{"id":130545,"date":"2021-10-20T16:18:02","date_gmt":"2021-10-20T20:18:02","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/dix-ans-apres-la-mort-de-kadhafi-ou-va-la-libye\/"},"modified":"2021-10-20T16:18:02","modified_gmt":"2021-10-20T20:18:02","slug":"dix-ans-apres-la-mort-de-kadhafi-ou-va-la-libye","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/dix-ans-apres-la-mort-de-kadhafi-ou-va-la-libye\/","title":{"rendered":"Dix ans apr\u00e8s la mort de Kadhafi, o\u00f9 va la Libye ?"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"400\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/10\/16347610829308.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/10\/16347610829308.jpg 400w, https:\/\/www.journalducameroun.com\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/16347610829308-150x150.jpg 150w, https:\/\/www.journalducameroun.com\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/16347610829308-300x300.jpg 300w, https:\/\/www.journalducameroun.com\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/16347610829308-60x60.jpg 60w, https:\/\/www.journalducameroun.com\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/16347610829308-100x100.jpg 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\"><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Des occasions de normaliser la situation en Libye ont pourtant exist\u00e9. Mais elles n&rsquo;ont pas eu la suite qu&rsquo;elle m\u00e9ritait\u00a0\u00bb, explique, en exclusivit\u00e9 pour Apa news, le sp\u00e9cialiste de la Libye, Jalel Harchaoui, chercheur \u00e0 Global Initiative Against Transnational Organized.Le 20 octobre 2011, le leader libyen Mouammar Kadhafi est assassin\u00e9 dans la foul\u00e9e d&rsquo;une insurrection arm\u00e9e soutenue par la France, l&rsquo;Otan, et plusieurs pays arabes. Dix ans apr\u00e8s, la Libye est toujours en crise. Pourquoi ?<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la mort du Colonel Mouammar Kadhafi et le retrait des forces fran\u00e7aises et leurs alli\u00e9s de l&rsquo;Otan qui ont jou\u00e9 un r\u00f4le majeur dans la chute du r\u00e9gime kadhafiste, les Libyens se sont retrouv\u00e9s profond\u00e9ment divis\u00e9s sur les voies et moyens de reconstruire les institutions politiques du pays et sur le mod\u00e8le politique \u00e0 adopter. Les premiers signe de ce qui deviendra une interminable crise se sont manifest\u00e9s d\u00e8s l&rsquo;\u00e9lection de la premi\u00e8re Assembl\u00e9e nationale post-Kadhafi, le 7 juillet 2012. Un Congr\u00e8s g\u00e9n\u00e9ral national (CGN) devait alors remplacer le Conseil national de transition (CNT), l&rsquo;organe politique des insurg\u00e9s. Mais l&rsquo;\u00e9lection, dont divers groupes et personnalit\u00e9s issus du courant islamiste sont les vainqueurs, est entach\u00e9e par des actes de violence qui vont se propager un peu partout dans le pays, poussant m\u00eame les ambassades \u00e9trang\u00e8res \u00e0 se retirer de la Libye. Au cours de l&rsquo;ann\u00e9e 2014, le pays bascule compl\u00e8tement dans la guerre et le gouvernement se montre incapable d&rsquo;endiguer la violence qui touche d\u00e9sormais les installations p\u00e9troli\u00e8res. \u00a0<\/p>\n<p>C&rsquo;est dans ce contexte que le g\u00e9n\u00e9ral Khalifa Haftar, nomm\u00e9 chef de l&rsquo;Etat-Major des arm\u00e9es \u00e0 la chute de Kadhafi, va tenter de reprendre le contr\u00f4le de la situation. Mais son r\u00eave de devenir le nouvel homme fort de la Libye se heurte aux milices de Tripoli et Misrata, ce qui l&rsquo;oblige alors \u00e0 se replier dans son fief de l&rsquo;est du pays, Benghazi. Il y installe un gouvernement parall\u00e8le, jamais reconnu par aucune puissance \u00e9trang\u00e8re, malgr\u00e9 les appuis discrets de plusieurs pays dont la France, les Emirats-Arabes, l&rsquo;Egypte, etc.<\/p>\n<p>En d\u00e9cembre 2015, un accord laborieusement n\u00e9goci\u00e9 sous l&rsquo;\u00e9gide de l&rsquo;Onu est sign\u00e9 par des repr\u00e9sentants de la soci\u00e9t\u00e9 civile et des membres du parlement, \u00e0 Skhirat, pr\u00e8s de Rabat la capitale du Maroc. L&rsquo;accord est cens\u00e9 d\u00e9boucher sur la mise sur pied d&rsquo;un Gouvernement d&rsquo;union nationale (GNA, pour Government of National Accord) cens\u00e9s \u00eatre repr\u00e9sentatif des principales forces politiques engag\u00e9s dans la crise libyenne. Bas\u00e9 \u00e0 Tripoli en mars 2016, ce GNA a comme chef Son Fayez al-Sarraj. Mais la clan pro Haftar, bas\u00e9 dans l&rsquo;Est, ne reconnait pas le nouveau gouvernement. Son parlement qui est issu de l&rsquo;ancienne Assembl\u00e9e nationale, retir\u00e9e \u00e0 Tobrouk, et son cabinet parall\u00e8le refusent de reconna\u00eetre le GNA.<\/p>\n<p>Le pays se trouve alors compl\u00e8tement enfonc\u00e9 dans la crise. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, il y a le GNA qui tient l&rsquo;Ouest et de l&rsquo;autre l&rsquo;autoproclam\u00e9e Arm\u00e9e nationale Libyenne ( LNA, pour Libyan national army en anglais) du Mar\u00e9chal Haftar \u00e0 l&rsquo;Est, le tout en pr\u00e9sence d&rsquo;une myriade de groupes arm\u00e9s islamistes dont le plus redoutable est celui affili\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Etat islamique (EI) qui a fait d&rsquo;\u00e9normes d\u00e9g\u00e2ts avant d&rsquo;\u00eatre d\u00e9fait finalement \u00e0 partir de 2019.<\/p>\n<p>C&rsquo;est alors que le mar\u00e9chal Haftar a l&rsquo;id\u00e9e de lancer une nouvelle offensive qui conduit ses hommes aux portes de Tripoli. Bien que soutenus par des mercenaires russes, ils sont finalement repouss\u00e9s au printemps 2020, suite \u00e0 une intervention de l&rsquo;arm\u00e9e turque aux c\u00f4t\u00e9s des forces du GNA.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la signature en octobre 2020 d&rsquo;un cessez-le-feu cens\u00e9 ouvrir la voie \u00e0 une solution n\u00e9goci\u00e9e pour un retour \u00e0 la paix, la situation reste tr\u00e8s fragile sur le terrain au point qu&rsquo;il n&rsquo;est pas garanti que les \u00e9lections l\u00e9gislatives et pr\u00e9sidentielle pr\u00e9vues le 24 d\u00e9cembre prochain puissent avoir lieu.<\/p>\n<p>Quelques facteurs auraient pourtant pu faire \u00e9voluer la situation vers la paix et la normalisation de la situation politique dans le pays. Une implication forte d&rsquo;acteurs majeurs comme les Etats-Unis et l&rsquo;Union europ\u00e9enne aurait largement aid\u00e9 les Libyens \u00e0 trouver un accord de paix solide entre les Libyens. Mais deux acteurs ne semblent encore manifester la volont\u00e9 de s&rsquo;impliquer s\u00e9rieusement dans la crise libyenne. Washington pr\u00e9f\u00e8re pour l&rsquo;instant laisser le dossier libyen entre les mains de certains des ses alli\u00e9s, m\u00eame si ces derniers sont compl\u00e8tement oppos\u00e9s sur le terrain, comme les Emirats et l&rsquo;Egypte qui soutiennent Haftar et la Turquie, membre de l&rsquo;Otan, alli\u00e9 du GNA de Tripoli.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l&rsquo;Union europ\u00e9enne, elle est paralys\u00e9e sur le dossier libyen par les divergences entre certains de ses membres engag\u00e9s en Libye comme l&rsquo;Italie t le France.<\/p>\n<p>Des occasions de normaliser la situation en Libye ont pourtant exist\u00e9. Mais elles n&rsquo;ont pas eu la suite qu&rsquo;elle m\u00e9ritait. L&rsquo;accord sign\u00e9 entre les acteurs libyens dans la ville marocaine de Skhirat le 17 septembre 2015 aurait pu servir de base \u00e0 un d\u00e9but de r\u00e8glement d\u00e9finitif de la crise libyenne. Mais \u00e0 chaque fois qu&rsquo;une avanc\u00e9e pareille est enregistr\u00e9e, elle est suivie ou accompagn\u00e9e par une ou deux initiatives qui sont tout sauf cens\u00e9es contribuer au calme, comme l&rsquo;envoi d&rsquo;armement par une puissance \u00e9trang\u00e8re \u00e0 un de ses allies libyens.<\/p>\n<p>Une Accalmie est observ\u00e9e sur le terrain depuis quelques temps entre les principaux acteurs de la crise libyenne. Est-ce le r\u00e9sultat des efforts de m\u00e9diations de l&rsquo;Onu par exemple ?<\/p>\n<p>Le calme qui r\u00e8gne en ce moment en Libye est tout sauf le r\u00e9sultat des efforts des diff\u00e9rents m\u00e9diateurs qui ont tent\u00e9 d&rsquo;aider les Libyens \u00e0 retrouver la paix. Cette accalmie tient de l&rsquo;\u00e9volution du rapport de force sur le terrain entre le GNA et le camp du Mar\u00e9chal Haftar. Chacun de ces camps doit une grande partie de ses forces \u00e0 ses soutiens ext\u00e9rieurs, principalement la Turquie pour le GNA et la Russie pour Haftar. Ces deux puissances ne sont pas engag\u00e9es en Libye pour une guerre sans fin. Derri\u00e8re leurs soutiens \u00e0 leurs amis libyens, se cachent des vis\u00e9es sur les futurs march\u00e9s li\u00e9s \u00e0 la reconstruction de la Libye post-conflit. Une sorte d&rsquo;\u00e9quilibre des forces est aujourd&rsquo;hui manifeste et chacune de ces puissances semblent s&rsquo;en accommoder en attendant que la situation se normalise.<\/p>\n<p>Dix ans apr\u00e8s la mort de Kadhafi, que reste-t-il de ses soutiens en Libye ?<\/p>\n<p>Le camp des partisans, sympathisants ou nostalgiques du r\u00e9gime du colonel Kadhafi reste significatif. Les Kadhafistes restent nombreux dans diff\u00e9rents secteurs d&rsquo;activit\u00e9s en Libye, m\u00eame si cela est \u00e0 titre individuel et non collectif. Des cadres issus de l&rsquo;ancien r\u00e9gime sont actifs aussi bien dans les affaires qu&rsquo;au sein de l&rsquo;administration, y compris au gouvernement o\u00f9 les minist\u00e8res des finances et celui de l&rsquo;\u00e9conomie sont aujourd&rsquo;hui tenu par d&rsquo;anciens kadhafistes.<\/p>\n<p>Le camp de Kadhafi dispose encore d&rsquo;excellents cadres dot\u00e9s d&rsquo;exp\u00e9rience av\u00e9r\u00e9e en politique, dans le domaine de l&rsquo;administration, la s\u00e9curit\u00e9, le renseignement, les affaires, etc.<\/p>\n<p>Les kadhafistes repr\u00e9senterait environ le tiers de libyens. Cependant, il n&rsquo;est pas s\u00fbr qu&rsquo;ils soient aussi unis qu&rsquo;on puisse l&rsquo;imaginer ou qu&rsquo;ils disposent d&rsquo;un leadership capable de les mener vers un retour au pouvoir en gagnant les \u00e9lections par exemple. Seif El Islam Kadhafi, qui est \u00e9tait durant les derni\u00e8res ann\u00e9es de pouvoir de son p\u00e8re donn\u00e9 comme son successeur et qui pr\u00e9sent\u00e9 aujourd&rsquo;hui comme un \u00e9ventuel candidat la pr\u00e9sidence du pays, n&rsquo;est probablement pas ce fameux chef derri\u00e8re lequel les partisans de son p\u00e8re pourraient tous se ranger. En d\u00e9pit de la lib\u00e9ration qui lui a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e par les milices de la ville Zenten qui l&rsquo;avaient arr\u00eat\u00e9 et emprisonn\u00e9, il n&rsquo;a toujours pas fait le moindre meeting, ou enregistrement vid\u00e9o destin\u00e9 \u00e0 ses partisans. Ses seules d\u00e9clarations diffus\u00e9es jusqu&rsquo;ici l&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 par le biais d&rsquo;interviews accord\u00e9es \u00e0 la presse \u00e9trang\u00e8re, am\u00e9ricaine notamment. Ce qui est trop peu pour un homme qui r\u00eave de r\u00e9cup\u00e9rer le pouvoir dix ans apr\u00e8s que son p\u00e8re l&rsquo;avait perdu.<\/p>\n<p>Cet article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.journalducameroun.com\/dix-ans-apres-la-mort-de-kadhafi-ou-va-la-libye\/\">Dix ans apr\u00e8s la mort de Kadhafi, o\u00f9 va la Libye ?<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.journalducameroun.com\/\">Journal du Cameroun<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: APA News<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.journalducameroun.com\/dix-ans-apres-la-mort-de-kadhafi-ou-va-la-libye\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Des occasions de normaliser la situation en Libye ont pourtant exist\u00e9. 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