{"id":136371,"date":"2021-12-20T17:26:59","date_gmt":"2021-12-20T22:26:59","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/proces-thomas-sankara-prends-soin-de-philippe-et-auguste-temoigne-emile-nacoulma\/"},"modified":"2021-12-20T17:26:59","modified_gmt":"2021-12-20T22:26:59","slug":"proces-thomas-sankara-prends-soin-de-philippe-et-auguste-temoigne-emile-nacoulma","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/proces-thomas-sankara-prends-soin-de-philippe-et-auguste-temoigne-emile-nacoulma\/","title":{"rendered":"Proc\u00e8s Thomas Sankara :  \u00abPrends soin de Philippe et Auguste \u00bb, t\u00e9moigne Emile Nacoulma"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Le proc\u00e8s du dossier Thomas Sankara et 12 autres s\u2019est poursuivi, le lundi 20 d\u00e9cembre 2021, au Tribunal militaire. Neuf t\u00e9moins ont fait leurs d\u00e9positions sur ce qu\u2019ils savent des \u00e9v\u00e8nements du 15 octobre 1987.<\/strong><\/p>\n<p>Le commandant adjoint de la Force d\u2019intervention du minist\u00e8re de l\u2019administration territoriale et de la s\u00e9curit\u00e9 (FIMATS) en octobre 1987, Ambroise Diarra qui avait fait sa d\u00e9position la semaine derni\u00e8re \u00e9tait encore \u00e0 la barre pour r\u00e9pondre aux questions des juges, du parquet militaire, des avocats de la partie civile et de la d\u00e9fense. Le t\u00e9moin a, \u00e0 la demande du tribunal militaire, r\u00e9sum\u00e9 la mission du Lieutenant Tibo Ou\u00e9draogo \u00e0 la FIMATS le 15 octobre 1987. Selon le n\u00b02 de la FIMATS, Tibo Ou\u00e9draogo \u00e9tait venu dans leur caserne dans l\u2019intention de prendre la FIMATS. \u00ab Lorsqu\u2019il est arriv\u00e9 entre 16 heures et 17 heures avec huit \u00e9l\u00e9ments dont Albert Belemwilga, il se sont pr\u00e9sent\u00e9s comme \u00e9tant des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019ETIR. Il a laiss\u00e9 entendre que ses hommes et lui venaient nous appuyer et qu\u2019il cherchait le chef de la FIMATS Vincent Sigu\u00e9. Nous nous sommes suivis \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Il a constat\u00e9 un dispositif s\u00e9curitaire \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la caserne. Il a voulu r\u00e9organiser le dispositif, mais j\u2019ai refus\u00e9. Car je trouvais cela suspect.<\/p>\n<p>Il a donc alors choisi d\u2019\u00e9changer avec moi\u00a0\u00bb, a expliqu\u00e9 le t\u00e9moin. Pour M. Diarra, la cohabitation des \u00e9l\u00e9ments de la FIMATS avec les hommes de Tibo Ou\u00e9draogo \u00e9tait pacifique, mais chaque camp se m\u00e9fiait de l\u2019autre. A \u00e9couter le commandant adjoint de la FIMATS, le lendemain du drame, le 16 octobre, le lieutenant Tibo Ou\u00e9draogo l\u2019a amen\u00e9 au Conseil de l\u2019entente o\u00f9 il l\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 au Lieutenant Gilbert Diend\u00e9r\u00e9. \u00ab\u00a0Gilbert voulait qu\u2019on l\u2019aide \u00e0 lib\u00e9rer deux de ses \u00e9l\u00e9ments arr\u00eat\u00e9s par la BIA de Koudougou. J\u2019ai r\u00e9pondu par l\u2019affirmative. Mais j\u2019avais ma petite id\u00e9e derri\u00e8re la t\u00eate \u00e0 savoir chercher \u00e0 rentrer en contact avec Boukari Kabor\u00e9 dit le lion de la BIA\u00a0\u00bb, a-t-il laiss\u00e9 entendre. Le deuxi\u00e8me t\u00e9moin, Kouka Man\u00e9 appel\u00e9 \u00e0 la barre faisait partie du commando venu de P\u00f4 pour un renfort.<\/p>\n<h2><strong>\u00ab\u00a0Nous \u00e9tions venus pour la guerre\u00a0\u00bb<\/strong><\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est \u00e0 la radio nationale que j\u2019ai entendu la mort de Thomas Sankara. J\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de me rendre au camp et c\u2019est \u00e0 la place de la Nation de P\u00f4 que le rassemblement a eu lieu ce jour. Le chef Alain Bonkian nous a dit que la situation \u00e9tait critique \u00e0 Ouaga et que nous irions d\u00e9fendre nos camarades. Au conseil, on nous disait d\u2019\u00eatre sur nos gardes. Car l\u2019ennemi pouvait intervenir \u00e0 tout moment. Nous \u00e9tions venus pour la guerre, mais il n\u2019y avait pas de guerre. Au bout de trois semaines, nous sommes repartis \u00e0 P\u00f4\u00a0\u00bb, a confi\u00e9 M. Man\u00e9. Le troisi\u00e8me t\u00e9moin, Amadou Karambiri dit Baba, journaliste \u00e0 la radio nationale au moment des faits a indiqu\u00e9 dans sa d\u00e9position qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu pendant une dizaine de jours \u00e0 la gendarmerie.<\/p>\n<p>Le 15 octobre, il a d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre \u00e0 l\u2019antenne pour des bulletins d\u2019informations et qu\u2019il a regagn\u00e9 son domicile difficilement ce jour \u00e0 cause de la situation. \u00ab\u00a0Sans rien comprendre, des gendarmes sont venus deux jours apr\u00e8s me chercher\u00a0\u00bb, a-t-il relev\u00e9. Le quatri\u00e8me t\u00e9moin, Kouma Kabor\u00e9, sergent \u00e0 la retraite, \u00e9tait le chauffeur titulaire de Thomas Sankara. Il \u00e9tait en mission avec l\u2019aide de camp du pr\u00e9sident, Etienne Zongo \u00e0 Fada. \u00ab\u00a0Thomas Sankara nous avait demand\u00e9 d\u2019aller rendre visite \u00e0 son ami Jean Baptiste Ou\u00e9draogo qui \u00e9tait malade \u00e0 Fada. C\u2019est \u00e0 notre retour qu\u2019on a appris sur les ondes la mort du pr\u00e9sident Sankara. Nous sommes rentr\u00e9s dans la nuit au conseil\u00a0\u00bb, a-t-il soutenu. Contrairement aux d\u00e9clarations de l\u2019accus\u00e9 Bossob\u00e8 Traor\u00e9 qui a laiss\u00e9 entendre qu\u2019il avait aper\u00e7u M. Kabor\u00e9 au Conseil aux environs de 15 heures, le t\u00e9moin a insist\u00e9 qu\u2019ils sont revenus \u00e0 Ouaga dans la nuit. Il a vivement contest\u00e9 l\u2019accus\u00e9 Bossob\u00e8 Traor\u00e9 pendant la confrontation.<\/p>\n<h2><strong>\u00ab\u00a0J\u2019ai renonc\u00e9 \u00e0 la r\u00e9sistance\u00a0\u00bb<\/strong><\/h2>\n<p>Le cinqui\u00e8me t\u00e9moin, Mamoudou Badini, un \u00e9l\u00e9ment de la garde pr\u00e9sidentielle et le sixi\u00e8me, Morifing Traor\u00e9, sous-lieutenant \u00e0 l\u2019ETIR ont \u00e9galement fait leurs d\u00e9positions. Selon M. Traor\u00e9, au moment des tirs, ils \u00e9taient au sport de masse. \u00ab\u00a0Nous \u00e9tions oblig\u00e9s d\u2019arr\u00eater le sport. N\u2019ayant pas la position de notre chef, Michel Koama, le lieutenant Elis\u00e9e Sanogo, adjoint de l\u2019ETIR a convoqu\u00e9 une rencontre \u00e0 18 heures.\u00a0Nous \u00e9tions trois \u00e0 cette rencontre, Elis\u00e9e, Gaspard Som\u00e9 et moi. Il s\u2019agissait d\u2019avoir des informations sur la position de Koama\u00a0\u00bb, a-t-il expliqu\u00e9. Puis de poursuivre que vers 20 heures, apr\u00e8s la confirmation de la mort de Thomas Sankara, Elis\u00e9e leur a encore contact\u00e9s pour qu\u2019ils prennent position \u00e0 savoir r\u00e9sister au nouveau pouvoir.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai tent\u00e9 de le dissuader, mais il \u00e9tait d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 rejoindre les \u00e9l\u00e9ments du BIA pour la r\u00e9sistance et il a regagn\u00e9 Koudougou. Un autre ancien \u00e9l\u00e9ment de l\u2019ETIR en service \u00e0 la BIA est venu me voir pour la r\u00e9sistance et j\u2019ai d\u00e9clin\u00e9 l\u2019offre\u00a0\u00bb, a-t-il relev\u00e9. A son avis, le 16 octobre, deux \u00e9l\u00e9ments accompagn\u00e9s de Gaspard Som\u00e9 sont venus lui transmettre un message le convoquant au conseil. \u00ab\u00a0J\u2019ai \u00e9t\u00e9 re\u00e7u par le lieutenant Diend\u00e9r\u00e9 qui m\u2019a inform\u00e9 qu\u2019il me gardera \u00e0 la gendarmerie pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9. J\u2019ai pass\u00e9 une semaine \u00e0 la gendarmerie o\u00f9 j\u2019ai \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9 par Djibril Bassolet\u00a0\u00bb, a soutenu M. Badini. Les t\u00e9moins, Macaire Abel Marcel Ou\u00e9draogo, Mahamoudou Sanou et Emile Nacoulma ont \u00e9t\u00e9 les derniers \u00e0 faire leurs d\u00e9positions. Macaire Abel Marcel Ou\u00e9draogo avait la charge de mettre un dispositif s\u00e9curitaire en place \u00e0 la FIMATS apr\u00e8s les coups de feu entendus en ville.<\/p>\n<h2><strong>\u00ab\u00a0Tibo n\u2019\u00e9tait pas notre ami\u00a0\u00bb<\/strong><\/h2>\n<p>Lorsque le dispositif \u00e9tait en place, le t\u00e9moin a dit avoir rendu compte \u00e0 ses chefs. Quelque temps apr\u00e8s, son chef de corps lui a inform\u00e9 de la pr\u00e9sence de Tibo Ou\u00e9draogo et ses hommes. Tibo qui tenait un pistolet mitrailleur isra\u00e9lien m\u2019a dit : \u00ab deux grands se battent en ville. Un est d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Nous sommes vos amis, nous venons vous renforcer \u00bb. Lorsqu\u2019il est rentr\u00e9 au sein de la FIMATS, a poursuivi le t\u00e9moin, quand il a vu le dispositif, il a dit qu\u2019on m\u2019avait envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019abattoir. \u00ab Au rassemblement, Tibo a encore r\u00e9p\u00e9t\u00e9 la m\u00eame phrase avant d\u2019ajouter qu\u2019\u00e0 partir de cet instant, il prenait le commandement. Il a aussi ordonn\u00e9 d\u2019abattre Vincent Sigu\u00e9 d\u00e8s qu\u2019il se pr\u00e9sente \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Macaire Abel Marcel Ou\u00e9draogo. C\u2019est \u00e0 partir de ce moment que nous avons su que c\u2019est le pr\u00e9sident Sankara qui a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9. Nous avons alors compris que Tibo n\u2019\u00e9tait pas notre ami, mais il \u00e9tait difficile pour nous de r\u00e9agir.<\/p>\n<p>Car ses hommes \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 bien positionn\u00e9s parmi nous, a indiqu\u00e9 le t\u00e9moin. Le caporal Mahamoudou Sanou \u00e9tait le responsable de la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Ouagadougou. Son unit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e en renfort au conseil apr\u00e8s le drame. Quant \u00e0 Emile Nacoulma, sergent-chef au moment des faits, il a t\u00e9moign\u00e9 avoir tent\u00e9 de convaincre Thomas Sankara dans la nuit du 14 octobre de prendre des dispositions au regard de la situation d\u00e9l\u00e9t\u00e8re entre lui et Blaise Compaor\u00e9. \u00ab Il m\u2019a toujours r\u00e9pondu qu\u2019on ne meurt pas deux fois. \u00c7a peut arriver comme \u00e7a peut ne pas arriver. Si jamais cela arrivait, n\u2019oublie pas de prendre soin de Philippe (7ans) et Auguste (5 ans) \u00bb, a expliqu\u00e9 le chef du 1er groupe de s\u00e9curit\u00e9 de Thomas Sankara. Le proc\u00e8s qui a d\u00e9but\u00e9 \u00e0 9 heures 11 minutes a \u00e9t\u00e9 suspendu \u00e0 16 heures 7 minutes. Il reprend ce matin avec les auditions d\u2019Emile Nacoulma.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Abdoulaye BALBONE <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/12\/20\/proces-thomas-sankara-prends-soin-de-philippe-et-auguste-temoigne-emile-nacoulma\/\">Proc\u00e8s Thomas Sankara :  \u00abPrends soin de Philippe et Auguste \u00bb, t\u00e9moigne Emile Nacoulma<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/12\/20\/proces-thomas-sankara-prends-soin-de-philippe-et-auguste-temoigne-emile-nacoulma\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le proc\u00e8s du dossier Thomas Sankara et 12 autres s\u2019est poursuivi, le lundi 20 d\u00e9cembre 2021, au Tribunal militaire. Neuf t\u00e9moins ont fait leurs d\u00e9positions sur ce qu\u2019ils savent des \u00e9v\u00e8nements du 15 octobre 1987. Le commandant adjoint de la Force d\u2019intervention du minist\u00e8re de l\u2019administration territoriale et de la s\u00e9curit\u00e9 (FIMATS) en octobre 1987, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-136371","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/136371","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=136371"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/136371\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=136371"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=136371"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=136371"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}