{"id":129017,"date":"2021-10-04T12:41:16","date_gmt":"2021-10-04T16:41:16","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/exploitation-des-terres-aux-abords-du-barrage-oumarou-kanozoe-les-femmes-la-main-doeuvre-des-producteurs\/"},"modified":"2021-10-04T12:41:16","modified_gmt":"2021-10-04T16:41:16","slug":"exploitation-des-terres-aux-abords-du-barrage-oumarou-kanozoe-les-femmes-la-main-doeuvre-des-producteurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/exploitation-des-terres-aux-abords-du-barrage-oumarou-kanozoe-les-femmes-la-main-doeuvre-des-producteurs\/","title":{"rendered":"Exploitation des terres aux abords du barrage Oumarou Kanozo\u00e9\u00a0:Les femmes, la main d\u2019\u0153uvre des producteurs"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Depuis plus de deux d\u00e9cennies, les populations des communes riveraines du barrage Oumarou Kanazo\u00e9, que sont Gomponsom, Kalsaka, Kirsi et Tougo m\u00e8nent des activit\u00e9s agricoles et mara\u00eech\u00e8res<\/strong><strong>. La plus florissante est la production de la banane. Aux abords du barrage, ce sont des milliers d\u2019hectares de bananeraie qui s\u2019\u00e9tendent \u00e0 perte de vue. Cependant, aucune femme ne poss\u00e8de une plantation sur cette retenue d\u2019eau. Pourquoi cela\u00a0? Reportage\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p>Construit en 1995, le barrage Oumarou-Kanazo\u00e9 de To\u00e9ssin est situ\u00e9 sur le fleuve Nakanb\u00e9, dans la r\u00e9gion du Nord, \u00e0 cheval entre les provinces du Passor\u00e9, du Yatenga et du Zondoma. D\u2019un volume d\u2019eau d\u2019environ 100 000 000 m3, le barrage repr\u00e9sente \u00ab <em>une mine d\u2019or <\/em>\u00bb pour les riverains. Sur ces rives dans la commune de Gomponsom (12km de Yako), \u00a0l\u2019agro businessman de renom, Abdoul Moumouni Sankara est \u00e0 pied d\u2019\u0153uvre pour\u00a0 \u00e9largir sa bananeraie. Il exploite aux abords du barrage Oumarou Kanoz\u00e9,\u00a0 un espace de 2ha. En plus, il m\u00e8ne des activit\u00e9s maraich\u00e8res que sont la production de la tomate, de l\u2019aubergine, du concombre, du piment etc. En cette date du 29 juillet 2021, c\u2019est la p\u00e9riode id\u00e9ale pour lui de\u00a0 mettre en terre de jeunes plants de banane afin d\u2019agrandir son champ. Ces \u00e9pouses, \u00a0Awa Sourgou et Habibou Zida, sont\u00a0 \u00e0 pied d\u2019\u0153uvre pour le nettoyage de la \u00a0nouvelle plantation. Dabas \u00e0 la main, elles \u00a0sont en plein d\u00e9frichage du champ.\u00a0Elles coupent les mauvaises herbes. S\u2019en suit l\u2019\u00e9tape de la confection des trous pour y mettre les plants.\u00a0\u00ab\u00a0<em>J\u2019agrandis ma plantation d\u2019un demi hectare. Mes \u00e9pouses m\u2019aident dans les \u00a0travaux champ\u00eatres<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0 soutient Abdoul Moumouni Sankara, l\u2019air tout heureux.<\/p>\n<figure id=\"attachment_40291\" aria-describedby=\"caption-attachment-40291\" style=\"width: 900px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-40291 size-full\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/10\/5-.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"675\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/10\/5-.jpg 900w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/5--300x225.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/5--768x576.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/5--150x113.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/5--696x522.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/5--560x420.jpg 560w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/5--80x60.jpg 80w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/5--265x198.jpg 265w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\"><figcaption id=\"caption-attachment-40291\" class=\"wp-caption-text\">\u00ab la production des cultures de rente est uniquement laiss\u00e9e aux hommes \u00bb souligne le producteur Moumouni Sankara<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>L\u2019autorit\u00e9 de l\u2019homme<\/strong><\/p>\n<p>Au d\u00e9but de nos \u00e9changes, j\u2019ai\u00a0 cru qu\u2019elles \u00e9taient venues donner un coup de main \u00e0 leur \u00e9poux \u00a0et \u00a0le jour\u00a0 suivant, elles\u00a0 \u00a0iront s\u2019occuper de leurs \u00a0plantations. Mais la r\u00e9alit\u00e9 est tout autre. Car \u00a0ces femmes ne poss\u00e8dent aucune portion de terre aux abords de la retenue d\u2019eau. Pourquoi cela\u00a0? M. Sankara de r\u00e9pondre que \u00a0produire de la banane n\u2019est pas un travail pour les femmes.\u00a0<em>\u00ab\u00a0 C\u2019est un travail p\u00e9nible<\/em>.\u00a0<em>Faire une plantation de bananes n\u00e9cessite beaucoup d\u2019efforts physiques pourtant la femme n\u2019en est pas capable<\/em>\u00bb confie- t-il. Pourtant, elles lui apportent un coup de main dans l\u2019\u00e9rection de sa bananeraie.\u00a0\u00ab\u00a0<em>Je n\u2019ai pas de plantation.\u00a0J\u2019aide mon \u00e9poux dans ces travaux depuis \u00a0plus d\u2019une d\u00e9cennie. J\u2019ai manifest\u00e9 mon d\u00e9sir d\u2019avoir une mais il ne m\u2019a toujours pas donn\u00e9 son accord encore moins me l\u00e9guer\u00a0 un lopin de terre. En attendant,\u00a0 je patiente <\/em>\u00bb affirme Awa Sourgou, la 1<sup>re<\/sup> \u00e9pouse. La norme aurait voulu qu\u2019elle soit chacune dans leur propre champ mais visiblement, elles jouent le r\u00f4le de main d\u2019\u0153uvre.\u00a0<em>\u00ab\u00a0On\u00a0 a juste\u00a0 des lopins de terre pour cultiver des arachides, du voandzou, du gombo et de l\u2019oseille, question de pouvoir\u00a0 utiliser\u00a0 ces l\u00e9gumes pour faire la cuisine<\/em>\u00a0\u00bb rench\u00e9rit Awa.<img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone wp-image-40292 size-full\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/10\/1-.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"675\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/10\/1-.jpg 900w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/1--300x225.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/1--768x576.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/1--150x113.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/1--696x522.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/1--560x420.jpg 560w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/1--80x60.jpg 80w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/1--265x198.jpg 265w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\"><\/p>\n<p>Comme ces deux femmes,\u00a0 Nouratou\u00a0 Ouedraogo, vit, elle aussi,\u00a0 la m\u00eame situation. Epouse d\u2019un des plus grands agro-businessman du nom de Rasman\u00e9 Sankara sur les rives du barrage, elle tente depuis belle lurette d\u2019avoir une petite plantation de banane mais en vain. Depuis leur union, elle lui sert\u00a0 de main d\u2019\u0153uvre dans sa bananeraie. <em>\u00ab\u00a0Les femmes nous affirment que la production de la banane est tr\u00e8s p\u00e9nible.\u00a0Ce n\u2019est pas une activit\u00e9 pour elles<\/em> \u00a0\u00bb t\u00e9moigne Rasman\u00e9 Sankara. C\u2019est pourquoi \u00e0 l\u2019\u00e9couter, il n\u2019existe pas de productrice de banane aux abords de ce barrage. Mais, l\u2019enseignant \u2013chercheur en sociologie du d\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Joseph Ki-Zerbo, Dr Paul- Marie Moyenga \u00a0soutient que s\u2019il n\u2019existe pas de productrice aux abords du barrage, c\u2019est parce que la terre appartient \u00e0 l\u2019homme et le dernier mot lui revient.<\/p>\n<figure id=\"attachment_40290\" aria-describedby=\"caption-attachment-40290\" style=\"width: 900px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-40290 size-full\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/10\/6-.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"675\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/10\/6-.jpg 900w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/6--300x225.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/6--768x576.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/6--150x113.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/6--696x522.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/6--560x420.jpg 560w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/6--80x60.jpg 80w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/6--265x198.jpg 265w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\"><figcaption id=\"caption-attachment-40290\" class=\"wp-caption-text\">\u00ab Avec le temps, le statut de la terre \u00e9volue et celui de la femme aussi \u00bb explique l\u2019enseignant \u2013chercheur en sociologie du d\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Joseph Ki-Zerbo, Dr Paul- Marie Moyenga<\/figcaption><\/figure>\n<p>En effet, dans le syst\u00e8me d\u2019organisation de la production en soci\u00e9t\u00e9 moaga (une ethnie),\u00a0 de son avis, \u00a0il existe un champ collectif pour le m\u00e9nage. Tout le monde a obligation de produire dans ce champ pour alimenter la famille.\u00a0<em>\u00ab\u00a0Il<\/em><em> est b\u00e2ti sur <\/em><em>le registre coutumier \u00e0 savoir le syst\u00e8me du patriarcat.\u00a0 Dans ce mod\u00e8le, tout est centr\u00e9 sur l\u2019homme. Plusieurs \u00e9tudes\u00a0 ont montr\u00e9 que les femmes n\u2019ont pas directement acc\u00e8s\u00a0\u00e0 la terre. Elles le \u00a0font par l\u2019entremise de leurs mari<\/em>s\u00bb rel\u00e8ve-t-il.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>Le statut de la terre a \u00e9volu\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est le droit coutumier qui est appliqu\u00e9. \u00ab\u00a0<em>Tant qu\u2019un chef de m\u00e9nage ne d\u00e9cide pas\u00a0 d\u2019octroyer ou de faire la demande d\u2019une portion de terre, la femme ne peut \u00a0jamais avoir le droit de l\u2019exploiter. Cette attitude se r\u00e9v\u00e8le comme un moyen de contr\u00f4le sur elle<\/em>\u00a0\u00bb confirme l\u2019Enseignant -chercheur. Et de poursuivre que sur ces\u00a0 terrains, ce sont des cultures \u00a0de rente\u00a0 qui sont produites. Ce qui\u00a0 procure de l\u2019argent. Selon lui, si \u00a0la femme devint productrice de banane, elle aura\u00a0 une ind\u00e9pendance \u00e9conomique certaine. D\u00e8s lors, c\u2019est l\u2019autorit\u00e9 du chef de famille qui est menac\u00e9e.\u00a0Car \u00ab\u00a0<em>Dans la soci\u00e9t\u00e9 moaga, l\u2019homme veut toujours avoir l\u2019ind\u00e9pendance \u00e9conomique qui lui permet d\u2019assumer pleinement son r\u00f4le\u00a0<\/em>\u00bb atteste M. Moyenga.<\/p>\n<p>Pour pallier ce probl\u00e8me d\u2019acc\u00e8s des terres aux femmes\u00a0 aux abords du \u00a0barrage , le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, des Am\u00e9nagements Hydroagricoles et de la M\u00e9canisation, compte am\u00e9nager des p\u00e9rim\u00e8tres agricoles en fonction du volume d\u2019eau disponible et des besoins de l\u2019ensemble des usagers. A travers les projets PR\u00e9CA (projet de r\u00e9silience et de comp\u00e9titivit\u00e9 agricole) avec 400 ha \u00e0 am\u00e9nager et PARIIS (projet d\u2019appui r\u00e9gional \u00e0 l\u2019initiative pour l\u2019irrigation au Sahel) qui veut am\u00e9nager 300 ha, les occupants seront appel\u00e9s \u00e0 se red\u00e9ployer sur le p\u00e9rim\u00e8tre.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0 <em>On esp\u00e8re qu\u2019avec cet am\u00e9nagement, la d\u00e9cision du chef de l\u2019Etat, Roch Marc Christian Kabor\u00e9 d\u2019accorder 30% des terres am\u00e9nag\u00e9es aux femmes sera appliqu\u00e9e\u00a0<\/em>\u00bb, soutient le directeur provincial de l\u2019agriculture, des am\u00e9nagements hydroagricoles et de la m\u00e9canisation de la province du Passor\u00e9, Kalifa Zida. Car ce sont plus de 700 parcelles\u00a0 qui seront am\u00e9nag\u00e9es en vue de permettre aux populations de\u00a0mener \u00e0 bien leurs activit\u00e9s. Elles pourront y acc\u00e9der\u00a0 soit \u00a0par l\u2019achat ou par \u00a0la location comme l\u2019autorise \u00a0la loi 034-2009 portant le \u00a0r\u00e9gime du foncier rurale au Burkina Faso.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Fleur BIRBA<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>fleurbirba@gmail.com<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/10\/04\/exploitation-des-terres-aux-abords-du-barrage-oumarou-kanozoe-les-femmes-la-main-doeuvre-des-producteurs\/\">Exploitation des terres aux abords du barrage Oumarou Kanozo\u00e9\u00a0:Les femmes, la main d\u2019\u0153uvre des producteurs<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: Wamini SIDWAYA<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/10\/04\/exploitation-des-terres-aux-abords-du-barrage-oumarou-kanozoe-les-femmes-la-main-doeuvre-des-producteurs\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis plus de deux d\u00e9cennies, les populations des communes riveraines du barrage Oumarou Kanazo\u00e9, que sont Gomponsom, Kalsaka, Kirsi et Tougo m\u00e8nent des activit\u00e9s agricoles et mara\u00eech\u00e8res. 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