{"id":13474,"date":"2019-02-12T16:31:57","date_gmt":"2019-02-12T21:31:57","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/violences-electorales-au-senegal\/"},"modified":"2019-02-12T16:31:57","modified_gmt":"2019-02-12T21:31:57","slug":"violences-electorales-au-senegal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/violences-electorales-au-senegal\/","title":{"rendered":"VIOLENCES ELECTORALES AU SENEGAL"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"post_layout_5_img\" src=\"http:\/\/lepays.bf\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/SENEGAL.jpg\" alt=\"VIOLENCES ELECTORALES AU SENEGAL\"\/><\/p>\n<p><strong>\u00a0La d\u00e9mocratie ensanglant\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>La campagne pour la pr\u00e9sidentielle du 24 f\u00e9vrier prochain bat actuellement son plein au S\u00e9n\u00e9gal, \u00e9maill\u00e9e qu\u2019elle est de heurts et de violences. En effet, le lundi 11 f\u00e9vrier dernier, une rixe ayant oppos\u00e9 des militants du Parti pour l\u2019unit\u00e9 et le rassemblement (PUR), la formation politique du candidat Issa Sall \u00e0 ceux de la majorit\u00e9 pr\u00e9sidentielle, \u00e0 propos d\u2019affiches de campagne arrach\u00e9es, s\u2019est sold\u00e9e par la mort d\u2019un des militants du pr\u00e9sident-candidat Macky Sall. A ce malheureux tu\u00e9 \u00e0 l\u2019arme blanche vient s\u2019ajouter plus d\u2019une douzaine de victimes d\u2019accidents de la route, toutes\u00a0 dans le cadre de la campagne.\u00a0 Et \u00e0 ce qu\u2019il semble, la liste est loin d\u2019\u00eatre exhaustive. Dans\u00a0 le livre de cette comptabilit\u00e9 macabre, il faut aussi inscrire, en plus des attaques personnelles, les destructions de biens priv\u00e9s et les nombreuses \u00e9chauffour\u00e9es cons\u00e9cutives aux mouvements de col\u00e8re de certains groupes.<\/p>\n<p><strong>Le mythe qui fait du <em>pays de la Teranga<\/em> un label d\u00e9mocratique sur le continent, est en train de s\u2019effriter<\/strong><\/p>\n<p>Si donc sur le plan du fonctionnement des institutions, il existe un mythe qui fait du <em>pays de la Teranga<\/em> un label d\u00e9mocratique sur le continent, ce label est en train de s\u2019effriter en raison des r\u00e9currents affrontements qui ensanglantent chaque comp\u00e9tition \u00e9lectorale. Quelles sont donc les causes de cette situation qui, \u00e9lection apr\u00e8s \u00e9lection, semble aller de Charybde en Scylla\u00a0?<\/p>\n<p>Il faut d\u2019abord pointer du doigt la responsabilit\u00e9 des leaders politiques qui, en plus de faire monter les ench\u00e8res \u00e0 l\u2019approche des \u00e9lections et d\u2019instrumentaliser les populations, manquent \u00e0 leur devoir r\u00e9galien qui est d\u2019\u00e9duquer politiquement les jeunes. Le corollaire de cette faillite est l\u2019immaturit\u00e9 politique des populations qui, au lieu de s\u2019affronter dans des d\u00e9bats d\u2019id\u00e9es, transforment la sc\u00e8ne politique en un ring de boxe. A cette situation exacerb\u00e9e par les violentes diatribes, il faut ajouter le contexte particulier de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2019. Le sentiment partag\u00e9 par de nombreux S\u00e9n\u00e9galais est que le pr\u00e9sident sortant, candidat \u00e0 sa propre succession, a injustement man\u0153uvr\u00e9 pour \u00e9carter de la course au fauteuil pr\u00e9sidentiel de gros bonnets de l\u2019opposition, en l\u2019occurrence Karim Wade et Khalifa Sall, tous deux ayant maille \u00e0 partir avec la Justice s\u00e9n\u00e9galaise. Il en r\u00e9sulte une atmosph\u00e8re particuli\u00e8rement tendue que viennent alourdir les appels au report pour ne pas dire au boycott de l\u2019\u00e9lection, lanc\u00e9s par l\u2019ex-pr\u00e9sident Abdoulaye Wade dont il faut par ailleurs condamner le manque de r\u00e9alisme.<\/p>\n<p>Quelles que soient les causes de ces violences \u00e9lectorales, une chose semble certaine\u00a0: le S\u00e9n\u00e9gal n\u2019a pas besoin de ces sc\u00e8nes affreuses. Car en plus de ternir l\u2019image du pays qui a d\u00e9j\u00e0 pris un coup ces derni\u00e8res ann\u00e9es, avec les accusations de corruption, les relents de trafic d\u2019influence et de d\u00e9sinformations contre le pouvoir, elles compromettent dangereusement la coh\u00e9sion sociale et l\u2019unit\u00e9 nationale qui constituent le socle du d\u00e9veloppement national. En outre, elles accroissent consid\u00e9rablement les risques des contestations post-\u00e9lectorales qui peuvent mettre \u00e0 rude \u00e9preuve la stabilit\u00e9 du pays et le fonctionnement des institutions. M\u00eame si le S\u00e9n\u00e9gal, de par son histoire est encore loin de ces scenarii, il y a lieu que les acteurs politiques fassent preuve de lucidit\u00e9 et de sursaut patriotique pour \u00e9teindre le feu qui couve sous les cendres.<\/p>\n<p><strong>Mourir pour un homme politique en Afrique, c\u2019est se faire gratuitement <em>harakiri<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Parmi les solutions envisag\u00e9es pour exorciser le mal, des voix se sont \u00e9lev\u00e9es pour appeler le Pr\u00e9sident Macky Sall et l\u2019ex-pr\u00e9sident Abdoulaye Wade \u00e0 se parler pour faire baisser la tension. \u00ab\u00a0 <em>Nous pensons qu\u2019un coup de fil de Macky Sall \u00e0 Abdoulaye Wade peut \u00e9videmment aider \u00e0 avoir une campagne apais\u00e9e<\/em>\u00a0\u00bb estime le pr\u00e9sident du bureau d\u2019Amnesty International au S\u00e9n\u00e9gal, Seydi Gassama. M\u00eame si l\u2019on peut se demander si cette proposition n\u2019intervient pas sur le tard, l\u2019on peut se f\u00e9liciter que de nombreux responsables de partis politiques et d\u2019organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile aient lanc\u00e9 des appels au calme \u00e0 l\u2019endroit de leurs militants. Dans la logique de la pr\u00e9vention et de la dissuasion, les autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises devraient cependant prendre des mesures plus \u00e9nergiques qui consistent \u00e0 d\u00e9masquer, \u00e0 travers une enqu\u00eate s\u00e9rieuse, les auteurs des violences et les traduire devant les juridictions comp\u00e9tentes pour qu\u2019ils r\u00e9pondent de leurs actes. C\u2019est, en tout cas, l\u2019avis partag\u00e9 par un collectif d\u2019organisations de d\u00e9fense des droits de l\u2019Homme\u00a0 qui exhortent, dans un communiqu\u00e9 commun, <em>\u00ab\u00a0 les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes \u00e0 ouvrir des enqu\u00eates sur tous les actes de violences survenus depuis le d\u00e9but de la campagne \u00e9lectorale et traduire leurs auteurs en justice<\/em>\u00a0\u00bb. Sur le long terme, une autre solution, si elle n\u2019existe d\u00e9j\u00e0, serait l\u2019\u00e9laboration et l\u2019adoption, comme cela se fait sous d\u2019autres cieux, d\u2019un Code de bonne conduite qui lierait dans un engagement mutuel les acteurs politiques pendant les campagnes \u00e9lectorales. Enfin, il faut rappeler aux diff\u00e9rents acteurs politiques leurs responsabilit\u00e9s premi\u00e8res d\u2019\u00e9duquer politiquement les populations pour pr\u00e9server, au-del\u00e0 de la diversit\u00e9 d\u2019opinion politique et id\u00e9ologique, le vivre-ensemble.<\/p>\n<p>Quant aux populations, elles doivent comprendre que mourir pour un homme politique en Afrique, c\u2019est se faire gratuitement <em>harakiri.<\/em> Car apr\u00e8s les empoignades des campagnes \u00e9lectorales, ces gens-l\u00e0 finissent tr\u00e8s souvent par trouver des compromis afin de continuer \u00e0 siroter leur petit lait.<\/p>\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0Le Pays\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/lepays.bf\/violences-electorales-au-senegal\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><br \/>\nAuteur: Le Pays<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0La d\u00e9mocratie ensanglant\u00e9e La campagne pour la pr\u00e9sidentielle du 24 f\u00e9vrier prochain bat actuellement son plein au S\u00e9n\u00e9gal, \u00e9maill\u00e9e qu\u2019elle est de heurts et de violences. 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