{"id":142653,"date":"2022-03-08T06:01:10","date_gmt":"2022-03-08T11:01:10","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/journee-internationale-de-la-femme-ce-que-la-1ere-femme-ministre-de-la-haute-volta-macoucou-celestine-ouezzin-coulibaly-avait-dit-en-1961\/"},"modified":"2022-03-08T06:01:10","modified_gmt":"2022-03-08T11:01:10","slug":"journee-internationale-de-la-femme-ce-que-la-1ere-femme-ministre-de-la-haute-volta-macoucou-celestine-ouezzin-coulibaly-avait-dit-en-1961","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/journee-internationale-de-la-femme-ce-que-la-1ere-femme-ministre-de-la-haute-volta-macoucou-celestine-ouezzin-coulibaly-avait-dit-en-1961\/","title":{"rendered":"Journ\u00e9e internationale de la femme\u00a0: ce que la 1ere femme ministre de la Haute Volta Macoucou C\u00e9lestine Ou\u00e9zzin Coulibaly avait dit en 1961"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>A l\u2019occasion du 8 mars, journ\u00e9e Internationale des Droits des femmes, nous vous proposons un \u00e9crit de Macoucou C\u00e9lestine Ou\u00e9zzin Coulibaly n\u00e9e Traor\u00e9, la premi\u00e8re femme s\u00e9natrice, premi\u00e8re femme ministre et premi\u00e8re femme d\u00e9put\u00e9 de la Haute-Volta.<\/p>\n<p>Institutrice de formation, Macoucou C\u00e9lestine Ou\u00e9zzin Coulibaly est l\u2019\u00e9pouse de la premi\u00e8re figure politique de la Haute-Volta Daniel Ou\u00e9zzin Coulibaly, un des p\u00e8res fondateurs du Rassemblement D\u00e9mocratique Africain (RDA) avec Felix Houphou\u00ebt Boigny de C\u00f4te d\u2019Ivoire. Militante de ce parti comme son mari, Mme C\u00e9lestine Ou\u00e9zzin Coulibaly a dirig\u00e9 la marche de protestation des femmes sur Grand-Bassam en d\u00e9cembre 1949 \u00e0 laquelle ont particip\u00e9 entre autres Anne-Marie Raggi et Lucie Traor\u00e9 n\u00e9e Kabor\u00e9.<\/p>\n<p>Elle a occup\u00e9 de hautes fonctions au RDA comme celle de pr\u00e9sidente des sections f\u00e9minines de C\u00f4te d\u2019Ivoire puis de Haute Volta.<\/p>\n<p>Le texte de Macoucou C\u00e9lestine Ou\u00e9zzin Coulibaly est une contribution dans le num\u00e9ro sp\u00e9cial de l\u2019hebdomadaire d\u2019information volta\u00efque \u00ab Carrefour Africain\u00bb\u00a0 paru le 10 novembre 1961.<\/p>\n<p>\u00ab Nous voici au seuil de la premi\u00e8re ann\u00e9e de notre ind\u00e9pendance et notre souci constant doit \u00eatre de prendre part aux lourdes responsabilit\u00e9s qui incombent \u00e0 nos chefs d\u2019Etat. La femme volta\u00efque, consciente de ses multiples responsabilit\u00e9s de m\u00e8re, d\u2019\u00e9ducatrice et, par cons\u00e9quent cellule vivante de la Nation, est pour ainsi dire l\u2019ouvri\u00e8re de la g\u00e9n\u00e9ration. Sans oublier nos multiples occupations au sein du foyer, nous sommes la base de l\u2019\u00e9ducation de l\u2019enfance en vue de la formation d\u2019une jeunesse nouvelle, avenir de notre pays.<\/p>\n<p>Dans nos soci\u00e9t\u00e9s africaines, l\u2019\u00e9veil de la femme n\u2019est totalement \u00e9quilibr\u00e9 alors que les progr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 l\u2019exigent, un pays ne peut \u00e9voluer sans la participation de la femme et ceci s\u2019explique dans les diff\u00e9rents domaines de notre \u00e8re en plein d\u00e9veloppement. En effet, durant ce laps de temps, les peuples africains ont subi des transformations radicales sur le plan politique et social. Et dans les diff\u00e9rentes r\u00e9gions de notre Etat, les femmes ont apport\u00e9 leur contribution \u00e0 ces transformations radicales et \u00e0 l\u2019\u00e9dification d\u2019une nouvelle Soci\u00e9t\u00e9 Africaine.<\/p>\n<p>La femme, compagne de l\u2019homme, est contrainte \u00e0 manifester son effort \u00e0 l\u2019aboutissement d\u2019une atmosph\u00e8re meilleure, propice au plein d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9volution nationale. Le temps n\u2019est plus, en effet, o\u00f9 un r\u00e9gime dont nous avons toutes souffert invoquant des coutumes tout \u00e0 fait injustes, maintenait la femme dans une situation inf\u00e9rieure. Nous savons toutes, qu\u2019en ces temps, qui ne sont pas si lointains, la femme \u00e9tait totalement m\u00e9pris\u00e9e et sa personnalit\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme secondaire. Elle ne servait et ne devait servir que d\u2019objet, d\u2019instrument aux mains de son mari dont elle n\u2019avait pas le droit de contr\u00f4ler les agissements. Notre r\u00f4le dans la Soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait nul et sur le plan politique, la femme n\u2019avait jamais aucun droit. Sur le plan juridique, les femmes \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme incapables, et \u00e0 ce titre, elles ne pouvaient m\u00eame pas donner de consentement pour leur propre mariage qui \u00e9tait bien plus un acte de vente pass\u00e9 entre le futur mari et la famille. La dot consistait en menus cadeaux symboliques d\u00e9tourn\u00e9s de son sens profond qui \u00e9tait la manifestation d\u2019un r\u00e9el attachement que l\u2019on portait \u00e0 une famille dont on devenait parent et alli\u00e9. Elle est devenue une manifestation de fausses puissances ou de richesses, un v\u00e9ritable prix d\u2019achat de la femme. Ainsi la s\u00e9curit\u00e9 de la femme n\u2019\u00e9tait nullement assur\u00e9e apr\u00e8s le mariage, car le mari pouvait la renvoyer \u00e0 volont\u00e9. L\u2019institution du code marital a aujourd\u2019hui chang\u00e9 cet \u00e9tat de chose.<\/p>\n<p>Cependant on oubliait les v\u00e9ritables traditions africaines : jamais, en effet, la femme africaine n\u2019a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme un \u00eatre inf\u00e9rieur dans l\u2019Afrique pr\u00e9-coloniale. Est-il besoin de rappeler \u00e9galement que notre histoire a connu de nombreuses souveraines et des plus illustres ? Qui pourrait affirmer que dans nos campagnes la femme n\u2019occupe pas un emploi \u00e9gal \u00e0 celui de l\u2019homme ? Ne va-t-elle pas au champ, au marigot le plus lointain, pour chercher de l\u2019eau, en brousse pour le bois, au march\u00e9, enfin dans sa case o\u00f9 elle accomplit la plus grande et lourde t\u00e2che, piler ou \u00e9craser le mil. Toute la vie sociale de la famille ne repose-t-elle pas sur elle ? La v\u00e9ritable preuve en est que c\u2019est avec l\u2019ind\u00e9pendance que l\u2019on aborde la phase de l\u2019affranchissement v\u00e9ritable de la femme. C\u2019est avec l\u2019ind\u00e9pendance que les femmes peuvent redevenir des citoyennes \u00e0 part enti\u00e8re dans la cit\u00e9 africaine. Toutes les luttes men\u00e9es depuis lors ne sont que pour la libert\u00e9 individuelle tant souhait\u00e9e depuis tr\u00e8s longtemps.<\/p>\n<p>A l\u2019appel vibrant du pays, les femmes de Haute-Volta se doivent de renforcer leur action afin de pouvoir soutenir la lutte qu\u2019ont men\u00e9e les hommes pour la vie sociale, \u00e9conomique et culturelle. Tout en \u00e9tant de bonnes \u00e9pouses et m\u00e8res de familles, d\u00e9positaires et gardiennes de la vie, elles veilleront jalousement au bien-\u00eatre de notre pays. Dans les \u00e9tats africains d\u00e9j\u00e0 ind\u00e9pendants, elles se pencheront avec constance et amour sur le bien pr\u00e9cieux de notre libert\u00e9. Pour que notre drapeau flotte \u00e0 jamais- car nous voulons qu\u2019on le sache bien-il n\u2019y aura pas, il ne saurait y avoir de paix, de justice et de libert\u00e9 sur terre, sans la fin de l\u2019imp\u00e9rialisme. Nous, femmes volta\u00efques, quels que soient nos \u00e2ges, notre situation, notre action intimement li\u00e9e \u00e0 la jeunesse, nous serons l\u2019immense force n\u00e9e de la souffrance maternelle ; c\u2019est nous qui devons former la cha\u00eene de la grande famille africaine.<\/p>\n<p>En R\u00e9publique de Haute-Volta, la lutte des femmes pour un devenir meilleur a \u00e9t\u00e9 intimement li\u00e9e \u00e0 celle du peuple tout entier. Les femmes volta\u00efques ont courageusement milit\u00e9 au sein de notre parti national, aux ann\u00e9es sombres et difficiles de la lutte. Elles ont subi les m\u00eames souffrances, les m\u00eames privations que les hommes et n\u2019ont jamais recul\u00e9, m\u00eame pas devant l\u2019ultime sacrifice de leur vie ; des hommes comme des Mallo Traor\u00e9, Djibril Vinama, Douani S\u00e9r\u00e9, les vieux de Ouahabou et tant d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 soutenus par le courage de leurs femmes et enfants. Nos camarades et chers \u00e9poux immortels comme Zinda Kabor\u00e9 et Ou\u00e9zzin Coulibaly symbolisent \u00e0 jamais la r\u00e9sistance du parti volta\u00efque. C\u2019est ainsi que nous avons apport\u00e9 notre contribution \u00e0 l\u2019\u00e9dification d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 nouvelle, d\u2019une nation d\u00e9barrass\u00e9e de tout complexe.<\/p>\n<p>Si l\u2019ind\u00e9pendance est synonyme de renouveau pour tout le monde et dans tous les domaines, cela est encore plus vrai pour nous, femmes volta\u00efques. Depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1960, la Haute-Volta a abord\u00e9 avec optimisme et d\u00e9termination, une nouvelle phase, la lutte \u00e9conomique pour un meilleur devenir, la phase de sa lib\u00e9ration. Citoyennes pleinement conscientes des objectifs de l\u2019\u00e9volution volta\u00efque, compl\u00e8tement d\u00e9barrass\u00e9es des anciens complexes et des anciennes contraintes qui pesaient sur elles, les femmes jouent dans cette nouvelle phase de l\u2019histoire volta\u00efque un r\u00f4le tout aussi important. Nous devons participer activement aux travaux d\u2019investissement humain, \u00e0 la lutte contre l\u2019analphab\u00e9tisme, l\u2019alcoolisme, la sous-alimentation et toutes les tares qui constituent le triste h\u00e9ritage du r\u00e9gime d\u00e9funt \u00bb.<\/p>\n<p>Texte paru dans le num\u00e9ro sp\u00e9cial de l\u2019hebdomadaire d\u2019information volta\u00efque \u00ab Carrefour Africain \u00bb dans sa parution du 10 novembre 1961.<\/p>\n<p>Sign\u00e9 : Macoucou C\u00e9lestine Ou\u00e9zzin Coulibaly n\u00e9e Traor\u00e9<\/p>\n<p>1ere femme s\u00e9natrice, d\u00e9put\u00e9 et ministre de la Haute-Volta (actuel Burkina Faso)<\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/03\/08\/journee-internationale-de-la-femme-ce-que-la-1ere-femme-ministre-de-la-haute-volta-macoucou-celestine-ouezzin-coulibaly-avait-dit-en-1961\/\">Journ\u00e9e internationale de la femme\u00a0: ce que la 1ere femme ministre de la Haute Volta Macoucou C\u00e9lestine Ou\u00e9zzin Coulibaly avait dit en 1961<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: BS. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/03\/08\/journee-internationale-de-la-femme-ce-que-la-1ere-femme-ministre-de-la-haute-volta-macoucou-celestine-ouezzin-coulibaly-avait-dit-en-1961\/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=journee-internationale-de-la-femme-ce-que-la-1ere-femme-ministre-de-la-haute-volta-macoucou-celestine-ouezzin-coulibaly-avait-dit-en-1961\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019occasion du 8 mars, journ\u00e9e Internationale des Droits des femmes, nous vous proposons un \u00e9crit de Macoucou C\u00e9lestine Ou\u00e9zzin Coulibaly n\u00e9e Traor\u00e9, la premi\u00e8re femme s\u00e9natrice, premi\u00e8re femme ministre et premi\u00e8re femme d\u00e9put\u00e9 de la Haute-Volta. 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