{"id":140292,"date":"2022-02-07T17:23:18","date_gmt":"2022-02-07T22:23:18","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/patrick-rossi-conservateur-du-musee-rayimi-le-blanc-au-service-de-la-culture-moaga\/"},"modified":"2022-02-07T17:23:18","modified_gmt":"2022-02-07T22:23:18","slug":"patrick-rossi-conservateur-du-musee-rayimi-le-blanc-au-service-de-la-culture-moaga","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/patrick-rossi-conservateur-du-musee-rayimi-le-blanc-au-service-de-la-culture-moaga\/","title":{"rendered":"Patrick Rossi, conservateur du mus\u00e9e Rayimi  : le  \u2018\u2019\u00a0Blanc\u00a0\u2018\u2019\u00a0 au service de la culture moaga"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Ing\u00e9nieur en organisation et gestion de travail, apr\u00e8s une vingtaine d\u2019ann\u00e9es de carri\u00e8re comme conducteur de travaux dans la construction en Europe, au Moyen Orient et en Am\u00e9rique latine, Patrick Rossi est aujourd\u2019hui conservateur de mus\u00e9e et g\u00e9rant du complexe touristique Maasm\u00e8 dans le Nayiri (palais) du quartier Issouka de Koudougou, chef-lieu de la r\u00e9gion du Centre-Ouest. Retour sur la vie et le parcours d\u2019un Fran\u00e7ais qui s\u2019investit dans la promotion de l\u2019histoire et de la culture en pays moaga. Portrait\u00a0! <\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_45251\" aria-describedby=\"caption-attachment-45251\" style=\"width: 201px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-45251 size-medium\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/02\/4-201x300-1.jpg\" alt=\"\" width=\"201\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/02\/4-201x300-1.jpg 201w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/4-150x224.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/4-300x447.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/4-282x420.jpg 282w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/4.jpg 399w\" sizes=\"auto, (max-width: 201px) 100vw, 201px\"><figcaption id=\"caption-attachment-45251\" class=\"wp-caption-text\">Patrick Rossi a mis sur le march\u00e9 du livre, un ouvrage intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Br\u00e8ve histoire de Koudougou\u00a0\u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Un personnage singulier, dans le Nayiri (palais) du quartier Issouka de Koudougou, dans le Centre-Ouest, attise la curiosit\u00e9 des visiteurs. Il s\u2019appelle Patrick Rossi. De nationalit\u00e9 fran\u00e7aise, les Koudougoulais l\u2019ont surnomm\u00e9 le\u00a0\u201cBlanc du Chef \u201d\u00a0. Il est le g\u00e9rant du complexe touristique Maasm\u00e8 de Koudougou. Son quotidien est rythm\u00e9 par des va-et-vient incessants entre le palais, le mus\u00e9e et son bureau situ\u00e9 \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du Nayiri. Visage fran\u00e7ais bien connu dans ce palais, Patrick Rossi s\u2019occupe du courrier du chef, organise et planifie ses audiences, re\u00e7oit les touristes \u00e0 qui il fait visiter le complexe touristique\u00a0Maasm\u00e8\u00a0; il \u00e9tablit les statistiques des visiteurs et leurs profils. M. Rossi prend du plaisir \u00e0 ex\u00e9cuter ces t\u00e2ches avec professionnalisme. Bien accueillir les gens qui viennent visiter le site, souligne-t-il, est une obligation. Install\u00e9 depuis 2006 dans la cit\u00e9 du Cavalier rouge, son nom et son image sont entr\u00e9s dans l\u2019imaginaire populaire voire collectif.<\/p>\n<p>Une popularit\u00e9 qu\u2019il doit \u00e0 son m\u00e9tier de conservateur du mus\u00e9e Rayimi du palais de Issouka puis de g\u00e9rant du complexe touristique Maasm\u00e8, appartenant au chef de Issouka, Naaba Saaga 1er. N\u00e9 en 1953 \u00e0 Floirac, dans la banlieue de Bordeaux, dans le Sud-Ouest de la France, Patrick Rossi, p\u00e8re de deux filles, est titulaire d\u2019un dipl\u00f4me d\u2019ing\u00e9nieur en gestion du travail de l\u2019Ecole nationale sup\u00e9rieur des arts et m\u00e9tiers (ENSAM). Il a pass\u00e9 plus de 15 ans comme conducteur de travaux sur des chantiers de construction d\u2019h\u00f4tels dans l\u2019ex-Union sovi\u00e9tique, en Pologne, en Arabie Saoudite, en Alg\u00e9rie et au V\u00e9n\u00e9zuela. Aujourd\u2019hui, il s\u2019illustre comme un acteur majeur de la sauvegarde de l\u2019histoire et de la culture de la r\u00e9gion du Centre-Ouest, voire du pays moaga. S\u2019il exerce son boulot de conservateur de mus\u00e9e et de g\u00e9rant du complexe Maasm\u00e8 sans soucis majeurs, ses d\u00e9buts au Nayiri furent \u2018\u2019\u00a0difficiles\u00a0\u2018\u2019. \u00ab\u00a0Les gens \u00e9taient \u00e9tonn\u00e9s de me voir. Ils se demandaient pourquoi c\u2019est un Blanc qui est le guide\u00a0au Palais \u00bb, t\u00e9moigne-t-il. Mais comment cet ing\u00e9nieur de l\u2019ENSAM de Bordeaux a su r\u00e9ussir sa reconversion professionnelle, surtout dans le domaine culturel o\u00f9 les pesanteurs et les r\u00e9sistances sont parfois vivaces ?<\/p>\n<h2><strong>\u00ab\u00a0La communaut\u00e9 a mis du temps avant de le comprendre\u00a0\u00bb<\/strong><\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0Je n\u2019ai pas appris un travail mais j\u2019ai appris \u00e0 travailler\u00a0\u00bb, r\u00e9pond le m\u00e9tronome du site touristique Maasm\u00e8. Pour lui, tout peut s\u2019apprendre. Il s\u2019est alors investi dans la recherche de connaissances sur l\u2019histoire et la culture locales, notamment celles du quartier Issouka de Koudougou. En l\u2019absence de documents \u00e9crits, le \u201cBlanc du chef \u201d s\u2019est \u2018\u2019abreuv\u00e9\u2019\u2019 \u00e0 la source de la tradition orale africaine en allant \u00e0 la rencontre des notabilit\u00e9s. Mais pas sans se heurter, au d\u00e9but, \u00e0 la r\u00e9sistance et \u00e0 la m\u00e9fiance de ses interlocuteurs. \u00ab\u00a0Patrick est tr\u00e8s rigoureux, m\u00e9thodique, curieux. Il observe beaucoup, prend des notes qui me servent\u00a0\u00bb, fait savoir le chef de Issouka, Naaba Saaga 1er. En 2019, ce Fran\u00e7ais de 1,67m au physique fr\u00eale, mais qui a de la suite dans ses id\u00e9es, a franchi un pas important dans la vulgarisation de l\u2019histoire de la capitale de la r\u00e9gion du Centre-Ouest. Il a mis sur le march\u00e9, un petit ouvrage intitul\u00e9 \u00a0Br\u00e8ve histoire de Koudougou\u00a0. Au-del\u00e0 de l\u2019histoire de la cit\u00e9 du Cavalier rouge, le bouquin contient des dates et \u00e9v\u00e8nements importants du Moogho et du Burkina Faso, de 1887 \u00e0 2019.<\/p>\n<figure id=\"attachment_45248\" aria-describedby=\"caption-attachment-45248\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-45248 size-medium\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/02\/1-20-300x200-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/02\/1-20-300x200-1.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/1-20-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/1-20.jpg 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"><figcaption id=\"caption-attachment-45248\" class=\"wp-caption-text\">Patrick Rossi\u00a0: \u00ab\u00a0ma pr\u00e9sence ici ne suscite plus de questions\u00a0\u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Aujourd\u2019hui, sa maitrise de l\u2019histoire de Issouka et de la r\u00e9gion de Koudougou fascine. \u00ab\u00a0Ma pr\u00e9sence ici, ne suscite plus de questions. Il y a des gens qui viennent ici pour le simple plaisir de m\u2019entendre leur raconter leur histoire\u00a0\u00bb, se r\u00e9jouit le Bordelais. Mieux, il a r\u00e9ussi son int\u00e9gration au sein de la soci\u00e9t\u00e9 koudougoulaise. Faisant siennes les valeurs africaines, celui que l\u2019on a surnomm\u00e9 monsieur Yam\u00e9ogo P. Tinghin Biigha (fils du pays, en langue moor\u00e9), est pr\u00e9sent dans les \u00e9v\u00e8nements sociaux heureux et malheureux de Issouka. Il est le premier \u00e0 informer le chef qu\u2019il y a des fun\u00e9railles ou tel \u00e9v\u00e8nement ici ou l\u00e0. \u00ab\u00a0Je suis dans un contexte culturel nouveau. J\u2019ai deux choix\u00a0: soit je m\u2019adapte \u00e0 cette culture, soit je ne reste pas. Je n\u2019ai pas \u00e0 chercher \u00e0 la modifier ou faire quoi que ce soit qui va m\u2019amener \u00e0 me conduire autrement\u00a0\u00bb, explique le natif de Bordeaux. Pour le chef de Issouka, Patrick, \u00e0 son humble niveau individuel, participe \u00e0 la construction d\u2019une image positive de l\u2019ancienne puissance coloniale, celle d\u2019une France respectueuse des traditions et cultures africaines. Il est le symbole du dialogue f\u00e9cond des cultures. \u00ab\u00a0Au d\u00e9but, ce ne fut pas facile mais, par la suite il s\u2019est int\u00e9gr\u00e9. La communaut\u00e9 a mis du temps avant de le comprendre. Elle se demandait pourquoi le chef a amen\u00e9 dans le Nayiri, un Blanc qui la fatigue\u00a0\u00bb, confie Naaba Saaga 1er, l\u2019air combl\u00e9.<\/p>\n<h2><strong>Serviable, bricoleur, pragmatique<\/strong><\/h2>\n<p>La rencontre entre ces deux hommes, M. Rossi et le Naaba, date des ann\u00e9es 89-90 \u00e0 Bordeaux, lorsque ce dernier y \u00e9tait pour ses \u00e9tudes sup\u00e9rieures en communication. \u00ab\u00a0J\u2019avais comme professeur de recherche documentaire l\u2019ex-\u00e9pouse de Patrick. La sympathie s\u2019\u00e9tant install\u00e9e entre nous, elle m\u2019invitait \u00e0 la maison. C\u2019est lors de ces visites que j\u2019ai connu son mari d\u2019alors, Patrick Rossi\u00a0\u00bb, raconte Naba Saaga 1er. D\u00e8s la premi\u00e8re rencontre, celui qui allait devenir 25 ans plus tard chef de Issouka, est s\u00e9duit par la disponibilit\u00e9, le caract\u00e8re serviable, bricoleur, pragmatique de celui qui est aujourd\u2019hui son collaborateur dans son palais. \u00ab\u00a0Lorsque mon \u00e9pouse et moi devions quitter la cit\u00e9 universitaire apr\u00e8s la naissance de notre premier enfant, c\u2019est Patrick qui nous a trouv\u00e9s un appartement dans une r\u00e9sidence. Il a parcouru les quatre coins de Bordeaux pour nous trouver des meubles afin que nous puissions nous installer dans notre studio. Quand on revenait de Paris, c\u2019est encore lui qui venait nous chercher \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Bordeaux\u00a0\u00bb, se souvient le chef, des bonnes \u0153uvres de M. Rossi \u00e0 son \u00e9gard.<\/p>\n<p>Mais avant, le Bordelais avait d\u00e9j\u00e0 une bonne image du Burkina Faso pour s\u2019y \u00eatre rendu pour la premi\u00e8re fois en 1981, \u00e0 l\u2019occasion du mariage d\u2019une amie de son ancienne \u00e9pouse. \u00ab A l\u2019\u00e9poque, je ne savais pas o\u00f9 se trouvait Ouagadougou. A notre arriv\u00e9e, nous y avons d\u00e9couvert quelque chose de particulier\u00a0: l\u2019accueil chaleureux, la sympathie des gens, la facilit\u00e9 dans le contact sans protocole\u00a0\u00bb, se rem\u00e9more-t-il. Depuis lors, le couple Rossi revenait tous les deux ou trois ans dans l\u2019ancienne Haute-Volta pour y passer les vacances, \u00ab\u00a0boire la bi\u00e8re et manger les poulets bicyclettes\u00a0\u00bb. En 2004, Patrick Rossi prend une d\u00e9cision radicale\u00a0: quitter la France o\u00f9 il ne se sentait plus, pour venir s\u2019installer au Burkina Faso. Initialement, il devait venir \u00e0 Ouagadougou pour aider \u00e0 mettre en \u0153uvre un projet d\u2019accompagnement des enfants de la rue. Le projet n\u2019a pas abouti, car \u00ab\u00a0s\u00e9duisant sur le papier mais ne collant pas aux r\u00e9alit\u00e9s du terrain\u00a0\u00bb, explique l\u2019ing\u00e9nieur en gestion de travail.<\/p>\n<h2><strong>De Bobo- Dioulasso \u00e0 Koudougou<\/strong><\/h2>\n<figure id=\"attachment_45249\" aria-describedby=\"caption-attachment-45249\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-45249 size-medium\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/02\/2-3-300x194-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"194\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/02\/2-3-300x194-1.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/2-3-150x97.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/2-3.jpg 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"><figcaption id=\"caption-attachment-45249\" class=\"wp-caption-text\">En 2013, M. Rossi faisant office de man\u0153uvre sur le chantier du site Maasm\u00e8.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Apr\u00e8s quelques mois pass\u00e9 dans la capitale burkinab\u00e8, le bordelais rejoint ses amis musiciens \u00e0 Bobo Dioulasso. Une ville qu\u2019il affectionne tant. \u00ab Bobo est une ville merveilleuse. Tous les soirs, c\u2019est la f\u00eate. J\u2019ai mis du temps \u00e0 me d\u00e9gager de Bobo pour venir \u00e0 Koudougou \u00bb, rigole-t-il. En 2006, une ann\u00e9e apr\u00e8s son intronisation, Naaba Saaga 1er fait appel \u00e0 son ami de Bordeaux pour l\u2019aider \u00e0 organiser la chefferie, conduire ses projets et g\u00e9rer ses affaires administratives, notamment son courrier, ses audiences, ses statistiques. \u00ab J\u2019ai dit \u00e0 Patrick : viens t\u2019installer \u00e0 Koudougou. Je n\u2019ai pas tout ce que tu avais en France mais, tu vas te d\u00e9brouiller avec le peu que j\u2019ai.<\/p>\n<p>Le d\u00e9but \u00e9tait difficile, il n\u2019y avait pas d\u2019argent. Mais il a accept\u00e9 malgr\u00e9 les contraintes \u00bb, confie le chef de Issouka. A c\u00f4t\u00e9 du jeune roi, Patrick Rossi va prendre une part active dans la conception et la r\u00e9alisation du projet de complexe touristique Maasm\u00e8, jouant parfois au man\u0153uvre sur les chantiers. \u00ab J\u2019amenais mes id\u00e9es, il y ajoutait les siennes. A deux, on \u00e9changeait, discutait. On r\u00eavait gros, en se disant : ce que les autres ont pu r\u00e9aliser de grand, nous pouvons aussi, \u00e0 notre \u00e9chelle, le faire \u00bb, relate Naaba Saaga 1er. Ainsi, ce qui \u00e9tait en 2010, un mus\u00e9e avec une seule salle d\u2019exposition contenant 36 photos sur l\u2019histoire de Koudougou au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle, est devenu un complexe touristique. Le site Maasm\u00e8 de Issouka comprend aujourd\u2019hui le palais, la place Naaba Bulgo, le mus\u00e9e Rayimi (pass\u00e9 \u00e0 quatre salles, avec un projet d\u2019extension), une biblioth\u00e8que, une salle informatique pour aider les scolaires et les \u00e9tudiants, le maquis le Hamac\u00a0 et des chambres d\u2019h\u00f4tes \u00ab la Qui\u00e9tude \u00bb. Mieux, Maasm\u00e8 est devenu un site de r\u00e9f\u00e9rence nationale. En deux ann\u00e9es successives, 2019 et 2020, Maasm\u00e8 a \u00e9t\u00e9 class\u00e9 premier site touristique le plus visit\u00e9 du Burkina Faso par le minist\u00e8re en charge de la culture, avec en moyenne 6 500 visiteurs par an. \u00ab En termes de culture et d\u2019histoire de Koudougou, le site Maasm\u00e8 est devenu une r\u00e9f\u00e9rence pour les \u00e9tudiants et les enseignants qui ont des travaux de recherches sur ces sujets. \u00ab Nous sommes parvenus \u00e0 ce point de r\u00e9f\u00e9rence car nous d\u00e9tenons une partie de l\u2019histoire de la ville \u00bb, se r\u00e9jouit le \u201cBlanc du Chef \u201d.<\/p>\n<p>\u00ab Pas de d\u00e9veloppement sans la culture \u00bb Le conservateur du mus\u00e9e Rayimi est persuad\u00e9 qu\u2019il n\u2019y a pas de d\u00e9veloppement sans la culture. \u00ab L\u2019identit\u00e9 culturelle est ce qui permet d\u2019avancer. Quand on n\u2019est pas en mesure de connaitre les valeurs de sa tradition, on ne sera pas en mesure de connaitre les valeurs de son futur \u00bb, mart\u00e8le-t-il. Il regrette que la culture burkinab\u00e8 soit en train de perdre ses valeurs du fait de l\u2019affaiblissement de son unit\u00e9 de base, \u00e0 savoir la famille, le groupe social. Mais, nuance-t-il, cela est un ph\u00e9nom\u00e8ne mondial. Du fait de la mondialisation, au Burkina Faso, comme ailleurs, on est plong\u00e9 dans un syst\u00e8me social o\u00f9 l\u2019individu prime sur le groupe, d\u00e9plore-t-il. Mais tout n\u2019est pas perdu, relativise Patrick Rossi, car il existe encore des r\u00e9f\u00e9rences, des initiatives qui se d\u00e9ploient dans le sens de la pr\u00e9servation de la culture. Le projet du complexe Maasm\u00e8 s\u2019inscrit dans ce registre. Mais comme tous les projets culturels, il fait face aux contraintes financi\u00e8res. Malgr\u00e9 les efforts des pouvoirs publics, les d\u00e9fis restent immenses dans un secteur o\u00f9 les chantiers sont \u00e9normes. \u00ab En Afrique comme en Europe, les budgets allou\u00e9s \u00e0 la culture sont des budgets de mis\u00e8re. Et face aux nombreuses contraintes, nous souhaiterions vivement un accompagnement du minist\u00e8re de la culture par la mise \u00e0 notre disposition de personnel qualifi\u00e9. En attendant, nous sommes en train de d\u00e9velopper des activit\u00e9s parall\u00e8les g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus dans le but de soutenir, un tant soit peu, nos activit\u00e9s culturelles \u00bb, soutient le g\u00e9rant-guide. Pour lui, l\u2019absence d\u2019une culture de tourisme interne constitue l\u2019un des maux qui mine l\u2019industrie touristique burkinab\u00e8.<\/p>\n<p>Conscient de l\u2019immensit\u00e9 des d\u00e9fis, M. Rossi s\u2019investit \u00e0 pr\u00e9parer la rel\u00e8ve. Ses connaissances et son exp\u00e9rience, il les partage avec les jeunes stagiaires. \u00ab J\u2019ai eu la chance de rencontrer Patrick en octobre 2020 et de travailler avec lui. Il est tr\u00e8s rigoureux, un homme de principes. Il a toujours \u00e9t\u00e9 \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s et il collabore avec tout le monde \u00bb, confie R\u00e9mi Nayaga, \u00e9tudiant en deuxi\u00e8me ann\u00e9e d\u2019Histoire et Arch\u00e9ologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Norbert-Zongo de Koudougou et guide au complexe Maasm\u00e8. Le Bordelais compte-t-il finir ses vieux jours au pays des Hommes int\u00e8gres, loin de l\u2019hexagone ? \u00ab Le futur est un myst\u00e8re\u2026 \u00bb, se contente de philosopher celui qui se d\u00e9finit comme n\u2019\u00e9tant ni du pass\u00e9, ni du futur, mais celui qui vit au pr\u00e9sent. En attendant, Patrick ne rate pas l\u2019occasion de se d\u00e9lecter de ses mets pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s : t\u00f4t, beignets, soupe de poulet\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong> Mahamadi SEBOGO <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Windmad76@gmail.com <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/02\/07\/patrick-rossi-conservateur-du-musee-rayimi-le-blanc-au-service-de-la-culture-moaga\/\">Patrick Rossi, conservateur du mus\u00e9e Rayimi  : le  \u2018\u2019\u00a0Blanc\u00a0\u2018\u2019\u00a0 au service de la culture moaga<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/02\/07\/patrick-rossi-conservateur-du-musee-rayimi-le-blanc-au-service-de-la-culture-moaga\/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=patrick-rossi-conservateur-du-musee-rayimi-le-blanc-au-service-de-la-culture-moaga\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ing\u00e9nieur en organisation et gestion de travail, apr\u00e8s une vingtaine d\u2019ann\u00e9es de carri\u00e8re comme conducteur de travaux dans la construction en Europe, au Moyen Orient et en Am\u00e9rique latine, Patrick Rossi est aujourd\u2019hui conservateur de mus\u00e9e et g\u00e9rant du complexe touristique Maasm\u00e8 dans le Nayiri (palais) du quartier Issouka de Koudougou, chef-lieu de la r\u00e9gion [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/4-201x300.jpg","fifu_image_alt":"Patrick Rossi, conservateur du mus\u00e9e Rayimi  : le  \u2018\u2019\u00a0Blanc\u00a0\u2018\u2019\u00a0 au service de la culture moaga","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-140292","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/140292","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=140292"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/140292\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=140292"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=140292"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=140292"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}