{"id":139369,"date":"2022-01-24T13:00:00","date_gmt":"2022-01-24T18:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lhomme-est-ne-pour-se-perdre-dans-letendue-inconnue-de-son-periple\/"},"modified":"2022-01-24T13:00:00","modified_gmt":"2022-01-24T18:00:00","slug":"lhomme-est-ne-pour-se-perdre-dans-letendue-inconnue-de-son-periple","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lhomme-est-ne-pour-se-perdre-dans-letendue-inconnue-de-son-periple\/","title":{"rendered":"\u00abL\u2019homme est n\u00e9 pour se perdre dans l\u2019\u00e9tendue inconnue de son p\u00e9riple\u00bb"},"content":{"rendered":"<div>\n<p class=\"has-text-align-center has-vivid-red-color has-text-color\"><strong>\u00abEt que cr\u00e8ve le vieux monde\u00bb de Abdelhak Najib aux \u00c9ditions Orion<\/strong><\/p>\n<p class=\"has-text-align-right has-black-color has-text-color\">Par Docteur Imane Kendili, psychiatre<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\"><strong><em>Les \u00c9ditions Orion viennent de publier le dernier essai de philosophie de Abdelhak Najib. Apr\u00e8s : \u00abLa r\u00e9demption par le p\u00e9ch\u00e9\u00bb, \u00abLa dignit\u00e9 du pr\u00e9sent\u00bb, \u00abInhumains\u00bb, \u00abLe forgeron des eaux\u00bb et \u00abLa v\u00e9rit\u00e9 est une zone grise\u00bb, le philosophe marocain approfondit sa r\u00e9flexion et sa pens\u00e9e autour de questions cruciales telles que la fin d\u2019une \u00e9poque, l\u2019effondrement d\u2019une forme de cette civilisation thermo-industrielle, la place de l\u2019homme sur l\u2019\u00e9chiquier des valeurs, les crises morales, l\u2019humanisme, la mort des libert\u00e9s et la fin de tout espoir dans un monde en d\u00e9sh\u00e9rence. Un essai sans concessions.<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Le propos de Abdelhak Najib est limpide. Il ne souffre aucune ombre. D\u2019embl\u00e9e, il nous donne le ton :\u00a0 \u00abL\u2019homme participe de l\u2019\u00e9lan. Il est destin\u00e9 aux hauteurs. Il est n\u00e9 pour se perdre dans l\u2019\u00e9tendue inconnue de son p\u00e9riple. L\u2019homme est un voyageur. C\u2019est un p\u00e8lerin qui doit marcher, qui doit encore marcher, sans jamais s\u2019arr\u00eater, sans jamais atteindre aucun sanctuaire\u00bb.\u00a0 L\u2019homme est un aventurier, pr\u00e9cise le philosophe. Il est appel\u00e9 \u00e0 monter les vagues, il est destin\u00e9 \u00e0 \u00e9pouser les courbes du vent, il est somm\u00e9 de grimper les cols les plus infranchissables en basculant vers toutes les plaines ouvertes, sans jamais s\u2019y installer. L\u2019homme rejette toute forme de facilit\u00e9 et force le destin. \u00abL\u2019homme veut se battre. Il veut se surpasser. Il se d\u00e9passe. Il va vers le danger et il le met au d\u00e9fi. Car, il sait que c\u2019est l\u00e0 une mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve qui le rendra encore plus fort, encore plus r\u00e9sistant. L\u2019homme sait que c\u2019est au prix de sa vie qu\u2019il doit acqu\u00e9rir le savoir et honorer la connaissance. L\u2019homme apprend. Toujours. L\u2019homme cherche. Sans arr\u00eat. Il ne veut rien trouver. Au contraire, il veut s\u2019\u00e9garer pour inventer ses multiples chemins qui le prom\u00e8nent partout, mais qui ne m\u00e8nent nulle part\u00bb, ajoute Abdelhak Najib qui \u00e9num\u00e8re ici toutes les vari\u00e9t\u00e9s de cheminement que l\u2019homme peut entreprendre pour ne pas sombrer dans son propre oubli.\u00a0 Il y a l\u00e0 une grande forme d\u2019exigence envers soi pour ne pas verser dans ce que la masse des humains croit \u00eatre la vie aujourd\u2019hui. Il y\u2019 a l\u00e0 une profonde r\u00e9sistance n\u00e9e d\u2019une grande r\u00e9silience qui fait que l\u2019homme, celui qui refuse d\u2019\u00eatre un simple num\u00e9ro de s\u00e9rie, marche vers lui-m\u00eame, cr\u00e9e son propre destin et donne corps \u00e0 une destin\u00e9e autre que celle de tous ceux qui ont vendu leur \u00e2me \u00e0 tous les diables et \u00e0 tous les saints.\u00a0<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Un monde fini<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">\u00abL\u2019homme sait que pour avoir cette trajectoire qu\u2019il a choisie comme sienne, il lui faut tourner le dos \u00e0 un monde factice et agonisant. Il sait qu\u2019il doit refuser le commerce de tous les marchands d\u2019espoir au rabais. Il sait qu\u2019il doit rejeter les appels de ces commer\u00e7ants qui vendent de tout et qui brassent surtout du vent le faisant tournoyer pour assommer les chalands. Cet homme reconna\u00eet tous les bonimenteurs et les d\u00e9masque. Il flaire la supercherie \u00e0 mille lieux et la combat avec vigueur. Cet homme s\u2019applique \u00e0 \u00e9viter toutes les tentations d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 consum\u00e9riste o\u00f9 tout a un prix mais rien n\u2019a aucune valeur\u00bb, affirme Abdelhak Najib qui en appelle \u00e0 une autre version de cette humanit\u00e9 larvaire et gr\u00e9gaire qui tombe en lambeaux, qui se d\u00e9lite dans les fondements s\u2019effritent sous le poids du futile, du m\u00e9diocre, du factice.\u00a0 Cet homme extirpe les mauvaises graines de son territoire pour le nettoyer des scories de tous les apothicaires assoiff\u00e9s de duper les gens en leur proposant de la camelote en guise de nourriture de l\u2019esprit. Cet homme exige de tous le m\u00eame cheminement que le sien avant de frayer avec lui. \u00abUn homme qui n\u2019a pas franchi le col comme tu viens de le faire ne saura jamais ce que grimper veut dire ni ce que basculer dans l\u2019inconnu peut bien signifier. Un homme qui ne s\u2019est pas perdu dans tous les d\u00e9serts, avec jubilation et euphorie, ne peut pas saisir ce qu\u2019est de se retrouver dans chaque pas que l\u2019on invente. Un homme qui ne refuse pas tous les banquets pour se contenter du peu qui lui procure cette joie diffuse d\u2019\u00eatre frugal et toujours l\u00e9ger, est un humain destin\u00e9 \u00e0 l\u2019abattoir des jours, parce que repu, parce que ballonn\u00e9, parce que rassasi\u00e9 de tout et surtout de vide. Cet homme qui se mesure aux plus vaillants refuse tous les lauriers, car l\u00e0 n\u2019est pas sa victoire\u00bb, insiste le philosophe qui nous donne \u00e0 lire un condens\u00e9 de sa vision de la vie et de l\u2019humanit\u00e9, un concentr\u00e9 de sa pens\u00e9e sur la transmutation des valeurs courantes qui ont fini d\u2019achever l\u2019homme en le r\u00e9duisant \u00e0 un simple num\u00e9ro de s\u00e9rie qui consomme et qui attend la fin.<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Abdelhak Najib nous dit clairement et son l\u2019ombre d\u2019une h\u00e9sitation que la victoire de l\u2019Homme sur les contingences de ce monde hurlant se gagne au prix de toute une vie, qui, au soir de sa trajectoire, sait qu\u2019elle a tent\u00e9 l\u2019impossible sans jamais tomber dans la facilit\u00e9. \u00abCet homme respire l\u2019air froid des hautes altitudes, avec l\u2019aigle pour compagnon de tous les sauts dans le vide. Cet homme incarne enfin son propre id\u00e9al car il vit et avance de telle sorte qu\u2019il voudrait toujours revivre chaque instant de cette vie mise en branle, par lui, pour se d\u00e9couvrir \u00e0 soi, dans ses nombreuses variations\u00bb, ajoute le philosophe.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Croisade individuelle<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Au fil des pages de cet essai \u00e0 la fois dense et pr\u00e9cis, Abdelhak Najib nous invite \u00e0 poser cette question : \u00e0 supposer que cet homme tortur\u00e9 de toutes parts, \u00e0 prendre cet homme menac\u00e9 par tout et tout le monde, cet homme en proie aux dents aiguis\u00e9es des machines rutilantes qui veulent l\u2019\u00e9craser, \u00e0 supposer donc qu\u2019il d\u00e9passe tout ce danger et toutes ces menaces, serait-il pour autant heureux ? Peut-il pr\u00e9tendre \u00e0 une forme de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e qui le transcende et l\u2019isole dans un grand sentiment de joie diffuse ? Oui, r\u00e9pond le philosophe.\u00a0 \u00c0 condition que cet homme devienne l\u2019individu qu\u2019il devait \u00eatre, qu\u2019il \u00e9chappe \u00e0 la menace de la technologie, qu\u2019il se cr\u00e9e des territoires mouvants en ne s\u2019installant nulle part, tournant toujours le dos aux appels de toutes les sir\u00e8nes de cette fausse modernit\u00e9 moribonde. Et dans cette voie qui est la sienne, invent\u00e9e au fur et \u00e0 mesure qu\u2019il d\u00e9couvre son chemin, cet homme arrivera-t-il \u00e0 sauver son humanit\u00e9 primale ? Pourrait-il redonner un sens fort \u00e0 son h\u00e9ritage le plus pr\u00e9cieux, \u00e0 sa grandeur humaine, dans un monde qui l\u2019h\u00e9berge pour qu\u2019il en fasse le meilleur endroit \u00e0 vivre et \u00e0 apprendre l\u2019art d\u2019\u00eatre heureux ? Cet homme pourrait-il rejeter tous les appels d\u2019un monde fa\u00e7onn\u00e9 de toutes pi\u00e8ces pour trahir l\u2019humain en nous ? Cet homme arriverait-il \u00e0 se passer de ce que ce monde est devenu, au fil des temps, c\u2019est-\u00e0-dire cette immense braderie d\u2019artifices, ce fatras hideux de biens asservissants qui paralysent les humains et les mutilent ? Cet homme est-il capable de d\u00e9truire cette haute muraille \u00e9rig\u00e9e par ladite modernit\u00e9, entre l\u2019homme et son id\u00e9al ?\u00a0 \u00abRien n\u2019est moins s\u00fbr dans un monde hostile et d\u00e9figur\u00e9 qui ne conna\u00eet que le langage de la catastrophe, qui semble avoir \u00e9t\u00e9 programm\u00e9 pour en finir avec cette humanit\u00e9 malmen\u00e9e, dans un dernier assaut virtuel qui ach\u00e8ve le travail de sape entam\u00e9 il y a de cela quelques si\u00e8cles. Cet homme ne peut d\u00e9truire toutes ces nouvelles idoles, faites de bric et de broc, avec leur enveloppe plastifi\u00e9e, que s\u2019il a trouv\u00e9 en lui cette volont\u00e9 de puissance qui l\u2019\u00e9l\u00e8ve au-dessus de toutes les contingences d\u2019un monde fini. C\u2019est au prix de tant de luttes et de combats que cet homme peut enfin passer d\u2019une cime \u00e0 l\u2019autre, dansant sur tous les ab\u00eemes, faisant entendre cette ancienne chanson qui parle d\u2019un homme qui a appris la vie et d\u00e9sappris la fausset\u00e9. Un homme qui sait voler avec l\u2019aigle et manger avec le lion en tournant le dos \u00e0 tous les singes se m\u00e9fiant de l\u2019immobilit\u00e9 des reptiles et de la docilit\u00e9 des chiens\u00bb, ass\u00e8ne Abdelhak Najib.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Au-del\u00e0 de ce monde<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Comment se profile alors l\u2019apr\u00e8s-monde quand celui-ci aura fini son agonie dans un dernier \u00e9clat de fausset\u00e9 et de supercherie ? Quelle configuration affichera-t-il, apr\u00e8s avoir \u00e9puis\u00e9 tous ses artifices et toutes ses tromperies ? Quelle place y sera allou\u00e9e \u00e0 cet homme malmen\u00e9 et perdant tous ses rep\u00e8res, apr\u00e8s avoir cru b\u00e9atement en un univers de faux-semblants et de mensonges ? \u00abTout porte \u00e0 croire que nous sommes \u00e0 la fin d\u2019une \u00e8re sans savoir quelle nouvelle \u00e8re prendra sa place, au vu de tout le flou et le doute qu\u2019engendre la fin annonc\u00e9e de ce monde \u00e9puis\u00e9. Aujourd\u2019hui, une derni\u00e8re page se tourne, et nous n\u2019avons pas eu le temps d\u2019en lire tout le drame ni toutes les p\u00e9rip\u00e9ties. Nous avons tout juste la certitude -pour une fois- que rien ne sera plus jamais pareil, que ce qui vient ne ressemble \u00e0 rien de ce que nous avons connu auparavant, que ce qui se pr\u00e9pare affiche d\u00e9j\u00e0 une silhouette faite de terreur et d\u2019horreur, que ce qui prend corps donne \u00e0 voir une \u00e9tendue de doute b\u00e2tie sur un socle mou et bancal\u00bb, souligne le philosophe qui donne ici la somme consid\u00e9rable d\u2019un travail en profondeur de plus de trente ann\u00e9es de recherches assidues sur la question de l\u2019homme moderne face \u00e0 sa fin programm\u00e9e.<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Fant\u00f4mes angoiss\u00e9s<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">En effet, selon le penseur, nous entrons aujourd\u2019hui de plain-pied dans l\u2019inconnu. Nous devons en assumer tous les d\u00e9fis, mais serons-nous nombreux \u00e0 ressentir cette puissance qui grandit en nous et qui d\u00e9fie tous les ordres \u00e9tablis ? Serions-nous arm\u00e9s pour ce nouveau monde qui semble se passer de nous, qui montre d\u00e9j\u00e0 que l\u2019humain est fichu et qu\u2019il n\u2019a plus aucune prise sur l\u2019avenir de l\u2019humanit\u00e9 ? Allons-nous cohabiter avec la machine et ses corollaires techniques et technologiques en nous pliant aux imp\u00e9ratifs d\u2019une autre logique du vivant ? Avons-nous assez d\u2019endurance aujourd\u2019hui pour faire face et s\u2019imposer dans cette \u00e8re technologique sur laquelle nous n\u2019avons aucune prise et qui nous ronge de toutes parts comme un rouleau compresseur qui \u00e9crabouille en nous les derni\u00e8res r\u00e9sistances ? Et qu\u2019en est-il de la vie en soci\u00e9t\u00e9, ce conglom\u00e9rat de fant\u00f4mes apeur\u00e9s et angoiss\u00e9s, qui errent ne sachant plus o\u00f9 donner de la t\u00eate, obnubil\u00e9s par les n\u00e9ons et les spots ? Comment les rapports entre humains vont-ils s\u2019agencer dans un monde o\u00f9 l\u2019individu semble d\u00e9j\u00e0 banni au profit du groupe, de la communaut\u00e9, du conglom\u00e9rat de bouts d\u2019humains estropi\u00e9s et boitillant ? Serions-nous de simples consommateurs en fin de parcours qui dispara\u00eetront pour de bon quand le monde n\u2019aura plus rien \u00e0 vendre ? Serions-nous des ombres drogu\u00e9es et \u00e9gar\u00e9es sur les autoroutes de la perdition, avec la bave \u00e0 la gueule et le c\u0153ur absent ? Toute une somme de questionnements qui doivent \u00eatre prises en consid\u00e9rations aujourd\u2019hui pour r\u00e9fl\u00e9chir la place de l\u2019homme dans une \u00e9quation \u00e0 plusieurs inconnues o\u00f9 plus rien de ce qui a fait l\u2019humanit\u00e9 jusque-l\u00e0 n\u2019a de prise sur le monde qui prend d\u00e9j\u00e0 corps et qui a annihil\u00e9 l\u2019ancien.<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">L\u2019homme ab\u00eem\u00e9<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">\u00abDans un sens, nous sommes persuad\u00e9s que l\u2019homme de demain n\u2019est d\u00e9j\u00e0 qu\u2019une p\u00e2le copie de ce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9, et qu\u2019il n\u2019aura aucune prise sur le monde qui l\u2019utilise en l\u2019usant jusqu\u2019\u00e0 la moelle ne laissant aucune place \u00e0 la r\u00e9flexion, \u00e0 la contemplation de ce d\u00e9sastre b\u00e9ant qui gobe tout dans un acte d\u2019horreur infinie\u00bb, nous r\u00e9pond Abdelhak Najib.\u00a0 Cet homme consum\u00e9, au mieux, fait partie du d\u00e9cor comme tant d\u2019autres gadgets qui remplissent le temps en attendant leur date de p\u00e9remption. Au pire, quelques individus, irr\u00e9ductibles convaincus, forment quelques poches de r\u00e9sistance et retournent \u00e0 l\u2019aube des temps pour d\u00e9marrer une nouvelle fa\u00e7on d\u2019\u00eatre \u00e0 soi et au monde, en \u00e9vitant les \u00e9cueils du pass\u00e9 et en ne croyant dans aucun salut futur. Ce sont-l\u00e0 les derniers vaillants qui refusent de plier l\u2019\u00e9chine et rejettent toute technologie au nom de leur humanit\u00e9 fragile et menac\u00e9e. Ceux-ci devront r\u00e9inventer le bonheur, ils devront trouver un sens \u00e0 l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re et n\u2019esp\u00e9rer plus rien. Ce sont les derniers survivants d\u2019un monde br\u00fbl\u00e9 dont les vestiges portent les traces d\u2019un sacrifice en bonne et due forme, perp\u00e9tr\u00e9 au nom des richesses \u00e0 accumuler, d\u2019une course fr\u00e9n\u00e9tique derri\u00e8re le gain, le b\u00e9n\u00e9fice, la croissance. \u00abCelle-ci, devenue l\u2019unique religion d\u2019un monde d\u00e9figur\u00e9 et m\u00e9connaissable, dicte toutes les lois. La croissance dirige les passions. Elle g\u00e8re les attentes et les pr\u00e9cipitations. Elle manipule tous les discours et offre des slogans pour app\u00e2ter des populations aux abois, aveugl\u00e9es par tant de projecteurs fixant les prix \u00e0 mettre sur l\u2019abandon de soi au nom de la modernit\u00e9. Oui, la croissance qui assujettit. La croissance qui domine. La croissance qui soumet. La croissance qui broie. La croissance devenue religion quand tous les autres dieux ont perdu leur lumi\u00e8re face aux spots urbains zoomant sur des marchandises attrayantes et tra\u00eetresses. Oui, la croissance qui s\u2019\u00e9rige en unique credo dans un monde o\u00f9 le travail est forc\u00e9, usant de la force de tout ce prol\u00e9tariat agonisant, qui attend sa paye pour s\u2019endetter et donner son cou \u00e0 la guillotine des jours\u00bb, insiste le philosophe.\u00a0 C\u2019est avec cette humanit\u00e9 que l\u2019homme qui survit \u00e0 l\u2019holocauste de la marchandise, devra croiser le fer pour ne pas sombrer dans l\u2019oubli. Car l\u2019histoire, telle qu\u2019elle s\u2019\u00e9crit d\u00e9j\u00e0, nous laisse deux choix : attendre et crever, la gueule ouverte, le corps livr\u00e9 \u00e0 tous les charognards. Ou r\u00e9sister pour mieux vivre, pour mieux mourir.\u00a0<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">L\u00e9gende\u00a0: \u00abEt que cr\u00e8ve le vieux monde\u00bb. \u00c9ditions Orion. 300 pages. F\u00e9vrier 2022.<\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/lhomme-est-ne-pour-se-perdre-dans-letendue-inconnue-de-son-periple.html\">\u00abL\u2019homme est n\u00e9 pour se perdre dans l\u2019\u00e9tendue inconnue de son p\u00e9riple\u00bb<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/\">ALBAYANE<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: M&rsquo;hammed rahal<br \/>\n<a href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/lhomme-est-ne-pour-se-perdre-dans-letendue-inconnue-de-son-periple.html\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abEt que cr\u00e8ve le vieux monde\u00bb de Abdelhak Najib aux \u00c9ditions Orion Par Docteur Imane Kendili, psychiatre Les \u00c9ditions Orion viennent de publier le dernier essai de philosophie de Abdelhak Najib. 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