{"id":137879,"date":"2022-01-06T16:38:23","date_gmt":"2022-01-06T21:38:23","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/filiere-lait-a-dori-linsecurite-fermente-les-recettes\/"},"modified":"2022-01-06T16:38:23","modified_gmt":"2022-01-06T21:38:23","slug":"filiere-lait-a-dori-linsecurite-fermente-les-recettes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/filiere-lait-a-dori-linsecurite-fermente-les-recettes\/","title":{"rendered":"Fili\u00e8re lait \u00e0 Dori  : L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 \u00ab fermente \u00bb les recettes"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Dans les mini laiteries \u00e0 Dori, chef-lieu de la r\u00e9gion du Sahel, l\u2019entrepreneuriat f\u00e9minin bat de l\u2019aile \u00e0 cause de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Cons\u00e9quences, ralentissement du march\u00e9, baisse de la production et r\u00e9duction accrue du nombre de personnels. Constat \u00e0 \u00ab Kossam Na\u00ef Bodedji \u00bb, \u00ab Pamiral-Omborir\u00e9 \u00bb, \u00ab Sahel Kossam Naye \u00bb, situ\u00e9es respectivement aux quartiers, Cit\u00e9 des forces vives, Zamalafia et Petit-Paris de la ville de Dori.<\/strong><\/p>\n<p>A la laiterie \u00ab Sahel Kossam Naye \u00bb, situ\u00e9e \u00e0 Petit-Paris, secteur 2 de Dori, il commence \u00e0 faire frisquet ce matin du mercredi 8 d\u00e9cembre 2021. Couvertes de pull-over, des enfants au dos, des femmes s\u2019activent \u00e0 la fabrication de savon \u00e0 base de lait. Une t\u00e2che \u00e0 la cha\u00eene. Pendant que certaines sont \u00e0 la confection, d\u2019autres sont charg\u00e9es de mettre le logo \u00ab Kossam Naye \u00bb. Elles s\u2019expriment dans la langue locale, le fulfuld\u00e9.<\/p>\n<p>Sous le hangar jouxtant le magasin de stockage, la tr\u00e9sori\u00e8re, Balguisa Dicko, a l\u2019air agac\u00e9e. \u00ab Bonjour madame ! Vous ne vous sentez pas ? \u00bb, demandons-nous. Les recettes de l\u2019entreprise font dormir d\u2019un \u0153il, r\u00e9pond-elle, le visage m\u00e9lancolique. Cela fait plus d\u2019un an que ses clients potentiels \u00e0 Arbinda, Seytenga et Gorgadji, pour des raisons s\u00e9curitaires, ont rompu la collaboration. \u00ab Les routes ne sont pas accessibles. Les clients ont peur d\u2019\u00eatre attaqu\u00e9s par des hommes sans foi ni loi sur le chemin.<\/p>\n<p>Avant, je pouvais envoyer dans ces localit\u00e9s dix cartons de savon et recevoir la valeur mon\u00e9taire \u00e0 travers une transaction mobile. Maintenant, m\u00eame les transporteurs se m\u00e9fient de ces localit\u00e9s \u00bb, explique-t-elle difficilement. L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 au Sahel, tout comme d\u2019autres r\u00e9gions victimes des actes barbares, influence n\u00e9gativement les activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus des femmes.<\/p>\n<p>Les employ\u00e9es de son entreprise qui comptent sur la r\u00e9mun\u00e9ration mensuelle de 25 000 F CFA pour s\u2019occuper de leurs familles respectives sont dor\u00e9navant confront\u00e9es \u00e0 une double peine. Non seulement, elles sont d\u00e9pourvues de r\u00e9mun\u00e9ration, mais aussi, dans l\u2019impossibilit\u00e9 de mener d\u2019autres activit\u00e9s dans les villages environnants de Dori.<\/p>\n<p>\u00ab Depuis la cr\u00e9ation de l\u2019entreprise en 2015, elles \u00e9taient r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es \u00e0 25 000 FCFA le mois jusqu\u2019en 2019. Actuellement, nous n\u2019arrivons plus \u00e0 \u00e9couler nos produits pour les prendre en charge. Depuis le mois d\u2019ao\u00fbt, nous ne parlons plus de salaire ici. Nous partageons les petits b\u00e9n\u00e9fices que nous gagnons souvent \u00bb, d\u00e9plore-t-elle.<\/p>\n<p>Dans ces moments inattendus, difficile pour Balguisa Dicko de retenir ces femmes, majoritairement analphab\u00e8tes oblig\u00e9es de faire recours aux mini-laiteries pour s\u2019occuper de leurs foyers. Au nombre de 30 au d\u00e9part, 15 d\u2019entre elles ont \u00e9t\u00e9 remerci\u00e9es. D\u00e9sormais au ch\u00f4mage, elles ressentent les effets de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 dans leurs activit\u00e9s quotidiennes. Dans sa tenue multicolore, b\u00e9b\u00e9 au dos, Fatoumata Diallo a \u00e9t\u00e9 \u00ab licenci\u00e9e \u00bb en octobre 2019 sans pr\u00e9avis. Sans g\u00e8ne, elle relate le calvaire dans sa vie au foyer.<\/p>\n<h3>Une journ\u00e9e noire<\/h3>\n<p>\u00ab C\u2019\u00e9tait une journ\u00e9e noire quand la tr\u00e9sori\u00e8re m\u2019a annonc\u00e9 la nouvelle. Je me suis pos\u00e9 la question, ce que j\u2019allais faire avec mes cinq enfants qui sont \u00e0 ma charge. Mon \u00e9poux ne travaille pas aussi. Je prie Dieu pour le retour de la paix afin que nous puissions vaquer \u00e0 nos occupations \u00bb, souhaite-t-elle. Ses enfants, Alou, Safiatou, ag\u00e9s de 14 ans et 17 ans, qui fr\u00e9quentaient au lyc\u00e9e municipal de Dori, en classe de 5e et 2de C, se retrouvent d\u00e9sormais dans la nature.<\/p>\n<p>La seule source de revenu de la famille, selon elle, provient de la lessive dans les m\u00e9nages. Avec cette ressource, elle paie les produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9. L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 avec son lot de corollaires a entrain\u00e9 la fermeture des \u00e9coles et plong\u00e9 l\u2019entrepreneuriat des femmes du Sahel dans l\u2019incertitude. Aminata Barro est une accoucheuse de profession. Admise \u00e0 la retraite en 2012, elle a d\u00e9cid\u00e9 de s\u2019aventurer dans l\u2019entrepreneuriat en 2018. La soixantaine, veuve et m\u00e8re de trois enfants, elle a cr\u00e9\u00e9 la laiterie \u00ab Pamiral-Omborir\u00e9 \u00bb, situ\u00e9e \u00e0 Zamalafia, au secteur 5 de Dori pour venir en aide aux veuves et femmes d\u00e9plac\u00e9es, victimes des attaques terroristes.<\/p>\n<p>Son ambition commence lorsqu\u2019en 2019, elle a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9e par le Programme alimentaire mondial (PAM) pour approvisionner en lait les \u00e9tablissements pr\u00e9scolaires de la r\u00e9gion. Elle n\u2019avait jamais imagin\u00e9 que la recrudescence des attaques terroristes avec ses<\/p>\n<figure id=\"attachment_44002\" aria-describedby=\"caption-attachment-44002\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-44002\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/01\/ferment1-300x189-1.gif\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"189\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/01\/ferment1-300x189-1.gif 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment1-768x485.gif 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment1-150x95.gif 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment1-696x440.gif 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment1-665x420.gif 665w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"><figcaption id=\"caption-attachment-44002\" class=\"wp-caption-text\">Tout comme dans les autres laiteries, les collecteurs de lait d\u00e9plorent la quantit\u00e9 fournie.<\/figcaption><\/figure>\n<p>cons\u00e9quences d\u00e9sagr\u00e9ables allait g\u00e2cher son projet. \u00ab Nous \u00e9tions six femmes au d\u00e9part. Nous pr\u00e9parions uniquement le gapal (lait \u00e0 base de mil, Ndlr) pour le revendre. Avec le soutien du PAM, j\u2019\u00e9tais oblig\u00e9e d\u2019augmenter le nombre du personnel \u00e0 31.<\/p>\n<p>L\u2019objectif \u00e9tait de faire en sorte que ces femmes puissent entreprendre m\u00eame \u00e9tant ailleurs \u00bb, all\u00e8gue-t-elle, la t\u00eate tourn\u00e9e vers le laboratoire de traitement de lait. En effet, le local n\u2019\u00e9tant pas aux normes exig\u00e9es par l\u2019institution internationale, elle a d\u00fb contracter un pr\u00eat de deux millions F CFA dans une institution bancaire de la place. La somme emprunt\u00e9e a permis \u00e0 la pr\u00e9sidente de disposer d\u2019un laboratoire d\u2019analyse, de chambres de refroidissement, de stockage et de toilettes.<\/p>\n<p>Pendant que ses employ\u00e9es, v\u00eatues de blouse s\u2019appr\u00eataient \u00e0 rendre propre le mat\u00e9riel de chauffage, la pr\u00e9sidente nous conduit dans la salle r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 la vente. \u00ab Mes clients \u00e9taient les fonctionnaires et ceux qui travaillent dans les diff\u00e9rents projets, car la r\u00e9gion est inond\u00e9e d\u2019ONG. Toutes ces personnes qui rentraient les weekends se procuraient nos produits pour leurs familles.<\/p>\n<p>Avec la situation actuelle, la ville s\u2019est vid\u00e9e des \u00e9trangers \u00bb, l\u00e2che-t-elle. Avec la crise sanitaire, son projet avec le PAM est interrompu. Elle ne re\u00e7oit plus de commandes de ses produits de la part des \u00e9tablissements. Sur 31 femmes, neuf r\u00e9sidentes \u00e0 Dori y sont rest\u00e9es. La majorit\u00e9 des femmes d\u00e9plac\u00e9es qu\u2019elle avait engag\u00e9es ont rejoint d\u00e9finitivement leurs tentes, aux quartiers Wendou et Yanrala. Le hic, Aminata Barro n\u2019arrive plus \u00e0 g\u00e9rer quelques charges de l\u2019entreprise, notamment le local qu\u2019elle d\u00e9bourse 100 000 F CFA par mois pour l\u2019occuper.<\/p>\n<p>A cette allure, la laiterie risque de mettre la cl\u00e9 sous le paillasson. \u00ab Le propri\u00e9taire de la cour ne sait pas qu\u2019il existe la maladie \u00e0 coronavirus et l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Il ne cherche plus \u00e0 comprendre la rentabilit\u00e9 de notre entreprise. C\u2019est son argent qui l\u2019int\u00e9resse. Cela fait presque une ann\u00e9e qu\u2019il me poursuit. O\u00f9 vais-je avoir l\u2019argent ? \u00bb, se demande-t-elle. Elle se rappelle que souffrant d\u2019une maladie qui l\u2019a contrainte \u00e0 \u00eatre hospitalis\u00e9e, elle a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9e par la banque pour rembourser sa dette. En plus de sa pension, elle a d\u00fb vendre ses biens pour \u00e9ponger une partie de ses dettes.<\/p>\n<h3>Difficile acc\u00e8s des mati\u00e8res premi\u00e8res<\/h3>\n<p>Les \u00e9leveurs ayant pris la poudre d\u2019escampette d\u00e9sertant ainsi leurs villages, des femmes et leurs enfants en fuite dans certaines localit\u00e9s, difficile d\u2019approvisionner la mati\u00e8re premi\u00e8re. \u00ab Nos produits \u00e9taient livr\u00e9s dans les alimentations, dans les communes et dans les villages. Actuellement, il est difficile d\u2019acc\u00e9der \u00e0 ces lieux. Les clients sont devenus uniquement les autochtones \u00bb, explique-t-elle, t\u00eate baiss\u00e9e.<\/p>\n<p>D\u2019une vente estim\u00e9e \u00e0 plus de 100 000 FCFA par semaine, l\u2019entreprise peine \u00e0 \u00e9couler 30 000 FCFA de ses produits. Le nombre de collecteurs de lait a diminu\u00e9 dans les villages. Selon la pr\u00e9sidente de \u00ab Kossam Na\u00efs Bodedji \u00bb, Hadidiatou Hama, certains villages se sont vid\u00e9s des troupeaux. Les collecteurs de lait dans ces localit\u00e9s fuyant les attaques terroristes<\/p>\n<figure id=\"attachment_44004\" aria-describedby=\"caption-attachment-44004\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-44004\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/01\/ferment4-300x197-1.gif\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"197\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/01\/ferment4-300x197-1.gif 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment4-768x504.gif 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment4-150x98.gif 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment4-696x456.gif 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment4-641x420.gif 641w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment4-741x486.gif 741w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"><figcaption id=\"caption-attachment-44004\" class=\"wp-caption-text\">La responsable de la laiterie \u00ab Pamiral-Omborir\u00e9 \u00bb, Aminata Barro, d\u00e9plore la morosit\u00e9 du march\u00e9.<\/figcaption><\/figure>\n<p>se sont reconvertis dans les sites d\u2019orpaillage en C\u00f4te d\u2019Ivoire, Guin\u00e9e, Ghana\u2026 Les \u00e9leveurs sont contraints de vendre leur b\u00e9tail \u00e0 vil prix, les moutons \u00e0 10 000 FCFA et les b\u0153ufs \u00e0 moins de 100 000F CFA. Les zones de p\u00e2turage sont r\u00e9duites.<\/p>\n<p>\u00ab La plupart des points d\u2019eau permettant aux animaux de s\u2019abreuver sont occup\u00e9s par les terroristes \u00bb, s\u2019offusque la responsable de la laiterie \u00ab Kossam Na\u00efs Bodedji \u00bb. Cons\u00e9quence, le prix du litre de lait, qui se n\u00e9gociait auparavant \u00e0 250F CFA, a connu une hausse de 100F CFA. Elle explique que son technicien agroalimentaire a rompu le contrat pour des raisons d\u2019arri\u00e9r\u00e9s de salaire. La distribution de ses produits se limite dor\u00e9navant dans les mini-alimentations de la ville de Dori.<\/p>\n<p>Le comble pour elle, c\u2019est lorsque les produits sont mal conserv\u00e9s ou se p\u00e9riment, la perte devient \u00e9norme et peut atteindre 50 000 FCFA. \u00ab Je recevais des commandes de clients du Niger, Essakane et Arbinda. La semaine pass\u00e9e, je devais livrer du yaourt, du gapal et du fromage \u00e0 Falagountou. Pour des raisons de s\u00e9curit\u00e9, le march\u00e9 est rest\u00e9 ferm\u00e9. Au Niger, il y a une cliente qui prenait nos produits \u00e0 Terra pour aller \u00e0 Niamey. Malheureusement, avec la situation, elle ne peut plus se d\u00e9placer \u00bb, regrette-t-elle.<\/p>\n<p>Le talonnement de la banque Avant que l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 n\u2019ait pignon sur rue, Mme Hama pr\u00e9cise que son chiffre d\u2019affaires a chut\u00e9 parce qu\u2019elle pouvait vendre plus de 1 000 litres de yaourt ou de lait par jour. Aujourd\u2019hui, elle a du mal \u00e0 faire une recette de 50 000 FCFA par jour. Le drame, poursuit-elle, les prix des mati\u00e8res premi\u00e8res tels le petit mil et le sucre ont augment\u00e9. De 21 000 F CFA, le prix du sac de sucre est pass\u00e9 \u00e0 25 000 F CFA et celui du mil de 24 000 F CFA \u00e0 30 000 FCFA.<\/p>\n<p>Pour faire face aux multiples charges, la patronne de \u00ab Kossam Na\u00ef Bodedji \u00bb a mis en vente ses deux v\u00e9hicules de livraison. En plus, elle est accul\u00e9e par la caisse populaire l\u2019invitant \u00e0 rembourser son pr\u00eat de 8 millions F CFA. Ce qui a contraint Mme Hama \u00e0 r\u00e9duire son personnel de 45 femmes, 19 collecteurs \u00e0 16 femmes et 7 collecteurs, plongeant des familles dans le d\u00e9sarroi.<\/p>\n<h3>L\u2019\u00e9ducation qui sauve<\/h3>\n<p>Comme tous les autres secteurs, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 a touch\u00e9 la fili\u00e8re \u00e9levage au Sahel. Selon Amadou Hama, membre de l\u2019association des \u00e9leveurs de Dori et collecteur de lait dans les laiteries, l\u2019\u00e9levage tout comme ses produits d\u00e9riv\u00e9s est an\u00e9anti par le terrorisme dans la r\u00e9gion. Le ressortissant de Banga, une commune dans la province du Yagha, d\u00e9clare qu\u2019il a l\u2019habitude de livrer 70 litres de lait par jour aux laiteries. Avec les attaques dans les localit\u00e9s (Seytenga, Gorgadji, Arbinda\u2026), il ne peut plus aller au-del\u00e0 de 12 litres. Mari\u00e9 et p\u00e8re de cinq enfants, son v\u0153u est le retour de la paix au Burkina Faso.<\/p>\n<figure id=\"attachment_44003\" aria-describedby=\"caption-attachment-44003\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-44003\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/01\/ferment3-300x174-1.gif\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"174\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/01\/ferment3-300x174-1.gif 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment3-768x445.gif 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment3-150x87.gif 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment3-696x403.gif 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment3-725x420.gif 725w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"><figcaption id=\"caption-attachment-44003\" class=\"wp-caption-text\">En plus de la vente des produits laitiers, la tr\u00e9sori\u00e8re de la laiterie \u00ab Sahel Kossam Naye \u00bb, Balguissa Dicko, alphab\u00e9tise ses employ\u00e9es.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Malgr\u00e9 les multiples cons\u00e9quences dues au terrorisme qui fragilisent l\u2019\u00e9conomie des laiteries, les transformatrices sont r\u00e9silientes. Pour la tr\u00e9sori\u00e8re de \u00ab Sahel kossamNaye \u00bb, Balguissa Dicko, son entreprise a d\u00e9velopp\u00e9 une strat\u00e9gie en d\u00e9but novembre 2021 pour retrouver sa performance d\u2019antan. Avec l\u2019appui de l\u2019UNICEF, l\u2019entreprise a re\u00e7u un contrat de 3 mois de livraison de savon dans les camps des Personnes d\u00e9plac\u00e9es internes (PDI).<\/p>\n<p>Elle fait la promotion de l\u2019\u00e9ducation en mati\u00e8re d\u2019hygi\u00e8ne et de sant\u00e9, en langue nationale fulfuld\u00e9 aux employ\u00e9es et aux femmes d\u00e9plac\u00e9es avec le soutien de \u00ab Tin Tua \u00bb, une association non gouvernementale de d\u00e9veloppement. R\u00e9mun\u00e9r\u00e9e mensuellement \u00e0 100 000 FCFA, elle aide ces femmes \u00e0 se prendre en charge et \u00e0 promouvoir leur auto-d\u00e9veloppement.<\/p>\n<h3>Accompagner les laiteries<\/h3>\n<p>Outre les \u00e9quipements du PAM \u00e0 la laiterie \u00ab Pamiral-Omborir\u00e9 \u00bb, la responsable, Aminata Barro, a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de blouses de l\u2019Association NoddeNooto (A2N) et de petit mil offert par le Conseil r\u00e9gional des unions du Sahel (CRUS) pour relancer ses activit\u00e9s. Dans sa retraite, elle compte d\u00e9velopper des initiatives pour accompagner les orphelins des femmes d\u00e9plac\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour ce faire, elle lance un appel aux personnes de bonne volont\u00e9 afin qu\u2019elles volent au secours des laiteries qui souffrent. Pour permettre aux acteurs de la fili\u00e8re lait de promouvoir leurs produits, le responsable technique de l\u2019Association pour la promotion de l\u2019\u00e9levage en savane (APESS), Albert Ouoba, a expliqu\u00e9 que la Plateforme d\u2019innovation lait (PIL) a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 2019.<\/p>\n<p>Au regard de la r\u00e9duction des zones de p\u00e2turage, son association a mis \u00e0 la disposition des mini-laiteries, une banque d\u2019aliments pour b\u00e9tail. Ce syst\u00e8me consiste \u00e0 soutenir les fournisseurs qui sont des \u00e9leveurs \u00e0 travers des \u00ab cr\u00e9dits pasteurs \u00bb sur la base d\u2019un fonds de garantie. \u00ab C\u2019est pour permettre aux \u00e9leveurs d\u2019avoir des pr\u00eats dans l\u2019optique de chercher de l\u2019aliment pour b\u00e9tail en qualit\u00e9 et en quantit\u00e9 pour pouvoir stimuler la transformation du lait \u00bb, a dit Albert Ouoba.<\/p>\n<figure id=\"attachment_44006\" aria-describedby=\"caption-attachment-44006\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-44006\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/01\/ferment6-300x161-1.gif\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"161\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/01\/ferment6-300x161-1.gif 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment6-768x412.gif 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment6-150x81.gif 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment6-696x374.gif 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment6-782x420.gif 782w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"><figcaption id=\"caption-attachment-44006\" class=\"wp-caption-text\">La zone de p\u00e2turage des animaux est limit\u00e9e \u00e0 Dori, selon le responsable technique de l\u2019APESS, Albert Ouoba.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le mode de production de l\u2019\u00e9levage n\u2019\u00e9tant pas de type industriel, alors, les \u00e9leveurs doivent profiter de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de la nature pour pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier des avantages. Dans un rayon de 5km de la ville, difficile de se promener, explique-t-il. \u00ab Non seulement vous risquez de tomber sur des engins explosifs, ou bien vos animaux risquent d\u2019\u00eatre emport\u00e9s. En plus, les femmes qui pouvaient trouver du lait dans les exploitations familiales au-del\u00e0 de 15km ne peuvent plus s\u2019y rendre parce que toutes ces familles ont \u00e9t\u00e9 touch\u00e9es par l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Elles sont revenues en ville \u00bb, d\u00e9plore M. Ouoba.<\/p>\n<p>Pour relever les d\u00e9fis, l\u2019APESS compte stimuler la production en facilitant l\u2019octroi de vaches laiti\u00e8res aux m\u00e9nages. Elles peuvent, selon lui, produire 3 \u00e0 4 litres de lait par jour. Ce qui va permettre aux familles de b\u00e9n\u00e9ficier du minimum d\u2019argent pour faire face \u00e0 la situation difficile actuelle. L\u2019un des messages de ces femmes battantes, c\u2019est le retour de la qui\u00e9tude pour qu\u2019elles puissent relancer leurs activit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Oumarou RABO<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/01\/06\/filiere-lait-a-dori-linsecurite-fermente-les-recettes\/\">Fili\u00e8re lait \u00e0 Dori  : L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 \u00ab fermente \u00bb les recettes<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/01\/06\/filiere-lait-a-dori-linsecurite-fermente-les-recettes\/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=filiere-lait-a-dori-linsecurite-fermente-les-recettes\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans les mini laiteries \u00e0 Dori, chef-lieu de la r\u00e9gion du Sahel, l\u2019entrepreneuriat f\u00e9minin bat de l\u2019aile \u00e0 cause de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9. Cons\u00e9quences, ralentissement du march\u00e9, baisse de la production et r\u00e9duction accrue du nombre de personnels. Constat \u00e0 \u00ab Kossam Na\u00ef Bodedji \u00bb, \u00ab Pamiral-Omborir\u00e9 \u00bb, \u00ab Sahel Kossam Naye \u00bb, situ\u00e9es respectivement aux quartiers, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/ferment1-300x189.gif","fifu_image_alt":"Fili\u00e8re lait \u00e0 Dori  : L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 \u00ab fermente \u00bb les recettes","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-137879","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/137879","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=137879"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/137879\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=137879"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=137879"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=137879"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}