{"id":137702,"date":"2022-01-04T17:00:42","date_gmt":"2022-01-04T22:00:42","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lequation-malienne\/"},"modified":"2022-01-04T17:00:42","modified_gmt":"2022-01-04T22:00:42","slug":"lequation-malienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lequation-malienne\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9quation malienne"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>En tourn\u00e9e dans la sous-r\u00e9gion, ces jours-ci, le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res du Mali, Abdoulaye Diop, a remis \u00e0 des dirigeants, le rapport des Assises nationales de la refondation tenues, le 30 d\u00e9cembre 2021 \u00e0 Bamako. Entre autres, les pr\u00e9sidents en exercice de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des Etats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO), le Ghan\u00e9en, Nana Akufo-Addo et de l\u2019Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (UEMOA), le Burkinab\u00e8, Roch Marc Christian Kabor\u00e9, ont d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u des copies. Le contenu de ce document retient l\u2019attention, puisqu\u2019il est question de la prolongation de la Transition, dirig\u00e9e par le colonel Assimi Go\u00efta, de six mois \u00e0 cinq ans.<\/p>\n<p>M\u00eame si cette proposition n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 clairement tranch\u00e9e, les participants \u00e0 la rencontre voudraient que l\u2019on accorde plus de temps \u00e0 la junte militaire pour r\u00e9aliser des r\u00e9formes institutionnelles en vue de favoriser la tenue d\u2019\u00e9lections cr\u00e9dibles, \u00e9quitables et transparentes. Avec un sc\u00e9nario consacrant une longue p\u00e9riode \u00e0 la Transition, les autorit\u00e9s maliennes ont \u00e9tabli le chronogramme qui va avec. Il s\u2019agit de l\u2019organisation d\u2019un r\u00e9f\u00e9rendum constitutionnel en janvier 2024, d\u2019\u00e9lections l\u00e9gislatives et s\u00e9natoriales coupl\u00e9es en novembre 2025 et de la pr\u00e9sidentielle au plus tard en d\u00e9cembre 2026. Tout naturellement, l\u2019id\u00e9e d\u2019une transition \u00e0 long terme n\u2019est pas partag\u00e9e par tous les Maliens. Nombre d\u2019entre eux n\u2019ont d\u2019ailleurs pas pris part aux assises. C\u2019est le cas du Cadre d\u2019\u00e9change, un regroupement d\u2019organisations politiques. Cette entit\u00e9 estime, que l\u2019organisation des assises constitue une \u00ab man\u0153uvre dilatoire \u00bb de la junte militaire pour rester aux commandes du pays. Pourtant, la plupart des Maliens ont b\u00e9ni l\u2019ascension des militaires au pouvoir, auteurs de deux coups d\u2019Etat successifs en ao\u00fbt 2020 et mai 2021. Le colonel Go\u00efta et ses hommes ont d\u2019abord d\u00e9pos\u00e9 Ibrahim Boubacar K\u00e9ita, avant de retirer manu militari le pouvoir au pr\u00e9sident de la Transition, Bah N\u2019Daw, \u00e0 qui ils avaient plac\u00e9 leur confiance, \u00e0 la suite des divergences.<\/p>\n<p>La CEDEAO pourrait partager l\u2019avis du Cadre d\u2019\u00e9change sur le d\u00e9sir de prolonger la Transition, m\u00eame si elle n\u2019a pas encore donn\u00e9 explicitement son avis. Dans un communiqu\u00e9 dat\u00e9 du 1er janvier 2022, l\u2019organisation a dit prendre acte du chronogramme transmis par le gouvernement malien, sans autre commentaire. La CEDEAO devrait se prononcer sur le sujet, lors d\u2019un sommet extraordinaire sur le Mali, pr\u00e9vu le 9 janvier 2022 \u00e0 Accra au Ghana. Consid\u00e9rant toutefois, la ferme volont\u00e9 que l\u2019institution sous r\u00e9gionale affiche pour le retour des civils au pouvoir au pays de Mobibo K\u00e9ita, l\u2019on ne s\u2019attend pas \u00e0 ce qu\u2019elle accepte la prolongation de la Transition, comme une lettre \u00e0 la poste. Ce serait un miracle ! La CEDEAO a r\u00e9it\u00e9r\u00e9, \u00e0 la mi-d\u00e9cembre 2021, son exigence de voir les \u00e9lections se tenir, le 27 f\u00e9vrier 2022, comme pr\u00e9vu au Mali.<\/p>\n<p>L\u2019organisation n\u2019avait pas appr\u00e9ci\u00e9 que la junte \u00e9voque son incapacit\u00e9 \u00e0 respecter le calendrier \u00e9lectoral pr\u00e9vu et son intention de s\u2019en remettre aux recommandations qui allaient sortir des Assises nationales de la refondation du Mali. Si le colonel Go\u00efta et la CEDEAO ne se sont pas accord\u00e9s sur l\u2019organisation \u00e0 bonne date des \u00e9lections, ce n\u2019est pas sur la prolongation de la Transition qu\u2019ils vont le faire. Il ne faut pas se voiler la face. Autant dire que le bras de fer entre les deux parties pourrait perdurer, m\u00eame si on ne le souhaite pas. Dans cette situation difficile, les responsabilit\u00e9s doivent \u00eatre partag\u00e9es, chaque partie n\u2019\u00e9tant pas exempte de tout reproche. La CEDEAO fait l\u2019objet de critiques acerbes, \u00e0 cause de ses prises de position parfois \u00e9quivoques. N\u2019est-elle pas qualifi\u00e9e par une certaine opinion de syndicat de chefs d\u2019Etat ? Cela s\u2019entend. Il faut admettre \u00e9galement que la junte malienne exag\u00e8re un peu. C\u2019est connu, les transitions ne sont pas faites pour durer, mais pour permettre un retour \u00e0 l\u2019ordre constitutionnel normal dans un Etat de droit. Pourquoi vouloir alors d\u2019une Transition de cinq ans, si ce n\u2019est pour consolider un pouvoir, fut-il militaire, au d\u00e9triment de la d\u00e9mocratie. Objectivement, un an ou tout au plus deux ans peuvent suffire \u00e0 mener une Transition \u00e0 bon port, pour peu que l\u2019on se donne les moyens d\u2019y parvenir. Certes, les propositions ont \u00e9t\u00e9 faites par les participants aux assises, mais nul doute que ce sont les militaires qui m\u00e8nent la danse \u00e0 Bamako, avec des ambitions pas toujours connues. Comparaison n\u2019est pas raison, le Burkina a donn\u00e9 l\u2019exemple en 2015 avec la Transition conduite \u00e0 son terme par Michel Kafando, malgr\u00e9 les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es. Le Mali peut aussi relever ce d\u00e9fi, m\u00eame dans une situation de guerre contre le terrorisme. A moins qu\u2019il y ait un agenda cach\u00e9 au sommet de l\u2019Etat. Il est vrai que la junte, qui connait outre mesure des tensions avec la France sur la gestion de la crise s\u00e9curitaire, a l\u2019onction du peuple malien, mais elle devrait \u0153uvrer \u00e0 remettre le pays sur le chemin de la d\u00e9mocratie au plus vite. Ce sera \u00e0 son honneur\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong> Kader Patrick KARANTAO <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/01\/04\/lequation-malienne\/\">L\u2019\u00e9quation malienne<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/01\/04\/lequation-malienne\/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=lequation-malienne\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En tourn\u00e9e dans la sous-r\u00e9gion, ces jours-ci, le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res du Mali, Abdoulaye Diop, a remis \u00e0 des dirigeants, le rapport des Assises nationales de la refondation tenues, le 30 d\u00e9cembre 2021 \u00e0 Bamako. 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