{"id":122053,"date":"2021-07-21T16:54:46","date_gmt":"2021-07-21T20:54:46","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/patheo-50-ans-dans-la-mode-nous-devons-etre-des-passerelles-pour-les-jeunes\/"},"modified":"2021-07-21T16:54:46","modified_gmt":"2021-07-21T20:54:46","slug":"patheo-50-ans-dans-la-mode-nous-devons-etre-des-passerelles-pour-les-jeunes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/patheo-50-ans-dans-la-mode-nous-devons-etre-des-passerelles-pour-les-jeunes\/","title":{"rendered":"Path\u00e9O, 50 ans dans la mode : \u00ab Nous devons \u00eatre des passerelles  pour les jeunes \u00bb"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Le styliste burkinab\u00e8 bas\u00e9 \u00e0 Abidjan (C\u00f4te d\u2019Ivoire), Ain\u00e9 Path\u00e9 Ou\u00e9draogo, plus connu sous le nom de Path\u00e9O, c\u00e9l\u00e8bre en 2021, ses noces d\u2019or dans la mode. Apr\u00e8s 50 ans de carri\u00e8re, le \u00ab styliste des pr\u00e9sidents \u00bb est plus que jamais engag\u00e9 dans la promotion du textile africain et la formation des jeunes. Il s\u2019est livr\u00e9 \u00e0 Sidwaya, le temps d\u2019une visite dans son atelier \u00e0 Treichville. <\/strong><\/p>\n<p><strong>Sidwaya (S) : Vous avez c\u00e9l\u00e9br\u00e9 r\u00e9cemment 50 ans de carri\u00e8re dans la mode. Quel bilan pouvez-vous dresser ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Path\u00e9O :<\/strong> 50 ans, cela parait long mais en r\u00e9alit\u00e9, dans la mode, on ne le sent pas. Chaque jour, il faut cr\u00e9er du nouveau et se projeter sur le futur. Chez nous, les couturiers, on voit toujours ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 encore fait. Quand je regarde mon parcours, je me dis que j\u2019ai beaucoup fait mais en m\u00eame temps, il reste beaucoup \u00e0 faire. On remercie Dieu d\u2019\u00eatre en vie. Travailler pendant 50 ans, sans un r\u00e9el repos ou des cong\u00e9s, c\u2019est une gr\u00e2ce. Il y a une certaine fiert\u00e9, parce que la client\u00e8le est satisfaite. On a des retours. Tous ceux qui consomment nos produits en redemandent. Nous sommes fiers et cela nous donne la force de continuer \u00e0 travailler, \u00e0 cr\u00e9er. On peut dire que le bilan est plus que positif.<\/p>\n<p><strong>S : Quel est votre bilan en termes de formation de la rel\u00e8ve ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Path\u00e9O :<\/strong> C\u2019est \u00e9norme. Presque toute la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de couturiers a plus ou moins b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de notre collaboration, pas comme des apprentis. La plupart du temps, ils sont venus demander des conseils d\u2019orientation. J\u2019ai beaucoup d\u2019exp\u00e9riences. J\u2019ai re\u00e7u beaucoup de jeunes, presque toute la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration. Je ne vois pas ceux qui ont atteint un grand sans pour autant \u00eatre pass\u00e9s par nous, pour demander soit des conseils, soit la direction \u00e0 prendre, soit la formation. C\u2019est vraiment au quotidien que je les re\u00e7ois. Je ne peux pas les d\u00e9nombrer.<\/p>\n<p><strong>S : A l\u2019 occasion de la c\u00e9l\u00e9bration de vos 50 ans de carri\u00e8re, avez-vous pr\u00e9vu quelque chose \u00e0 Ouagadougou ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Path\u00e9O :<\/strong> Absolument ! J\u2019\u00e9tais r\u00e9cemment \u00e0 Ouagadougou o\u00f9 j\u2019ai rencontr\u00e9 beaucoup de personnes. Nous pensons organiser le cinquantenaire \u00e0 Ouagadougou. Nous avons d\u00e9j\u00e0 pris des contacts, avons aussi eu des rencontres, des pourparlers. Mais pour le moment, nous n\u2019avons pas arr\u00eat\u00e9 une date. Il y a encore beaucoup de partenaires \u00e0 mobiliser.<\/p>\n<p><strong>S : A quoi doit-on s\u2019attendre dans les prochaines ann\u00e9es ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Path\u00e9O :<\/strong> Dans la mode, ce n\u2019est pas comme dans une entreprise dans laquelle on fait un plan de travail, une projection sur des ann\u00e9es. La mode, c\u2019est tous les jours. On imagine, on anticipe, on innove. On avance au fur et \u00e0 mesure, on propose de nouvelles cr\u00e9ations. On n\u2019a pas une limite fixe. La mode est un perp\u00e9tuel recommencement. On essaie d\u2019imaginer quelque chose de nouveau, pour faire plaisir aux clients et leur proposer de nouvelles choses. Quand un client rentre chez nous, il demande ce qui est nouveau. Chez nous, la cr\u00e9ation et la nouveaut\u00e9 sont des obligations. Ce qui reste \u00e0 faire est \u00e9norme, on continue d\u2019avancer.<\/p>\n<p><strong>S : Dans beaucoup de posters, l\u2019on vous voit en compagnie de chefs d\u2019Etat ou d\u2019hommes riches, habill\u00e9s par vous-m\u00eames. Continuent-ils \u00e0 faire appel \u00e0 vos services ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Path\u00e9O :<\/strong> Ils nous font confiance et de plus en plus, ils nous feront appel. Ils se sont rendus compte de ce que les stylistes africains font. Plus ils se rapprocheront de nous, plus ils pousseront ce secteur. Cela nous rend aussi fiers. C\u2019est nous les africains qui devront habiller nos pr\u00e9sidents. Il arrive qu\u2019ils aillent ailleurs, mais ce n\u2019est pas encore pour longtemps. Il y a tellement de couturiers talentueux et nous avons aussi de la mati\u00e8re. Avec le Faso Danfani, par exemple, on peut faire de belles cr\u00e9ations. Nous avons tout ce qu\u2019il faut pour les satisfaire. Ils portent nos tenues partout et c\u2019est beaucoup appr\u00e9ci\u00e9. C\u2019est aussi leur combat que de promouvoir les stylistes et les tenues africains.<\/p>\n<p><strong>S : Vous avez cr\u00e9\u00e9 une fondation Path\u00e9O. Quel est son objectif ?<\/strong><br \/>\n<strong>Path\u00e9O :<\/strong> Dans tous les domaines, comme dans la mode, il y a des devanciers, des pr\u00e9curseurs. Ceux qui suivent ont besoin de coup de pouce, de rep\u00e8res. Nous avons cr\u00e9\u00e9 cette fondation pour aller vers ces jeunes qui commencent ce travail et qui veulent \u00eatre orient\u00e9s. Ils sont dans le domaine mais ils ont besoin de conseils sur les plans, sur les lignes vestimentaires, comment installer un atelier, collaborer avec les autres, s\u2019approcher des devanciers pour profiter de leurs exp\u00e9riences. Beaucoup pensent que la couture, c\u2019est pour juste avoir de quoi nourrir sa famille.<\/p>\n<p>Mais, il faut aller au-del\u00e0. J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 avec l\u2019Association de couturiers de Koudougou, 17 de ses membres venus pour un stage de deux semaines. L\u2019Organisation internationale de la francophonie (OIF) nous a d\u00e9j\u00e0 envoy\u00e9 des jeunes de dix pays pour \u00eatre encadr\u00e9s. Cela a eu des r\u00e9sultats positifs. Une chose est de savoir faire, l\u2019autre est de faire savoir. M\u00eame si vous savez travailler, il faut l\u2019apprendre aux autres.<\/p>\n<p><strong>S : Au-del\u00e0 de la formation, est-ce que vous allez \u0153uvrer dans le social ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Path\u00e9O :<\/strong> Quand on parle du social, l\u2019on voit g\u00e9n\u00e9ralement, enlever de l\u2019argent et le remettre \u00e0 une personne. Le social, c\u2019est aussi orienter quelqu\u2019un, lui donner des conseils, l\u2019aider \u00e0 s\u2019am\u00e9liorer au quotidien. Les gens sont enferm\u00e9s sur eux-m\u00eames et attendent, alors qu\u2019il faut aller vers les autres. Il faut les pousser, les secouer, leur ouvrir les portes et leur dire qu\u2019ils sont aussi capables de faire, d\u2019accomplir de grandes \u0153uvres. S\u2019ils pensent qu\u2019ils sont moins que les autres, ils vont se morfondre et se replier sur eux, d\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019aller vers eux. Cela manque tr\u00e8s souvent. Les jeunes estiment que les portes leur sont ferm\u00e9es, qu\u2019il y a des barri\u00e8res alors qu\u2019il suffit d\u2019un pas, de pousser la porte et elle est ouverte. Nous devons \u00eatre des passerelles pour les jeunes. Pour moi, tout cela fait partie du social.<\/p>\n<p><strong>S : Vous aviez \u00e9galement \u00e9crit un livre intitul\u00e9 de \u00ab Fil en aiguille \u00bb. De quoi parlez-vous ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Path\u00e9O :<\/strong> Pour commencer \u00e0 coudre, il faut d\u00e9j\u00e0 un fil et une aiguille. C\u2019est dire qu\u2019il y a eu un parcours, du village \u00e0 la ville, des temps d\u2019apprentissage, \u00eatre responsable, former des gens, les appuyer, cr\u00e9er une entreprise \u00e0 g\u00e9rer. G\u00e9rer ceux que vous avez form\u00e9s et continuer \u00e0 cr\u00e9er du nouveau.<\/p>\n<p><strong>S : D\u2019aucuns trouvent que vous n\u2019\u00eates pas assez repr\u00e9sent\u00e9s au Burkina. Que leur r\u00e9pondez-vous ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Path\u00e9O :<\/strong> Parce que je suis Burkinab\u00e9, donc je dois \u00eatre pr\u00e9sent l\u00e0-bas ? (Rires). Je ne suis pas aussi repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Kinshasa (RD Congo) ou au Ghana. Je suis un couturier, un styliste africain. Je ne peux \u00eatre partout. Le Burkina est le pays o\u00f9 j\u2019ai plus de boutiques apr\u00e8s la C\u00f4te d\u2019Ivoire. J\u2019ai au moins quatre points de vente \u00e0 Ouagadougou. A Abidjan, nous avons huit boutiques. Dans beaucoup de pays, nous en avons une. A Bamako, il y en a deux. Je suis tr\u00e8s fr\u00e9quent \u00e0 Ouagadougou. Je participe \u00e0 tous les grands \u00e9v\u00e8nements. J\u2019y vais pour encadrer les jeunes.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Interview r\u00e9alis\u00e9e par Djakaridia SIRIBIE<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/07\/21\/patheo-50-ans-dans-la-mode-nous-devons-etre-des-passerelles-pour-les-jeunes\/\">Path\u00e9O, 50 ans dans la mode : \u00ab Nous devons \u00eatre des passerelles  pour les jeunes \u00bb<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/07\/21\/patheo-50-ans-dans-la-mode-nous-devons-etre-des-passerelles-pour-les-jeunes\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le styliste burkinab\u00e8 bas\u00e9 \u00e0 Abidjan (C\u00f4te d\u2019Ivoire), Ain\u00e9 Path\u00e9 Ou\u00e9draogo, plus connu sous le nom de Path\u00e9O, c\u00e9l\u00e8bre en 2021, ses noces d\u2019or dans la mode. Apr\u00e8s 50 ans de carri\u00e8re, le \u00ab styliste des pr\u00e9sidents \u00bb est plus que jamais engag\u00e9 dans la promotion du textile africain et la formation des jeunes. 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