{"id":124505,"date":"2021-08-18T10:46:06","date_gmt":"2021-08-18T14:46:06","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/epouses-dimmigres-a-beguedo-les-victimes-silencieuses-de-la-covid-19\/"},"modified":"2021-08-18T10:46:06","modified_gmt":"2021-08-18T14:46:06","slug":"epouses-dimmigres-a-beguedo-les-victimes-silencieuses-de-la-covid-19","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/epouses-dimmigres-a-beguedo-les-victimes-silencieuses-de-la-covid-19\/","title":{"rendered":"Epouses d\u2019immigr\u00e9s \u00e0 B\u00e9gu\u00e9do: Les victimes silencieuses de la COVID-19"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>La pand\u00e9mie de la Covid-19 qui \u00e9branle le monde depuis plus d\u2019une ann\u00e9e n\u2019\u00e9pargne personne. Les \u00e9pouses de migrants burkinab\u00e8 de la commune rurale de B\u00e9gu\u00e9do, situ\u00e9e dans la r\u00e9gion du Centre-est, qui vivent en Italie, subissent de plein fouet les effets pervers de la maladie. Priv\u00e9es d\u00e9sormais du soutien financier de leurs \u00e9poux, elles sont devenues, contre leur gr\u00e9 des victimes collat\u00e9rales du coronavirus avec en toile de fond un quotidien rythm\u00e9 par le manque, la solitude, la d\u00e9tresse et le d\u00e9sespoir.<\/strong><\/p>\n<p>M\u00e8re de deux enfants (une fillette et un gar\u00e7onnet), N\u00e9ma Banc\u00e9, une jeune femme de 29 ans, r\u00e9side dans la commune rurale de B\u00e9gu\u00e9do, situ\u00e9e dans la r\u00e9gion du Centre-Est, \u00e0 145 Kilom\u00e8tres (km) de Ouagadougou. B\u00e9gu\u00e9do est r\u00e9put\u00e9e avoir un nombre important de ressortissants qui ont migr\u00e9 en Italie. Ces derniers ont transform\u00e9 cette modeste bourgade en une ville moderne gr\u00e2ce aux investissements immobiliers. L\u2019\u00e9poux de N\u00e9ma Banc\u00e9 fait partie de ces immigr\u00e9s qui ont choisi l\u2019Italie pour faire fortune. Il y r\u00e9side depuis 2005. Son \u00e9pouse, rest\u00e9e au pays, en plus de vivre dans une solitude, dont elle a du mal \u00e0 supporter le poids, subit d\u00e9sormais les cons\u00e9quences collat\u00e9rales de la pand\u00e9mie de la COVID-19. Depuis que la maladie s\u2019est propag\u00e9e dans le monde entier avec son corollaire de confinements et de paralysie de l\u2019\u00e9conomie, son \u00e9poux s\u2019est retrouv\u00e9 au ch\u00f4mage en Italie comme la plupart de ses compatriotes immigr\u00e9s. Le soutien financier qu\u2019elle recevait r\u00e9guli\u00e8rement de son \u00e9poux, pour prendre soin de la maisonn\u00e9e, s\u2019est ainsi r\u00e9duit, au fil des mois, comme une peau de chagrin. Au bord du d\u00e9nuement, la famille vit au jour le jour en attendant un hypoth\u00e9tique retour \u00e0 la normale. Elanc\u00e9e, un voile couvre pudiquement en permanence sa t\u00eate. Son visage \u00e9maci\u00e9, le sourire qu\u2019elle arbore est un paravent pour masquer les jours difficiles que vit quotidiennement la famille. S\u2019activant autour d\u2019une grosse marmite pos\u00e9e au milieu de la concession, N\u00e9ma joue l\u2019arbitre entre ses deux enfants qui se chamaillent. C\u2019est dans cette ambiance un tantinet particulier qu\u2019elle nous re\u00e7oit. Le regard port\u00e9 furtivement, par moment, sur sa grosse marmite bouillonnante, elle se pr\u00eate n\u00e9anmoins volontiers \u00e0 nos questions avec un large sourire. C\u2019est mon gagne-pain, confie-t-elle, nous montrant du doigt le r\u00e9cipient sur le feu. En effet, depuis quelques ann\u00e9es, elle a abandonn\u00e9 la vente de g\u00e2teaux pour se consacrer \u00e0 celle du <em>babenda,<\/em> un plat local fait essentiellement \u00e0 base de feuilles, d\u2019arachide et de c\u00e9r\u00e9ales. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ce petit commerce, qu\u2019elle arrive \u00e0 subvenir \u00e0 ses besoins et \u00e0 ceux de ses enfants. A l\u2019\u00e9vocation de la COVID-19, la tristesse envahit son visage. Elle \u00e9crase discr\u00e8tement les larmes qui s\u2019\u00e9chappent de ses yeux. Elle a de la peine \u00e0 admettre que cette pand\u00e9mie assombrirait son horizon. <em>\u00ab\u00a0Depuis la survenue de la maladie, mon mari a perdu son emploi en Italie, il est confin\u00e9 \u00e0 la maison. Il ne m\u2019envoie plus d\u2019argent comme il le faisait r\u00e9guli\u00e8rement\u00a0\u00bb<\/em>, affirme-t-elle, le regard baiss\u00e9. Cela fait plus d\u2019une ann\u00e9e qu\u2019elle est priv\u00e9e d\u2019un appui cons\u00e9quent qui lui permettrait de vivre ais\u00e9ment.<\/p>\n<blockquote>\n<p><strong>Un s\u00e9jour prolong\u00e9<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019absence prolong\u00e9e de son \u00e9poux, associ\u00e9e au manque d\u2019argent, la plonge dans des moments d\u2019incertitudes. Elle, nagu\u00e8re brillante \u00e9l\u00e8ve en classe de 5<sup>e<\/sup>, est saisie de remords pour avoir \u00e9court\u00e9 son cursus scolaire pour un mariage qu\u2019elle consid\u00e9rait comme synonyme de bonheur. Elle est d\u2019autant plus boulevers\u00e9e, que ses enfants r\u00e9clament leur p\u00e8re. Lors de leurs rares \u00e9changes t\u00e9l\u00e9phoniques, les enfants demandent, raconte-t-elle, \u00e0 leur p\u00e8re de revenir au bercail. <em>\u00ab\u00a0Ma premi\u00e8re fille<\/em> <em>Zoulfao a dix ans, elle fait la classe de CE2. Mon deuxi\u00e8me, Fatao, a sept an et fait le CP1. Les enfants r\u00e9clament leur papa chaque fois qu\u2019il appelle. Ils lui disent de venir. Tout cela me fend le c\u0153ur, mais je suis tenue de m\u2019accrocher en esp\u00e9rant que le meilleur viendra\u00a0\u00bb<\/em>, se console N\u00e9ma Banc\u00e9, interrompant l\u2019entretien pour aller voir sa marmite fumante au feu. Aujourd\u2019hui, elle n\u2019a qu\u2019un seul souhait\u00a0: que la pand\u00e9mie puisse \u00eatre jugul\u00e9e et que son \u00e9poux retrouve son emploi afin de permettre \u00e0 la famille de vivre d\u00e9cemment. <em>\u00ab\u00a0Ma pri\u00e8re quotidienne est qu\u2019il puisse reprendre au plus vite le boulot et \u00e9conomiser un peu d\u2019argent pour venir nous voir. Il me manque \u00e9norm\u00e9ment. La derni\u00e8re fois qu\u2019il \u00e9tait au pays, c\u2019\u00e9tait en 2018. Il avait fait six mois avant de repartir\u00a0\u00bb,<\/em> relate-t-elle, avec un tr\u00e9molo dans la voix. Au cours de cette visite en 2018, elle esp\u00e9rait tomber enceinte, mais h\u00e9las\u00a0! Toutefois, elle entretient le secret espoir d\u2019avoir un enfant ou deux au plus.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-38645\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/08\/4-6.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"600\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/08\/4-6.jpg 900w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/4-6-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/4-6-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/4-6-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/4-6-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/4-6-630x420.jpg 630w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\"><\/p>\n<p>A l\u2019instar de N\u00e9ma Banc\u00e9, l\u2019\u00e9poux de Alima Bara vit en Italie depuis 2005. Les deux dames vivent dans la m\u00eame cour familiale avec les beaux-parents. Une complicit\u00e9 visible unit les deux dames. M\u00e8re de quatre enfants (deux filles et deux gar\u00e7ons), Alima Bara d\u00e9clare sans ambages, que la COVID-19 est un drame dans leurs vies. Son \u00e9poux est rentr\u00e9 au pays en d\u00e9cembre 2019 quelques jours avant que la maladie ne se d\u00e9clare. Venu pour trois mois, il sera contraint d\u2019attendre tout un semestre avant de regagner l\u2019Italie. Au cours de ce s\u00e9jour prolong\u00e9, elle tombe enceinte et donne naissance \u00e0 son quatri\u00e8me enfant, une fillette potel\u00e9e qu\u2019elle tient fi\u00e8rement entre ses mains. <em>\u00ab\u00a0La COVID-19 a tout boulevers\u00e9 dans nos vies. Entre 2016 et 2019, la situation financi\u00e8re de mon mari \u00e9tait reluisante. Je ressentais un changement visible dans mon quotidien. Mais depuis 2020, avec la survenue de la pand\u00e9mie, je ne re\u00e7ois plus rien de lui puisqu\u2019il est confin\u00e9 et ne va plus au travail\u00a0\u00bb<\/em>, pr\u00e9cise Alima Bara, avec une once de dignit\u00e9 dans le regard. Comme sa complice N\u00e9ma, elle s\u2019investit avec s\u00e9rieux dans la vente de charbon de bois et le commerce de jus de bissap et autres pour avoir l\u2019argent n\u00e9cessaire \u00e0 son quotidien. Son \u00e9poux lui envoie de l\u2019argent \u00e0 des intervalles tr\u00e8s irr\u00e9guliers. \u00a0Mais c\u2019est tr\u00e8s d\u00e9risoire, admet-elle, pour faire face aux charges inh\u00e9rentes aux frais de scolarit\u00e9 des enfants, leur nourriture et leur habillement.<\/p>\n<blockquote>\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0La COVID-19, un d\u00e9sastre\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour Alima Bara, la COVID-19 est un d\u00e9sastre, parce qu\u2019elle s\u2019est fait sentir dans les coins les plus recul\u00e9s de la plan\u00e8te. <em>\u00ab\u00a0Au d\u00e9but, nous en avons eu vraiment peur, mais nous ne savions pas qu\u2019elle allait s\u2019imposer aussi radicalement dans nos petites vies. Notre souffrance est double, d\u2019autant plus que nos \u00e9poux sont expos\u00e9s \u00e0 la maladie. L\u2019Italie a \u00e9t\u00e9 s\u00e9rieusement touch\u00e9e par la COVID-19\u00a0\u00bb<\/em>, d\u00e9taille la jeune dame, qui prend r\u00e9guli\u00e8rement les nouvelles de son \u00e9poux par le r\u00e9seau social WhatsApp.<\/p>\n<p>M\u00e8re de quatre enfants, Awa Bara, vend des friandises et des biscuits dans une \u00e9cole primaire en plein centre-ville de B\u00e9gu\u00e9do.\u00a0 La cour est bruyante \u00e0 cette heure pr\u00e9cise de la journ\u00e9e o\u00f9 une pause s\u2019observe. Les \u00e9l\u00e8ves, par petits groupes, s\u2019adonnent \u00e0 des jeux sous les arbres en attendant la reprise des cours pour l\u2019apr\u00e8s-midi. Le mari de Awa est en Italie depuis quatre ans apr\u00e8s avoir s\u00e9journ\u00e9 plusieurs ann\u00e9es au Gabon. Depuis que la maladie a commenc\u00e9, laisse-t-elle entendre, au milieu du vacarme des \u00e9l\u00e8ves, son mari l\u2019a inform\u00e9 qu\u2019il ne travaille plus et qu\u2019il ne sera pas \u00e0 mesure de lui faire parvenir de l\u2019argent. Depuis lors, son petit commerce est devenu son unique source de revenu pour faire face aux d\u00e9penses quotidiennes. <em>\u00ab\u00a0Mon premier fils a eu le Bac en 2020, je dois le soutenir dans ses \u00e9tudes. La COVID-19 a tout chamboul\u00e9. Je m\u2019accroche difficilement\u00a0\u00bb,<\/em> susurre-t-elle.\u00a0 Saisissant l\u2019occasion, elle se fait le porte-parole de ses s\u0153urs d\u2019infortune qui se comptent par milliers dans la ville. Il faut que l\u2019on songe \u00e0 leur venir en aide en leur offrant la possibilit\u00e9 de mener des activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus face \u00e0 la d\u00e9tresse caus\u00e9e par la pand\u00e9mie, plaide-t-elle. L\u2019Etat burkinab\u00e8 a pris des mesures sociales, souligne-t-elle, au temps fort de la pand\u00e9mie pour soulager les populations. Il serait aussi int\u00e9ressant qu\u2019un \u00e9lan de solidarit\u00e9, estime-t-elle, se fasse \u00e0 l\u2019endroit des \u00e9pouses d\u2019immigr\u00e9s \u00e0 B\u00e9gu\u00e9do qui vivaient gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019argent envoy\u00e9 depuis l\u2019\u00e9tranger. <em>\u00ab\u00a0Nous sommes des victimes dont on ne parle pas. Tout le monde sait que notre quotidien d\u00e9pend en grande partie de l\u2019argent que nous recevons de l\u2019\u00e9tranger. Mais la COVID-19 a fait perdre \u00e0 nos \u00e9poux leurs boulots. Avec quoi vont-ils nous soutenir s\u2019ils sont au ch\u00f4mage\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em>, s\u2019interroge la brave dame, l\u2019\u0153il riv\u00e9 sur son \u00e9tal. Avant la crise sanitaire, se souvient-elle, son \u00e9poux qui est employ\u00e9 dans une usine, lui envoyait de l\u2019argent en fonction de ses besoins. Mais depuis plus d\u2019un an, cela est r\u00e9volu. \u00ab\u00a0<em>Heureusement que la belle-famille me vient en aide quand je suis face \u00e0 certaines difficult\u00e9s. Mais je me r\u00e9jouis que mon \u00e9poux soit en bonne sant\u00e9, parce qu\u2019on a eu trop peur de la maladie au d\u00e9but\u00a0\u00bb,<\/em> dit-elle, avec un brin d\u2019optimisme.<\/p>\n<p><strong>Un sevrage financier<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019achalandage squelettique de la boutique de Mariam Bara est le symbole \u00e9loquent, que la crise sanitaire affecte son activit\u00e9 commerciale. Epouse d\u2019immigr\u00e9 qui r\u00e9side en Italie depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, ce dernier, se trouvant au ch\u00f4mage \u00e0 cause de la pand\u00e9mie, ne parvient plus \u00e0 lui envoyer de l\u2019argent. Du coup, dame Bara est oblig\u00e9e de compter sur ses maigres ressources pour joindre les deux bouts. Affect\u00e9e depuis quelques temps par un pernicieux mal \u00e0 la hanche, elle se rend r\u00e9guli\u00e8rement en consultation dans l\u2019espoir de recouvrer la sant\u00e9. La COVID-19, soutient-elle, est une catastrophe qui a bris\u00e9 ses r\u00eaves et sa qui\u00e9tude. M\u00e8re d\u2019une fille qui s\u2019est mari\u00e9e, Mariam Bara s\u2019est habitu\u00e9e \u00e0 la longue absence de son mari et se consacre \u00e0 plein temps \u00e0 la gestion de sa boutique. Mais elle vit tr\u00e8s mal le \u00ab\u00a0<em>sevrage<\/em>\u00a0\u00bb de l\u2019appui financier, de son \u00e9poux, d\u00fb \u00e0 la COVID-19.<\/p>\n<p>Dans la grisaille des jours qui se succ\u00e8dent sous le sceau du manque et de la solitude, la plupart des \u00e9pouses d\u2019immigr\u00e9s ont renonc\u00e9 au r\u00eave ardent de rejoindre leurs \u00e9poux en Italie. L\u2019usure du temps et les longues attentes ont eu raison de cet espoir. D\u00e9sormais r\u00e9silientes et inform\u00e9es des conditions de vie de leurs \u00e9poux \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, elles pr\u00e9f\u00e8rent prendre leur mal en patience et attendre dans les belles maisons qu\u2019ils leur ont b\u00e2ties \u00e0 B\u00e9gu\u00e9do.\u00a0 N\u00e9ma Banc\u00e9 et Alima Bara abordent avec lucidit\u00e9 et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 cette situation. Avec une teinte d\u2019humour, Alima parle de ce r\u00eave abandonn\u00e9. <em>\u00ab\u00a0Comment une femme pourrait cohabiter au milieu de plusieurs hommes\u00a0? Ce serait quand m\u00eame g\u00eanant. J\u2019ai renonc\u00e9 \u00e0 rejoindre mon \u00e9poux en Italie. Je tenais vraiment \u00e0 y aller, mais je trouve que les conditions d\u2019h\u00e9bergement ne sont pas assez commodes\u00a0\u00bb<\/em>, se justifie-t-elle, sourire aux l\u00e8vres. Rong\u00e9es par une solitude lancinante et d\u00e9sormais priv\u00e9es de l\u2019argent qui venait r\u00e9guli\u00e8rement de l\u2019Italie, N\u00e9ma Banc\u00e9, Alima Bara et les autres \u00e9pouses d\u2019immigr\u00e9s de B\u00e9gu\u00e9do n\u2019ont qu\u2019un seul souhait : que la crise sanitaire connaisse son \u00e9pilogue et que leurs hommes reviennent au pays retrouver leurs familles.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Karim BADOLO<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\">karimbadolo96@gmail.com<\/p>\n<hr>\n<p>Issa Bara, immigr\u00e9 de retour de l\u2019Italie<\/p>\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0La COVID-19 a \u00e9branl\u00e9 la foi de certains Italiens \u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-38642\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/08\/encadre-rotated-1.jpg\" alt=\"\" width=\"683\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/08\/encadre-rotated-1.jpg 683w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/encadre-200x300.jpg 200w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/encadre-150x225.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/encadre-300x450.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/encadre-280x420.jpg 280w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\"><\/p>\n<p>Issa Bara dit <em>\u00ab\u00a0Banagan\u00e9\u00a0\u00bb<\/em> est un ressortissant de B\u00e9gu\u00e9do qui vient de rentrer d\u00e9finitivement de l\u2019Italie apr\u00e8s y avoir s\u00e9journ\u00e9 une trentaine d\u2019ann\u00e9es. Il a v\u00e9cu de plus pr\u00e8s la crise sanitaire inh\u00e9rente \u00e0 la COVID-19. Ancien employ\u00e9 d\u2019usine dans la ville italienne de Brescia, il se consid\u00e8re comme un \u00ab\u00a0<em>chanceux<\/em>\u00a0\u00bb parce que 2020 marquait l\u2019ann\u00e9e de sa retraite. Ce qui lui a permis d\u2019\u00e9viter le pi\u00e8ge du ch\u00f4mage contrairement \u00e0 bon nombre de ses compatriotes. A l\u2019\u00e9vocation de la maladie, Issa Bara confie avoir \u00e9t\u00e9 horrifi\u00e9 par les vies emport\u00e9es dans son pays d\u2019accueil en 2020. <em>\u00ab\u00a0La COVID-19 a \u00e9t\u00e9 une p\u00e9riode tr\u00e8s difficile en Italie. Beaucoup d\u2019Italiens ont \u00e9t\u00e9 emport\u00e9s par la maladie. Mais de ce que j\u2019ai pu observer, les Africains vivant dans ce pays \u00e9taient relativement \u00e9pargn\u00e9s par la maladie. Les Italiens s\u2019interrogeaient sur le fait que les Noirs ne mouraient pas de la maladie. Nous avons eu beaucoup de chance d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9s\u00a0\u00bb<\/em>, raconte-t-il. Aux premi\u00e8res heures de la pand\u00e9mie, pr\u00e9cise-t-il, les h\u00f4pitaux refusaient du monde et les malades \u00e9taient majoritairement des Italiens. Tout \u00e9tait bloqu\u00e9, car tous \u00e9taient confin\u00e9s. <em>\u00ab\u00a0Aucune visite \u00e0 nos proches n\u2019\u00e9tait autoris\u00e9e. M\u00eame quand certains se rendaient au travail, tout \u00e9tait restreint. Quand tu faisais la fi\u00e8vre ou souffrait de maux de t\u00eate, ton entourage et toi \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme des cas suspects de COVID-19. Vous \u00e9tiez automatiquement mis en quarantaine\u00a0\u00bb,<\/em> affirme le sexag\u00e9naire qui se sent heureux d\u2019avoir regagn\u00e9 son Burkina natal. A l\u2019entendre, le nombre de d\u00e9c\u00e8s li\u00e9s \u00e0 la COVID-19 a \u00e9branl\u00e9 la foi de certains Italiens. <em>\u00ab\u00a0Des amis Italiens me demandaient si nous, les Noirs, croyions en un deuxi\u00e8me Dieu cach\u00e9. Ils ne comprenaient pas pourquoi les Noirs \u00e9taient \u00e0 l\u2019abri de la maladie\u00a0<\/em>\u00bb, r\u00e9v\u00e8le-t-il. Sur le plan \u00e9conomique, la COVID-19 a \u00e9t\u00e9 une calamit\u00e9 pour tout le monde puisque le confinement a litt\u00e9ralement fig\u00e9 tout. Les employ\u00e9s percevaient juste entre 500 et 600 euros pour faire face aux charges d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et autres factures. <em>\u00ab\u00a0Nous ne pouvions plus envoyer quelque chose aux familles rest\u00e9es au pays. M\u00eame jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, la situation est encore tr\u00e8s difficile pour les immigr\u00e9s puisque tout tourne au ralenti\u00a0\u00bb<\/em>, confie l\u2019ancien employ\u00e9 d\u2019usine. Toutefois, Issa Bara se r\u00e9jouit d\u2019avoir migr\u00e9 en Italie et de pouvoir travailler jusqu\u2019\u00e0 la retraite. <em>\u00ab\u00a0Je suis tr\u00e8s reconnaissant envers un de nos a\u00een\u00e9s, Moustapha Bara, celui-l\u00e0 qui nous a aid\u00e9s \u00e0 regagner l\u2019Italie. Ce sont nos doyens qui nous ont ouvert la voie. C\u2019est en partie gr\u00e2ce \u00e0 eux que le visage de notre commune B\u00e9gu\u00e9do a chang\u00e9. Ils ont fait preuve de solidarit\u00e9 et de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 \u00e0 l\u2019endroit de leurs fr\u00e8res\u00a0\u00bb<\/em>, souligne M. Bara. P\u00e8re de sept enfants (six gar\u00e7ons et une fille), Issa Bara soutient qu\u2019il doit beaucoup \u00e0 son pays d\u2019accueil qui lui a permis de b\u00e2tir sa vie. <em>\u00ab\u00a0J\u2019ai eu la nationalit\u00e9 italienne, trois de mes fils y travaillent. Ce pays m\u2019a permis d\u2019investir chez moi au Burkina Faso\u00a0\u00bb<\/em>, reconnait le sexag\u00e9naire.<\/p>\n<p>K<strong>B.<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/08\/18\/epouses-dimmigres-a-beguedo-les-victimes-silencieuses-de-la-covid-19\/\">Epouses d\u2019immigr\u00e9s \u00e0 B\u00e9gu\u00e9do: Les victimes silencieuses de la COVID-19<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: BS. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/08\/18\/epouses-dimmigres-a-beguedo-les-victimes-silencieuses-de-la-covid-19\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pand\u00e9mie de la Covid-19 qui \u00e9branle le monde depuis plus d\u2019une ann\u00e9e n\u2019\u00e9pargne personne. Les \u00e9pouses de migrants burkinab\u00e8 de la commune rurale de B\u00e9gu\u00e9do, situ\u00e9e dans la r\u00e9gion du Centre-est, qui vivent en Italie, subissent de plein fouet les effets pervers de la maladie. 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