{"id":122049,"date":"2021-07-20T18:01:21","date_gmt":"2021-07-20T22:01:21","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/tac-2021-chefferies-coutumieres-gourounsi-et-san-en-cote-divoire-petits-trones-grands-defis-de-cohesion-sociale\/"},"modified":"2021-07-20T18:01:21","modified_gmt":"2021-07-20T22:01:21","slug":"tac-2021-chefferies-coutumieres-gourounsi-et-san-en-cote-divoire-petits-trones-grands-defis-de-cohesion-sociale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/tac-2021-chefferies-coutumieres-gourounsi-et-san-en-cote-divoire-petits-trones-grands-defis-de-cohesion-sociale\/","title":{"rendered":"TAC 2021 : Chefferies coutumi\u00e8res gourounsi et san en C\u00f4te d\u2019Ivoire : \u00ab Petits \u00bb tr\u00f4nes, grands d\u00e9fis  de coh\u00e9sion sociale"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Install\u00e9es depuis plusieurs d\u00e9cennies sur les bords de la lagune Ebri\u00e9, des membres des ethnies Gourounsi et San ont, au fil des ans, mis en place des chefferies dans les quatre coins de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et \u00e0 Abidjan. A Koumassi, l\u2019un des quartiers populaires de la capitale \u00e9conomique ivoirienne, des chefs coutumiers Gourounsi et San, en d\u00e9pit de bisbilles internes et des conflits interg\u00e9n\u00e9rationnels, jouent un r\u00f4le important dans la coh\u00e9sion et l\u2019entraide entre les membres de leurs communaut\u00e9s respectives.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Apr\u00e8s Ouvour Bado (1946-1970), Youma Batiobo (1970-1973), Yombi\u00e9 Bako (1973), Boukari Beya Bado (1973-1992), Joseph Boubi\u00e9 Nagalo est le chef de la communaut\u00e9 Gourounsi dans la commune de Koumassi. Du haut de ses 1 m 78, filiforme, cet ancien m\u00e9canicien auto (contraint \u00e0 la retraite forc\u00e9e \u00e0 la suite d\u2019 un accident de travail au cours de laquelle, il a perdu les quatre doigts de sa main gauche) nous accueille chaleureusement en cette matin\u00e9e pluvieuse du samedi 17 juillet 2021. Nous sommes loin de la solennit\u00e9 per\u00e7ue parfois en pays moaga en de telles occasions. D\u00e9barrass\u00e9s des lourdeurs protocolaires, le Chef Nagalo et l\u2019\u00e9quipe de Sidwaya \u00e9changent \u00e0 b\u00e2tons rompus.<\/p>\n<p>Boukari Beya Bado \u00e9tant rentr\u00e9 \u201cd\u00e9finitivement\u201d au Burkina Faso, Boubi\u00e9 Joseph Nagalo, en plus d\u2019\u00eatre d\u2019ascendance royale, est, malgr\u00e9 ses appr\u00e9hensions au d\u00e9part, \u00ab pl\u00e9biscit\u00e9 \u00bb par les membres de sa communaut\u00e9 qui le consid\u00e8re comme un \u201cleader naturel\u00bb. \u00abJ\u2019avais souhait\u00e9 que le vieux Bado soit imm\u00e9diatement remplac\u00e9 par l\u2019un de ses fid\u00e8les notables, Cyprien Bayala. Mais celui-ci a d\u00e9clin\u00e9 ma proposition et exig\u00e9 plut\u00f4t que j\u2019acc\u00e8de au tr\u00f4ne. C\u2019est ainsi que je me suis retrouv\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de la communaut\u00e9 gourounsi\u201d, confie, sourire aux l\u00e8vres, Boubi\u00e9 Joseph Nagalo.<\/p>\n<p>Selon le leader coutumier, il en a toujours \u00e9t\u00e9 ainsi depuis les ann\u00e9es 1940. De plus, pr\u00e9cise-t-il, cette pratique n\u2019ob\u00e9it toujours pas au rigoureux principe de la succession dynastique en vigueur chez certaines ethnies du Burkina Faso. \u201cNous ne sommes pas des chefs coutumiers au sens plein du terme. Nous sommes en r\u00e9alit\u00e9 des personnes d\u00e9sign\u00e9es par nos communaut\u00e9s dans un souci d\u2019organisation. En C\u00f4te d\u2019ivoire, nous sommes plut\u00f4t appel\u00e9s chef ou pr\u00e9sident de communaut\u00e9\u201d, explique-t-il, tout en ajustant son bonnet multicolore qui contraste l\u00e9g\u00e8rement avec son \u00e9l\u00e9gant boubou noir et blanc.<\/p>\n<h3>Des Burkinab\u00e8 \u00ab oppos\u00e9s \u00bb \u00e0 la chefferie<\/h3>\n<p>Le quotidien du \u201cchef de communaut\u00e9\u201d, assist\u00e9 de ses notables, est, la plupart du temps, fait de r\u00e9unions avec les membres de la communaut\u00e9. \u201cOutre le r\u00e8glement de litiges, de probl\u00e8mes administratifs ou sociaux, notre r\u00f4le consiste \u00e9galement \u00e0 porter \u00e0 la connaissance de nos fr\u00e8res et s\u0153urs la quintessence d\u2019une ou des rencontres avec le consul ou l\u2019ambassadeur\u201d, soutient-il, marquant une pause lorsque des enfants ou des bruits de v\u00e9hicules perturbent la conversation. Toutefois, la vie du pr\u00e9sident de la communaut\u00e9 gourounsi est loin d\u2019\u00eatre un long fleuve tranquille en raison de diverses sollicitations. \u00abToutes les communaut\u00e9s du Burkina Faso ont aussi \u00e0 leur t\u00eate des leaders. Ils sont tous coiff\u00e9s par un chef central.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019une affaire concerne une communaut\u00e9 donn\u00e9e, celui-ci contacte le chef coutumier concern\u00e9. Un jour, nous avons \u00e9t\u00e9 ainsi alert\u00e9s lorsqu\u2019un Gourounsi a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 mort sur son lit. D\u00e8s cet instant, le chef coutumier est charg\u00e9 de retrouver la famille du d\u00e9funt, remplir les formalit\u00e9s administratives et parfois s\u2019occuper de l\u2019inhumation\u201d, dit-il r\u00e9ajustant pour la seconde fois son bonnet. Selon l\u2019un de ses notables, Eklou Cyprien Bayala, cuisinier \u00e0 la retraite, ces cas malheureux concernent, la plupart du temps, de parfaits inconnus ou des \u201cr\u00e9fractaires\u201d ou \u201crebelles\u201d. \u201cCertains de nos compatriotes semblent vivre dans une parfaite autarcie. Pire, ils s\u2019opposent \u00e0 cette mani\u00e8re de vouloir perp\u00e9tuer nos traditions et autres valeurs de solidarit\u00e9 et d\u2019entraide en pays \u00e9tranger\u201d, se d\u00e9sole le vieux notable avant de prendre une bonne rasade d\u2019eau fra\u00eeche.<\/p>\n<figure id=\"attachment_37766\" aria-describedby=\"caption-attachment-37766\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-37766\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/07\/cheh2-300x263-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"263\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/07\/cheh2-300x263-1.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/cheh2-768x674.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/cheh2-150x132.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/cheh2-696x611.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/cheh2-478x420.jpg 478w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/cheh2.jpg 780w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"><figcaption id=\"caption-attachment-37766\" class=\"wp-caption-text\">Selon le notable Eklou Cyprien Bayala, tous les chefs<br \/>gourounsi se sont toujours<br \/>inscrits dans une dynamique de solidarit\u00e9.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Lorsqu\u2019un Gourounsi en provenance de l\u2019int\u00e9rieur du pays o\u00f9 du Burkina Faso s\u2019est \u00e9gar\u00e9 ou ne retrouve pas l\u2019adresse de ses \u201cparents\u201d, c\u2019est encore au chef de la communaut\u00e9 qu\u2019il est fait appel. \u201cNous l\u2019h\u00e9bergeons jusqu\u2019 \u00e0 la r\u00e9solution de son probl\u00e8me. Ce n\u2019est pas une t\u00e2che ais\u00e9e\u201d, soutient le chef central des Gourounsi. Mais, il en faut un peu plus pour d\u00e9courager le chef de la communaut\u00e9 Gourounsi, Boubi\u00e9 Joseph Nagalo et ses notables. Un projet de cr\u00e9ation d\u2019une structure associative est d\u2019ailleurs en cours. Il s\u2019agit, r\u00e9v\u00e8le-t-il, de l\u2019Union des chefs et notables Gourounsi en C\u00f4te d\u2019Ivoire (UCNGCI). Toutes les formalit\u00e9s de cr\u00e9ation de cette union (r\u00e8glement int\u00e9rieur, statuts, PV d\u2019AG, \u00e9changes avec le consulat du Burkina Faso en C\u00f4te d\u2019Ivoire, etc.), assure M.Nagalo, ont \u00e9t\u00e9 scrupuleusement respect\u00e9es. \u201cLe dossier de cr\u00e9ation de cette union est en cours\u201d, annonce-t-il tout en brandissant le r\u00e9c\u00e9piss\u00e9 de d\u00e9p\u00f4t.<\/p>\n<h3>\u00ab Le gourounsi n\u2019aime pas se faire commander \u00bb<\/h3>\n<p>La chefferie traditionnelle Gourounsi en C\u00f4te d\u2019Ivoire d\u00e9pend-t-elle ou entretient-elle des relations avec celle du Burkina Faso ? La chefferie en pays Gourounsi, fait-il savoir, n\u2019est pas reconnue de mani\u00e8re formelle par les membres de la communaut\u00e9 vivant au pays. \u201cEn r\u00e9alit\u00e9, l\u2019on parle plut\u00f4t chez nous de chef de terre. Ma\u00efs, il faut le dire honn\u00eatement, le Gourounsi n\u2019aime pas se faire commander ou diriger. C\u2019est pour cela qu\u2019il se dit qu\u2019il n\u2019y a pas de chefs gourounsi\u201d, nuance-t-il. D\u2019o\u00f9 les nombreuses contestations de chefferies constat\u00e9es ici et l\u00e0 au sein de la communaut\u00e9 gourounsi. Malheureusement, les uns et les autres sont vite rattrap\u00e9s par la r\u00e9alit\u00e9 lorsque survient un probl\u00e8me ou une difficult\u00e9.<\/p>\n<p>Contestataires et \u201cpro-chefferie coutumi\u00e8re\u201d doivent \u00e0 ce moment se r\u00e9soudre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence\u2026\u201dUn jeune gourounsi et un autre de l\u2019ethnie bissa se sont retrouv\u00e9s une fois dans un commissariat de la place. J\u2019en ai \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 par le chef de la communaut\u00e9 bissa \u00e0 l\u2019\u00e9poque, Drissa K\u00e9r\u00e9, et ce, apr\u00e8s que le jeune gourounsi ait dit que Boubi\u00e9 Joseph Nagalo est le chef de sa communaut\u00e9. Quand l\u2019officier de police a vu l\u2019accolade fraternelle entre mon homologue Drissa K\u00e9r\u00e9 et moi, il a ordonn\u00e9 sur- le- champ, la lib\u00e9ration du jeune gourounsi qui \u00e9tait derri\u00e8re les barreaux. Et il nous a gentiment sugg\u00e9r\u00e9 d\u2019aller r\u00e9gler le probl\u00e8me \u00e0 la maison\u201d, t\u00e9moigne-t-il, l\u2019air joyeux de voir la solidarit\u00e9 africaine triompher une fois de plus des vicissitudes de la vie quotidienne.<\/p>\n<p>Pendant la crise post\u00e9lectorale en C\u00f4te d\u2019ivoire, un autre jeune gourounsi a \u00e9t\u00e9, poursuit-il, malheureusement battu \u00e0 mort par un gendarme. \u201cNous avons g\u00e9r\u00e9 ce dossier qui n\u00e9cessitait une autopsie. Elle co\u00fbtait pr\u00e8s de 300 000 F CFA sans les frais mortuaires. Pour r\u00e9unir l\u2019argent, nous nous sommes munis d\u2019un cahier et avons fait du porte-\u00e0-porte. Le temps de conservation du corps \u00e0 la morgue a \u00e9t\u00e9 long. Face \u00e0 notre incapacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9gler la facture, nous avons \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9s en justice. Mais gr\u00e2ce au concours des chefs coutumiers ivoiriens et de la mairie de Koumassi, nous avons \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s d\u2019affaire\u201d, se r\u00e9jouit-il, levant la main pour saluer un membre de la communaut\u00e9 mossi de passage sur une moto.<\/p>\n<h3>Perp\u00e9tuer les us et coutumes<\/h3>\n<p>Selon le chef Boubi\u00e9 Joseph Nagalo, les sempiternelles querelles entre les membres de la communaut\u00e9 ont fini par d\u00e9courager les autorit\u00e9s ivoiriennes et surtout burkinab\u00e8. \u201cCertains de nos fr\u00e8res et s\u0153urs sont difficiles de comportement. Si fait que la chefferie traditionnelle gourounsi en terre ivoirienne devient un m\u00e9tier \u00e0 risque ou est d\u00e9voy\u00e9\u201d, regrette-t-il. Or, ce n\u2019est pas, indique-t-il, une perp\u00e9tuation formelle de nos us et coutumes, mais plut\u00f4t une fa\u00e7on de montrer aux populations et aux autorit\u00e9s de notre pays d\u2019accueil, notre sens d\u2019organisation. En outre, la chefferie traditionnelle gourounsi de Koumassi, \u00e0 \u00e9couter le chef central des Gourounsi, est la plus organis\u00e9e de la zone. Et ce depuis 1971, ajoute le notable Eklou Cyprien Bayala, qui a vu passer, en sa qualit\u00e9 de notable, plusieurs chefs.<\/p>\n<figure id=\"attachment_37765\" aria-describedby=\"caption-attachment-37765\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-37765\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/07\/chef3-300x249-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"249\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/07\/chef3-300x249-1.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/chef3-150x125.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/chef3-696x579.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/chef3-505x420.jpg 505w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/chef3.jpg 724w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"><figcaption id=\"caption-attachment-37765\" class=\"wp-caption-text\">A entendre Ben Souleymane To\u00e9, des tensions surviennent parfois entre vieux et jeunes Samos.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Nous sommes en pleine saison pluvieuse en C\u00f4te d\u2019ivoire. Le ciel apr\u00e8s s\u2019\u00eatre assombri pendant une heure environ, finit par laisser tomber des gouttes de pluie sur les habitations de fortune du quartier Soweto de Koumassi. Le vieillard nous invite \u00e0 poursuive les \u00e9changes dans son modeste salon \u00e0 l\u2019humidit\u00e9 ambiante. Pour l\u2019aider dans la gestion des affaires \u00abroyales\u00bb, Boukari Beya Bado a install\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de localit\u00e9s et communes ivoiriennes (Anyama, Grand-Bassam, Koumassi, Port-Bou\u00ebt, Bingerville, etc.) relevant de son \u00abterritoire royal\u00bb des \u201crepr\u00e9sentants locaux\u201d. \u201cToutes les questions \u00e9taient trait\u00e9es au niveau local. Quand la gravit\u00e9 du probl\u00e8me l\u2019exigeait, l\u2019on faisait appel au chef central. Une r\u00e9union \u00e9tait alors organis\u00e9e pour trancher la question\u201d, commente-t-il, mentionnant les cotisations dont le montant \u00e9tait de 500 FCFA.<\/p>\n<p>L\u2019argent \u00e9tant le nerf de la guerre, les cotisations, selon l\u2019ancien boy cuisinier, Eklou Cyprien Bayala, permettaient de r\u00e9soudre de nombreux probl\u00e8mes. \u201cIl nous arrivait parfois de recevoir des personnes souhaitant rentrer d\u00e9finitivement au Burkina Faso ou de payer les ordonnances de compatriotes malades. La solidarit\u00e9 \u00e9tait l\u2019une des valeurs que nous partagions\u201d, se souvient M. Bayala, les yeux hagards derri\u00e8re ses lunettes, un brin de nostalgie. S\u2019il y a un souci de quelque nature que ce soit, insiste-t-il, nous nous r\u00e9unissons imm\u00e9diatement. \u201cCette dynamique enclench\u00e9e depuis les premiers chefs se poursuit toujours avec leur successeur, Boubi\u00e9 Joseph Nagalo\u201d,<br \/>\nt\u00e9moigne-t-il.<\/p>\n<p>Daouda Ky, le chef samo \u00ab tout-terrain \u00bb<\/p>\n<p>A quelques encablures des lieux, se trouve le \u201cpalais\u201d ou ce qui semble l\u2019\u00eatre du chef des Samos de Koumassi. Gaillard, la soixantaine bien sonn\u00e9e, Daouda Ky et sa modeste cour nous re\u00e7oivent. Il vit depuis plus de quatre d\u00e9cennies en C\u00f4te d\u2019Ivoire. Apr\u00e8s quelques \u00e9changes de civilit\u00e9s, nous d\u00e9clinons l\u2019objet de notre visite\u2026 Quatri\u00e8me chef des Samos \u00e0 Koumassi, il confie avoir fait de l\u2019excellence des rapports intercommunautaires, depuis son intronisation, son cheval de bataille. \u201cNous entretenons de bonnes relations avec les autres compatriotes burkinab\u00e8 et assistons ensemble de mani\u00e8re conviviale aux r\u00e9unions de notre ambassade en C\u00f4te d\u2019Ivoire. Nous menons une politique similaire avec nos fr\u00e8res ivoiriens\u201d, soutient-il de sa voix rauque.<\/p>\n<p>Flanqu\u00e9 d\u2019un bonnet de couleur blanch\u00e2tre, la barbe bien fournie, le chef des Samos entend inculquer des valeurs de solidarit\u00e9, de coh\u00e9sion, de bonne entente, etc. \u00e0 la jeune g\u00e9n\u00e9ration et \u00e0 la jeunesse samo en particulier. \u201cC\u2019est la mission que doit s\u2019assigner tout chef digne de ce nom. Je tiens cet esprit d\u2019engagement de mes parents\u201d, affirme le chef Ky, indiquant d\u2019\u00eatre d\u2019une lign\u00e9e royale. Gr\u00e2ce aux cotisations et autres dons \u00e9manant des \u201csujets\u201d et de tierces personnes, Daouda Ky et ses notables parviennent \u00e0 faire face aux diverses sollicitations et \u00e0 r\u00e9soudre des difficult\u00e9s d\u2019ordre administratif. Il est assist\u00e9 dans ses t\u00e2ches quotidiennes par cinq notables. L\u2019un d\u2019entre eux, Siaka Zerbo rappelle que le d\u00e9but de la chefferie samo \u00e0 Koumassi remonte \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 1963.<\/p>\n<p>A cette \u00e9poque, poursuit-il, seuls \u201cles premiers \u00e0 \u00eatre arriv\u00e9s ou les plus \u00e2g\u00e9s\u201d \u00e9taient les candidats \u201cnaturels\u201d au \u201ctr\u00f4ne\u201d. Mais, le chef Daouda Ky a \u00e9t\u00e9 choisi, foi de Siaka Zerbo, pour sa \u00abprobit\u00e9 morale\u00bb et son \u201cdynamisme\u201d lors de la survenue d\u2019incidents ou de situations n\u00e9cessitant des d\u00e9marches administratives. Et ce, pr\u00e9cise-t-il, ind\u00e9pendamment de l\u2019ethnie de la personne concern\u00e9e. \u201cUne fois, il a d\u00fb peser de tout son poids pour le r\u00e8glement \u00e0 l\u2019amiable d\u2019une affaire qui avait conduit un Samo et une Bissa au commissariat. Un homme d\u2019ethnie mossi a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 mort dans sa maison. Sans tenir compte de son appartenance ethnique, nous avons pris l\u2019affaire en main et sommes all\u00e9s informer la police pour l\u2019enl\u00e8vement du corps\u201d, t\u00e9moigne le notable Siaka Zerbo, visiblement fier de faire \u0153uvre utile pour le bien de la communaut\u00e9.<\/p>\n<h3>\u00ab Probl\u00e8me de communication \u00bb<\/h3>\n<figure id=\"attachment_37767\" aria-describedby=\"caption-attachment-37767\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-37767\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/07\/chel-300x225-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/07\/chel-300x225-1.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/chel-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/chel-150x112.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/chel-696x522.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/chel-560x420.jpg 560w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/chel-80x60.jpg 80w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/chel-265x198.jpg 265w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/chel.jpg 787w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"><figcaption id=\"caption-attachment-37767\" class=\"wp-caption-text\">Le notable Siaka Zerbo (2e \u00e0 gauche) : \u00abLa chefferie samo remonte aux premi\u00e8res ann\u00e9es de<br \/>l\u2019ind\u00e9pendance en C\u00f4te d\u2019ivoire\u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>A ses dires, il existe un chef samo dans chacune des treize communes d\u2019Abidjan (Abobo, Adjam\u00e9, Anyama, Att\u00e9coub\u00e9, Bingerville, Cocody, Koumassi, Marcory, Plateau, Port-Bou\u00ebt, Treichville, Songon et Yopougon). Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne, des soir\u00e9es sont, de temps \u00e0 autre, organis\u00e9es, dit-il, pour magnifier la culture san. Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, des comp\u00e9titions de lutte traditionnelle, \u00e0 entendre Adama Ky, un autre notable, sont initi\u00e9es au grand plaisir des Samos et de la population cosmopolite de Koumassi et des communes environnantes. Pour Adama Ky, par ailleurs pr\u00e9sident de la jeunesse samo de C\u00f4te d\u2019Ivoire, l\u2019arbre ne doit pas cacher la for\u00eat. Des \u00ab probl\u00e8mes \u00bb subsistent, par exemple, entre les chefferies mossi et samo. \u201c Il y a un probl\u00e8me de communication. Nous sommes toujours les derniers \u00e0 \u00eatre inform\u00e9s, parfois \u00e0 la veille de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, notamment lors de la visite d\u2019une personnalit\u00e9 venue du Burkina\u201d, d\u00e9nonce-t-il, tout en fustigeant le \u201ccomportement de cam\u00e9l\u00e9on\u201d des uns et des autres.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">A son avis, la complaisance et la politique de l\u2019autruche \u00e9rig\u00e9es en mode de gouvernance par les autres chefferies sont \u00e0 bannir pour des relations saines entre les diff\u00e9rentes communaut\u00e9s. Ouvrier dans la construction des bateaux de plaisance, Ben Souleymane To\u00e9, \u00e2g\u00e9 d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es, salue, pour sa part, le sens de l\u2019organisation de ses \u201cparents\u201d install\u00e9s depuis plusieurs d\u00e9cennies sur les bords de la lagune Ebri\u00e9. \u201cLe plus remarquable est que les chefs samo sont librement d\u00e9sign\u00e9s et selon leur sagesse. Ils partagent leurs exp\u00e9riences avec la jeunesse samo\u201d, se r\u00e9jouit-il. Il note cependant des conflits interg\u00e9n\u00e9rationnels entre jeunes et vieux. De plus, \u201cils outrepassent leurs r\u00f4les. Parfois, ils ne peuvent s\u2019emp\u00eacher d\u2019intervenir, et ce, de mani\u00e8re excessive sur toutes les questions concernant la jeunesse samo et dans un m\u00e9pris total des r\u00e8gles de biens\u00e9ance lors des r\u00e9unions de jeunes Samos. Malheureusement, critiquer de telles attitudes est per\u00e7u comme un v\u00e9ritable affront ou une impolitesse. Ces situations cr\u00e9ent, par moment, des tensions entre jeunes et vieux. Mais la hache de guerre est vite enterr\u00e9e\u201d, relativise Ben Souleymane To\u00e9, v\u00eatu d\u2019un costume gris.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>W. Aubin NANA \u00e0 Abidjan<\/strong><br \/>\n(R\u00e9publique de C\u00f4te d\u2019Ivoire)<\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/07\/20\/tac-2021-chefferies-coutumieres-gourounsi-et-san-en-cote-divoire-petits-trones-grands-defis-de-cohesion-sociale\/\">TAC 2021 : Chefferies coutumi\u00e8res gourounsi et san en C\u00f4te d\u2019Ivoire : \u00ab Petits \u00bb tr\u00f4nes, grands d\u00e9fis  de coh\u00e9sion sociale<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/07\/20\/tac-2021-chefferies-coutumieres-gourounsi-et-san-en-cote-divoire-petits-trones-grands-defis-de-cohesion-sociale\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Install\u00e9es depuis plusieurs d\u00e9cennies sur les bords de la lagune Ebri\u00e9, des membres des ethnies Gourounsi et San ont, au fil des ans, mis en place des chefferies dans les quatre coins de la C\u00f4te d\u2019Ivoire et \u00e0 Abidjan. A Koumassi, l\u2019un des quartiers populaires de la capitale \u00e9conomique ivoirienne, des chefs coutumiers Gourounsi et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/cheh2-300x263.jpg","fifu_image_alt":"TAC 2021 : Chefferies coutumi\u00e8res gourounsi et san en C\u00f4te d\u2019Ivoire : \u00ab Petits \u00bb tr\u00f4nes, grands d\u00e9fis  de coh\u00e9sion sociale","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-122049","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/122049","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=122049"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/122049\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=122049"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=122049"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=122049"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}