{"id":125600,"date":"2021-08-30T17:12:32","date_gmt":"2021-08-30T21:12:32","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/et-si-le-combat-politique-en-afrique-se-trompait-de-cible\/"},"modified":"2021-08-30T17:12:32","modified_gmt":"2021-08-30T21:12:32","slug":"et-si-le-combat-politique-en-afrique-se-trompait-de-cible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/et-si-le-combat-politique-en-afrique-se-trompait-de-cible\/","title":{"rendered":"Et si le combat politique en Afrique  se trompait de cible ?"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>La fi\u00e8vre politique de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de fin 2020 au Burkina Faso est retomb\u00e9e et chaque camp a fait ses comptes. L\u2019euphorie des uns a tourn\u00e9 au d\u00e9senchantement ; la formalit\u00e9 pour les autres a d\u00e9pass\u00e9 leurs espoirs et l\u2019apprentissage pour d\u2019autres encore leur fait nourrir des ambitions qu\u2019il faudra que leurs ressources soient cons\u00e9quentes pour supporter le temps n\u00e9cessaire. Arithm\u00e9tiquement, il y a eu un gagnant et 12 perdants, mais nous soutenons qu\u2019il y a eu 13 perdants : les 12 personnes physiques et le Burkina Faso. Lorsque celui-ci, qui aurait pu r\u00e9unir les 100% \u00e0 travers un plan national de d\u00e9veloppement consensuel, doit se contenter de 57,87%, il enregistre un manque-\u00e0-gagner. Et cela, si l\u2019on consid\u00e8re seulement le point de vue quantitatif. Du point de vue qualitatif, le manque-\u00e0-gagner existe aussi.<\/p>\n<p>Car, aucun parti politique ne peut soutenir avoir et les meilleurs programmes dans tous les domaines et les meilleures comp\u00e9tences pour occuper tous les postes. Une fraction du peuple, m\u00eame d\u2019une \u00e9crasante majorit\u00e9, ne peut plus \u00eatre le peuple, et elle peut m\u00eame \u00eatre en erreur par rapport \u00e0 la minorit\u00e9. D\u00e8s lors, il nous para\u00eet excessif de d\u00e9finir la d\u00e9mocratie comme \u00e9tant \u00ab le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple \u00bb, sinon par convention. Le multipartisme indo-europ\u00e9en appara\u00eet clairement comme l\u2019expression d\u2019un rapport de force entre des classes sociales ou politiques pour se disputer des parts du \u201cg\u00e2teau\u201d. Non seulement les Africains n\u2019ont pas encore de g\u00e2teau \u00e0 partager mais \u00e0 produire, ils ont aussi fait l\u2019exp\u00e9rience de la gestion coll\u00e9giale de la chose publique dans leurs soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles. Pass\u00e9isme ou utopie ? Le philosophe fran\u00e7ais, Michel Onfray rappelle que chez Proudhon, \u201cl\u2019utopie est une id\u00e9e pass\u00e9e qui a de l\u2019avenir\u201d et il l\u2019actualise.<\/p>\n<p>Par ailleurs, comment ne pas \u00eatre d\u00e9rout\u00e9 lorsque l\u2019on entend d\u2019\u00e9minents intellectuels fervents apologistes de l\u2019utopie tels que l\u2019\u00e9conomiste Jean-Joseph Boillot, lui-aussi fran\u00e7ais, se rassurer d\u2019observer en Afrique la \u201cnon rupture avec le pass\u00e9\u201d, quand la majorit\u00e9 de l\u2019\u00e9lite africaine renie ce pass\u00e9 ; et le m\u00eame de citer Karl Mannheim, pour qui, \u201c\u2026une soci\u00e9t\u00e9 sans utopie est une soci\u00e9t\u00e9 sans dessein\u201d. Plus concr\u00e8tement, remarquons que l\u2019ex\u00e9cutif f\u00e9d\u00e9ral suisse fonctionne selon le principe de la coll\u00e9gialit\u00e9, consacr\u00e9 par la constitution. Alors, si nous osions, nous demanderions \u00e0 nos bien-pensants de la politique au Burkina Faso en particulier, d\u2019accepter de questionner, avec impartialit\u00e9, la modernit\u00e9 et la tradition pour faire un tri, en toute connaissance de cause. Tout n\u2019est certes pas positif dans la tradition, mais tout n\u2019y est pas n\u00e9gatif ; et il en est tout autant de la modernit\u00e9, dont de nouveaux penseurs (J.-J. Boillot cit\u00e9 plus haut par exemple) disent de l\u2019id\u00e9ologie (le capitalisme), qu\u2019elle est devenue \u201cr\u00e9actionnaire\u2026 ; et ce qui permet le d\u00e9passement de cette id\u00e9ologie, c\u2019est l\u2019utopie.\u201d Et c\u2019est pour ce syst\u00e8me d\u00e9cadant que les Africains rivalisent pour \u00eatre, qui le meilleur \u00e9l\u00e8ve, qui le bon \u00e9l\u00e8ve. Ils se font enferrer dans la pens\u00e9e unique institutionnelle d\u2019un syst\u00e8me dont de nouveaux courants d\u2019avant-garde poussent les soci\u00e9t\u00e9s capitalistes fallacieusement requalifi\u00e9es de lib\u00e9rales, \u00e0 sortir. Cela \u00e9tant pos\u00e9, venons-en aux faits.<\/p>\n<p><strong>Du Parti unique \u00e0 la pens\u00e9e unique<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9chec relatif du bloc communiste a fait croire \u00e0 l\u2019autre qu\u2019\u00ab il n\u2019y a pas de d\u00e9veloppement sans d\u00e9mocratie ni de d\u00e9mocratie sans d\u00e9veloppement \u00bb, mais la Chine est un contre-pied parfait de cet axiome. Il suffirait d\u2019un texte (une constitution) \u00e0 la Chine pour en faire un Etat d\u00e9mocratique au sens commun, alors que l\u2019Etat \u00ab de droit \u00bb avec ses institutions r\u00e9publicaines n\u2019a pas suffi \u00e0 faire \u00e9merger un seul pays africain en trente ans. C\u2019est pourquoi nous pensons qu\u2019une troisi\u00e8me voie est imp\u00e9rative en Afrique : ni totalitarisme, ni lib\u00e9ralisme d\u00e9brid\u00e9, avec des valeurs endog\u00e8nes. Le triomphe du bloc occidental sur le bloc communiste a substitu\u00e9 une pens\u00e9e unique \u00e0 une autre, mais il nous appara\u00eet que tout d\u00e9veloppement s\u2019inscrit dans le temps et un espace culturel donn\u00e9. Eluder cette derni\u00e8re dimension pour inscrire le d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique exclusivement dans le temps, ce ne serait pas seulement faire du d\u00e9veloppement \u201chors sol\u201d, ce serait \u00e9galement faire de l\u2019Afrique un OGM (organisme g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9), puisqu\u2019elle aurait perdu son ADN, c\u2019est-\u00e0-dire sa culture. Nous tentons de d\u00e9montrer dans le d\u00e9veloppement qui suit, l\u2019irrationnalit\u00e9 du mod\u00e8le occidental en Afrique et les bases objectives sur lesquelles les Africains auraient pu construire un mod\u00e8le alternatif, tout \u00e0 fait comp\u00e9titif.<\/p>\n<p><strong>Les bases irrationnelles des clivages politiques en Afrique<\/strong><\/p>\n<p>Sauf preuve du contraire, les institutions prennent naissance avec une sociologie, une histoire et m\u00eame une psychologie, propres \u00e0 des peuples ayant une m\u00eame communaut\u00e9 de destin. C\u2019est ainsi que le syst\u00e8me politique voulu comme mod\u00e8le universel a tenu lieu de compromis dans les soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 a s\u00e9vi l\u2019exploitation de l\u2019homme par l\u2019homme \u00e0 travers l\u2019esclavagisme, le f\u00e9odalisme et le capitalisme. Ces syst\u00e8mes, en \u00e9pousant les clivages sociologiques, cr\u00e9eront les conditions d\u2019\u00e9mergence des clivages id\u00e9ologiques par la lutte des classes qui trouvera son \u00e9pilogue avec les partis politiques. Ainsi, l\u2019anarchisme, le communisme et le socialisme sont n\u00e9s parce que le capitalisme existait. En question, la r\u00e9partition des plus-values du capital. Les nuances de toutes ces id\u00e9ologies sont apparues \u00e0 la faveur de la mobilit\u00e9 sociale. Pour atteindre ce nouvel ordre politique, dit d\u00e9mocratique, des batailles de rues et par les armes auront \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires. N\u00e9anmoins, chaque peuple a construit sur la base commune ses nouvelles institutions, celles-ci ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9es par la mani\u00e8re sp\u00e9cifique dont les contradictions internes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9solues : les mod\u00e8les allemand, britannique, fran\u00e7ais, suisse\u2026 sont diff\u00e9rents les uns des autres. Chacun se satisfait de son mod\u00e8le, d\u00e8s lors que le but vis\u00e9 est le m\u00eame. Il y a n\u00e9anmoins des invariants communs \u00e0 ces soci\u00e9t\u00e9s et qui ont fait leur r\u00e9ussite. Ce sont, en de\u00e7\u00e0 des libert\u00e9s, une organisation rigoureuse que sous-tend la rationalit\u00e9, un savoir-\u00eatre enseign\u00e9 dans la famille nucl\u00e9aire, l\u2019\u00e9cole obligatoire et effective qui assigne \u00e0 la discipline. A partir de l\u00e0, la loi prend le relais dans le monde du travail, la soci\u00e9t\u00e9 et le cercle du pouvoir administratif et politique : quelle que soit sa position dans la soci\u00e9t\u00e9, son id\u00e9ologie, l\u2019individu se soumet \u00e0 la loi. Le respect de celle-ci y a \u00e9t\u00e9 et est encore \u201cle plus petit commun d\u00e9nominateur\u201d. Ses transgressions sont fatalement sanctionn\u00e9es par l\u2019appareil judiciaire. L\u2019individu est aussi conscient de ses devoirs que de ses droits.<\/p>\n<p><strong> Qu\u2019en est-il de l\u2019Afrique au sud du Sahara ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>En Afrique traditionnelle<\/strong><\/p>\n<p>Les clivages traditionnels \u00e9taient les castes, mais elles ne se sont pas traduites par l\u2019exploitation d\u2019une caste inf\u00e9rieure par une caste sup\u00e9rieure. La propri\u00e9t\u00e9 des moyens de production (capital-terre et travail) a \u00e9t\u00e9 collective. Ces soci\u00e9t\u00e9s \u00e9taient \u00e9galitaristes, mais statiques : tous pour un, un pour tous, tel fut leur modus vivendi. La parole, consid\u00e9r\u00e9e comme sacr\u00e9e, n\u2019avait pas plus de valeur dans la bouche d\u2019un \u201cnoble\u201d par rapport \u00e0 celle d\u2019un \u201croturier\u201d, d\u00e8s lors que tous deux \u00e9taient des initi\u00e9s, contrairement \u00e0 l\u2019Europe ancienne. Le savoir-\u00eatre \u00e9tait inculqu\u00e9 avec le savoir-faire tout le long de la hi\u00e9rarchie sociale, et les transgressions des usages et des coutumes \u00e9taient invariablement sanctionn\u00e9es. Celles-ci pouvaient co\u00fbter la vie \u00e0 un chef ou un roi. Des espaces de communication et de transmission interg\u00e9n\u00e9rationnelle des savoirs \u00e9taient am\u00e9nag\u00e9s : le jeune adulte, initi\u00e9 et responsable d\u00e8s lors qu\u2019il f\u00fbt dans les liens du mariage, si\u00e9geait avec les personnes \u00e2g\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>En Afrique contemporaine<\/strong><\/p>\n<p>A la lecture de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, force est de reconna\u00eetre que le syst\u00e8me politique europ\u00e9en en g\u00e9n\u00e9ral, fran\u00e7ais en particulier, n\u2019a aucun fondement sociologique, historique et encore moins psychologique en Afrique subsaharienne pr\u00e9coloniale. Aussi, pouvons-nous en d\u00e9duire que les partis politiques sont ici des cr\u00e9ations ex nihilo, puisque sans relation de cause \u00e0 effet avec les rapports de production ou de classes. La force de la soci\u00e9t\u00e9 traditionnelle africaine sur le plan social est devenue une faiblesse dans le contexte dynamique des soci\u00e9t\u00e9s modernes, faute d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e pour \u00eatre adapt\u00e9e par les \u00e9lites, dans le dessein d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 novatrice. \u00ab Nous pouvons intellectuellement construire une nouvelle Afrique ? \u00bb (Joseph KI Zerbo, in A quand l\u2019Afrique).<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9tat des lieux : une singularit\u00e9 sur le plan \u00e9conomique et soci\u00e9tal<\/strong><\/p>\n<p>Les rapports de production mettent en pr\u00e9sence et pour l\u2019essentiel les anciennes puissances coloniales et leurs ex-colonies. La colonisation a rev\u00eatu une triple dimension : politique, \u00e9conomique et culturelle. Dans l\u2019espace de la Fran\u00e7afrique, les ind\u00e9pendances n\u2019y ont rien chang\u00e9, en raison d\u2019accords dits de coop\u00e9ration en 11 points, qui vidaient les ind\u00e9pendances de toute substance. Ils ont constitu\u00e9 un v\u00e9ritable corset de fer qui a contenu le d\u00e9veloppement des ex-colonies dans des limites \u00e9troites. Les subsides servis \u00e0 travers l\u2019aide publique au d\u00e9veloppement contribuent \u00e0 masquer la r\u00e9alit\u00e9. M\u00eame si certaines clauses sont devenues caduques, non seulement les plus d\u00e9terminantes demeurent (la monnaie et la langue), mais elles ont toutes produit, en une soixantaine d\u2019ann\u00e9es, des effets difficilement r\u00e9versibles. Alors, en quoi les id\u00e9ologies (lib\u00e9ralisme, socialisme, communisme et leurs nuances) sont-elles des r\u00e9ponses pertinentes \u00e0 la probl\u00e9matique de la d\u00e9pendance dans l\u2019ind\u00e9pendance ?<\/p>\n<p>L\u2019affiliation de personnes comme d\u2019organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile \u00e0 des soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes ou \u00e0 des organisations-m\u00e8res occidentales n\u2019ont en rien prot\u00e9g\u00e9, a fortiori promu les int\u00e9r\u00eats de l\u2019Afrique ; bien au contraire, elle a fait des premi\u00e8res des complices passives de la spoliation des Etats, pour g\u00e9n\u00e9ralement des promotions sociales individuelles. Comme dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s, la soci\u00e9t\u00e9 africaine dite moderne s\u2019est nucl\u00e9aris\u00e9e, la transmission des connaissances \u00e9galement, dans un syst\u00e8me \u00e9ducatif s\u00e9lectif. Toutefois, si les structures normatives sont redoutablement efficaces en Europe ou en Asie, c\u2019est loin d\u2019\u00eatre le cas dans les pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s d\u2019Afrique : le fait que la majorit\u00e9 ait \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole, cens\u00e9e former \u00e0 la discipline et \u00e0 la rationalit\u00e9, et la permissivit\u00e9 inad\u00e9quate de l\u2019\u00e9ducation dans des familles nucl\u00e9aires ou nombreuses, par impuissance, sont sans doute les premi\u00e8res sources de l\u2019incivisme (\u201cle plus grand commun multiple\u201d). Les taux d\u2019ach\u00e8vement \u00e0 tous les niveaux d\u2019\u00e9tudes sont d\u00e9risoires. Ceux qui en sont exclus sont livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames, expos\u00e9s \u00e0 \u00eatre des hors-la-loi, ceux qui sont d\u00e9tenteurs d\u2019un pouvoir politique et\/ou \u00e9conomique se veulent au-dessus des autres et des lois (donc eux aussi hors-la-loi), repr\u00e9sentatives pourtant de l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019Etat. H\u00e9riti\u00e8re de l\u2019\u00e9lasticit\u00e9 traditionnelle du temps, la soci\u00e9t\u00e9 africaine moderne n\u2019a pas fait de celui-ci un des crit\u00e8res de mesure de l\u2019efficacit\u00e9 et du sens de la rigueur. De sorte que le citadin est encore, 61 ans apr\u00e8s le top d\u00e9part de son \u00e9mancipation, en flottaison entre soci\u00e9t\u00e9 traditionnelle et soci\u00e9t\u00e9 moderne, dans l\u2019impunit\u00e9 totale : il \u00e9chappe, et \u00e0 la sanction de la tradition, et \u00e0 celle de la modernit\u00e9 au sens pl\u00e9nier de l\u2019Etat de droit.<\/p>\n<p>A telle enseigne qu\u2019au Burkina Faso en particulier, la soci\u00e9t\u00e9 est quasiment hors de contr\u00f4le de l\u2019Etat. Et il ne compte que 20 millions d\u2019habitants, par rapport aux 40 millions \u00e0 venir \u00e0 l\u2019horizon 2050. Les savoirs-\u00eatre et faire sont dissoci\u00e9s. Les premiers n\u2019existent m\u00eame plus. Sur la seule base des seconds, les jeunes croient en savoir assez pour ne plus avoir besoin des anciens, quand ce ne sont pas ces derniers qui s\u2019auto-marginalisent au motif que \u201cnous, nous avons fait notre temps, \u00e0 vous (jeunes) de faire le v\u00f4tre\u201d. Comme si chaque g\u00e9n\u00e9ration devait inventer ses propres paradigmes, en rupture avec les pr\u00e9c\u00e9dents, jug\u00e9s \u00e0 chaque fois d\u00e9pass\u00e9s et contre-indiqu\u00e9s pour le futur ; et que les v\u00e9rit\u00e9s n\u2019\u00e9taient pas intemporelles. Au complexe l\u00e9gendaire d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 du Noir africain vis-\u00e0-vis de l\u2019Occidental, il tend ainsi \u00e0 s\u2019ajouter un complexe de l\u2019\u00e2ge. Mais si les personnes \u00e2g\u00e9es devaient se retrouver entre elles sinon isol\u00e9es du fait de l\u2019individualisme lui aussi import\u00e9 par l\u2019\u00e9lite, o\u00f9 la communication interg\u00e9n\u00e9rationnelle traditionnelle se prolongerait-elle, en sachant que les comp\u00e9tences scientifiques et techniques n\u2019\u00e9puisent pas les questions existentielles de l\u2019\u00eatre humain ? Et m\u00eame sur le plan des comp\u00e9tences techniques !<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019Afrique qui en compte le moins (beaucoup s\u2019expatrient) et c\u2019est elle qui, par mim\u00e9tisme, s\u2019offre le luxe de mettre \u00e0 la retraite \u00e0 55 ou 60-65 ans, ceux qui sont parvenus au sommet de leur art. Qu\u2019ils sortent des effectifs du statut g\u00e9n\u00e9ral, c\u2019est dans la r\u00e8gle de la bonne gestion ; mais l\u2019administration peut leur m\u00e9nager un statut particulier avec un r\u00f4le d\u2019encadrement sinon d\u2019actifs dans la formation et l\u2019enseignement, et le conseil. Pascal Bruckner dit que \u201cmettre les gens \u00e0 la retraite \u00e0 60 ans c\u2019est commettre un crime contre l\u2019esprit\u201d. Enfin, que vaut le savoir, s\u2019il est juste bon aux individus pour gagner leur pain quotidien, et insuffisant pour en faire des hommes et des femmes b\u00e2tisseurs de soci\u00e9t\u00e9s harmonieuses et riches dans toutes les dimensions ? L\u00e0 o\u00f9 tout est encore \u00e0 construire, le plus important n\u2019est pas le temps que chacun a consomm\u00e9 de vie, mais l\u2019ampleur de la t\u00e2che \u00e0 accomplir, sauf \u00e0 primer les individus sur l\u2019Etat. Nulle part ailleurs au monde, des peuples ne se trouvent dans un rapport analogue \u00e0 celui qui existe entre les Etats africains et les grandes puissances.<\/p>\n<p>Les premiers ne peuvent se dire ind\u00e9pendants, lorsque les leviers de leur d\u00e9veloppement sont tenus par les seconds. De celui qui obtient 10% d\u2019une ressource et celui qui dispose des 90%, lequel est le vrai propri\u00e9taire ? Que soixante ann\u00e9es apr\u00e8s avoir proclam\u00e9 leurs ind\u00e9pendances, avec les richesses naturelles dont le continent regorgeait et les intelligences qui ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9es, les Etats africains soient encore aussi sous-d\u00e9velopp\u00e9s, cela ne peut que laisser pantois. Tous les autres sont \u00e0 leur chevet. Joseph Ki Zerbo a dit \u00ab le d\u00e9veloppement sera endog\u00e8ne ou ne sera pas \u00bb (in Rep\u00e8res), et qu\u2019\u00ab en Afrique, il est en quelque sorte trop tard pour constituer des classes\u2026 \u00bb (in A quand l\u2019Afrique, op. cit.). Nous travestissons peut-\u00eatre sa pens\u00e9e en \u00e9tablissant entre ces deux assertions un lien qui les sort de leurs contextes respectifs, mais dans notre raisonnement une logique sous-tend les deux. Si, pour les besoins de la cause, nous disons plut\u00f4t \u00ab d\u00e9veloppement autocentr\u00e9 \u00bb (la cible), celui-ci est-il possible avec des forces (les moyens) centrifuges. Ces moyens sont encore plus importants que des milliers de milliards, surtout lorsque ceux-ci enrichissent plus personnellement que collectivement<\/p>\n<p><strong>Les bases objectives d\u2019un projet politique intra national et inter africain<\/strong><\/p>\n<p>Les premiers contacts entre Africains et Europ\u00e9ens se sont produits avec une brutalit\u00e9 inou\u00efe par l\u2019esclavage ; la colonisation a pris le relais en domestiquant celui-ci. La diff\u00e9rence, c\u2019est que les sujets n\u2019\u00e9taient pas appel\u00e9s esclaves parce que non d\u00e9port\u00e9s et plus consid\u00e9r\u00e9s comme des propri\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es. L\u2019exploitation \u00e9tait le fait d\u2019un Etat colonial. Bien que les conditions de la colonisation fussent moins rudes ailleurs, tel qu\u2019en Asie et en Afrique du Nord, des mouvements de luttes arm\u00e9es (ou non) y naquirent, et les ruptures avec les puissances coloniales \u00e9taient radicales. Les peuples reconqu\u00e9raient ainsi la ma\u00eetrise de leur destin.<\/p>\n<p><strong>L\u2019app\u00e2t et le pi\u00e8ge<\/strong><\/p>\n<p>La crainte d\u2019un \u00e9veil des consciences en Afrique subsaharienne qui aboutirait aux m\u00eames cons\u00e9quences h\u00e2tera par anticipation les ind\u00e9pendances, en d\u00e9pouillant toutefois celles-ci de tout contenu, \u00e0 travers, dans le cas de l\u2019Afrique francophone, les accords cyniquement et fallacieusement appel\u00e9s \u201cde coop\u00e9ration\u201d (comme \u00e9voqu\u00e9 plus haut), d\u2019ailleurs secrets, \u00e0 l\u2019insu des peuples ; parce qu\u2019ils \u00e9taient exclusivement \u00e0 l\u2019avantage de l\u2019ancienne puissance coloniale, et une v\u00e9ritable injure \u00e0 l\u2019intelligence humaine. Mais, soif fr\u00e9n\u00e9tique de succession au \u201cBlanc\u201d oblige. Sinon, o\u00f9 est la coop\u00e9ration, a fortiori l\u2019ind\u00e9pendance : Lorsque des Etats dits ind\u00e9pendants, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9s gratuitement en mati\u00e8res premi\u00e8res et en main-d\u2019\u0153uvre, se voient imposer le \u00ab remboursement \u00bb de pr\u00e9tendus \u00ab b\u00e9n\u00e9fices de la colonisation \u00bb, alors que les populations furent soumises aux travaux forc\u00e9s ou \u00ab corv\u00e9es \u00bb et \u00e0 \u00ab l\u2019imp\u00f4t de capitation \u00bb, dans des conditions consid\u00e9r\u00e9es comme des traitements inhumains et d\u00e9gradants, quand ce n\u2019\u00e9tait pas des crimes contre l\u2019humanit\u00e9 ? De telles ignominies sur fond d\u2019exploitation de l\u2019homme par l\u2019homme et des colons venus envahir et tirer profit par la violence et les humiliations, lesquels m\u00e9ritaient d\u2019\u00eatre d\u00e9dommag\u00e9s ? Lorsqu\u2019une d\u00e9colonisation suppos\u00e9e maintient : un syst\u00e8me mon\u00e9taire destin\u00e9 principalement \u00e0 garantir la fixit\u00e9 et le transfert sans limites des avoirs mon\u00e9taires des personnes morales et physiques des citoyens d\u2019une puissance, ainsi que l\u2019obligation d\u2019utiliser la monnaie coloniale ; la confiscation automatique des r\u00e9serves financi\u00e8res nationales ; l\u2019exclusivit\u00e9 de la propri\u00e9t\u00e9 des mati\u00e8res premi\u00e8res du sol et du sous-sol (sauf si celles-ci n\u2019int\u00e9ressent pas la puissance tut\u00e9laire), des exportations et importations, des acquisitions de mat\u00e9riels et \u00e9quipements militaires, de la formation des officiers militaires ; le renoncement \u00e0 toute autre alliance militaire sauf autorisation de la puissance colonisatrice, l\u2019obligation pour l\u2019ex-colonie de s\u2019allier en cas de guerre ou de crise mondiale ; la priorit\u00e9 aux int\u00e9r\u00eats et aux entreprises de ladite puissance dans les march\u00e9s et appels d\u2019offre publics ; l\u2019obligation de faire de la langue de la puissance coloniale la langue officielle avec \u00e0 la base un syst\u00e8me \u00e9ducatif plus laveur de cerveaux et acculturant qu\u2019\u00e9mancipateur ? O\u00f9 est-elle, avons-nous demand\u00e9, la coop\u00e9ration, a fortiori l\u2019ind\u00e9pendance ? Certes, certaines clauses n\u2019\u00e9taient plus compatibles avec la globalisation intervenue dans les ann\u00e9es 1990, notamment avec la cr\u00e9ation de l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995 ; et s\u2019agissant particuli\u00e8rement de la Haute-Volta devenue Burkina Faso en 1984, d\u00e8s 1960, Maurice Yam\u00e9ogo (son premier pr\u00e9sident) avait rejet\u00e9 les accords en mati\u00e8re de d\u00e9fense. Cependant, l\u2019essentiel demeure. En effet, de ce qui pr\u00e9c\u00e8de sur les conditions de la pr\u00e9tendue d\u00e9colonisation, deux remarques qui nous semblent majeures m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre faites, en mati\u00e8re mon\u00e9taire et de l\u2019usage de la langue<\/p>\n<p><strong>Une monnaie infantilisante<\/strong><\/p>\n<p>S\u2019agissant de la monnaie, la fixation sur la fixit\u00e9 d\u2019une monnaie, sous pr\u00e9texte de stabilit\u00e9 et donc de pr\u00e9visibilit\u00e9, n\u2019est-elle pas comparable \u00e0 un b\u00e9b\u00e9 qui se refuserait (ce qui ne s\u2019est jamais vu) \u00e0 imiter les adultes en tentant de se tenir debout, de peur de tomber ? Simple co\u00efncidence ou cons\u00e9quence, au rapport 2020 de la Banque Mondiale, aucun des quatorze pays utilisateurs du FCFA ne figure dans le top 10 des \u00e9conomies africaines ! Pas m\u00eame la C\u00f4te d\u2019Ivoire, avec ses 40% de la masse mon\u00e9taire de l\u2019Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire Ouest-Africaine et ses 70% de son PIB.<\/p>\n<p>Chacune des \u00e9conomies du top 10 jouit d\u2019une totale souverainet\u00e9 en mati\u00e8re mon\u00e9taire. Sachant que la meilleure garantie de stabilit\u00e9 d\u2019une monnaie c\u2019est le dynamisme de son \u00e9conomie avec une industrialisation cons\u00e9quente o\u00f9 les prix sont, au pire stables et jamais \u00e0 la baisse, pourquoi, depuis 61 ans, l\u2019industrialisation de l\u2019Afrique francophone est-elle si faible, malgr\u00e9 l\u2019abondance des mati\u00e8res premi\u00e8res ? Des pays asiatiques, au m\u00eame niveau de sous-d\u00e9veloppement que les pays les plus pauvres d\u2019Afrique en 1960, n\u2019ont mis qu\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es pour forcer l\u2019entr\u00e9e dans le cercle ferm\u00e9 des pays industriels. Y a-t-il meilleure garantie que la volont\u00e9 politique hardie d\u2019industrialiser un pays pour l\u2019accomplir ? Tous les arguments avanc\u00e9s (formation, co\u00fbts des facteurs, etc.) pour justifier cet immobilisme ne tiennent-ils pas \u00e0 la m\u00eame absence de volont\u00e9 politique ? Ou, consid\u00e8re-t-on, de fa\u00e7on d\u00e9finitive, que l\u2019Afrique ne r\u00e9pond pas aux conditions de l\u2019industrialisation ? La Cor\u00e9e du Sud et Ta\u00efwan doivent beaucoup aux Etats-Unis, pour des raisons g\u00e9ostrat\u00e9giques \u00e9videntes. Pourquoi la France n\u2019en a-t-elle pas fait autant en Afrique ? C\u2019est que \u00e7\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 comme de scier la branche sur laquelle elle \u00e9tait assise, en termes d\u2019immenses sources d\u2019approvisionnement en mati\u00e8res premi\u00e8res et de d\u00e9bouch\u00e9s d\u2019exportation de ses produits finis.<\/p>\n<p>Une langue assimilationniste<\/p>\n<p>La seconde remarque majeure est relative \u00e0 l\u2019obligation de faire de la langue fran\u00e7aise la langue officielle de l\u2019ex-colonie. Elle proc\u00e8de de la volont\u00e9 d\u2019assimilation des peuples pour le rayonnement culturel de la France. Le ministre fran\u00e7ais Jean-Pierre Lemoyne a d\u00e9clar\u00e9 que \u201cle c\u0153ur de la francophonie b\u00e2t en Afrique\u201d.<\/p>\n<p>La langue est le premier signe de culture et de maturit\u00e9 d\u2019un peuple, et le dernier rempart dont il dispose contre son assimilation par un autre. L\u2019argument selon lequel il y a des dizaines sinon des centaines de langues nationales ne vise rien d\u2019autre que \u201ctuer\u201d celles-ci au profit du fran\u00e7ais. Celui-ci n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9 juste comme un moyen d\u2019acquisition des connaissances, de communication inter-ethnique, et dans le monde francophone, il est aussi un moyen d\u2019identification, de s\u00e9lection et de valorisation en soci\u00e9t\u00e9. Faire du fran\u00e7ais un passage oblig\u00e9 pour gagner sa vie, comme si les dix doigts avaient besoin de cette langue pour \u0153uvrer, voici une des plus graves atteintes aux droits et \u00e0 la dignit\u00e9 de l\u2019homme, puisque le droit au travail en est. Les Africains n\u2019ont pas eu besoin d\u2019\u00eatre colonis\u00e9s pour se nourrir. Si bien que seule la force des armes a pu les r\u00e9duire en esclavage.<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Quel que soit le parti politique qui parviendra aux commandes d\u2019un Etat en Afrique subsaharienne, il sera confront\u00e9 aux m\u00eames contraintes ext\u00e9rieures. Aussi, le bon sens sugg\u00e8re-t-il que tous s\u2019unissent, dans un patriotisme solidaire (celui qui ne trahit ni la cause, ni les autres), pour se rendre ma\u00eetres de leur destin. Les armes sont inappropri\u00e9es lorsque la domination est subtile. Aussi, la pire de toutes les faiblesses est la faiblesse mentale. M\u00eames les palmes acad\u00e9miques ne peuvent rien contre elle. Que p\u00e8se le peuple vietnamien \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Afrique noire ? Pourtant, ce petit peuple a vaincu tour \u00e0 tour la France et la premi\u00e8re puissance militaire du monde \u00e0 l\u2019\u00e9poque, les Etats-Unis. C\u2019est pourquoi il est pour le moins \u00e9tonnant que des instruits aient pu, \u00e0 la crois\u00e9e des chemins pour l\u2019ind\u00e9pendance (il n\u2019\u00e9tait plus question de lutte arm\u00e9e), choisir le compagnonnage de ceux qui avaient trait\u00e9 leurs parents pendant la colonisation et leurs anc\u00eatres pendant la traite n\u00e9gri\u00e8re, comme on ne traite pas des b\u00eates de somme.<\/p>\n<p>La condition sine qua non de l\u2019ind\u00e9pendance de tout Etat est la prise de conscience g\u00e9n\u00e9rale en son sein, que \u00ab la servitude volontaire par la collaboration active ou r\u00e9sign\u00e9e d\u2019une partie notable du peuple \u00bb (selon la d\u00e9finition qu\u2019en donne Etienne de la Bo\u00e9tie), ne saurait fonder son d\u00e9veloppement durable. Aucun peuple ne s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 dans et\/ou avec la culture d\u2019un autre. C\u2019est pourquoi, ne comprenons-nous pas l\u2019ent\u00eatement des Africains au Sud du Sahara \u00e0 se vouloir l\u2019exception qui accomplira cette prouesse, funeste pour leur culture. Tel est la base unificatrice et r\u00e9siliente des Africains, au sein des Etats comme entre les Etats, pour une v\u00e9ritable \u00e9mancipation du continent ; au lieu de la reproduction, fut-ce \u00e0 la perfection, de ce que l\u2019Occident est et a. Lorsque vous ne seriez plus que ce que d\u2019autres ont voulu faire de vous, lorsque vous n\u2019auriez plus que ce que vous auriez re\u00e7u d\u2019eux, de quels motifs de fiert\u00e9 pourriez-vous vous enorgueillir, en tant que cr\u00e9atures culturelles d\u2019autres cr\u00e9atures humaines ? Imitation pour imitation, autant le faire de ce qui correspond \u00e0 leur \u00e9tat, c\u2019est-\u00e0-dire le multiculturalisme (suisse), et non l\u2019unitarisme (jacobin) destructeur de leur diversit\u00e9 culturelle, pour la gloire imp\u00e9riale d\u2019une puissance redevable de son rayonnement pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ses bienveillantes possessions, qui ne sont pas pay\u00e9es de retour. Alors, le seul clivage en politique qui aurait un sens en Afrique subsaharienne, c\u2019est celui qui opposerait partisans d\u2019une v\u00e9ritable ind\u00e9pendance et ceux de l\u2019assimilation des africains noirs, avec au centre les \u00e9quilibristes. Ce clivage a d\u00e9j\u00e0 eu lieu avant les ind\u00e9pendances, et il reste d\u2019actualit\u00e9. Car les clivages id\u00e9ologiques occidentaux, qui sont aussi artificiels que les fronti\u00e8res lorsqu\u2019ils sont rapport\u00e9s \u00e0 l\u2019Afrique, ne peuvent que former de potentiels chevaux de Troie pour y maintenir la domination politique, \u00e9conomique et culturelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Paul Bassol\u00e9 <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Economiste de l\u2019entrepris<\/strong>e<\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/08\/30\/et-si-le-combat-politique-en-afrique-se-trompait-de-cible\/\">Et si le combat politique en Afrique  se trompait de cible ?<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: BM. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/08\/30\/et-si-le-combat-politique-en-afrique-se-trompait-de-cible\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La fi\u00e8vre politique de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de fin 2020 au Burkina Faso est retomb\u00e9e et chaque camp a fait ses comptes. L\u2019euphorie des uns a tourn\u00e9 au d\u00e9senchantement ; la formalit\u00e9 pour les autres a d\u00e9pass\u00e9 leurs espoirs et l\u2019apprentissage pour d\u2019autres encore leur fait nourrir des ambitions qu\u2019il faudra que leurs ressources soient cons\u00e9quentes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-125600","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/125600","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=125600"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/125600\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=125600"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=125600"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=125600"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}