{"id":124958,"date":"2021-08-23T08:56:50","date_gmt":"2021-08-23T12:56:50","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/baydrams-enseignant-et-artiste-musicien-la-craie-le-micro-etsmarty\/"},"modified":"2021-08-23T08:56:50","modified_gmt":"2021-08-23T12:56:50","slug":"baydrams-enseignant-et-artiste-musicien-la-craie-le-micro-etsmarty","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/baydrams-enseignant-et-artiste-musicien-la-craie-le-micro-etsmarty\/","title":{"rendered":"Baydrams, enseignant et artiste musicien: La craie, le micro et\u2026Smarty"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Enseignant de profession, et natif de P\u00f4 (Nahouri), l\u2019artiste musicien, Abou Dramane Bayigabou alias Baydrams r\u00eave, \u00e0 29 ans, de conqu\u00e9rir la sc\u00e8ne internationale avec sa seconde passion, la musique.<\/strong><\/p>\n<p>Il y a deux mois jour pour jour, avant ce matin ensoleill\u00e9 du mercredi 4 ao\u00fbt 2021, ce serait peut-\u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire de Parkiri, dans la commune de Gogo (province du Zoundw\u00e9ogo) que nous aurait re\u00e7u, dans sa classe de Cours moyen deuxi\u00e8me ann\u00e9e (CM2), Abou Dramane Dounaoubon Kouwelib\u00e9 Bayigabou ou \u00ab\u00a0Monsieur Bayigabou\u00a0\u00bb, comme l\u2019appellent ses \u00e9l\u00e8ves. Depuis 2017 qu\u2019il tient la craie, ses sup\u00e9rieurs lui refilent ces \u00e9l\u00e8ves de fin cycle qui r\u00eavent d\u2019une entr\u00e9e au coll\u00e8ge. Une d\u00e9cision, peut-\u00eatre, guid\u00e9e par ses r\u00e9sultats avec sa classe. \u00ab\u00a0<em>J\u2019ai toujours eu un bon pourcentage, avec mes \u00e9l\u00e8ves, toujours sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne provinciale et en notation individuelle j\u2019obtiens r\u00e9guli\u00e8rement 9 sur 10<\/em>\u00a0\u00bb, informe-t-il. L\u2019enseignement pour lui, c\u2019est une passion acquise au fil de ses quatre ann\u00e9es de pratique, m\u00eame si cela aurait pu \u00eatre un legs maternel. Sa m\u00e8re, institutrice de profession, ne lui a jamais forc\u00e9 la main. Il a embrass\u00e9 le m\u00e9tier en d\u00e9crochant son admission au concours de la fonction publique en 2015. Mais tr\u00e8s vite, il a aim\u00e9 le job, dit-il, se sentant aujourd\u2019hui \u00ab\u00a0<em>responsable<\/em>\u00a0\u00bb du devenir des bambins qu\u2019il a sous sa coupe et fier de les voir r\u00e9ussir.<\/p>\n<p><strong>Star malgr\u00e9 lui\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong><\/p>\n<p>Entre M. Bayigabou et ses \u00e9l\u00e8ves, il existe une alchimie qui le met \u00e0 l\u2019abri des d\u00e9boires que vivent certains de ses coll\u00e8gues face \u00e0 des apprenants souvent dures d\u2019oreilles et de comportements. A la v\u00e9rit\u00e9, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son caract\u00e8re \u00ab\u00a0<em>d\u00e9bonnaire<\/em>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0<em>appliqu\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>serviable<\/em>\u00a0\u00bb qui plait \u00e0 son petit monde, c\u2019est surtout \u00e0 cause de sa seconde casquette, celle-l\u00e0 m\u00eame qui fait l\u2019objet de frime et fait aussi monter sa c\u00f4te aupr\u00e8s des camarades et amis. M. Bayigabou est artiste musicien. Une pop star, m\u00eame si, lui, refuse l\u2019\u00e9tiquette. Trop \u00ab\u00a0<em>ronflant<\/em>\u00a0\u00bb, \u00e0 son go\u00fbt et il ne veut pas \u00ab\u00a0<em>se prendre la t\u00eate pour peu<\/em>\u00a0\u00bb. Modeste\u00a0? Assur\u00e9ment. Nous d\u00e9couvrons en lui ce trait qu\u2019il dissimule difficilement \u00e0 notre rencontre. Bel homme, filiforme, voix basse et \u00e9loquence a\u00e9rienne, fluide et douce. La barbe taill\u00e9e au style de feu Dj Arafat, artiste ivoirien ic\u00f4ne du coup\u00e9 d\u00e9cal\u00e9, vient parfaire le contour triangulaire de son visage. V\u00eatu de noir, discret, comme le personnage lui-m\u00eame qui fuit souvent le regard. Il s\u2019est choisi le nom d\u2019artiste \u00ab\u00a0<em>Baydrams, l\u2019aigle int\u00e8gre<\/em>\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0<em>Baydrams<\/em>\u00a0\u00bb pour simplifier son long patronyme, \u00ab\u00a0<em>l\u2019aigle<\/em>\u00a0\u00bb en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la prestance et la vivacit\u00e9 du rapace et \u00ab\u00a0<em>int\u00e8gre<\/em>\u00a0\u00bb qu\u2019il a piqu\u00e9 de l\u2019autre appellation du Burkina Faso, \u00ab\u00a0Pays des hommes int\u00e8gres\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p><strong>Tout feu tout flamme\u00a0<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour son style musical, \u00a0\u00ab\u00a0l\u2019aigle int\u00e8gre\u00a0\u00bb a opt\u00e9 pour une cr\u00e9ation personnelle. Une sauce \u00e0 la Baydrams\u00a0: un m\u00e9lange de rap, ragga, slam et une dose de \u00ab\u00a0djongo\u00a0\u00bb, un genre musical traditionnel de son terroir natal gurunsi kasena dont les pas de danses allient souplesse du corps, dext\u00e9rit\u00e9 et vigueur des pieds. Sourire XXL et un brin joyeux, il confie\u00a0: \u00ab\u00a0<em>disons que ce que je fais c\u2019est de l\u2019afro-ragga<\/em>\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0<em>Danse pour moi<\/em>\u00a0\u00bb, le titre de son premier single, a fait un carton, \u00e0 sa sortie en 2017. Un carton circonscrit particuli\u00e8rement dans la r\u00e9gion du Centre-Sud, mais un succ\u00e8s tout de m\u00eame qui le r\u00e9jouit \u00e0 plus d\u2019un titre. Surtout quand, le son est \u00a0\u00ab\u00a0valid\u00e9\u00a0\u00bb, chez lui, \u00e0 P\u00f4. \u00ab <em>D\u00e8s que je suis sorti de studio, j\u2019ai prest\u00e9 dans une c\u00e9r\u00e9monie \u00e0 Manga et il se trouvait sur les lieux des gens venus de P\u00f4. Ils ont tellement aim\u00e9 qu\u2019ils ont fait la prodada (\u00e9loges, dans le jargon de rue, ndlr) \u00e0 leur retour. Mon t\u00e9l\u00e9phone cr\u00e9pitait sans cesse et c\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai su que le son \u00e9tait balaise<\/em>\u00a0\u00bb, confie-t-il, le pouce en l\u2019air, et une joie non dissimil\u00e9e, qui aurait pu bien traduire aussi qu\u2019il a su, d\u00e8s lors, que la musique \u00e9tait son truc et m\u00eame sans son salaire d\u2019enseignant il ne craignait pas de devoir l\u2019abandonner pour faire autre chose plus lucrative.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Laisse-les parler, laisse-les piailler, Laisse-les parler, laisse-les piailler<\/em>\u00a0\u00bb, le refrain de son titre, aussi facile \u00e0 retenir qu\u2019\u00e0 fredonner. Lors de ses sc\u00e8nes, le public en ch\u0153ur le reprend, noyant voix et instruments. Il adule enfants, jeunes, adultes et vieux. Sur les r\u00e9seaux sociaux, des vid\u00e9os-challenge s\u2019enchainent et rivalisent de la maitrise, qui de la chanson qui des pas de danses djongo. Quelques temps apr\u00e8s la sortie de \u00ab\u00a0<em>Danse pour moi<\/em>\u00a0\u00bb, il se souvient que P\u00f4 a r\u00e9clam\u00e9 m\u00eame un concert. Baydrams\u00a0: \u00ab\u00a0<em>avec mon seul single, les gens de P\u00f4 m\u2019ont dit de venir faire une prestation. J\u2019\u00e9tais tout de m\u00eame surpris parce que je n\u2019ai jamais vu le concert d\u2019un artiste avec un seul morceau. Finalement \u00e7a eu lieu au maquis le Matignon. Le son a \u00e9t\u00e9 biss\u00e9, rebiss\u00e9 et encore. Et \u00e7a \u00e9t\u00e9 une r\u00e9ussite inattendue<\/em>\u00a0\u00bb. Ailleurs, la nouvelle \u00ab\u00a0<em>coqueluche<\/em>\u00a0\u00bb est invit\u00e9e \u00e0 prester. Il fait la sc\u00e8ne \u00e0 Ouagadougou au \u2018\u2018Baba village\u2019\u2019 de l\u2019artiste musicien Floby, \u00e0 R\u00e9o, \u00e0 Zorgho et \u00e0 Pouytenga. Il traverse m\u00eame la fronti\u00e8re et r\u00e9gale des admirateurs \u00e0 Navrongo et Bolgatanga, des villes septentrionales du Ghana, situ\u00e9es respectivement \u00e0 32 kilom\u00e8tres et 62 kilom\u00e8tres de P\u00f4. \u00ab\u00a0<em>C\u2019\u00e9tait vraiment top<\/em>\u00a0\u00bb, l\u00e2che-t-il, la pens\u00e9e \u00e9vad\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Le jeu avant l\u2019enjeu<\/strong><\/p>\n<p>Avant sa \u00ab\u00a0<em>r\u00e9v\u00e9lation<\/em>\u00a0\u00bb au Matignon, \u00e0 P\u00f4, Baydrams \u00e9tait un peu dans le \u00ab\u00a0<em>noir<\/em>\u00a0\u00bb, \u00e0 l\u2019image de monsieur tout le monde. Dans la cit\u00e9, celui qui \u00e9tait bien connu, c\u2019est l\u2019enseignant. Pas l\u2019artiste. Fils ain\u00e9 d\u2019une famille de quatre gosses, son p\u00e8re dans le commerce des c\u00e9r\u00e9ales et sa m\u00e8re institutrice, rien ne le pr\u00e9destinait \u00e0 \u00eatre une b\u00eate de sc\u00e8ne de la musique. L\u2019enfance, pour ce qu\u2019il confesse, \u00e9tait l\u2019\u00e9cole, la maison, la biblioth\u00e8que. Sa m\u00e8re veillait \u00e0 ce que la lecture occupe une bonne place de son temps libre. Dans les romans, il d\u00e9couvre les mots, puis les textes d\u2019auteurs africains engag\u00e9s. Il adorait aussi le chant et la r\u00e9citation. Pour faire passer certaines le\u00e7ons il lui arrive de les convertir en couplets de chanson. \u00ab\u00a0<em>Mais tout cela \u00e9tait pour moi un passe-temps<\/em>\u00a0\u00bb, se rem\u00e9more-t-il. Juste un divertissement donc et un rien s\u00e9rieux comme quand, avec des camarades de sa classe de 4<sup>e<\/sup>, il forme un groupe de jeunes rappeurs en herbe, \u00ab\u00a0<em>small wariors<\/em>\u00a0\u00bb, qui passe quelques fois pour des freestyles sur les antennes de la radio locale Gulu de P\u00f4, \u00e0 l\u2019\u00e9mission \u00ab\u00a0zone rap\u00a0\u00bb de DJ Maze. Un autre groupe nait plus tard des cendres de small warriors, mais pour la danse freestyle. Puis encore un autre, \u00ab\u00a0born to fight\u00a0\u00bb, pour le rap de nouveau, avec des camarades et amis. Comme un feu de paille, Born to fight \u00e9galement s\u2019\u00e9teint. Manque de conviction et peu de charisme des membres, confie-t-il.<\/p>\n<p><strong>Smarty, comme un phare<\/strong><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-38736\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/08\/1-44-scaled-1.jpg\" alt=\"\" width=\"2560\" height=\"1988\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/08\/1-44-scaled-1.jpg 2560w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/1-44-300x233.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/1-44-1024x795.jpg 1024w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/1-44-768x596.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/1-44-1536x1193.jpg 1536w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/1-44-2048x1590.jpg 2048w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/1-44-150x116.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/1-44-696x540.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/1-44-1068x829.jpg 1068w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/1-44-1920x1491.jpg 1920w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/1-44-541x420.jpg 541w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/1-44-1320x1025.jpg 1320w\" sizes=\"auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px\">Dans les ann\u00e9es 2000, le rap avait le vent en poupe dans la capitale, Ouagadougou. Des artistes se d\u00e9marquent. Faso Kombat, Duden J, Smokey, Baloukou et bien d\u2019autres. Les tubes passent en bouclent sur les ondes des radios. Baydrams d\u00e9couvre le groupe Yeelen du duo Manwdo\u00e9 et Smarty. Il craque surtout pour Smarty qu\u2019il prend en total admiration. Dans sa fa\u00e7on de rapper, il y voit tout ce qu\u2019il admirait\u00a0: les textes, l\u2019engagement et la m\u00e9lodie. \u00ab\u00a0<em>Smarty pour moi, c\u2019est le roi, le top du top. Si je fais aujourd\u2019hui de la musique, c\u2019est surtout gr\u00e2ce \u00e0 lui<\/em>\u00a0\u00bb, confesse-t-il.<\/p>\n<p>Baydrams r\u00eave alors de sc\u00e8ne. De featuring avec son idole, Smarty. Quand il rencontre son manager par le biais d\u2019un co-chambrier \u00e0 l\u2019\u00e9cole de formation des \u00e9l\u00e8ves-enseignants de D\u00e9dougou, il insiste sur le rap mais, lui, propose \u00ab\u00a0<em>un truc dansant avec un peu de rythme de djongo\u00a0\u00bb. \u2018\u2019\u00a0Danse pour moi\u2019\u2019<\/em>\u00a0\u00bb est concoct\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 ses revenus et un pr\u00eat contract\u00e9 en banque. Un tabac. Deux ans plus tard, gr\u00e2ce \u00e0 un appui financier du minist\u00e8re en charge de la Culture via sa Direction r\u00e9gionale au Centre-sud, Baydrams entre en studio et sort avec son premier album, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0<em>La main de Dieu<\/em>\u00a0\u00bb. Quatre titres y figurent, Ta\u00efka, Bamenzoula, Bemoukiya et une intro, toujours de son style afro-ragga mais des textes engag\u00e9s, chant\u00e9s, \u00e0 la fois, en fran\u00e7ais et en dans sa langue maternelle Nankana. Dans Bemoukiya, le second titre qu\u2019il r\u00e9ussira \u00e0 \u00ab\u00a0<em>cliper<\/em>\u00bb apr\u00e8s celui de son premier single, il interpelle les jeunes filles sur le choix de vie, rang\u00e9e, respectueuse et polie plut\u00f4t que volage, l\u00e9g\u00e8re et mat\u00e9rialiste. Ta\u00efka, l\u2019artiste s\u2019en prend aux parents qui rejettent le choix du (de la) conjoint(e) de leurs enfants sur la base de son occupation ou sa passion. Une autobiographie, ont soup\u00e7onn\u00e9 certains de ses fans. Dans Bamenzoula, l\u2019aigle int\u00e8gre chante la femme, fille, \u00e9pouse, m\u00e8re. Il y fait un clin d\u2019\u0153il \u00e0 sa g\u00e9nitrice qui l\u2019inspire et le soutient dans sa passion.<\/p>\n<p><strong>Le succ\u00e8s, le point de mire<\/strong><\/p>\n<p>A 29 ans, Baydrams est c\u00e9libataire sans enfant. Le mariage? Un bonheur qu\u2019il se r\u00e9serve d\u2019en avoir avec sa copine \u00e0 qui il compte bient\u00f4t passer la bague au doigt. Peut-\u00eatre, il exigerait ce jour, cerise sur le g\u00e2teau, son plat pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, le kagnounon, un met de chez lui fait \u00e0 base de feuilles.<\/p>\n<p>En attendant, l\u2019amoureux de la guitare, n\u2019a d\u2019yeux que pour son futur d\u2019enseignant-artiste. Artiste surtout car, sur la balance, il vote plus pour sa carri\u00e8re musicale qu\u2019il veut r\u00e9ussie. Pas seulement dans son giron du Centre-sud, ni m\u00eame au plan national mais au-del\u00e0 du Burkina Faso voire dans l\u2019antre du rap, les Etats Unis d\u2019Am\u00e9rique ou du ragga, la Jama\u00efque.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p><strong>Difficile d\u00e9collage<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De grandes sc\u00e8nes, Baydrams n\u2019en compte pas pour le moment dans son palmar\u00e8s. Parce que \u00ab\u00a0<em>les moyens financiers ne sont pas au rendez-vous<\/em>\u00a0\u00bb pour mettre en orbite ses \u0153uvres. La com et les tourn\u00e9es co\u00fbtent les yeux de la t\u00eate sous nos cieux et Baydrams en a conscience. Sa nature r\u00e9serv\u00e9e, plut\u00f4t pusillanime, se qualifie-t-il, l\u2019emp\u00eache d\u2019aborder les personnes susceptibles de lui donner un coup de pouce. Une faiblesse qui l\u2019habite depuis tout petit. Il s\u2019explique\u00a0: \u00ab\u00a0<em>je crois que la timidit\u00e9 qui est en moi est un d\u00e9faut que j\u2019ai gard\u00e9 depuis mon enfance parce j\u2019ai \u00e9t\u00e9 contraint \u00e0 moins de sorties donc moins de rencontres. C\u2019est d\u2019ailleurs pour cela qu\u2019aujourd\u2019hui je passe plus de temps \u00e0 la maison que dehors \u00e0 mes heures libres. Le seul lieu o\u00f9 je me surprends moi-m\u00eame \u00e0 avoir un dynamisme hors pair, c\u2019est lorsque je suis en prestation ou je joue de la musique. L\u00e0 c\u2019est comme si je suis dans une autre dimension. Mais je pr\u00e9cise que je ne prends aucun stup\u00e9fiant, j\u2019en ai jamais pris de toute ma vie m\u00eame la simple cigarette<\/em>\u00a0\u00bb.\u00a0 Pour sa carri\u00e8re qui d\u00e9colle jusque-l\u00e0 difficilement, il y\u2019a aussi cette m\u00e9saventure du 21 ao\u00fbt 2019 qui a refroidi ses ardeurs de promotion de son travail. \u00ab\u00a0<em>C\u2019\u00e9tait la veille de la pr\u00e9sentation de mon album \u00e0 Manga. \u00a0Je revenais de la Banque o\u00f9 je suis all\u00e9 faire un retrait et sur la route j\u2019ai eu accident avec un conducteur de tricycle. Je me suis r\u00e9veill\u00e9 le lendemain \u00e0 l\u2019h\u00f4pital<\/em>\u00a0\u00bb, raconte-t-il.<\/p>\n<p><strong>Perche tendue<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s son accident, rien n\u2019a plus \u00e9t\u00e9 comme avant. Des douleurs \u00e0 la t\u00eate et un mal \u00eatre quelque fois ont port\u00e9 un coup \u00e0 son inspiration. A l\u2019\u00e9cole comme sur ses notes musicales. \u00ab\u00a0<em>Inch allah, tout va pour le mieux maintenant<\/em>\u00a0\u00bb, se r\u00e9jouit-il. En bon musulman, pratiquant, il le prend sur le compte du destin qu\u2019il esp\u00e8re aussi lui r\u00e9servera un radieux avenir d\u2019artiste. Mais pour cela, il lance la perche \u00e0 ses grands fr\u00e8res artistes de renom du Nahouri. Pour qui la saisira pour le tirer vers le haut. Pas seulement lui, mais tous les jeunes talents qui ambitionnent de faire briller de mille feux la musique en l\u2019occurrence le \u00ab\u00a0djongo\u00a0\u00bb local. Il cite des exemples de m\u00e9c\u00e8nes dont au premier plan, Bill Aka kora, aujourd\u2019hui un ambassadeur international du genre musical, \u00ab\u00a0<em>Djongo<\/em>\u00ab\u00a0. Le soutien qu\u2019attend Baydrams de ses grands fr\u00e8res, c\u2019est un coup de pouce \u00ab\u00a0<em>\u00e0 la fa\u00e7on de Papus et Eunice Zoula au Burkina Faso ou m\u00eame Dj Kedjevara et Mc one, aujourd\u2019hui dans le top des artistes rappeurs en C\u00f4te d\u2019ivoire<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Les grands fr\u00e8res doivent franchement songer \u00e0 la rel\u00e8ve et prendre sous leur coupe un dauphin qu\u2019ils vont soutenir et fabriquer<\/em>\u00a0\u00bb, lance-t-il, d\u2019un air moralisateur.<\/p>\n<p>De la musique, l\u2019enfant de P\u00f4, bon slameur, assure-t-il, nourrit de grands r\u00eaves. Il y croit dur comme fer le temps o\u00f9 il gravira enfin les grandes sc\u00e8nes nationales et internationales. Et quand cela arrivera et qu\u2019il aura enfin son featuring avec son idole, Smarty comme envisag\u00e9, \u00e0 coup s\u00fbr, il ne manquera de lui dire aussi les mots qu\u2019il garde\u00a0au fond de son c\u0153ur \u00e0 son endroit : \u00ab\u00a0<em>Merci de m\u2019avoir inspir\u00e9 \u00e0 faire de la musique<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>Mamady ZANGO<\/strong><\/p>\n<p><strong>mzango18@gmail.com<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/08\/23\/baydrams-enseignant-et-artiste-musicien-la-craie-le-micro-etsmarty\/\">Baydrams, enseignant et artiste musicien: La craie, le micro et\u2026Smarty<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: BS. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/08\/23\/baydrams-enseignant-et-artiste-musicien-la-craie-le-micro-etsmarty\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Enseignant de profession, et natif de P\u00f4 (Nahouri), l\u2019artiste musicien, Abou Dramane Bayigabou alias Baydrams r\u00eave, \u00e0 29 ans, de conqu\u00e9rir la sc\u00e8ne internationale avec sa seconde passion, la musique. Il y a deux mois jour pour jour, avant ce matin ensoleill\u00e9 du mercredi 4 ao\u00fbt 2021, ce serait peut-\u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire de Parkiri, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/1-44-scaled.jpg","fifu_image_alt":"Baydrams, enseignant et artiste musicien: La craie, le micro et\u2026Smarty","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-124958","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/124958","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=124958"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/124958\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=124958"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=124958"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=124958"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}