{"id":136565,"date":"2021-12-22T12:17:03","date_gmt":"2021-12-22T17:17:03","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/blocus-du-convoi-militaire-francais-a-kaya-sur-les-traces-des-rescapes-blesses\/"},"modified":"2021-12-22T12:17:03","modified_gmt":"2021-12-22T17:17:03","slug":"blocus-du-convoi-militaire-francais-a-kaya-sur-les-traces-des-rescapes-blesses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/blocus-du-convoi-militaire-francais-a-kaya-sur-les-traces-des-rescapes-blesses\/","title":{"rendered":"Blocus du convoi militaire fran\u00e7ais \u00e0 Kaya: Sur les traces des rescap\u00e9s bless\u00e9s\u00a0!"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Le \u00a0blocus impos\u00e9 par des manifestants de Kaya au convoi militaire fran\u00e7ais en partance pour Gao (Mali), via Niger, du 18 au 20 novembre 2021, a fait des bless\u00e9s \u00e9vacu\u00e9s dans des formations sanitaires de ladite ville. Retour sur un blocus de trois jours ayant \u00a0marqu\u00e9 les populations !<\/strong><\/p>\n<p>Il est 12heures 37minutes. Le soleil est au z\u00e9nith. Nous sommes au troisi\u00e8me jour (20 novembre) du blocus impos\u00e9 par des populations de\u00a0 Kaya au convoi militaire fran\u00e7ais, long sur plus de 5 km, en partance pour Gao, via Niger. Devant le parking o\u00f9 est retranch\u00e9e l\u2019Arm\u00e9e fran\u00e7aise, la pression des manifestants monte en crescendo du jour au jour. L\u2019objectif\u00a0: inspecter tous les containers. <em>\u00abNous ne les emp\u00eachons pas de continuer leur chemin. Nous voulons s\u2019assurer que ce convoi ne transporte pas des armes, munitions, motos, m\u00e9dicaments, etc. au profit des terroristes\u00bb<\/em>, arguent la plupart des manifestants. Les esprits se surchauffent entre les forces de l\u2019ordre burkinab\u00e8, qui tentent <em>\u00abimpuissamment\u00bb <\/em>de contenir la foule, et les manifestants. Les soldats fran\u00e7ais sont <em>\u00abaccul\u00e9s\u00bb<\/em>. Ils multiplient les strat\u00e9gies de dissuasion. Des chiens encha\u00een\u00e9s sont emmen\u00e9s tout pr\u00e8s du grillage pour apeurer les manifestants. Peine perdue\u00a0! Certains manifestants veulent les faire passer \u00e0 la marmite. Les soldats fran\u00e7ais sont contraints de mettre leur compagnon \u00e0 l\u2019abri. A chaque fois que les Fran\u00e7ais brandissent des actes d\u2019intimidation, les manifestants entonnent l\u2019hymne national, source d\u2019inspiration. D\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s, ils proc\u00e8dent aux premiers tirs de sommation. C\u2019est la d\u00e9bandade\u00a0! Par le biais de coups de fils t\u00e9l\u00e9phoniques ou des r\u00e9seaux sociaux, la remobilisation est lanc\u00e9e. Des centaines de personnes fusent de partout pour rejoindre le lieu du blocus. La pression exacerbe. Pris de panique, deux soldats fran\u00e7ais s\u2019\u00e9vanouissent. Un h\u00e9lico de combat fran\u00e7ais atterrit. Ils sont \u00e9vacu\u00e9s en urgence. Un autre sillonne\u00a0 les alentours. Des <em>\u00ab\u00e9l\u00e9ments\u00bb<\/em> de la Brigade anticriminelle (BAC), munis de gaz lacrymog\u00e8ne, de matraques et de casques de protection, peinent \u00e0 contenir la foule en furie. Des jets de pierres s\u2019encha\u00eenent en direction du convoi. <em>\u00abVisages crisp\u00e9s\u00bb<\/em>, des militaires fran\u00e7ais, arm\u00e9s jusqu\u2019aux dents, effectuent une fois de plus des tirs de sommation.<\/p>\n<p><strong>Saigner \u00e9norm\u00e9ment<\/strong><\/p>\n<p>Cinq \u00a0manifestants bless\u00e9s dont quatre par balles r\u00e9elles et un par bousculade. Transport\u00e9s, en tricycle ou \u00e0 motos, les bless\u00e9s graves b\u00e9n\u00e9ficient des premiers soins \u00e0 l\u2019infirmerie militaire de Kaya. Ils sont par la suite transf\u00e9r\u00e9s par l\u2019ambulance des b\u00e9rets rouges au Centre hospitalier r\u00e9gional de Kaya (CHRK). Selon le chirurgien orthop\u00e9dique-traumatologue du CHRK, Dr Jean Baptiste Vallian,\u00a0parmi ces cinq bless\u00e9s, trois ont subi une intervention chirurgicale. <em>\u00abDans ces trois bless\u00e9s graves qui ont \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9s, deux saignaient \u00e9norm\u00e9ment. Il a fallu d\u2019abord m\u00e9dicaliser les plaies, les rendre au maximum propre et puis faire un pansement plus ou moins compressif pour que les saignements s\u2019arr\u00eatent. Donc, ils sont arriv\u00e9s pour les trois bless\u00e9s, dans un \u00e9tat de saignement. Mais leur pronostic vital n\u2019\u00e9tait pas engag\u00e9. C\u2019est peut-\u00eatre le pronostic fonctionnel surtout pour les deux pieds\u00bb,<\/em> d\u00e9clare-t-il. Mohamed Bachirou Tontorogbo r\u00e9side au secteur n\u00b01 de Kaya. Allong\u00e9 sur un canap\u00e9 de deux places assises, il vient de prendre son petit d\u00e9jeuner. L\u2019air souriant, il nous re\u00e7oit sous un hangar colmat\u00e9 en maisonnette dans sa cour familiale. Le rescap\u00e9 Tontorogbo a re\u00e7u deux balles sur la planche du pied gauche. <em>\u00abLorsque le m\u00e9decin a extrait la premi\u00e8re balle, il me l\u2019a montr\u00e9e. Je l\u2019ai vu lorsque j\u2019\u00e9tais allong\u00e9 sur mon lit d\u2019h\u00f4pital. La deuxi\u00e8me balle a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e et jet\u00e9e dans un r\u00e9cipient. Et, j\u2019ai entendu le bruit\u00bb,<\/em> se rem\u00e9more-t-il, toujours sous le choc. Mohamed Bachirou Tonrogbo revient sur les circonstances de sa blessure. <em>\u00abJ\u2019\u00e9tais assis de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du goudron en train de discuter avec un petit. C\u2019est au moment o\u00f9 je me suis lev\u00e9 pour me mettre \u00e0 l\u2019abri, parce que les tirs de sommation s\u2019intensifiaient que les balles ont arros\u00e9 mon pied\u00bb,<\/em> d\u00e9plore-t-il.<\/p>\n<p><strong>Echapper \u00e0 la mort<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_43515\" aria-describedby=\"caption-attachment-43515\" style=\"width: 696px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-43515 size-large\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/12\/1-67-768x1024-1.jpg\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"928\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/12\/1-67-768x1024-1.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/1-67-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/1-67-150x200.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/1-67-300x400.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/1-67-696x928.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/1-67-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/1-67.jpg 900w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\"><figcaption id=\"caption-attachment-43515\" class=\"wp-caption-text\">Le d\u00e9plac\u00e9 interne Saidou Fran\u00e7ois Sawadogo : \u00abMa famille souffre actuellement de faim\u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Et de poursuivre\u00a0: <em>\u00abLorsque j\u2019ai re\u00e7u les balles, j\u2019ai tent\u00e9 de fuir et je suis tomb\u00e9. Ce sont deux jeunes qui m\u2019ont transport\u00e9 vers leur moto. C\u2019est en ce moment que j\u2019ai crois\u00e9 un ami militaire qui m\u2019avait appel\u00e9 pour savoir ma position. C\u2019est lui qui m\u2019a emmen\u00e9 au CHR de Kaya\u00bb<\/em>. Mahamado Ou\u00e9draogo est un vendeur d\u2019accessoires de t\u00e9l\u00e9phones portables \u00e0 la gare routi\u00e8re du Sanmatenga, commun\u00e9ment appel\u00e9e <em>\u00abSandaogo\u00bb<\/em>. Lui-aussi a \u00e9chapp\u00e9 de justesse \u00e0 la mort lors des tirs de sommation effectu\u00e9s par l\u2019Arm\u00e9e fran\u00e7aise. Il nous invite \u00e0 s\u2019installer sur un banc sous le hangar de son lieu de vente. \u00a0Notre interlocuteur dandine toujours dans la ville de Kaya avec une balle log\u00e9e dans sa joue droite. Il nous d\u00e9crit le scenario. <em>\u00abNos amis et fr\u00e8res FDS nous ont toujours conseill\u00e9s que lors que nous entendons des cr\u00e9pitements d\u2019armes de se plaquer au sol m\u00eame si nous ne sommes pas les cibles. Donc, lorsque les tirs de sommation ont commenc\u00e9, je me suis couch\u00e9 au sol. C\u2019est en voulant me coucher que j\u2019ai re\u00e7u une balle qui visait les pieds des manifestants\u2026\u00bb, <\/em>regrette Mahamado Ou\u00e9draogo, sous forte \u00e9motion. Il suit actuellement un traitement qui devrait prendre fin dans 72 heures au moment de notre rencontre. <em>\u00abLe m\u00e9decin m\u2019a dit que si je prends les produits, la balle progressera vers l\u2019ext\u00e9rieur afin de faciliter son extraction. Sinon, si on l\u2019enl\u00e8ve \u00e0 ce stade, je vais trop souffrir et l\u2019op\u00e9ration risque de me paralyser\u00bb<\/em>, souligne-t-il. Ces propos ont \u00e9t\u00e9 corrobor\u00e9s par son m\u00e9decin-soignant.<\/p>\n<p><strong>Contre la politique fran\u00e7aise<\/strong><\/p>\n<p><em>\u00abLa balle est log\u00e9 dans une zone\u00a0 p\u00e9ri-osseuse au niveau de la mandibule. Nous ne l\u2019avons pas retir\u00e9e, parce que pour la retirer, il fallait inciser large alors que l\u2019orifice d\u2019entr\u00e9e est tr\u00e8s petit. Donc, nous avons pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 faire un pansement et apr\u00e8s, normalement, l\u2019organisme rejettera la balle quand elle sera en sous-cutan\u00e9e et nous allons enlever\u00bb,<\/em> explique Dr Vallian. Durant les trois jours du blocus, les manifestants ont men\u00e9s plusieurs actions pour exprimer leur ras-le-bol contre la politique fran\u00e7aise dans la lutte contre le terrorisme au grand Sahel. En effet, devant les soldats fran\u00e7ais, les manifestants ont, entre autres, incendi\u00e9 le drapeau fran\u00e7ais et un poster du Pr\u00e9sident fran\u00e7ais, Emmanuel Macron et \u00a0immol\u00e9 une ch\u00e8vre peint aux couleurs du drapeau fran\u00e7ais. Une fois la nuit tomb\u00e9e, les militaires fran\u00e7ais sont, jusqu\u2019au petit matin, \u00e9touff\u00e9s par des fum\u00e9es\u00a0 des pneus <em>\u00abassaisonn\u00e9s\u00bb<\/em> aux piments secs offerts gracieusement par un vieillard d\u00e9plac\u00e9 interne. Parmi les manifestants bless\u00e9s, figurent \u00e9galement des Personnes d\u00e9plac\u00e9es internes (PDI). C\u2019est le cas de Saidou Fran\u00e7ois Sawadogo. Ce cinquantenaire est un ressortissant de Barsalogho. Cultivateur de profession, il a trouv\u00e9 refuge dans le village de Louda, commune de Boussouma, depuis pr\u00e8s de 2 ans. Saidou Fran\u00e7ois Sawadogo est l\u2019un des deux bless\u00e9s qui ont perdu \u00e9norm\u00e9ment du sang. Lui-aussi a failli passer la vie \u00e0 tr\u00e9passe. Tout comme Mohamed Bachirou Tontorogbo,\u00a0 Saidou Fran\u00e7ois Sawadogo a re\u00e7u aussi deux balles au niveau de son pied droit. <em>\u00abUne premi\u00e8re balle a perfor\u00e9 l\u2019os de mon tibia droit sans rester dans mon pied. La deuxi\u00e8me balle, elle, s\u2019est enfouill\u00e9e dans la chair \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du pied. C\u2019est \u00e0 l\u2019h\u00f4pital qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 extraite. J\u2019ai perdu \u00e9norm\u00e9ment de sang\u2026Je pensais que j\u2019allais perdre la vie\u00bb, <\/em>se souvient-il, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment.<\/p>\n<p><strong>Surchauffer les esprits<\/strong><\/p>\n<p>Il \u00e9tait au premier plan des manifestants en face des forces fran\u00e7aises avec sa pancarte portant cet \u00e9criteau\u00a0: <em>\u00abAbas la France\u00bb<\/em>. Que s\u2019est-il exactement pass\u00e9\u00a0? <em>\u00abAu moment des tirs, j\u2019\u00e9tais au premier plan des manifestants en face de nos forces de s\u00e9curit\u00e9 qui emp\u00eachaient les manifestants d\u2019atteindre le grillage dans l\u2019enceinte se trouvaient les militaires. Mais \u00e0 un certain moment des milliers de gens fusaient de partout de la ville en direction du grillage. La foule d\u00e9passait les jours \u00e9coul\u00e9s. La pression des manifestants ont surchauff\u00e9 les esprits des fran\u00e7ais qui se sentaient menacer. Un soldat a fait sortir un chien et l\u2019amen\u00e9 au niveau du grillage. \u00a0Un gar\u00e7onnet a pris un bois le tap\u00e9. Et il l\u2019a ramen\u00e9 dans un v\u00e9hicule. C\u2019est par la suite qu\u2019il a ordonn\u00e9 \u00e0 ses coll\u00e8gues de proc\u00e9der \u00e0 des tirs de sommation. Premi\u00e8rement, ils ont ouvert le feu en air. Mais, il y a un soldat \u00e0 mon regard, c\u2019est une femme courte. C\u2019est elle seule qui a rafl\u00e9 en bas sous les pieds des manifestants et c\u2019est son fusil qui a occasionn\u00e9 tous les 4 bless\u00e9s\u00bb<\/em>, relate Saidou Fran\u00e7ois Sawadogo. Et d\u2019ajouter\u00a0: <em>\u00abLorsque je suis bless\u00e9, sur le champ je n\u2019ai pas fui. J\u2019ai demand\u00e9 aux manifestants de reculer, parce que les fran\u00e7ais tirent sur les gens \u00e0 balles r\u00e9elles. C\u2019\u00e9tait pour \u00e9viter la panique. Je les ai faits reculer un \u00e0 deux m\u00e8tres avant de me retirer. C\u2019est en ce moment que des jeunes m\u2019ont aper\u00e7u en train de tituber. Lorsqu\u2019ils m\u2019ont pris, ils sont d\u2019abord all\u00e9s me pr\u00e9senter aux \u00e9l\u00e9ments de la Compagnie r\u00e9publicaine de s\u00e9curit\u00e9 (CRS) qui ont voulu m\u2019embarquer dans leur v\u00e9hicule. Mais, les jeunes ont refus\u00e9 et ils m\u2019ont mis dans un tricycle. Lorsque le propri\u00e9taire de l\u2019engin voulait d\u00e9marrer, deux autres bless\u00e9s sont venus s\u2019ajouter. Il s\u2019agit d\u2019un gar\u00e7on de 15 ans et d\u2019un homme ayant re\u00e7u une balle \u00a0au niveau de sa joue droite\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Accuser les forces burkinab\u00e8<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_43516\" aria-describedby=\"caption-attachment-43516\" style=\"width: 900px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-43516 size-full\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/12\/3-14.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"1200\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/12\/3-14.jpg 900w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/3-14-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/3-14-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/3-14-150x200.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/3-14-300x400.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/3-14-696x928.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/3-14-315x420.jpg 315w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\"><figcaption id=\"caption-attachment-43516\" class=\"wp-caption-text\">Moumouni Sawadogo dit ressentir toujours des douleurs de sa blessure.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le jeune de 15 ans en question est Sawadogo Moumouni, un d\u00e9plac\u00e9 interne de Dablo. Il a \u00e9lu domicile dans la zone non lotie du secteur 4 de Kaya depuis un an. L\u2019adolescent Moumouni a aussi re\u00e7u une balle au niveau de sa cheville droite. <em>\u00abCe jour-l\u00e0, j\u2019\u00e9tais dans la foul\u00e9e au niveau des citernes non loin du site d\u2019accueil des PDI. Lorsque nous avons entendu les tirs de sommation, je me suis mis \u00e0 courir pour me cacher \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du site. C\u2019est en ce moment que j\u2019ai re\u00e7u la balle.\u00a0 Je suis tomb\u00e9. Et ce sont des jeunes inconnus qui m\u2019ont mis dans un tricycle en direction de l\u2019h\u00f4pital\u00bb, <\/em>\u00a0affirme-t-il, sous un regard angoissant. Pour son g\u00e9niteur Sibiri Sawadogo, son gar\u00e7on a failli perdre la vie. <em>\u00abIl a perdu beaucoup de sang. Car, apr\u00e8s l\u2019intervention chirurgicale, il est rest\u00e9 deux \u00e0 trois heures dans le coma. Je croyais m\u00eame qu\u2019il \u00e9tait m\u00eame mort. J\u2019ai vraiment eu peur\u00bb<\/em>, relate-t-il<em>.<\/em> Des faits que le porte-parole du chef d\u2019Etat-major des Arm\u00e9es fran\u00e7aises, le colonel Pascal Ianni, balaie d\u2019une main de revers en accusant les forces burkinab\u00e8 d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019origine de ces blessures. En effet, sur la chaine t\u00e9l\u00e9vision France24, il a d\u00e9clar\u00e9 ceci, je cite : <em>\u00abC\u2019\u00e9tait bien des gendarmes burkinab\u00e8 qui \u00e9taient bien au contact direct avec les manifestants \u00e0 Kaya et pas les soldats fran\u00e7ais. Un groupe de manifestants plus violents que les autres a tent\u00e9 de forcer le grillage dans l\u2019enceinte o\u00f9 \u00a0\u00e9tait stationn\u00e9 le convoi. Les gendarmes burkinab\u00e8 ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des tirs de gaz lacrymog\u00e8ne. Les soldats fran\u00e7ais ont effectu\u00e9 des tirs de \u00a0sommation. Ce que je peux vous affirmer de mani\u00e8re tr\u00e8s claire, ce que les Fran\u00e7ais n\u2019ont pas tir\u00e9 sur les manifestants bien \u00e9videmment ce n\u2019est pas dans nos habitudes. Et que nous n\u2019avons observ\u00e9 aucun bless\u00e9 du fait de l\u2019action des soldats fran\u00e7ais. Il faut que les choses soient tr\u00e8s claires\u00bb<\/em>, Fin de citation.<\/p>\n<p><strong>Policiers d\u00e9sarm\u00e9s<\/strong><\/p>\n<p>Des propos que les bless\u00e9s qualifient du refus d\u2019assumer la responsabilit\u00e9 des actes pos\u00e9s par l\u2019Arm\u00e9e fran\u00e7aise. <em>\u00abHormis les gendarmes qui escortaient le convoi militaires fran\u00e7ais, les policiers qui encadraient la foule \u00e9taient munis de gaz lacrymog\u00e8nes, de matraques et de casques de protection. Lorsque les soldats fran\u00e7ais effectuaient les tirs de sommation, nos FDS se sont m\u00eames courb\u00e9s pour \u00e9viter les balles. C\u2019\u00e9tait la gendarmerie qui \u00e9tait arm\u00e9e mais ils \u00e9taient \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la foule\u00bb, <\/em>t\u00e9moigne Mohamed Bachirou Tonrogbo<em>. <\/em>Et d\u2019ajouter , <em>\u00abau moment o\u00f9 l\u2019Arm\u00e9e fran\u00e7aise effectuait les tirs, l\u2019Arm\u00e9e burkinab\u00e8 se retirait en direction de Ouagadougou.<\/em> <em>Certains enfants se sont m\u00eames camoufl\u00e9s dans les v\u00e9hicules de nos FDS\u00bb.<\/em> Le d\u00e9plac\u00e9 Saidou Fran\u00e7ois Sawadogo rench\u00e9rit que les policiers qui tentaient de contenir la foule \u00e9taient d\u00e9sarm\u00e9s.<\/p>\n<p>Durant les 72 heures de blocus, nous avons constat\u00e9 la participation active des PDI. Elles nous livrent leur source de motivation. \u00a0<em>\u00abLes PDI sont les premi\u00e8res victimes des attaques terroristes. De ce fait, nous ne pouvons pas rester insensible face \u00e0 la lutte des populations-h\u00f4tes qui, d\u2019ailleurs, nous soutiennent\u00bb,<\/em> justifie Saidou Fran\u00e7ois Sawadogo. Pour eux, l\u2019Arm\u00e9e fran\u00e7aise est en <em>\u00abconnivence\u00bb <\/em>avec des groupes arm\u00e9s terroristes dans le Sahel.<\/p>\n<p><strong>Prise en charge m\u00e9dicale gratuite<\/strong><\/p>\n<p>Que cela ne tienne, les bless\u00e9s traduisent leur remerciement pour avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une prise en charge m\u00e9dicale et alimentaire appropri\u00e9e et gratuite durant les 4 jours d\u2019hospitalisation. <em>\u00abMes soins ont co\u00fbt\u00e9 plus de 300 000 F CFA. Je n\u2019ai rien d\u00e9pens\u00e9. Que Dieu rend au centuple les bonnes volont\u00e9s qui ont contribu\u00e9 \u00e0 nos soins\u00bb,<\/em> se r\u00e9jouit Mohamed Bachirou Tontorogbo. A \u00e9couter le Directeur g\u00e9n\u00e9ral (DG) du CHR de Kaya, Auguste Jo\u00ebl Somda, les manifestants bless\u00e9s ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du dispositif de prise en charge m\u00e9dicale rapide et gratuite mis en place par sa structure au profit des FDS et VDP bless\u00e9s au front. <em>\u00abCe dispositif traite les cas urgents ou impr\u00e9vus sur le plan national et qui concerne par exemple un drame national\u00bb<\/em>, pr\u00e9cise-t-il. M. Somda poursuit que pour faciliter l\u2019acc\u00e8s rapide aux examens, actes d\u2019op\u00e9ration et produits, \u00e0 chaque fois qu\u2019une ordonnance est \u00e9mise, il est mentionn\u00e9\u00a0: <em>\u00abBless\u00e9 des manifestations contre le convoi militaire fran\u00e7ais\u00bb<\/em>. Les parents des PDI bless\u00e9es se sont \u00e9galement satisfaits du m\u00e9canisme de prise en charge m\u00e9dicale.<\/p>\n<p><strong>Frais de soins\u00a0: 900 000 francs CFA<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_43517\" aria-describedby=\"caption-attachment-43517\" style=\"width: 900px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-43517 size-full\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/12\/9.jpg\" alt=\"\" width=\"900\" height=\"1200\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2021\/12\/9.jpg 900w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/9-225x300.jpg 225w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/9-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/9-150x200.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/9-300x400.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/9-696x928.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/9-315x420.jpg 315w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\"><figcaption id=\"caption-attachment-43517\" class=\"wp-caption-text\">Le chirurgien orthop\u00e9dique-traumatologue, Jean Baptiste Vallian<\/figcaption><\/figure>\n<p>Pour le p\u00e8re du jeune Moumouni, Sibiri Sawadogo, sans ce dispositif de prise en charge gratuite, sa prog\u00e9niture aurait pass\u00e9 la vie \u00e0 tr\u00e9passe. <em>\u00abEn tant que d\u00e9plac\u00e9 interne, je n\u2019ai m\u00eame pas de quoi survire \u00e0 plus forte raison d\u00e9bourser plus de 200 milles francs pour soigner mon enfant\u00bb,<\/em> souligne-t-il. Selon le repr\u00e9sentant des accompagnants des bless\u00e9s, Moumouni Tontorogbo, \u00e0 la date 28 novembre, les frais de soins des 5 bless\u00e9s s\u2019\u00e9levaient \u00e0 plus de 900 000 francs CFA.\u00a0 <em>\u00abNous disposons toujours de l\u2019argent des bless\u00e9s donn\u00e9 par les bonnes volont\u00e9s pour poursuivre les soins\u2026\u00bb,<\/em> rassure M. Tontorogbo<em>.<\/em> De ce fait, il traduit sa reconnaissance \u00e0 l\u2019endroit de toutes les bonnes volont\u00e9s qui ont contribu\u00e9 aux soins des bless\u00e9s, notamment le Chef de l\u2019Etat qui a d\u00e9p\u00each\u00e9 une d\u00e9l\u00e9gation avec une enveloppe de 500.000 francs CFA. Ses salutations vont \u00e9galement \u00e0 l\u2019endroit des autorit\u00e9s r\u00e9gionales (gouverneur) et \u00e9lus locaux pour leur implication dans la gestion de cette situation . A l\u2019entendre Moumouni Tontorogbo, un dispositif est mis pour le suivi et le pansement des plaies tous les trois jours. <em>\u00abEvidemment, apr\u00e8s l\u2019intervention, nous les avons dot\u00e9s de produits pour pr\u00e9venir les infections. Et, les bless\u00e9s viennent tous les trois jours pour les pansements. Ils ont \u00e9galement des rendez-vous avec le chirurgien que suis-je\u00bb, <\/em>confirme le Dr Vallian. Il les exhorte donc \u00e0 respecter les prescriptions des produits antidouleur et antibiotique et \u00e0 revenir pour les consultations externes avec les radiographies de contr\u00f4le. C\u2019est pourquoi, en termes de dol\u00e9ances, le souhait le plus ardant de Jean Baptiste Vallian est le renforcement du plateau technique et du personnel soignant au niveau du bloc de chirurgie et post op\u00e9r\u00e9.\u00a0 M\u00eame si les manifestants bless\u00e9s ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une prise en charge m\u00e9dicale gratuite, certains chefs de famille ne savent plus \u00e0 quel saint se vouer pour subvenir aux besoins quotidiens de leurs familles du fait de leur blessure. De ce fait, ils appellent \u00e0 une solidarit\u00e9 agissante. <em>\u00abAujourd\u2019hui, je suis devenu un handicap\u00e9. Je suis une PDI sans champ agricole ici pour subvenir aux besoins alimentaires de mon \u00e9pouse et mes 6 enfants dont 3 \u00e9coliers. Je suis conducteur de tricycle. Et, je \u00a0travaillais avec une association. Avec cette blessure, j\u2019ai fini de consommer le peu d\u2019argent que j\u2019avais r\u00e9serv\u00e9. Je suis vraiment \u00e0 terre\u2026\u00bb<\/em>, s\u2019alarme Saidou Fran\u00e7ois Sawadogo.<\/p>\n<p><strong>Emil Abdoul Razak SEGDA<\/strong><\/p>\n<p><strong>Segda9emil@gmail.com<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/12\/22\/blocus-du-convoi-militaire-francais-a-kaya-sur-les-traces-des-rescapes-blesses\/\">Blocus du convoi militaire fran\u00e7ais \u00e0 Kaya: Sur les traces des rescap\u00e9s bless\u00e9s\u00a0!<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: BS. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2021\/12\/22\/blocus-du-convoi-militaire-francais-a-kaya-sur-les-traces-des-rescapes-blesses\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le \u00a0blocus impos\u00e9 par des manifestants de Kaya au convoi militaire fran\u00e7ais en partance pour Gao (Mali), via Niger, du 18 au 20 novembre 2021, a fait des bless\u00e9s \u00e9vacu\u00e9s dans des formations sanitaires de ladite ville. Retour sur un blocus de trois jours ayant \u00a0marqu\u00e9 les populations ! Il est 12heures 37minutes. 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