{"id":141664,"date":"2022-02-24T17:32:48","date_gmt":"2022-02-24T22:32:48","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/de-la-perdition-a-la-perte-de-lhomme\/"},"modified":"2022-02-24T17:32:48","modified_gmt":"2022-02-24T22:32:48","slug":"de-la-perdition-a-la-perte-de-lhomme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/de-la-perdition-a-la-perte-de-lhomme\/","title":{"rendered":"De la perdition \u00e0 la perte  de l\u2019homme !"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>Depuis quelque temps, les cas de perte de personnes se multiplient dans notre pays. Des enfants aux adultes en passant par des adolescents, le ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019\u00e9pargne personne. Avant, on pouvait perdre son poulet, son mouton ou m\u00eame son b\u0153uf. Mais parfois, c\u2019est un bon voisin qui le trainait nuitamment chez le propri\u00e9taire ou celui-ci le retrouvait dans la bassecour ou l\u2019enclos du lointain \u00e9leveur int\u00e8gre qui le nourrissait en attendant ce dernier.<\/p>\n<p>Quelques mottes de foin \u00e9taient aussit\u00f4t envoy\u00e9es au digne bienfaiteur pour le service rendu. Mais le bon Samaritain refusait toujours de prendre le foin de son bienfait, parce qu\u2019il savait que la meilleure des r\u00e9compenses venait d\u2019en haut. Tout comme les b\u00eates, avant, les enfants aussi se perdaient, mais ils \u00e9taient r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s par un passant qui les conduisait \u00e0 la radio ou \u00e0 la police et leurs parents venaient les chercher.<\/p>\n<p>Certains h\u00e9bergeaient m\u00eame un enfant chez eux jusqu\u2019\u00e0 ce que ses parents viennent le chercher. Aujourd\u2019hui, nos poulets, moutons ou b\u0153ufs ne se perdent plus, ils sont vol\u00e9s et parfois des troupeaux entiers sont emport\u00e9s sur le corps du propri\u00e9taire abattu. De nos jours, nos enfants ne se perdent plus dans leur vadrouille, ils sont cibl\u00e9s et enlev\u00e9s, emport\u00e9s parfois sans espoir de les retrouver.<\/p>\n<p>Le mal est persistant et les r\u00e9seaux sociaux ne cessent de nous montrer ces visages innocents, disparus comme par enchantement dans une soci\u00e9t\u00e9 en perdition. Homme int\u00e8gre, qui es-tu ? Pourquoi et comment en es-tu arriv\u00e9 l\u00e0 ? Depuis que l\u2019argent et le pouvoir se sont \u00e9rig\u00e9s en dieu dans la t\u00eate des hommes, la vie humaine n\u2019est qu\u2019une aubaine malsaine de fortune aux mains de certains.<\/p>\n<p>Quand on peut aller troquer son gros orteil et le faire saigner sur l\u2019autel diabolique de l\u2019opulence coupable et revenir marcher en boitillant sur des liasses infinies. On entretiendra cette plaie incurable en supportant avec le sourire ses moments de douleur atroce, en sachant que plus elle fait mal, plus la malle \u00e0 sous s\u2019emballe et se remplit. Que dire de ceux qui vont \u00e9laguer quelques ann\u00e9es de leur petite vie sans esp\u00e9rance pour s\u2019octroyer une existence d\u2019exub\u00e9rance sans temp\u00e9rance ?<\/p>\n<p>Combien ont troqu\u00e9 leur propre fils ou fille, leur propre femme ou m\u00e8re, juste pour \u00eatre riche, le plus riche et le plus fort ? M\u00eame pour un poste minist\u00e9riel ou pr\u00e9sidentiel, on est pr\u00eat \u00e0 tout promettre \u00e0 l\u2019autel sacrificiel du pire, pour \u00eatre le meilleur. M\u00eame les chiens peinent ou n\u2019osent pas se manger ; l\u2019homme est capable de manger son prochain et curer la moelle de ses os, pour \u00eatre plus grand, plus riche, plus fort.<\/p>\n<p>Il y a des monstres parmi nous ! Le r\u00e8gne de l\u2019argent facile a fait de notre soci\u00e9t\u00e9, une jungle o\u00f9 le semblable est un potentiel animal f\u00e9roce aux desseins m\u00e9connus. Dans un contexte o\u00f9 l\u2019individualisme a pris le dessus sur l\u2019esprit de communaut\u00e9, chacun vit sa vie dans son cocon, dans l\u2019indiff\u00e9rence des autres. Hier, on posait le toit de chaume de la case du voisin avec tous les bras valides du voisinage.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, personne ne veille sur l\u2019autre. On peut cambrioler chez un voisin en plein jour sans que le reste des habitants ne le sache. Aujourd\u2019hui, pendant que \u00e7a br\u00fble chez le voisin, certains fermeront leurs portes et fen\u00eatres pour \u00eatre \u00e0 l\u2019abri de la fum\u00e9e du d\u00e9sastre. Personne ne se conna\u00eet vraiment ; on fr\u00e9quente le m\u00eame march\u00e9, la m\u00eame \u00e9glise ou la m\u00eame mosqu\u00e9e ; on se coince m\u00eame chez le boutiquier du quartier, mais tant pis, puisque chacun vient acheter avec son argent.<\/p>\n<p>Tant pis, puisque personne ne mange chez l\u2019autre. M\u00eame les animaux d\u2019esp\u00e8ces diff\u00e9rentes se reniflent parfois les uns les autres pour se sentir et se d\u00e9couvrir, pour se comprendre et s\u2019accepter. Il nous faudra revoir nos modes de vie en soci\u00e9t\u00e9. Il nous faudra nous r\u00e9\u00e9duquer pour savoir vivre en communaut\u00e9. Et savoir vivre en communaut\u00e9, c\u2019est savoir cohabiter en bonne intelligence.<\/p>\n<p>On n\u2019est jamais assez riche ou fort pour se suffire au point de n\u00e9gliger les autres ou les oublier. Apprenons \u00e0 nos enfants \u00e0 se fr\u00e9quenter, \u00e0 jouer ensemble, \u00e0 travailler ensemble et \u00e0 \u00eatre utiles les uns pour les autres. Cette chronique est peut-\u00eatre la peinture nostalgique, voire surr\u00e9aliste d\u2019un monde solidaire qui n\u2019existe presque plus.<\/p>\n<p>Elle est peut-\u00eatre un r\u00eave ou une illusion teint\u00e9e d\u2019une na\u00efvet\u00e9 innocente, mais c\u2019est \u00e0 ce prix qui ne co\u00fbte rien d\u2019ailleurs que notre soci\u00e9t\u00e9 humaine retrouvera tout son sens social. C\u2019est \u00e0 ce prix que nous sauverons nos enfants des mains de leurs ravisseurs. C\u2019est \u00e0 ce prix que nous d\u00e9noncerons le suspect \u00e9tranger ou le radical fr\u00e8re qui vit parmi nous en pr\u00eachant la bonne nouvelle avec les armes de l\u2019horreur.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 ce prix que notre int\u00e9grit\u00e9 tant clam\u00e9e trans-cendera sa dimension de slogan creux pour amorcer la vraie voie de la dignit\u00e9. Les vrais Burkinab\u00e8 sont faits les uns pour les autres au-del\u00e0 des diff\u00e9rences socio-\u00e9conomiques, des divergences ethniques ou religieuses, des clivages culturels ou coutumiers. H\u00e9las, de la perdition, bienvenue \u00e0 l\u2019\u00e8re de la perte de l\u2019homme !<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Cl\u00e9ment ZONGO<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\">clmentzongo@yahoo.fr<\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/02\/24\/de-la-perdition-a-la-perte-de-lhomme\/\">De la perdition \u00e0 la perte  de l\u2019homme !<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/02\/24\/de-la-perdition-a-la-perte-de-lhomme\/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=de-la-perdition-a-la-perte-de-lhomme\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis quelque temps, les cas de perte de personnes se multiplient dans notre pays. Des enfants aux adultes en passant par des adolescents, le ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019\u00e9pargne personne. Avant, on pouvait perdre son poulet, son mouton ou m\u00eame son b\u0153uf. Mais parfois, c\u2019est un bon voisin qui le trainait nuitamment chez le propri\u00e9taire ou celui-ci le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-141664","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/141664","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=141664"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/141664\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=141664"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=141664"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=141664"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}