{"id":12857,"date":"2019-02-10T09:00:00","date_gmt":"2019-02-10T14:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/32-eme-sommet-de-lunion-africaine-le-rapport-du-president-de-la-commission-de-lua-salah-faki-mahamat\/"},"modified":"2019-02-10T09:00:00","modified_gmt":"2019-02-10T14:00:00","slug":"32-eme-sommet-de-lunion-africaine-le-rapport-du-president-de-la-commission-de-lua-salah-faki-mahamat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/32-eme-sommet-de-lunion-africaine-le-rapport-du-president-de-la-commission-de-lua-salah-faki-mahamat\/","title":{"rendered":"32 \u00e8me Sommet de l&rsquo;Union africaine : Le rapport du president de la Commission de l&rsquo;UA, Salah Faki Mahamat"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Addis-Abeba &#8211; De l&rsquo;envoy\u00e9 sp\u00e9cial de Leaders, Taoufik Habaieb.<\/em> \u00a0\u00bbDe nombreux probl\u00e8mes persistent, reconna\u00eet le pr\u00e9sident de la Commission de l&rsquo;Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamet. Dans son rapport pr\u00e9sent\u00e9 aux chefs d&rsquo;Etat et de gouvernement des Etats membres r\u00e9unis lors du 32\u00e8me Sommet, dimanche \u00e0 Addis Abeba, il souligne que les conflits et la violence demeurent une r\u00e9alit\u00e9 qui affecte la vie de larges couches de la population africaine. Les processus de d\u00e9mocratisation et la promotion de la bonne gouvernance sont encore sem\u00e9s d\u2019emb\u00fbches. La pauvret\u00e9 et la mis\u00e8re sont le lot quotidien de centaines de millions de personnes, m\u00eame si le continent est dot\u00e9 de richesses et de talents. La voix de l\u2019Afrique sur la sc\u00e8ne internationale n\u2019est pas encore suffisamment prise en compte, m\u00eame si le continent repr\u00e9sente plus du quart des membres de l\u2019ONU. Comme je l\u2019ai observ\u00e9 au sommet de Nouakchott en juillet dernier, notre Union se trouve maintenant \u00e0 un moment critique o\u00f9 nous devons am\u00e9liorer la mise en oeuvre rapide, efficace et en opportun de toutes les d\u00e9cisions prises jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent sur les divers probl\u00e8mes et d\u00e9fis.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p><strong>Extraits d&rsquo;un rapport instructif.<\/strong><\/p>\n<h2>B. Renforcement du panafricanisme<\/h2>\n<h3>i) Centenaire du premier congr\u00e8s panafricain et en l\u2019honneur de L\u2019Empereur Haile S\u00e9lassi\u00e9<\/h3>\n<p>L\u2019ann\u00e9e 2019 marquera le centenaire du premier Congr\u00e8s panafricain organis\u00e9 \u00e0 Paris du 19 au 21 f\u00e9vrier 1919 par des personnes d\u2019ascendance africaine. Le Sommet de f\u00e9vrier 2019 sera marqu\u00e9 par l\u2019inauguration d\u2019une Statue en l\u2019honneur de l\u2019Empereur Hail\u00e9 S\u00e9lassi\u00e9 d\u2019\u00c9thiopie. L\u2019empereur Hail\u00e9 S\u00e9lassi\u00e9 a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des p\u00e8res fondateurs de l\u2019OUA. Par son sens politique et son pragmatisme, il a combl\u00e9 le foss\u00e9 qui existait \u00e0 l\u2019\u00e9poque entre les deux points de vue divergents &#8211; les blocs de Casablanca et de Monrovia &#8211; et a contribu\u00e9 \u00e0 r\u00e9unir les dirigeants africains \u00e0 Addis-Abeba en 1963 pour r\u00e9aliser l\u2019objectif de tous les panafricanistes \u2013 la cr\u00e9ation de l\u2019Organisation de l\u2019Unit\u00e9 africaine en mai 1963.<\/p>\n<p><span class=\"c3\">ii) Comm\u00e9moration du Centenaire de Mandela<\/span><\/p>\n<h3>iii) Encyclopaedia Africana<\/h3>\n<p>Depuis 2016, la Commission a pris des mesures pour revitaliser le projet Encyclopaedia Africana, en organisant, \u00e0 cette fin, des r\u00e9unions techniques consultatives en partenariat avec son Secr\u00e9tariat \u00e0 Accra. La Commission a \u00e9galement \u00e9labor\u00e9 un cadre technique pour la publication de la 4e \u00e9dition de l\u2019Encyclopaedia Africana, qui inclura les contributions et les influences africaines sur le monde ext\u00e9rieur, notamment en m\u00e9decine, en architecture et en \u00e9ducation. La compilation et l\u2019\u00e9dition de la 4e \u00e9dition a n\u00e9cessit\u00e9 la reconstitution du Comit\u00e9 scientifique du projet, qui a re\u00e7u le soutien du Centre d\u2019\u00e9tudes linguistiques et historiques de l\u2019UA (CELHTO) bas\u00e9 \u00e0 Niamey (Niger), et de l\u2019\u00e9quipe Histoire g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Afrique de l\u2019UNESCO. La Commission s\u2019est \u00e9galement engag\u00e9e \u00e0 r\u00e9tablir la sensibilisation et la visibilit\u00e9 du projet Encyclopaedia Africana aupr\u00e8s des \u00c9tats membres. Le lancement de la 4e \u00e9dition est pr\u00e9vu en 2023.<\/p>\n<h3>iv) L\u2019industrie cin\u00e9matographique africaine en tant qu\u2019agent de l\u2019int\u00e9gration culturelle et de la Charte de la Renaissance africaine<\/h3>\n<p><strong>32.<\/strong>\u00a02019 marquera le jubil\u00e9 d\u2019or de la fondation du festival qui deviendra plus tard le Festival panafricain du cin\u00e9ma de Ouagadougou (FESPACO), le plus important \u00e9v\u00e9nement cin\u00e9matographique et culturel du continent africain. Le FESPACO a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 en 1969 en tant qu\u2019initiative priv\u00e9e mais est devenue plus tard un \u00e9v\u00e9nement biennal financ\u00e9 par l\u2019\u00c9tat.\u00a0<\/p>\n<h2>C. Mise en \u0153uvre globale de l\u2019agenda 2063<\/h2>\n<h2>D. R\u00e9forme de l\u2019Union<\/h2>\n<p>Promouvoir le programme de r\u00e9formes reste l\u2019une des priorit\u00e9s essentielles de notre Union. Je suis heureux d\u2019annoncer que des progr\u00e8s significatifs ont \u00e9t\u00e9 accomplis depuis le Sommet de Nouakchott, qui a adopt\u00e9 une am\u00e9lioration du processus budg\u00e9taire. Le budget de l\u2019Union pour 2019 a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit de 12 % par rapport au budget de 2018, gr\u00e2ce \u00e0 un processus plus rigoureux de pr\u00e9paration et de contr\u00f4le budg\u00e9taire.<\/p>\n<h2>E. Agenda d\u2019int\u00e9gration et de d\u00e9veloppement<\/h2>\n<h3>i) Performance \u00e9conomique de l\u2019Afrique en 2018 et perspectives pour 2019<\/h3>\n<p>La croissance de l\u2019Afrique doit conna\u00eetre une acc\u00e9l\u00e9ration en 2019, suite \u00e0 une faible performance en 2018. La croissance de l\u2019Afrique a augment\u00e9 de 3,2 % en 2018, ce qui est en l\u00e9g\u00e8re baisse par rapport \u00e0 3,4 % en 2017. Certaines des plus grandes \u00e9conomies du continent connaissent une reprise, gr\u00e2ce \u00e0 la hausse de la consommation priv\u00e9e, mais la croissance reste, toutefois, faible. Les pays ne disposant pas de richesses naturelles ont connu une croissance forte, gr\u00e2ce notamment \u00e0 de lourds investissements publics dans les infrastructures.<\/p>\n<p>Toutefois, le taux de croissance actuel de l\u2019Afrique ne lui permet pas de r\u00e9aliser ni les objectifs de l\u2019Agenda 2063, de l\u2019Agenda 2030 ni les Objectifs de d\u00e9veloppement durable (ODD). Il s\u2019av\u00e8re donc n\u00e9cessaire de stimuler la croissance gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019accroissement des investissements, qui repr\u00e9sentent actuellement 25 % du produit int\u00e9rieur brut (PIB), un chiffre nettement inf\u00e9rieur \u00e0 celui des \u00e9conomies d\u2019Asie de l\u2019Est et du Pacifique. En cons\u00e9quence, il est n\u00e9cessaire donc pour l\u2019Afrique d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la croissance \u00e0 deux chiffres entre 2019 et 2030, en rehaussant le niveau d\u2019investissement, et en am\u00e9liorant, de mani\u00e8re substantielle, la productivit\u00e9. La croissance de la productivit\u00e9 reste faible par rapport au reste du monde et aux niveaux n\u00e9cessaires pour que les \u00e9conomies africaines puissent acc\u00e9l\u00e9rer la diversification \u00e9conomique et am\u00e9liorer leur comp\u00e9titivit\u00e9 sur le march\u00e9 mondial. Les \u00c9tats membres doivent \u00e9galement mener des r\u00e9formes susceptibles de contribuer au renforcement de la r\u00e9silience, d\u2019accro\u00eetre la croissance potentielle et l\u2019inclusivit\u00e9, et de s\u2019acheminer vers la r\u00e9alisation des objectifs de l\u2019Agenda 2063.<\/p>\n<p>La croissance du PIB r\u00e9el de l\u2019Afrique doit augmenter de mani\u00e8re marginale, passant de 3,2 % en 2018 \u00e0 3,4 % en 2019. Ces pr\u00e9visions seront principalement motiv\u00e9es par l\u2019accroissement continu de la consommation priv\u00e9e, l\u2019augmentation des investissements publics viables, la hausse des prix des produits de base, l\u2019exploration en cours et la production de p\u00e9trole et les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques favorables attendues. Toutefois, nombre d\u2019\u00e9conomies africaines doivent faire face \u00e0 des risques de baisse de la croissance, en raison d\u2019une multitude de facteurs.<\/p>\n<p>68. \u00c9tant donn\u00e9 que la plupart des pays africains qui importent des produits manufactur\u00e9s et des produits agricoles de l\u2019ext\u00e9rieur du continent, et que les machines et les \u00e9quipements de transport occupent une plus grande partie du commerce intra-africain, il est n\u00e9cessaire de poursuivre la diversification et la transformation structurelle afin de mieux soutenir l\u2019industrialisation de l\u2019Afrique.<\/p>\n<h3>ii) Zone de libre-\u00e9change continentale africaine<\/h3>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 des \u00e9volutions positives concernant les perspectives de la cr\u00e9ation de la ZLECAf par l\u2019Union africaine, depuis la signature de l\u2019accord de la ZLECAf, \u00e0 Kigali, en mars 2018. Je suis heureux d\u2019annoncer qu\u2019\u2019\u00e0 ce jour, quarante-neuf (49) \u00c9tats membres ont sign\u00e9 cet Accord. Seize (16) \u00c9tats membres ont ratifi\u00e9 l\u2019Accord, alors que seulement neuf (9) pays, notamment le Tchad, la C\u00f4te d\u2019Ivoire, ESwatini, le Ghana, la Guin\u00e9e, le Kenya, le Niger, le Rwanda et l\u2019Ouganda ont formellement d\u00e9pos\u00e9 leurs instruments de ratification. J\u2019exhorte les six autres pays qui n\u2019ont pas encore sign\u00e9 l\u2019Accord de la ZLECAf, \u00e0 savoir le B\u00e9nin, le Botswana, l\u2019\u00c9rythr\u00e9e, la Guin\u00e9e-Bissau, le Nig\u00e9ria et la Zambie, \u00e0 le faire dans les meilleurs d\u00e9lais, afin d\u2019assurer la mise en oeuvre de ce projet phare. J\u2019exhorte \u00e9galement tous les \u00c9tats membres qui n\u2019ont pas encore ratifi\u00e9 cet instrument mais qui sont sur le point de le ratifier \u00e0 le faire le plus t\u00f4t possible.\u00a0<\/p>\n<p>L\u2019Union peut d\u00e9j\u00e0 commencer \u00e0 profiter pleinement des avantages de la ZLECAf, comme en t\u00e9moigne le vif int\u00e9r\u00eat qu\u2019a manifest\u00e9 le secteur priv\u00e9 africain, notamment concernant l\u2019organisation de la premi\u00e8re foire commerciale intra-africaine, au Caire, en d\u00e9cembre 2018, qui a montr\u00e9 l\u2019\u00e9norme potentiel sur le continent, pour que nous puissions b\u00e2tir une prosp\u00e9rit\u00e9 commune. Cet \u00e9v\u00e9nement a connu beaucoup de succ\u00e8s, avec la participation de plus de 1 000 exposants venus de 44 \u00c9tats membres, lesquels ont conclu des accords d\u00e9passant 30 milliards de dollars am\u00e9ricains. Je f\u00e9licite l\u2019\u00c9gypte pour toutes les dispositions qui ont \u00e9t\u00e9 prises pour assurer le succ\u00e8s de cet \u00e9v\u00e9nement. Je f\u00e9licite le Rwanda pour avoir remport\u00e9 l\u2019organisation concurrentielle de la prochaine foire commerciale intra-africaine.<\/p>\n<h3>iii) March\u00e9 unique du transport a\u00e9rien en Afrique<\/h3>\n<p>Des progr\u00e8s continuent d\u2019\u00eatre accomplis, dans le cadre de la mise en oeuvre de la feuille de route des activit\u00e9s du Groupe de travail minist\u00e9riel charg\u00e9 de la cr\u00e9ation du march\u00e9 unique du transport a\u00e9rien en Afrique (MUTAA).. Elle contient en effet : i) le plaidoyer pour davantage de nombre d\u2019\u00c9tats afin d\u2019adh\u00e9rer au MUTAA; ii) la mise en oeuvre de mesures imm\u00e9diates par les parties du MUTAA pour honorer leur engagement solennel; iii) la finalisation et l\u2019adoption des textes r\u00e9glementaires de la d\u00e9cision de Yamoussoukro; iv) la mobilisation des ressources en faveur de l\u2019Agence d\u2019ex\u00e9cution (la Commission africaine de l\u2019aviation civile (CAFAC); v) l\u2019\u00e9laboration d\u2019un m\u00e9morandum de coop\u00e9ration entre les CER et la CAFAC, portant sur le fonctionnement du MUTAA; vi) la mobilisation de l\u2019assistance technique en faveur des \u00c9tats membres pour la mise en oeuvre des objectifs fix\u00e9s \u00e0 Abuja en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9; et vii) l\u2019\u00e9laboration des directives de politique ext\u00e9rieure comprenant des clauses contraignantes sur la n\u00e9gociation d\u2019accords relatifs aux services a\u00e9riens avec des pays et r\u00e9gions non africains.<\/p>\n<h3>iv) Libre circulation des personnes et le Passeport africain<\/h3>\n<p>Des efforts continuent d\u2019\u00eatre d\u00e9ploy\u00e9s dans le cadre de la libre circulation des citoyens africains \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du continent. \u00c0 ce jour, trente-deux (32) les \u00c9tats membres ont sign\u00e9 le Protocole au trait\u00e9 instituant la Communaut\u00e9 \u00e9conomique africaine relatif \u00e0 la libre circulation des personnes, au droit de s\u00e9jour et au droit d\u2019\u00e9tablissement. Malheureusement, le Rwanda est, \u00e0 ce jour, le seul pays \u00e0 avoir ratifi\u00e9 ce Protocole. Dans le cadre de la campagne de ratification, la Commission a initi\u00e9 des consultations avec deux des CER ayant fait des progr\u00e8s substantiels dans ce domaine, en l\u2019occurrence la communaut\u00e9 de l\u2019Afrique de l\u2019Est (CAE) et la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO), en les encourageant \u00e0 sensibiliser leurs membres \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de ratifier et de mettre en oeuvre ledit Protocole. Au m\u00eame moment, des efforts continueront d\u2019\u00eatre consentis afin de sensibiliser les autres CER. Il est important de noter que les ratifications par les vingt-et-un (21) membres de la CAE et de la CEDEAO permettront d\u2019assurer l\u2019entr\u00e9e en vigueur du Protocole, qui ne requiert, en effet, que quinze (15) ratifications.<\/p>\n<p>Des progr\u00e8s similaires ont \u00e9t\u00e9 accomplis concernant le passeport africain. Les responsables des services d\u2019immigration des \u00c9tats membres ont finalis\u00e9 les directives sur la conception, la production et la d\u00e9livrance du passeport africain au cours d\u2019une r\u00e9union qui s\u2019est tenue \u00e0 Nairobi (Kenya), en mars 2018. Ces directives ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es par la r\u00e9union du Comit\u00e9 technique sp\u00e9cialis\u00e9 sur les migrations, les r\u00e9fugi\u00e9s, les rapatri\u00e9s et les personnes d\u00e9plac\u00e9es internes, qui a eu lieu \u00e0 Malabo (Guin\u00e9e Equatoriale) en octobre\/novembre2018. Ces directives seront soumises \u00e0 l\u2019examen des organes politiques, \u00e0 l\u2019occasion du prochain Sommet. Une fois adopt\u00e9es, ces directives devront pr\u00e9parer la voie \u00e0 la d\u00e9livrance du passeport africain par les \u00c9tats membres.<\/p>\n<h3>v) \u00c9conomie num\u00e9rique<\/h3>\n<p>Si certains \u00c9tats membres ont enregistr\u00e9 des progr\u00e8s dans le d\u00e9veloppement de syst\u00e8mes d\u2019identification num\u00e9rique (IN) comme base de l\u2019identit\u00e9 l\u00e9gale et pour la participation \u00e0 l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique, la grande majorit\u00e9 ne l\u2019a pas fait. En cons\u00e9quence, l\u2019Afrique, dans son ensemble, est toujours \u00e0 la tra\u00eene par rapport au reste du monde pour ce qui est de tirer parti des avantages de l\u2019identification num\u00e9rique. \u00c0 cet \u00e9gard, et notant avec pr\u00e9occupation que moins de 20 % des Africains sont connect\u00e9s, que la majorit\u00e9 de ceux qui ne le sont pas se trouvent dans les zones rurales, notamment les femmes et les personnes d\u00e9munies, et que le co\u00fbt moyen des lignes fixes et de l\u2019Internet mobile d\u00e9passe 50 % du revenu moyen par habitant, la Conf\u00e9rence de l\u2019Union, \u00e0 sa session ordinaire de janvier 2018, a adopt\u00e9 la D\u00e9claration Assembly\/AU\/Decl.3 (XXX) sur la gouvernance de l\u2019Internet et le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique en Afrique afin de garantir la mise en place d\u2019environnements juridiques et r\u00e9glementaires qui permettront la croissance de l\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique en Afrique gr\u00e2ce \u00e0 des applications et services innovants, pla\u00e7ant l\u2019Internet au coeur du programme de d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique est pr\u00eate \u00e0 amorcer une transformation num\u00e9rique qui pourrait changer la trajectoire du continent et fournir des emplois indispensables aux millions de jeunes qui entrent sur le march\u00e9 du travail chaque ann\u00e9e. L\u2019\u00e9conomie num\u00e9rique conna\u00eet une forte croissance, une innovation rapide et une application \u00e9tendue \u00e0 d\u2019autres secteurs \u00e9conomiques. Elle devient de plus en plus un moteur important de la croissance \u00e9conomique mondiale et joue un r\u00f4le important dans l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration du d\u00e9veloppement \u00e9conomique, l\u2019am\u00e9lioration de la productivit\u00e9, la cr\u00e9ation de nouveaux march\u00e9s et industries et la r\u00e9alisation d\u2019une croissance inclusive et durable. Pour soutenir cette tendance, et pour donner suite aux d\u00e9clarations et d\u00e9cisions susmentionn\u00e9es, j\u2019ai l\u2019intention de prendre un certain nombre de mesures pour faire en sorte que la Commission joue pleinement le r\u00f4le qu\u2019on attend d\u2019elle, notamment en appuyant le dialogue et en sensibilisant les \u00c9tats membres afin de faciliter la mise en oeuvre des engagements pris par les organes directeurs en mati\u00e8re de cybers\u00e9curit\u00e9 et de d\u00e9veloppement num\u00e9rique.<\/p>\n<h3>vi) S\u00e9curit\u00e9 des aliments et accueil de la premi\u00e8re Conf\u00e9rence internationale UA\/FAO\/OMS sur la s\u00e9curit\u00e9 des aliments<\/h3>\n<p>L\u2019Afrique est confront\u00e9e \u00e0 nombre de d\u00e9fis dans les domaines de la s\u00e9curit\u00e9 sanitaire des aliments et soulign\u00e9 le travail entrepris par la Commission pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 des aliments en Afrique au profit des consommateurs africains. Il convient de rappeler que les aliments dangereux sont r\u00e9pandus dans la majorit\u00e9 des pays du monde et causent de nombreuses maladies et d\u00e9c\u00e8s chaque ann\u00e9e. Cependant, le continent africain est affect\u00e9 de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e par les d\u00e9fis en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 sanitaire des aliments. Le nombre de maladies et de d\u00e9c\u00e8s d\u2019origine alimentaire est l\u2019un des plus \u00e9lev\u00e9s au monde. Selon l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS), 91 millions de personnes en Afrique tombent malades chaque ann\u00e9e en raison de maladies d\u2019origine alimentaire et 137 000 d\u00e9c\u00e8dent de la m\u00eame cause, ce qui repr\u00e9sente un tiers du nombre total de d\u00e9c\u00e8s dus aux maladies d\u2019origine alimentaire.<\/p>\n<p>En outre, l\u2019UA accueillera une Conf\u00e9rence internationale sur la s\u00e9curit\u00e9 des aliments \u00e0 Addis-Abeba, les 12 et 13 f\u00e9vrier 2019, en collaboration avec l\u2019Organisation des Nations Unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (FAO) et l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS). C<\/p>\n<h3>vii) \u00c9radication de la mouche ts\u00e9-ts\u00e9 en Afrique<\/h3>\n<p>Suite \u00e0 la formation dispens\u00e9e par la Campagne de l\u2019UA pour l\u2019\u00e9radication de la ts\u00e9-ts\u00e9 et de trypanosomiase (PATTEC), le Burkina Faso, l\u2019\u00c9thiopie, le Ghana, le Kenya, le Mali, le Nigeria, l\u2019Ouganda, le S\u00e9n\u00e9gal, la Zambie et le Zimbabwe ont d\u00e9velopp\u00e9 des capacit\u00e9s techniques ad\u00e9quates pour renforcer les progr\u00e8s enregistr\u00e9s dans les zones o\u00f9 la charge de la trypanosomiase a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite et lancer des projets dans de nouvelles zones. En outre, la Tanzanie (mars 2018), le Mozambique (avril 2018), ainsi que la CEDEAO (mai 2018), la r\u00e9gion de l\u2019Afrique de l\u2019Est (ao\u00fbt 2018) et les \u00c9tats membres de la SADC (d\u00e9cembre 2018) ont re\u00e7u une formation sur l\u2019application du syst\u00e8me d\u2019information g\u00e9ographique libre, une technologie moderne qui facilite l\u2019identification, la planification, l\u2019ex\u00e9cution et le suivi des programmes de lutte contre la trypanosomiase et la ts\u00e9-ts\u00e9.<\/p>\n<h3>viii) Initiative du bassin du Lac Tchad<\/h3>\n<p>Le Lac Tchad \u00e9tait autrefois le 6e plus grand lac du monde et une source majeure de subsistance pour des millions de personnes vivant dans tout son bassin. Cependant, depuis peu, le niveau d\u2019eau du Lac Tchad a baiss\u00e9 de 90 % par rapport aux ann\u00e9es 1960 et sa superficie s\u2019est consid\u00e9rablement r\u00e9duite. Ces d\u00e9veloppements sont principalement dus \u00e0 un changement climatique et \u00e0 des facteurs anthropiques qui ont conduit \u00e0 la r\u00e9duction de l\u2019afflux des principales rivi\u00e8res qui alimentent le lac. Le d\u00e9clin marqu\u00e9 s\u2019est produit entre 1973 et 1984. L\u2019analyse spatiale a d\u00e9montr\u00e9 que, depuis 1973, 14 695 km2 d\u2019eau de surface ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duits \u00e0 1 641 km2 en 1984. La baisse a atteint 1 389 km2 en 2001 et s\u2019est l\u00e9g\u00e8rement redress\u00e9e en 2018 pour atteindre 1 691 km2.<\/p>\n<p>\u00c0 cet \u00e9gard, je propose que la reconstitution du Lac Tchad figure parmi les projets phares de l\u2019Agenda 2063, pour lui donner la visibilit\u00e9 n\u00e9cessaire et faciliter la mobilisation des ressources n\u00e9cessaires \u00e0 sa mise en oeuvre. Je demande aux gouvernements des pays de la r\u00e9gion du Lac Tchad, aux autres pays africains et \u00e0 la communaut\u00e9 internationale dans son ensemble de prendre des mesures d\u00e9cisives pour sauver le Lac Tchad, parall\u00e8lement aux autres initiatives en cours pour relever les d\u00e9fis en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9, d\u2019aide humanitaire et de d\u00e9veloppement dans la r\u00e9gion. Il est imp\u00e9ratif de mener une action globale et coordonn\u00e9e pour aider \u00e0 r\u00e9tablir les moyens de subsistance de millions de personnes dans cette r\u00e9gion, favoriser l\u2019int\u00e9gration et le d\u00e9veloppement r\u00e9gionaux et offrir une solution durable \u00e0 la crise du Bassin du Lac Tchad dans son ensemble.<\/p>\n<h3>ix) Flux financiers illicites<\/h3>\n<p>Pour am\u00e9liorer la mobilisation des ressources int\u00e9rieures, les dirigeants africains \u00e9taient convenus de s\u2019attaquer d\u2019urgence au probl\u00e8me crucial des flux financiers illicites en provenance d\u2019Afrique. Les flux financiers illicites p\u00e8sent en effet sur les ressources africaines, y compris les recettes fiscales, et entravent les \u00e9conomies n\u00e9cessaires pour r\u00e9pondre aux besoins de d\u00e9veloppement. Ils sont le fruit de l\u2019\u00e9vasion fiscale et du blanchiment de transactions commerciales, d\u2019activit\u00e9s criminelles, du vol de ressources publiques, de la corruption et d\u2019autres formes de corruption.<\/p>\n<p>Les flux financiers illicites en provenance du continent africain sont un probl\u00e8me africain avec une solution mondiale. Cette question ne peut \u00eatre v\u00e9ritablement abord\u00e9e que si les \u00c9tats membres r\u00e9agissent de mani\u00e8re plus coordonn\u00e9e. Je compte sur l\u2019engagement constant des organes d\u00e9lib\u00e9rants et sur la coop\u00e9ration accrue de la communaut\u00e9 internationale dans son ensemble.<\/p>\n<h2>F. Programme de la gouvernance, de la d\u00e9mocratie et de la paix<\/h2>\n<h3>i) Rationaliser les organes judiciaires de l\u2019Union<\/h3>\n<h3>ii) Enraciner les valeurs d\u00e9mocratiques et les \u00e9lections en Afrique<\/h3>\n<h3>iii) S\u2019appuyer sur les anciens chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement africains<\/h3>\n<p>Les anciens chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement africains constituent une ressource importante facilement accessible pour aider \u00e0 la r\u00e9alisation de l\u2019Agenda 2063. Compte tenu de l\u2019\u00e9norme richesse de leur exp\u00e9rience, de leur expertise et de leur pedigree mondial, je suis convaincu que leur sagesse individuelle et collective devrait \u00eatre mise plus syst\u00e9matiquement au service de l\u2019Union, \u00e0 l\u2019appui de son programme de transformation. Je suis \u00e9galement conscient que la majorit\u00e9 des anciens chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement sont dispos\u00e9s \u00e0 contribuer aux efforts en cours et les compl\u00e9ter aux niveaux r\u00e9gional et continental. Il est \u00e9galement encourageant de constater qu\u2019ils se sont \u00e9galement organis\u00e9s dans le cadre du Forum africain des chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement de 2008, dont le si\u00e8ge est \u00e0 Pretoria en Afrique du Sud.<\/p>\n<h3>iv) Faire taire les armes<\/h3>\n<p>Bien qu\u2019il y ait eu des d\u00e9veloppements significatifs dans la mise en oeuvre du projet phare sur la r\u00e9duction au silence des armes d\u2019ici 2020, il y a encore beaucoup \u00e0 faire. En effet, des conflits et des crises arm\u00e9s persistent dans certaines parties du continent, certains processus de paix sont bloqu\u00e9s ou en veilleuse depuis des d\u00e9cennies, et de nouvelles menaces apparaissent dans diff\u00e9rentes parties de l\u2019Afrique. Pendant ce temps, des pays dont on a imm\u00e9diatement constat\u00e9 &#8211; avec beaucoup d\u2019espoir &#8211; qu\u2019ils \u00e9taient sortis d\u2019un conflit ont rechut\u00e9 dans l\u2019ab\u00eeme de la violence. Dans l\u2019ensemble, l\u2019\u00e9volution de la situation dans le domaine de la paix et de la s\u00e9curit\u00e9 sur le continent demeure d\u00e9courageante, comme en t\u00e9moignent les rapports semestriels du Conseil de paix et de s\u00e9curit\u00e9 (CPS) pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 la Conf\u00e9rence de l\u2019UA sur ses activit\u00e9s et la Situation en Afrique en mati\u00e8re de paix et de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<h2>v) Gagner la lutte contre la corruption: une voie durable vers la transformation de l\u2019Afrique<\/h2>\n<p>Le d\u00e9fi de la corruption et des flux financiers illicites dans le cadre du programme de transformation de l\u2019Union est monumental. Sans l\u2019\u00e9limination de la corruption et des flux financiers illicites, l\u2019ex\u00e9cution du premier Plan d\u00e9cennal de mise en oeuvre de l\u2019Agenda 2063 ne sera pas r\u00e9alis\u00e9e. C\u2019est cette r\u00e9alit\u00e9 qui a contraint les dirigeants africains \u00e0 d\u00e9dier 2018 \u00e0 la lutte contre la corruption sous le th\u00e8me : Gagner la lutte contre la corruption: une voie durable pour la transformation de l\u2019Afrique. L\u2019ann\u00e9e 2018 a \u00e9t\u00e9 historique dans la lutte contre la corruption pour deux raisons. Premi\u00e8rement, c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois que notre Union consacrait un an \u00e0 la lutte contre la corruption. Deuxi\u00e8mement, l\u2019ann\u00e9e 2018 a marqu\u00e9 un tournant important dans la campagne contre la corruption en Afrique, comme en t\u00e9moigne la d\u00e9cision historique de la Conf\u00e9rence de consacrer le 11 juillet de chaque ann\u00e9e \u00e0 la Journ\u00e9e africaine contre la corruption.\u00a0<\/p>\n<h2>G. Programme humanitaire<\/h2>\n<h3>i) Th\u00e8me de l\u2019ann\u00e9e 2019: \u00abAnn\u00e9e des r\u00e9fugi\u00e9s, des rapatri\u00e9s et des d\u00e9plac\u00e9s internes en Afrique: Vers des solutions durables aux d\u00e9placements forc\u00e9 en Afrique\u00bb<\/h3>\n<h3>ii) Agence humanitaire africaine<\/h3>\n<p>La Commission a d\u00e9fini les fonctions et objectifs g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019Agence comme suit: (i) renforcer les capacit\u00e9s des \u00c9tats membres par la formation et les initiatives connexes, notamment en mati\u00e8re de pr\u00e9paration et d\u2019intervention ; (ii) \u00e9laborer et diffuser des donn\u00e9es et des informations r\u00e9guli\u00e8res et compl\u00e8tes sur les d\u00e9placements et les crises humanitaires qui peuvent survenir sur le continent ; (iii) \u00e9tablir des m\u00e9canismes de coordination solides sur les questions humanitaires, en d\u00e9veloppant le partenariat et la coordination avec les \u00c9tats membres, les CER, les partenaires internationaux, les communaut\u00e9s locales et la population affect\u00e9e ; (iv) renforcer, g\u00e9rer et d\u00e9ployer une capacit\u00e9 flexible de r\u00e9action rapide en prenant en compte les m\u00e9canismes r\u00e9gionaux existants.<\/p>\n<h3>iii) Capacit\u00e9 africaine de gestion des risques (ARC)<\/h3>\n<p>L\u2019Agence ARC a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour aider les \u00c9tats membres \u00e0 am\u00e9liorer leurs capacit\u00e9s \u00e0 mieux planifier, pr\u00e9parer et r\u00e9agir aux ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames et aux catastrophes naturelles. \u00c0 ce jour, dix-neuf (19) \u00c9tats membres ont conclu des protocoles d\u2019accord avec l\u2019ARC afin de mettre en oeuvre le programme de renforcement des capacit\u00e9s de l\u2019ARC visant \u00e0 renforcer les capacit\u00e9s nationales de gestion des risques de s\u00e9cheresse et \u00e0 assurer un engagement \u00e9clair\u00e9 dans le pool d\u2019assurance risque g\u00e9r\u00e9 par l\u2019ARC Insurance Company Ltd, une filiale de l\u2019ARC. L\u2019ARC Insurance Company Ltd a, depuis lors, effectu\u00e9 des prestations d\u2019assurance au S\u00e9n\u00e9gal, en Mauritanie, au Niger et au Malawi pour un montant total d\u2019environ 38 millions de dollars E.U. Ces prestations ont permis, entre autres, de financer la distribution de denr\u00e9es alimentaires et la vente subventionn\u00e9e d\u2019aliments b\u00e9tail, le repositionnement des produits alimentaires dans les zones touch\u00e9es par l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, les transferts de fonds et la reconstitution des r\u00e9serves strat\u00e9giques de c\u00e9r\u00e9ales qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9puis\u00e9es.<\/p>\n<h2>H. Migrations<\/h2>\n<p>La Commission a r\u00e9vis\u00e9 le Cadre de politique migratoire pour l\u2019Afrique (MPFA), initialement adopt\u00e9 \u00e0 Banjul en 2006. La MPFA r\u00e9vis\u00e9e a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e par la Conf\u00e9rence de l\u2019Union en janvier 2018, et sa mise en oeuvre a commenc\u00e9 la m\u00eame ann\u00e9e dans le cadre du plan d\u2019action (2018-2030).<\/p>\n<h2>I &#8211; Questions transversales : les jeunes et l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les hommes et les femmes<\/h2>\n<h3>i) Promotion de l\u2019autonomisation des jeunes<\/h3>\n<p>La Commission a concentr\u00e9 son travail sur trois domaines cl\u00e9s: l\u2019amplification des voix des jeunes, le renforcement des politiques et la mise en oeuvre d\u2019actions concr\u00e8tes pour l\u2019autonomisation des jeunes. En ce qui concerne l\u2019amplification des voix des jeunes, en novembre 2018, j\u2019ai nomm\u00e9 un Envoy\u00e9 pour la jeunesse, conform\u00e9ment \u00e0 la D\u00e9cision du 2\u00e8me Comit\u00e9 technique sp\u00e9cialis\u00e9 sur la jeunesse, la culture et le sport qui \u00aba appel\u00e9 la nomination d\u2019un Envoy\u00e9 de l\u2019UA pour la jeunesse afin d\u2019aider \u00e0 plaider en faveur des questions de d\u00e9veloppement de la jeunesse en Afrique et a demand\u00e9 \u00e0 la Commission d\u2019\u00e9laborer les termes de r\u00e9f\u00e9rence dudit envoy\u00e9\u00bb. L\u2019Envoy\u00e9 de l\u2019UA pour la jeunesse et le Conseil consultatif ont \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9s le 1er novembre 2018, lors de la comm\u00e9moration de la Journ\u00e9e africaine de la jeunesse. Mme Aya Chebbi de la Tunisie, est la premi\u00e8re personne \u00e0 occuper ce poste. Ancienne boursi\u00e8re de Mo Ibrahim et titulaire d\u2019une ma\u00eetrise en politique africaine de l\u2019\u00c9cole d\u2019\u00e9tudes orientales et africaines, Mme Chebbi a fond\u00e9 plusieurs plates-formes de d\u00e9veloppement de la jeunesse et y a travaill\u00e9, avec un accent particulier sur le panafricanisme, la jeunesse, la paix et la s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<h3>ii) Promotion de l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes et l\u2019autonomisation des femmes<\/h3>\n<p><span class=\"c3\"><strong>a) Mise en oeuvre du Protocole de Maputo sur les droits des femmes<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Les questions li\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes ont continu\u00e9 d\u2019attirer l\u2019attention de la Commission et d\u2019autres organes de l\u2019Union, conform\u00e9ment aux instruments pertinents de l\u2019UA. L\u2019une des principales activit\u00e9s entreprises au cours de cette p\u00e9riode concerne la tenue, les 12 et 13 d\u00e9cembre 2018, \u00e0 Addis-Abeba, d\u2019une consultation de haut niveau pour acc\u00e9l\u00e9rer la ratification, l\u2019appropriation et la mise en oeuvre du Protocole \u00e0 la Charte africaine des droits de l\u2019homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique (Protocole de Maputo).<\/p>\n<p><span class=\"c3\"><strong>b) \u00c9galit\u00e9 entre les femmes et les hommes au sein des structures de gouvernance en Afrique<\/strong><\/span><\/p>\n<p>Outre sa valeur intrins\u00e8que, la participation des femmes est essentielle \u00e0 la formulation de politiques efficaces qui r\u00e9pondent aux besoins diff\u00e9rents des hommes et des femmes. Je note avec satisfaction que l\u2019Afrique a fait des progr\u00e8s consid\u00e9rables en ce qui concerne la participation des femmes \u00e0 la prise de d\u00e9cisions, d\u00e9passant l\u2019Asie, le Pacifique et le Moyen-Orient. Toutefois, d\u2019importantes variations sous-r\u00e9gionales persistent. En novembre 2018, 2591 parlementaires sur un total de 11037 \u00e9taient des femmes, ce qui porte la moyenne africaine de la proportion de femmes au parlement \u00e0 23 % contre 8 % en 1997. Sur 35 pays comptant plus de 33 % de femmes dans les parlements nationaux \u00e0 travers le monde, on compte 9 pays africains, dont le Rwanda (61 %), la Namibie (46 %), l\u2019Afrique du Sud (42 %), le S\u00e9n\u00e9gal (42 %), le Mozambique (40 %), l\u2019\u00c9thiopie (39 %), la Tanzanie (37 %), le Burundi (36 %) et l\u2019Ouganda (34 %). Bien qu\u2019il s\u2019agisse l\u00e0 d\u2019un progr\u00e8s louable, beaucoup de travail reste \u00e0 faire et doit \u00eatre fait pour acc\u00e9l\u00e9rer la r\u00e9alisation de la pleine \u00e9galit\u00e9 entre les hommes et les femmes au sein de nos parlements.<\/p>\n<p><span class=\"c3\"><strong>c) Strat\u00e9gie de l\u2019Union africaine en mati\u00e8re de genre<\/strong><\/span><\/p>\n<p>L\u2019UA a r\u00e9cemment adopt\u00e9 sa premi\u00e8re Strat\u00e9gie en mati\u00e8re de genre, reposant sur les principes suivants : maximisation des r\u00e9sultats, exploitation des possibilit\u00e9s, promotion et protection des droits de la femme, renforcement des capacit\u00e9s institutionnelles ainsi que la responsabilisation et la garantie aux femmes et aux filles d\u2019une voix influente dans tous les domaines de la vie. La Commission suivra activement sa mise en oeuvre et coordonnera tous les efforts connexes avec les parties prenantes concern\u00e9es.<\/p>\n<p><span class=\"c3\"><strong>d) Fiche des scores de l\u2019UA en mati\u00e8re de genre<\/strong><\/span><\/p>\n<p>La Fiche de scores africaine en mati\u00e8re de genre est un outil d\u2019action convivial dont l\u2019objectif principal est de fournir \u00e0 la Commission et aux \u00c9tats membres un moyen de suivi et de responsabilisation facile \u00e0 utiliser pour \u00e9valuer les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s dans la mise en oeuvre de leurs engagements r\u00e9gionaux et mondiaux en mati\u00e8re d\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes et d\u2019autonomisation des femmes. La fiche de scores africaine sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes sert \u00e9galement \u00e0 r\u00e9compenser et \u00e0 reconna\u00eetre les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s dans les \u00c9tats membres pour avoir fait des progr\u00e8s significatifs dans la r\u00e9alisation des engagements de l\u2019UA visant \u00e0 r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s sociales, \u00e9conomiques et politiques entre les hommes et les femmes. La fiche de scores est le r\u00e9sultat d\u2019une collaboration permanente entre la Commission et un certain nombre de cadres multilat\u00e9raux.<\/p>\n<h2>J. Mise en \u0153uvre de d\u00e9cisions et de politiques sp\u00e9cifiques de l\u2019UA<\/h2>\n<h3>i) Mise en oeuvre des D\u00e9cisions relatives \u00e0 la Cour p\u00e9nale internationale<\/h3>\n<p>Depuis plusieurs ann\u00e9es, l\u2019UA exprime sa pr\u00e9occupation face aux opinions exprim\u00e9es par la Cour p\u00e9nale internationale (CPI) sur la question de l\u2019immunit\u00e9 des chefs d\u2019\u00c9tat et de gouvernement et d\u2019autres hauts responsables, en particulier en ce qui concerne les \u00c9tats non parties au Statut de Rome et l\u2019obligation des \u00c9tats parties de coop\u00e9rer avec la Cour pour arr\u00eater et livrer une personne contre qui elle a \u00e9mis un mandat d\u2019arr\u00eat.\u00a0<\/p>\n<h3>ii) Le point sur les conclusions sur l\u2019avis consultatif en cours de la Cour internationale de Justice sur l\u2019Archipel de Chagos<\/h3>\n<p>Il convient de rappeler que la proc\u00e9dure orale sur les arguments pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 la CIJ sur cette question a \u00e9t\u00e9 report\u00e9e au 3 septembre 2018. En pr\u00e9paration de la proc\u00e9dure orale, la Commission a adress\u00e9 une communication aux \u00c9tats membres les encourageant \u00e0 informer le Greffier de la CIJ de leur intention de participer aux audiences sur les cons\u00e9quences juridiques de la s\u00e9paration de l\u2019Archipel des Chagos de Maurice avant le 15 juin 2018. En collaboration avec le Gouvernement mauricien, la Commission a continu\u00e9 de collaborer avec les \u00c9tats membres afin d\u2019assurer la pr\u00e9sence d\u2019un plus grand nombre d\u2019\u00c9tats membres de l\u2019UA dans la proc\u00e9dure orale devant la CIJ.<\/p>\n<h3>iii) Mesures de suivi du proc\u00e8s Hiss\u00e8ne Habr\u00e9<\/h3>\n<p>La lutte contre l\u2019impunit\u00e9 est l\u2019un des principes fondamentaux de l\u2019UA. Sur la base de ce principe, le S\u00e9n\u00e9gal a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 par la Conf\u00e9rence d\u2019organiser les poursuites contre Hiss\u00e8ne Habr\u00e9, ancien Pr\u00e9sident du Tchad, et d\u2019autres personnes pour des crimes commis au Tchad entre 1982 et 1990. L\u2019Accord portant cr\u00e9ation des Chambres africaines extraordinaires (CAE) au sein du syst\u00e8me judiciaire s\u00e9n\u00e9galais a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 le 22 ao\u00fbt 2012. Il est entr\u00e9 en vigueur en f\u00e9vrier 2013.<\/p>\n<h2>K. Responsabilit\u00e9 au sein de la commission<\/h2>\n<p>Le Bureau d\u2019\u00e9thique a \u00e9t\u00e9 mis en place en ao\u00fbt 2016 conform\u00e9ment aux dispositions pertinentes du Statut et R\u00e8glement du personnel de l\u2019UA. Un de ses principaux mandats est de veiller \u00e0 ce que tous les \u00e9lus et les membres du personnel observent et exercent leurs fonctions conform\u00e9ment aux normes d\u2019int\u00e9grit\u00e9 les plus strictes, requises par le Code et autres r\u00e8gles et r\u00e8glements de l\u2019UA. Le Bureau couvre toutes les activit\u00e9s administratives des organes de l\u2019UA, des bureaux de repr\u00e9sentation et des op\u00e9rations de soutien \u00e0 la paix. En 2018, le Bureau d\u2019\u00e9thique a r\u00e9vis\u00e9 le Code de d\u00e9ontologie et de conduite et la politique relative au harc\u00e8lement. Il a \u00e9labor\u00e9 une politique sur les cadeaux, le code vestimentaire, les d\u00e9clarations financi\u00e8res et d\u2019actifs, la gestion des conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats et la protection des lanceurs d\u2019alerte afin de renforcer la gouvernance institutionnelle. Toutes ces mesures se trouvent \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9tapes du processus d\u2019approbation.<\/p>\n<h2>L. Partenariats strat\u00e9giques de l\u2019UA<\/h2>\n<p>Certains des partenariats existants ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s strat\u00e9giques, tandis que d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s potentiellement strat\u00e9giques au cas o\u00f9 leur port\u00e9e, leurs m\u00e9canismes de mise en oeuvre et leurs impacts peuvent \u00eatre am\u00e9lior\u00e9s. L\u2019\u00e9valuation a recommand\u00e9 d\u2019autres partenariats potentiels importants pour l\u2019Afrique. Il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 recommand\u00e9 que la Commission et d\u2019autres organes renforcent leurs capacit\u00e9s internes en vue d\u2019une meilleure gestion des partenariats de l\u2019Afrique et de la promotion de la voix de l\u2019Afrique sur la sc\u00e8ne mondiale.\u00a0La Commission a continu\u00e9 de progresser dans plusieurs partenariats strat\u00e9giques, notamment la TICAD, le FOCAC et l\u2019UA-UE. Dans ce contexte, la Commission a organis\u00e9 avec le Japon, les Nations Unies et d\u2019autres partenaires la r\u00e9union minist\u00e9rielle de la TICAD \u00e0 Tokyo en octobre 2018. Cette r\u00e9union pr\u00e9paratoire du Sommet de la TICAD \u00e0 Yokohama en ao\u00fbt 2019 a examin\u00e9 les progr\u00e8s accomplis depuis le dernier Sommet et identifi\u00e9 des moyens pour am\u00e9liorer la performance de la TICAD, en particulier en ce qui concerne la mobilisation des investissements en Afrique, un domaine dans lequel l\u2019\u00e9valuation de la TICAD est encore en cours, bien que la composante aide au d\u00e9veloppement soit sur la bonne voie. La Commission a \u00e9galement particip\u00e9 au sommet du FOCAC \u00e0 Beijing en septembre 2018. Le plan d\u2019action de Beijing a tenu compte des priorit\u00e9s de l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale dans ses huit initiatives majeures et a d\u00e9fini le r\u00f4le de l\u2019UA, le cas \u00e9ch\u00e9ant. De nombreuses activit\u00e9s dans le cadre du partenariat UA-UE ont permis de r\u00e9aliser des progr\u00e8s significatifs dans la mise en oeuvre des r\u00e9sultats du Sommet d\u2019Abidjan dans ses quatre domaines prioritaires.\u00a0<\/p>\n<h2>\u00a0<\/h2>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Addis-Abeba &#8211; De l&rsquo;envoy\u00e9 sp\u00e9cial de Leaders, Taoufik Habaieb. \u00a0\u00bbDe nombreux probl\u00e8mes persistent, reconna\u00eet le pr\u00e9sident de la Commission de l&rsquo;Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamet. 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