<\/em><\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\"><em>Les \u00e9ditions Barzakh proposent un livre-document, livre-t\u00e9moin d\u2019une p\u00e9riode qui, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 satur\u00e9e d\u2019images, et dont la repr\u00e9sentation fut un enjeu de propagande politique, est aujourd\u2019hui devenue invisible, sans trace, comme oblit\u00e9r\u00e9e\u00bb,<\/em> pr\u00e9cise la pr\u00e9sentation de l\u2019ouvrage par les \u00e9ditions Barzakh. S\u2019agissant des images expos\u00e9es \u00e0 \u00abartgen\u00e8ve\u00bb, elles couvrent, p\u00eale-m\u00eale, des manifs, des \u00e9v\u00e9nements politiques qui se r\u00e9v\u00e9leront d\u00e9terminants mais \u00e9galement des manifestations culturelles ou sportives. Pour chacune de ces photos, Ammar se souvient du contexte. Sur l\u2019une d\u2019elles, on voit Sa\u00efd Mekbel encadr\u00e9 par deux membres de l\u2019\u00e9quipe r\u00e9dactionnelle d\u2019<em>Alger Rep<\/em>, le canard o\u00f9 travaillait Ammar \u00e0 l\u2019\u00e9poque, et exhibant avec un large sourire sa page l\u00e9gendaire estampill\u00e9e El Ghoul.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">On y trouve aussi une \u00ab<em>foule mass\u00e9e sur le boulevard Zighout Youcef<\/em>\u00bb acclamant Ben Bella \u00ab<em>revenu en Alg\u00e9rie par bateau, apr\u00e8s dix ans d\u2019exil<\/em>\u00bb (27 septembre 1990). Sur une autre photo, on voit un h\u00e9lico bourdonnant juste au dessus du boulevard Zighout Youcef dans un climat de guerre, tandis qu\u2019une autre image montre des volutes de fum\u00e9e produites par des jets de lacrymo. Une autre photo donne \u00e0 voir juste des pieds sous un large drapeau aux couleurs de l\u2019Alg\u00e9rie. \u00ab<em>Parce que marcher \u00e9voque forc\u00e9ment les pieds<\/em>\u00bb, explique l\u2019artiste.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">Il s\u2019agit d\u2019une \u00ab<em>marche nationale contre le terrorisme \u00e0 l\u2019appel de l\u2019UGTA<\/em>\u00bb, selon la l\u00e9gende imprim\u00e9e sur un document \u00e0 part. Un autre point de vue montre la m\u00eame marche, avec le d\u00e9funt Abdelhak Benhamouda au premier rang, \u00e0 la place des Martyrs, le 22 mars 1993. Sur cet autre clich\u00e9, on reconna\u00eet Belkhadem avec sa barbe poivre et sel, alors pr\u00e9sident de l\u2019APN, rendant visite \u00e0 des travailleurs observant une gr\u00e8ve de la faim au si\u00e8ge de l\u2019UGTA. \u00ab<em>Il leur a dit\u00a0: \u2018\u2018Si vous maintenez votre gr\u00e8ve de la faim, vous irez en enfer\u2019\u2019<\/em>\u00a0\u00bb, se souvient Ammar.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><strong><span class=\"s4\">T\u00e9moin de l\u2019assassinat de Boudiaf<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"p6\"><span class=\"s4\">Une photo interpelle particuli\u00e8rement le visiteur\u00a0: il s\u2019agit d\u2019un clich\u00e9 pris lors de l\u2019assassinat du pr\u00e9sident Mohamed Boudiaf \u00e0 Annaba le 29 juin 1992. On n\u2019y voit pas le pr\u00e9sident Boudiaf gisant dans une mare de sang, mais seulement la salle de la Maison de la culture avec la tribune tristement vide et quelques ombres hagardes qui s\u2019agitent dans les trav\u00e9es. A droite de cette image, une autre photo montre un Boudiaf tout sourire, lors d\u2019une sortie sur terrain. C\u2019\u00e9tait quelques heures seulement avant l\u2019attentat fatidique. \u00ab<em>Le pr\u00e9sident Mohamed Boudiaf \u00e0 Annaba pour inaugurer le Salon de la microentreprise et de l\u2019emploi des jeunes, jour de son assassinat, Annaba, 29\u00a0juin 1992<\/em>\u00a0\u00bb, indique la l\u00e9gende de la photo.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">L\u2019expo donne \u00e0 voir en m\u00eame temps un autre visage des ann\u00e9es 1990, la vie qui continue malgr\u00e9 le chaos, les violences\u00a0: une soir\u00e9e de Ramadhan au Mus\u00e9e des arts et traditions populaires de La Casbah, un rassemblement de femmes au cin\u00e9ma l\u2019Afrique, un match de handball opposant deux \u00e9quipes f\u00e9minines, ou encore l\u2019arbitre Abderrahmane Bergui adressant un avertissement verbal \u00e0 un joueur lors d\u2019un derby CRB-RCK.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">Au cours de la discussion avec Sofiane Hadjadj, Ammar Bouras a assur\u00e9 qu\u2019il d\u00e9tenait plus de 16 000 n\u00e9gatifs qu\u2019il a pris soin de scanner m\u00e9thodiquement. Ce \u00abpatrimoine argentique\u00bb repr\u00e9sente une v\u00e9ritable mine d\u2019or, un travail \u00e9tal\u00e9 sur plusieurs ann\u00e9es. Des photographies qui ont aujourd\u2019hui valeur d\u2019archives. Une autre s\u00e9rie photographique, toujours en rapport avec l\u2019Alg\u00e9rie, se dressait sur un mur voisin. Les photos \u00e9voquent l\u2019\u0153uvre architecturale de Fernand Pouillon qui a laiss\u00e9 une empreinte forte \u00e0 Alger, mais aussi aux quatre coins de l\u2019Alg\u00e9rie.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">Les photos sont sign\u00e9es Daphn\u00e9 Bengoa et Leo Fabrizio. Sous le titre\u00a0: \u00abFernand Pouillon et l\u2019Alg\u00e9rie. B\u00e2tir \u00e0 hauteur d\u2019hommes\u00bb<em>,<\/em> l\u2019expo donne \u00e0 voir diverses \u00abtraces\u00bb de l\u2019architecte\u00a0: \u00e0 Sidi Fredj, \u00e0 la cit\u00e9 Climat de France et sa fameuse place des 200\u00a0Colonnes, \u00e0 Gharda\u00efa (h\u00f4tel Les Rost\u00e9mides) ou encore aux Andalouses, pr\u00e8s d\u2019Oran. Pouillon avait marqu\u00e9 de son style particulier plusieurs cit\u00e9s d\u2019habitation dans les ann\u00e9es 1950, sous l\u2019impulsion du maire Jacques Chevalier. \u00ab<em>Daphn\u00e9 Bengoa et Leo Fabrizio documentent l\u2019\u0153uvre alg\u00e9rienne de l\u2019architecte fran\u00e7ais Fernand Pouillon (1912-1986). A travers la photographie, Leo Fabrizio pose son regard sur l\u2019\u0153uvre b\u00e2tie elle-m\u00eame, alors que Daphn\u00e9 Bengoa s\u2019int\u00e9resse aux personnes vivant ou travaillant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ces constructions\u00bb<\/em> souligne le texte de pr\u00e9sentation de l\u2019expo.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><strong><span class=\"s4\">\u00abHabiter chez Pouillon\u00bb<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"p6\"><span class=\"s4\">Le dimanche 3 f\u00e9vrier, une rencontre a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e \u00e0 \u00abL\u2019\u0153uvre architecturale de Fernand Pouillon\u00bb en Alg\u00e9rie \u00e0 travers un \u00e9change passionnant entre l\u2019architecte Mohamed Larbi Merhoum et Sofiane Hadjadj qui, faut-il le rappeler, est architecte de formation. \u00ab<em>Fernand Pouillon, g\u00e9nial et sulfureux architecte, a construit en Alg\u00e9rie avant et apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance du pays. Une gageure. Architecte prolifique et entrepreneur averti, il est l\u2019auteur d\u2019une centaine de constructions in\u00e9gales qui sont pourtant un jalon essentiel de l\u2019architecture alg\u00e9rienne.<\/em><\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\"><em>Comment les g\u00e9n\u00e9rations d\u2019architectes d\u2019aujourd\u2019hui appr\u00e9hendent-elles ce legs parfois encombrant ? Comment le pr\u00e9server et le d\u00e9passer tout \u00e0 la fois ? Qu\u2019en reste-t-il dans la m\u00e9moire populaire, au cin\u00e9ma et en litt\u00e9rature ? Autant de questions d\u00e9battues entre l\u2019un des architectes alg\u00e9riens contemporains les plus importants et un \u00e9diteur pr\u00e9occup\u00e9 par les questions de patrimoine et de m\u00e9moire culturelle\u00bb,<\/em><\/span><span class=\"s5\"><em>.<\/em><\/span><span class=\"s4\">r\u00e9sume le texte de pr\u00e9sentation de la rencontre.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">Comme le fait remarquer Sofiane Hadjadj, il y a deux noms qui reviennent immanquablement quand on parle d\u2019Alger, surtout \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur\u00a0: Camus pour la litt\u00e9rature, Pouillon pour l\u2019architecture. Larbi Merhoum fait une restitution, images \u00e0 l\u2019appui, d\u2019un parcours qu\u2019il a effectu\u00e9 r\u00e9cemment, une balade qui l\u2019a men\u00e9 de l\u2019\u00e9glise du Sacr\u00e9-C\u0153ur aux hauteurs de Ouaguenouni, et la perspective vertigineuse qui va des Tagarins \u00e0 la baie. Il a mis l\u2019accent sur la modernit\u00e9 des b\u00e2timents des ann\u00e9es 1950, quand \u00ab<em>Alger \u00e9tait un v\u00e9ritable laboratoire de l\u2019architecture moderne<\/em>\u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">Pour lui, il y a une r\u00e9elle <em>\u00abarchitecture alg\u00e9roise\u00bb<\/em> dans la mesure o\u00f9 elle est intimement li\u00e9e au site et elle a \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9e par le site. En abordant Pouillon, Larbi Merhoum a li\u00e9 son d\u00e9barquement \u00e0 Alger, \u00e0 la sensibilit\u00e9 politique de Jacques Chevalier qui voulait incarner une \u00ab<em>troisi\u00e8me voie<\/em>\u00bb et lance une politique de logement social volontariste.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">Du compagnonnage des deux hommes na\u00eetront les cit\u00e9s de Diar El Mah\u00e7oul, Diar Essa\u00e2da ou encore la cit\u00e9 Climat de France. Comme le souligne Larbi Merhoum, Pouillon est l\u2019un des rares architectes \u00e0 avoir laiss\u00e9 une trace aussi vive dans la m\u00e9moire des habitants, au point o\u00f9 m\u00eame le dernier arriv\u00e9 sait que \u00ab<em>\u00e7a, c\u2019est du Pouillon<\/em>\u00bb. Et m\u00eame en vivant dans des logements exigus, ils ne sont pas pr\u00eats \u00e0 les quitter, car pour eux, \u00ab<em>ils habitent chez Pouillon<\/em>\u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">Larbi Merhoum a rappel\u00e9 les autres facettes du personnage controvers\u00e9 qu\u2019il fut et les \u00ab<em>l\u00e9gendes urbaines<\/em>\u00bb associ\u00e9es \u00e0 son nom. Banni en France, Pouillon revient apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance et signe un certain nombre de b\u00e2timents, en particulier dans le tourisme. Sofiane Hadjadj rappelle comment le cin\u00e9ma a perp\u00e9tu\u00e9 sa trace \u00e0 travers notamment deux grands films qui ont marqu\u00e9 notre m\u00e9moire collective\u00a0: <em>Omar Gatlatou<\/em> dont l\u2019histoire se passe \u00e0 la cit\u00e9 Climat de France, sur les hauteurs de Bab El Oued, et <em>Les Vacances de l\u2019inspecteur Tahar<\/em>, tourn\u00e9 en partie dans l\u2019un des complexes touristiques sign\u00e9s Pouillon. Malgr\u00e9 l\u2019empreinte qu\u2019il a laiss\u00e9e dans le paysage urbain, Merhoum nous apprend que Pouillon n\u2019\u00e9tait pas \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 l\u2019EPAU, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il \u00e9tait \u00e9tudiant.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><strong><span class=\"s4\">Rencontre avec la fille du colonel Lotfi<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"p6\"><span class=\"s4\">En marge de cette rencontre, nous avons eu le plaisir d\u2019\u00e9changer avec Chahida Dghine Ousseimi qui n\u2019est autre que la fille du Colonel Lotfi, de son vrai nom Dghine Boudgh\u00e8ne Benali (1934-1960). Chahida est dipl\u00f4m\u00e9e en sciences politiques. Elle a fait l\u2019universit\u00e9 de Boston. Elle est \u00e9galement \u00e9ditrice et co-dirige la maison Take5 bas\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve et sp\u00e9cialis\u00e9e dans les livres d\u2019artistes.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">M<sup>me<\/sup> Ousseimi a insist\u00e9 sur l\u2019attachement de son p\u00e8re \u00e0 la culture. En 2010, elle a publi\u00e9 <em>Lotfi, plus qu\u2019un symbole, un homme<\/em>. Pour elle, il est important de consid\u00e9rer ces hommes d\u2019exception d\u2019abord comme des hommes ordinaires, m\u00eame s\u2019ils ont eu un destin extraordinaire. \u00ab<em>Il faut continuer \u00e0 t\u00e9moigner<\/em>\u00bb, nous exhorte-t-elle en nous disant sa foi immense dans la jeunesse de son pays. Nous ne pouvons que nourrir des regrets en m\u00e9ditant la perspective d\u2019un 5<sup>e<\/sup> mandat synonyme de jeunesse enterr\u00e9e vivante et de comp\u00e9tences r\u00e9duites au silence ou pouss\u00e9es \u00e0 l\u2019exil. Nous avons immanquablement une pens\u00e9e pour A\u00eft Ahmed pour qui longtemps la Suisse, la ville de Lausanne notamment, a \u00e9t\u00e9 une terre d\u2019asile.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">Et on pense \u00e0 lui chaque fois que nous croisons le sigle \u00abSBB CFF FFS\u00bb, les chemins de fer f\u00e9d\u00e9raux suisses.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span> Pens\u00e9e \u00e9galement \u00e0 Krim Belkacem en passant devant l\u2019h\u00f4tel Intercontinental, sur la route de l\u2019a\u00e9roport. Pour rappel, c\u2019est dans une chambre de l\u2019h\u00f4tel Intercontinental, pas celui-ci mais \u00e0 Francfort, que Krim a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 le 18 octobre 1970.<\/span><\/p>\n<p class=\"p5\"><span class=\"s4\">Ce lundi 4 f\u00e9vrier, en quittant Gen\u00e8ve, nous apprenons que le g\u00e9n\u00e9ral Guena\u00efzia, Allah yerahmou, venait d\u2019y d\u00e9c\u00e9der. Nous apprenons aussi que le pr\u00e9sident Bouteflika y \u00e9tait de passage r\u00e9cemment pour un contr\u00f4le m\u00e9dical pendant que notre fr\u00e8re Hamid Ferhi \u00e9tait balad\u00e9 de service en service \u00e0 la recherche d\u2019un lit d\u2019h\u00f4pital avant de nous quitter ce mardi. <em>\u00abIl n\u2019est mort ni \u00e0 Gen\u00e8ve ni \u00e0 Paris\u00bb<\/em>, \u00e9crit un internaute indign\u00e9 sur Facebook. Paix \u00e0 ton \u00e2me, Hamid !<\/span><\/p>\n<div class=\"yuzo_related_post style-1\" data-version=\"5.12.88\">\n<p><h3>Related Post<\/h3>\n<\/p>\n<div class=\"yuzo_wraps\">\n<div class=\"relatedthumb relatedpost-202351 c12\"><a href=\"https:\/\/www.elwatan.com\/regions\/kabylie\/tizi-ouzou\/ain-el-hammam-des-structures-publiques-fermees-01-12-2018\"\/><\/p>\n<p><span class=\"yuzo__text--title c11\">A\u00efn El Hammam : Des structures publiques ferm\u00e9es<\/span><\/div>\n<div class=\"relatedthumb relatedpost-557107 c12\"><a href=\"https:\/\/www.elwatan.com\/edition\/economie\/les-ambitions-de-lalgerie-mises-a-mal-07-02-2019\"\/><\/p>\n<p><span class=\"yuzo__text--title c11\">Les ambitions de l\u2019Alg\u00e9rie mises \u00e0 mal<\/span><\/div>\n<div class=\"relatedthumb relatedpost-553099 c12\"><a href=\"https:\/\/www.elwatan.com\/regions\/est\/jijel\/bordj-thar-lapc-bloquee-depuis-7-mois-14-01-2019\"\/><\/p>\n<p><span class=\"yuzo__text--title c11\">Bordj T\u2019har :\u00a0L\u2019APC bloqu\u00e9e depuis 7 mois<\/span><\/div>\n<div class=\"relatedthumb relatedpost-553487 c12\"><a href=\"https:\/\/www.elwatan.com\/edition\/actualite\/rencontre-bilan-du-groupe-htt-le-cpe-exige-des-contrats-de-performances-16-01-2019\"\/><\/p>\n<p><span class=\"yuzo__text--title c11\">Rencontre-bilan du groupe HTT : Le CPE exige des c&#8230;<\/span><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><span class=\"post-views-label\">Post Views:<\/span> <span class=\"post-views-count\">2\u00a0368<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gen\u00e8ve, vendredi 1er f\u00e9vrier. 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