{"id":129613,"date":"2021-10-10T16:58:13","date_gmt":"2021-10-10T20:58:13","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/salles-de-cine-a-dakar-le-calvaire-des-exploitants-senegalais\/"},"modified":"2021-10-10T16:58:13","modified_gmt":"2021-10-10T20:58:13","slug":"salles-de-cine-a-dakar-le-calvaire-des-exploitants-senegalais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/salles-de-cine-a-dakar-le-calvaire-des-exploitants-senegalais\/","title":{"rendered":"Salles de cin\u00e9 \u00e0 Dakar  : le calvaire des  exploitants s\u00e9n\u00e9galais"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Depuis quelques ann\u00e9es, les cin\u00e9philes se font de plus en plus rares dans les salles de cin\u00e9 en Afrique. Dans la capitale s\u00e9n\u00e9galaise, Dakar, la plupart des salles de cin\u00e9 ne sont plus que l\u2019ombre d\u2019elles-m\u00eames. Si elles ne sont pas transform\u00e9es en centres commerciaux, elles servent d\u2019appartements. Une situation que les exploitants d\u00e9plorent et invitent l\u2019Etat \u00e0 financer le secteur pour sa relance.<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_40590\" aria-describedby=\"caption-attachment-40590\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-40590 size-medium\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/10\/2-9-300x200-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/10\/2-9-300x200-1.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/2-9-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/2-9.jpg 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"><figcaption id=\"caption-attachment-40590\" class=\"wp-caption-text\">Le directeur du complexe Semb\u00e8ne- Ousmane : \u00ab Les s\u00e9ries ont pollu\u00e9 le secteur du cin\u00e9ma \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Dakar, capitale du S\u00e9n\u00e9gal compte \u00e0 ce jour, deux salles de cin\u00e9ma fonctionnelles de fa\u00e7on permanente. Il s\u2019agit du complexe Semb\u00e8ne- Ousmane et le Canal Olympia. Pourtant, il y a 20 ans, l\u2019on d\u00e9nombrait pas moins d\u2019une dizaine dans la ville, selon les acteurs de l\u2019exploitation. Comment en est-on arriv\u00e9 \u00e0 cette situation ? Les causes de ces fermetures ou disparition des salles sont diverses. Le complexe Semb\u00e8ne-Ousmane, est ouvert depuis 2018 et poss\u00e8de trois salles de projection de 400, 100 et 50 places. Selon son directeur, Bara Sall, il est dot\u00e9 d\u2019une technologie de derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration. De son avis, l\u2019avanc\u00e9e technologique et la prolif\u00e9ration des s\u00e9ries constituent des causes de l\u2019abandon des salles de cin\u00e9 par les cin\u00e9philes. \u00ab Les longs m\u00e9trages sont de plus en plus rares en Afrique en g\u00e9n\u00e9ral et au S\u00e9n\u00e9gal en particulier.<\/p>\n<p>Et m\u00eame quand les cin\u00e9astes \u00e9crivent leurs sc\u00e9narios de longs m\u00e9trages, c\u2019est pour des festivals de cin\u00e9ma afin de convaincre des jurys ou le monde du cin\u00e9ma sans savoir qu\u2019il y a un public qui attend le film. Ce qui fait qu\u2019aujourd\u2019hui le public africain ne comprend plus certains sc\u00e9narios des r\u00e9alisateurs et ne s\u2019int\u00e9resse pas \u00e0 nos films. Il manque des films pour nos publics \u00bb, explique Bara Sall. Il avoue que depuis qu\u2019il dirige (juillet 2021), il n\u2019a pas encore diffus\u00e9 de film s\u00e9n\u00e9galais ni africain. Pourtant dans son programme les vendredis \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9s aux productions africaines. Le probl\u00e8me, confie M. Sall, est que la plupart des producteurs de ces films ne sont pas au S\u00e9n\u00e9gal ou en Afrique mais \u00e0 l\u2019occident et qui d\u00e9tiennent les droits d\u2019exploitation. \u00ab Alors, pour discuter avec les producteurs occidentaux et diffuser ces films, c\u2019est compliqu\u00e9, m\u00eame si le r\u00e9alisateur est d\u2019accord \u00bb, l\u00e2che le directeur du complexe Semb\u00e8ne- Ousmane.<\/p>\n<p><strong>\u00ab Nous nous accrochons\u2026 \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Il d\u00e9nonce le contr\u00f4le par ces maisons de production occidentales des films africains dont l\u2019exclusivit\u00e9 de diffusion se fait hors du continent. Khalilou Ndiaye, est exploitant de la salle de cin\u00e9 M\u00e9dina depuis 2000, par ailleurs le pr\u00e9sident de l\u2019Union nationale des exploitants des salles de cin\u00e9ma du S\u00e9n\u00e9gal. Il fait la remarque qu\u2019un peu partout en Afrique, les salles de cin\u00e9 ont disparu et celles qui existent ne sont pas dans un bon \u00e9tat. Le probl\u00e8me r\u00e9side dans l\u2019acc\u00e8s aux films, argue celui qui dit \u00eatre devenu distributeur de films par d\u00e9faut. Toutefois, il note que ces derni\u00e8res ann\u00e9es, certains pays comme la C\u00f4te d\u2019Ivoire commencent \u00e0 se d\u00e9marquer avec l\u2019ouverture de quelques nouvelles salles. Quant aux Technologies de l\u2019information et de la communication (TIC) qui auraient d\u00e9tourn\u00e9 la jeunesse du cin\u00e9ma, M. Ndiaye ne partage cet avis.<\/p>\n<p>\u00abCes TIC sont plus d\u00e9velopp\u00e9es dans les pays occidentaux qu\u2019en Afrique, mais les gens continuent d\u2019aller au cin\u00e9ma dans ces pays. Le cin\u00e9ma est un loisir et les conditions de projection ne sont pas les m\u00eames que sur une t\u00e9l\u00e9vision ou sur un t\u00e9l\u00e9phone portable \u00bb, soutient-il. Par ailleurs, Khalilou Ndiaye note que les salles doivent suivre l\u2019\u00e9volution technologique en modernisant leurs \u00e9quipements. Avec l\u2019appui du Fonds de promotion de l\u2019industrie cin\u00e9matographique et audiovisuelle (FOPICA), il est en plein travaux de r\u00e9novation pour r\u00e9pondre \u00e0 cette exigence technologique ! A ce niveau, le complexe Semb\u00e8me- Ousmane semble \u00eatre en avance dans cette dynamique. A \u00e9couter son directeur, les diffusions se font en 2D et en 3D. \u00ab Nous sommes aux standards mondiaux, mieux c\u2019est l\u2019une des salles les plus modernes de l\u2019Afrique \u00bb, soutient M. Bara. En termes de rentabilit\u00e9, il reconnait que le complexe est fr\u00e9quent\u00e9 surtout par les expatri\u00e9s et les S\u00e9n\u00e9galais de la haute classe, notamment les samedis et dimanches. \u00ab Les tickets coutent entre 1500 \u00e0 5000 F CFA, mais avec des tarifs sp\u00e9ciaux pour certaines cat\u00e9gories sociales comme les \u00e9tudiants, les personnes en situation de handicap et les enfants.<\/p>\n<p>Nous diffusons deux s\u00e9ances par jour. Nous nous accrochons car les d\u00e9penses sont plus lourdes que la rentabilit\u00e9 \u00bb, avoue le patron du complexe. Au cin\u00e9 M\u00e9dina, une salle de quartier, le ticket est \u00e0 500 F CFA. L\u00e0 \u00e9galement, les b\u00e9n\u00e9fices ne sont pas au rendez-vous. \u00ab Nous sommes dans ce business parce que nous aimons le cin\u00e9ma. Toutes les salles sont structurellement d\u00e9ficitaires, c\u2019est juste un jeu de tr\u00e9sorerie que nous faisons \u00bb, se lasse l\u2019exploitant Ndiaye. Il est convaincu, cependant, que le secteur est rentable. Et pour preuve, il rel\u00e8ve les importants investissements de certaines entreprises occidentales dans l\u2019exploitation des salles de cin\u00e9ma en Afrique. Ce qui est une bonne chose car, selon lui, cela permet aux autorit\u00e9s politiques africaines de comprendre que le secteur est viable mais aussi strat\u00e9gique. Afin de relancer la fr\u00e9quentation des salles de cin\u00e9, Fhalilou Ndiaye a initi\u00e9 un festival de sensibilisation de la jeunesse s\u00e9n\u00e9galaise.<\/p>\n<p><strong>Le r\u00f4le r\u00e9galien de l\u2019Etat<\/strong><\/p>\n<p>Il s\u2019agit de faire connaitre le cin\u00e9ma s\u00e9n\u00e9galais par la jeune g\u00e9n\u00e9ration. \u00ab On ne peut pas aimer ce qu\u2019on ne connait pas \u00bb, mart\u00e8le-t-il. Aussi, ajoute le pr\u00e9sident de l\u2019Union nationale des exploitants des salles de cin\u00e9ma du S\u00e9n\u00e9gal, il est important que l\u2019on sache que c\u2019est un d\u00e9fi culturel et il appartient \u00e0 l\u2019Etat d\u2019\u00eatre plus souple pour financer cet important maillon de la sc\u00e8ne cin\u00e9matographique. Le cin\u00e9ma fait partie des obligations de l\u2019Etat, pr\u00e9cise-t-il, et le priv\u00e9 ne travaille qu\u2019\u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 une demande sociale. Mais en cherchant \u00e0 combler ce besoin culturel des populations, si les exploitants de salles n\u2019arrivent pas \u00e0 faire profit, ils iront voir ailleurs. Et ce ne sont pas des secteurs rentables o\u00f9 investir qui leur manquent, insiste M. Ndiaye. Pour relancer ce sous-secteur de l\u2019industrie du cin\u00e9ma, il estime qu\u2019il est imp\u00e9ratif de cr\u00e9er de nouvelles salles modernes ; et ce, avec l\u2019accompagnement de l\u2019Etat.<\/p>\n<p>\u00abCar, c\u2019est avec un investissement de base que le priv\u00e9 peut faire des b\u00e9n\u00e9fices, mais \u00e0 ses risques et p\u00e9ril \u00bb, laisse entendre le premier responsable de cin\u00e9 M\u00e9dina. Il d\u00e9nonce le fait que des milliards soient mis chaque deux ans dans l\u2019organisation du FESPACO avec une grande part dans la location des projecteurs avec des entreprises venues d\u2019ailleurs. Il sugg\u00e8re alors de trouver une parade pour que ce mat\u00e9riel lou\u00e9 reste dans les salles afin de faciliter leur modernisation. \u00abSi nous voulons d\u00e9velopper notre cin\u00e9ma, cela passe par les salles de cin\u00e9 d\u2019abord. Aux Etats-Unis par exemple, un film se rentabilise \u00e0 70% dans les salles de cin\u00e9. Et nous, on nous demande de les fermer et aller sur internet \u00bb, proteste Khalilou Ndiaye. Dans la m\u00eame lanc\u00e9e, Bara Sall soutient que l\u2019Etat doit soutenir la production des films nationaux afin que les r\u00e9alisateurs puissent les disposer aupr\u00e8s des exploitants. \u00ab Mais l\u2019Etat est lent par rapport \u00e0 ce que nous voulons souvent \u00bb, lance-t-il.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Joseph HARO josephharo4@gmail.com <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Mahamadi SEBOGO Windmad76@gmail.com <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Envoy\u00e9s sp\u00e9ciaux, Depuis Dakar, S\u00e9n\u00e9gal <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/10\/10\/salles-de-cine-a-dakar-le-calvaire-des-exploitants-senegalais\/\">Salles de cin\u00e9 \u00e0 Dakar  : le calvaire des  exploitants s\u00e9n\u00e9galais<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: BM. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/10\/10\/salles-de-cine-a-dakar-le-calvaire-des-exploitants-senegalais\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis quelques ann\u00e9es, les cin\u00e9philes se font de plus en plus rares dans les salles de cin\u00e9 en Afrique. Dans la capitale s\u00e9n\u00e9galaise, Dakar, la plupart des salles de cin\u00e9 ne sont plus que l\u2019ombre d\u2019elles-m\u00eames. Si elles ne sont pas transform\u00e9es en centres commerciaux, elles servent d\u2019appartements. 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