{"id":146048,"date":"2022-04-21T15:15:34","date_gmt":"2022-04-21T19:15:34","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/excision-dans-le-zoundweogo-ces-mains-clandestines-qui-perpetuent-le-drame\/"},"modified":"2022-04-21T15:15:34","modified_gmt":"2022-04-21T19:15:34","slug":"excision-dans-le-zoundweogo-ces-mains-clandestines-qui-perpetuent-le-drame","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/excision-dans-le-zoundweogo-ces-mains-clandestines-qui-perpetuent-le-drame\/","title":{"rendered":"Excision dans le Zoundw\u00e9ogo\u00a0: Ces mains clandestines qui perp\u00e9tuent le drame"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Apr\u00e8s plusieurs d\u00e9cennies de lutte, la pratique de l\u2019excision a pris du recul au Burkina Faso. Les avanc\u00e9es dans le domaine sont notables, mais le ph\u00e9nom\u00e8ne perdure. Il est entretenu, aujourd\u2019hui, par des auteurs exer\u00e7ant dans la clandestinit\u00e9. Dans le Zoundw\u00e9ogo, r\u00e9gion du Centre-Sud, on trouve ces hors-la-loi qui continuent de manier leurs lames nuisibles au droit et \u00e0 la sant\u00e9 des femmes et des filles.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019ambiance est lourde, \u00e0 l\u2019entame des d\u00e9bats sur la seconde affaire du proc\u00e8s de ce mercredi 13 janvier 2022, dans la salle d\u2019audience du Tribunal de grande instance (TGI) de Manga, chef-lieu de la province du Zoundw\u00e9ogo et de la r\u00e9gion du Centre-Sud. La pr\u00e9sence des familles, silencieuse et pressante, alourdit la charge \u00e9motive.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident de la Cour, d\u2019un air impassible, pr\u00e9sente les faits reproch\u00e9s aux accus\u00e9es, cinq femmes dont deux quinquag\u00e9naires et trois octog\u00e9naires. Elles sont poursuivies pour infraction portant sur un cas d\u2019excision, \u00e0 Sidtenga, dans la commune de B\u00e9r\u00e9, en d\u00e9cembre 2021. Les victimes sont quatre filles dont l\u2019\u00e2ge est compris entre 4 et 12 ans.<\/p>\n<figure id=\"attachment_48425\" aria-describedby=\"caption-attachment-48425\" style=\"width: 696px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-48425\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/04\/8-PH-Bakala-1024x683-1.jpg\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"464\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/04\/8-PH-Bakala-1024x683-1.jpg 1024w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/8-PH-Bakala-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/8-PH-Bakala-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/8-PH-Bakala-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/8-PH-Bakala-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/8-PH-Bakala-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/8-PH-Bakala-1068x712.jpg 1068w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/8-PH-Bakala-630x420.jpg 630w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/8-PH-Bakala-1320x880.jpg 1320w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/8-PH-Bakala.jpg 1773w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\"><figcaption id=\"caption-attachment-48425\" class=\"wp-caption-text\">Pour la secr\u00e9taire ex\u00e9cutive de AZLY, Aim\u00e9e Yam\u00e9ogo, le renforcement des actions de sensibilisation va contribuer \u00e0 r\u00e9duire la pratique clandestine de l\u2019excision (cr\u00e9dit photo: BAKALA Edith).<\/figcaption><\/figure>\n<p>La mutilation op\u00e9r\u00e9e au niveau de leur appareil g\u00e9nital a consist\u00e9 \u00e0 l\u2019ablation du clitoris, encore appel\u00e9e clitoridectomie en milieu scientifique. Il s\u2019agit du type 1, le plus r\u00e9pandu au Burkina Faso, selon la classification du Conseil national de lutte contre la pratique de l\u2019excision (CNLPE). Le type 2 concerne, lui, la coupure du clitoris et des petites l\u00e8vres. Le type 3\u00a0:\u00a0 la coupure du clitoris, des petites et des grandes l\u00e8vres. Le type 4\u00a0:\u00a0les autres formes de Mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines (MGF) non class\u00e9es, regroupant, entre autres, l\u2019insensibilisation, la piq\u00fbre, l\u2019allongement ou l\u2019\u00e9tirement.<\/p>\n<p>Une vingtaine de jours environ apr\u00e8s leur supplice, la vie des quatre infortun\u00e9es est hors de danger. Elles ont \u00e9chapp\u00e9 au pire, contrairement \u00e0 cette autre fillette de la Boucle du Mouhoun qui a rendu l\u2019\u00e2me \u00e0 la suite d\u2019une h\u00e9morragie post op\u00e9ratoire, \u00e9voqu\u00e9 par le quotidien Sidwaya dans son num\u00e9ro du 23 mars 2022.<\/p>\n<p>Pour le substitut du procureur du Faso pr\u00e8s le TGI de Manga, Ali Tarpaga, l\u2019\u00e9tat actuel \u00ab\u00a0<em>rassurant<\/em>\u00a0\u00bb des quatre \u00ab\u00a0supplici\u00e9es\u00a0\u00bb de Sidtenga ne change rien \u00e0 la gravit\u00e9 de l\u2019affaire. \u00ab\u00a0L\u2019excision est une infraction qui est r\u00e9prim\u00e9e par la loi parce qu\u2019elle porte atteinte aux droits et \u00e0 la sant\u00e9 de la femme\u00a0\u00bb, confie le juge. Il ne cache d\u2019ailleurs pas sa satisfaction de voir le dossier port\u00e9 au tribunal. La raison est que les auteures et leurs complices ont agi dans la clandestinit\u00e9, donc conscientes de l\u2019infraction \u00e0 la loi.<\/p>\n<p>Mais face aux juges, la premi\u00e8re des intervenantes, l\u2019exciseuse, feint d\u2019ignorer l\u2019interdiction de la pratique avant de se raviser. Sur le banc des accus\u00e9s, les dos ploy\u00e9s et les regards r\u00e9guli\u00e8rement fix\u00e9s au sol, les r\u00e9ponses des quatre pr\u00e9sum\u00e9es innocentes durant l\u2019interrogatoire du tribunal ont tourn\u00e9 surtout \u00e0 des excuses, chaque prise de parole s\u2019achevant par\u00a0: \u00ab\u00a0nous demandons seulement pardon\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Au verdict final, l\u2019exciseuse se verra inflig\u00e9 la m\u00eame peine que la g\u00e9nitrice des filles soit 12 mois de prison dont six fermes et une amende de 500 000 francs CFA assortie de sursis. Les trois autres femmes poursuivies pour complicit\u00e9 \u00e9coperont, elles, de 500 000 francs CFA d\u2019amende avec sursis et de douze mois de prison dont trois fermes pour une d\u2019entre elles et deux fermes pour les autres.<\/p>\n<figure id=\"attachment_48419\" aria-describedby=\"caption-attachment-48419\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-48419\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/04\/2-PH-dillustration.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"275\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/04\/2-PH-dillustration.jpg 450w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/2-PH-dillustration-300x183.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/2-PH-dillustration-150x92.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\"><figcaption id=\"caption-attachment-48419\" class=\"wp-caption-text\">Les peines inflig\u00e9es \u00e0 Az\u00e8ta et ses complices par la cour visent \u00e0 donner l\u2019exemple (photo d\u2019illustration)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Quand l\u2019exciseuse accepte de se confier \u00e0 nous, au sein de la maison d\u2019arr\u00eat et de correction de Manga, le 10 mars 2022, elle insiste pour garder l\u2019anonymat. De stature moyenne, le visage marqu\u00e9 par les premi\u00e8res rides de l\u2019\u00e2ge, Az\u00e8ta (nom d\u2019emprunt) ne s\u2019accommode toujours pas \u00e0 son nouvel environnement. Ses rapports avec ses ge\u00f4liers sont emprunts d\u2019amabilit\u00e9, assure-t-elle, mais le train-train, l\u2019espace de circulation r\u00e9duit entre quatre murs, les insomnies r\u00e9p\u00e9titives et la s\u00e9paration d\u2019avec les siens lui p\u00e8sent sur le moral.<\/p>\n<p>Dans sa cellule, la quinquag\u00e9naire partage son quotidien avec la m\u00e8re des excis\u00e9es, les trois autres complices ayant d\u00e9j\u00e0 purg\u00e9 leur peine d\u2019emprisonnement ferme. Avec une pointe de regret et toujours fid\u00e8le \u00e0 son aveu devant les jur\u00e9s, elle soutient n\u2019avoir r\u00e9alis\u00e9 dans sa vie que deux op\u00e9rations d\u2019excision. La premi\u00e8re \u00e9tait sur sa fille, aujourd\u2019hui en couple dans un pays voisin, et la seconde celle de d\u00e9cembre 2021 qui l\u2019a conduite en d\u00e9tention.<\/p>\n<p><strong>Un mal \u00e0 la peau dure<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Malgr\u00e9 l\u2019\u00e2ge avanc\u00e9 de Az\u00e8ta et ses complices, le procureur a appliqu\u00e9 la loi et n\u2019a pas opt\u00e9 pour une relaxe dans le traitement de leur cas. Et ce n\u2019est pas fortuit s\u2019il a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019avoir la main ferme. \u00ab\u00a0C\u2019est pour dissuader les autres qui sont sur place. Les rumeurs nous parviennent qu\u2019il y a des cas d\u2019excision, surtout dans la zone de B\u00e9r\u00e9 o\u00f9 la pratique a la peau dure. Mais d\u00e8s que la police judiciaire se lance dans l\u2019enqu\u00eate les auteurs disparaissent. Vous n\u2019allez pas savoir qui a \u00e9t\u00e9 excis\u00e9e ni qui l\u2019a excis\u00e9e \u00bb, pr\u00e9cise le substitut du procureur, Ali Tarpaga.<\/p>\n<p>Le commissaire de police du District de B\u00e9r\u00e9, Yves Ou\u00e9draogo, est aussi formel sur la persistance de la pratique de l\u2019excision dans la localit\u00e9. Travailleur acharn\u00e9 et \u00e0 cheval sur la loi et les r\u00e8glements, selon sa hi\u00e9rarchie, c\u2019est \u00e0 lui et ses hommes que la justice doit l\u2019arrestation de Az\u00e8ta et ses quatre complices. Une op\u00e9ration savamment men\u00e9e apr\u00e8s une d\u00e9nonciation anonyme et qui lui a valu les f\u00e9licitations des premiers responsables r\u00e9gionaux de son service.<\/p>\n<p>Mais dans ses tiroirs, des dossiers similaires sont en instance. Il compte bien les conduire \u00e9galement \u00e0 terme. L\u2019un d\u2019eux ne p\u00eache pas de petits \u00ab\u00a0poissons\u00a0\u00bb comme pour sa r\u00e9cente prise mais une \u00ab\u00a0baleine\u00a0\u00bb, selon ses termes. Il n\u2019en dira pas plus sur la question, pr\u00e9f\u00e9rant miser sur l\u2019effet de surprise pour accomplir sa mission.<\/p>\n<p>Au Zoundw\u00e9ogo, B\u00e9r\u00e9 n\u2019est pas la seule \u00e0 abriter ces hors-la-loi parmi les sept communes qui composent la province. Bind\u00e9, Guiba, Gogo, Manga, Nob\u00e9r\u00e9 et Gon-Boussougou cachent tous leurs lots d\u2019exciseuses qui op\u00e8rent de temps \u00e0 autre quand les conditions leur permettent d\u2019agir incognito.<\/p>\n<p>En saison hivernale 2021, une affaire concernant une dizaine de filles excis\u00e9es dans la clandestinit\u00e9, \u00e0 Nob\u00e9r\u00e9, a fini par \u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9e au grand jour, conduisant \u00e0 l\u2019arrestation des auteurs et des complices. En 2020, la police judiciaire de Manga a manqu\u00e9 \u00e9galement de peu de mettre la main sur des pr\u00e9sum\u00e9s auteurs d\u2019excision.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait une petite fille qui avait \u00e9t\u00e9 admise au Centre m\u00e9dical de Manga et qui portait des stigmates d\u2019une r\u00e9cente excision. Mais le temps de se lancer \u00e0 la trousse des auteurs, les parents sont venus faire sortir l\u2019enfant en cachette et le dossier n\u2019a pas pu \u00eatre instruit\u00a0\u00bb, confie le substitut du procureur, Ali Tarpaga.<\/p>\n<figure id=\"attachment_48420\" aria-describedby=\"caption-attachment-48420\" style=\"width: 696px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-48420\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/04\/3-PH-ZANGO-1-1024x768-1.jpg\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"522\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/04\/3-PH-ZANGO-1-1024x768-1.jpg 1024w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/3-PH-ZANGO-1-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/3-PH-ZANGO-1-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/3-PH-ZANGO-1-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/3-PH-ZANGO-1-150x113.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/3-PH-ZANGO-1-696x522.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/3-PH-ZANGO-1-1068x801.jpg 1068w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/3-PH-ZANGO-1-560x420.jpg 560w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/3-PH-ZANGO-1-80x60.jpg 80w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/3-PH-ZANGO-1-265x198.jpg 265w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/3-PH-ZANGO-1-1320x990.jpg 1320w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/3-PH-ZANGO-1.jpg 1672w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\"><figcaption id=\"caption-attachment-48420\" class=\"wp-caption-text\">Le substitut du procureur pr\u00e8s le TGI de Manga, Ali Tarpaga, souhaite que les Officiers de police judiciaire soient plus outill\u00e9s pour mieux faire face \u00e0 la pratique de l\u2019excision (cr\u00e9dit Photo : ZANGO Mamady).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les interm\u00e8des durant lesquels les auteurs d\u2019excision passent en actions au noir sont m\u00eame connus de certains acteurs de lutte. La man\u0153uvre est subtile de sorte \u00e0 se donner plus de chance de r\u00e9ussite. Il s\u2019agit principalement des p\u00e9riodes de cong\u00e9s scolaires et en saison hivernale pendant la montaison des cultures, explique la secr\u00e9taire ex\u00e9cutive de l\u2019Association Zak La Yilgemd\u00e9 (AZLY), Aim\u00e9e Yam\u00e9ogo.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C\u2019est durant ces p\u00e9riodes qu\u2019on excise les enfants, souvent en pleine brousse de sorte que m\u00eame leurs pleurs n\u2019alertent pas. Pour les \u00e9l\u00e8ves, les plaies se cicatrisent g\u00e9n\u00e9ralement avant la reprise des cours donc les gens ne courent pas le risque d\u2019\u00eatre d\u00e9masqu\u00e9s si les enfants ob\u00e9issent \u00e0 leurs injonctions de ne pas parler\u00a0\u00bb, d\u00e9taille Mme Yam\u00e9ogo dont la structure, cr\u00e9\u00e9e depuis 2009, s\u2019illustre dans le combat contre les MGF et pour le bien-\u00eatre des enfants au niveau local.<\/p>\n<p>Avec autant d\u2019astuces, les auteurs et complices d\u2019excision garantissent leur anonymat, rendant difficiles leur identification et leur arrestation par la police judiciaire. La chance ne nous sourira pas non plus quand nous nous lan\u00e7ons aussi en qu\u00eate d\u2019entretiens avec les praticiennes, dans le cadre du pr\u00e9sent travail.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Comme les gens sont conscients que la pratique est passible de condamnation, ils n\u2019acceptent pas se d\u00e9clarer. C\u2019est tout \u00e0 fait compr\u00e9hensible \u00bb, souligne, amus\u00e9e, la premi\u00e8re responsable de AZLY apr\u00e8s que nous lui avons fait part de \u00a0nos d\u00e9boires.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Du faux et sans fondements<\/strong><\/p>\n<p>Nos efforts, finalement, ne seront pas vains. Avec la nonag\u00e9naire Billa Yerbanga du village de Nongrin, dans la commune de Gogo, \u00e0 une dizaine de kilom\u00e8tres de Manga, nous aurons des bribes d\u2019informations sur les motivations des exciseuses \u00ab\u00a0<em>r\u00e9calcitrantes<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Toujours alerte pour son \u00e2ge et arborant r\u00e9guli\u00e8rement le sourire, elle atteste avoir \u00e9t\u00e9 l\u2019exciseuse attitr\u00e9e de sa bourgade durant plusieurs d\u00e9cennies. Mais avant d\u2019engager la conversation, la veille Billa a tenu \u00e0 lever tout \u00e9quivoque\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0J\u2019ai suivi une formation initi\u00e9e par AZLY sur les dangers de l\u2019excision, il y a quelques ann\u00e9es, et depuis cet instant j\u2019ai arr\u00eat\u00e9 de le faire. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, on m\u2019a m\u00eame propos\u00e9 un v\u00e9lo et de l\u2019argent en r\u00e9compense mais j\u2019ai refus\u00e9 cat\u00e9goriquement\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Avant d\u2019\u00eatre avertie des revers de l\u2019excision qui l\u2019ont incit\u00e9e \u00e0 ranger ses outils, la vieille Billa pensait agir pour la bonne cause. \u00ab\u00a0On disait que l\u2019excision facilitait l\u2019accouchement et \u00e9vitait les maladies\u00a0\u00bb, soutient l\u2019ex-exciseuse. En termes de gains, ses op\u00e9rations lui rapportaient aussi entre 2 000 francs CFA et 3 000 francs CFA par fille excis\u00e9e, c\u2019est selon la bourse du demandeur. Une r\u00e9tribution qui lui garantissait r\u00e9guli\u00e8rement quelques sous dans son gousset.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui, moi j\u2019ai arr\u00eat\u00e9 mais il y a des gens qui continuent \u00e0 pratiquer l\u2019excision pour ces m\u00eames raisons\u00a0\u00bb, fait-elle savoir. Et elle est loin d\u2019avoir tort. Pour la premi\u00e8re op\u00e9ration d\u2019excision r\u00e9alis\u00e9e par Az\u00e8ta, il s\u2019agissait, soutient-elle, de donner la propret\u00e9 et la sant\u00e9 \u00e0 son enfant.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Quand ma fille \u00e9tait petite, elle souffrait de d\u00e9mangeaisons chroniques au niveau du sexe et c\u2019est pour cela que je l\u2019ai l\u2019excis\u00e9e\u00a0\u00bb, explique-t-elle. La g\u00e9nitrice des derni\u00e8res victimes de Az\u00e8ta, confie aussi qu\u2019elle \u00e9tait anim\u00e9e de la m\u00eame volont\u00e9 quand elle a insist\u00e9 pour les exciser contre la somme de 2000 francs CFA chacune.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On m\u2019a rassur\u00e9e qu\u2019avec l\u2019excision, ma petite fille de quatre ans n\u2019allait plus se gratter le sexe. Elle avait ce mal durant des mois et j\u2019ai essay\u00e9 plusieurs soins, je suis m\u00eame all\u00e9e dans une formation sanitaire sans avoir gain de cause. Mais pour les trois plus grandes, je voulais \u00e9viter que plus tard, elles n\u2019aient le m\u00eame probl\u00e8me\u00a0\u00bb, confesse-t-elle. Jusqu\u2019\u00e0 son arrestation, elle croyait encore aux vertus curatives de l\u2019excision, surtout apr\u00e8s qu\u2019on lui a pr\u00e9sent\u00e9 les \u00ab\u00a0responsables des d\u00e9mangeaisons qu\u2019on venait de couper\u00a0au niveau du sexe de l\u2019enfant \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Ils \u00e9taient au nombre de deux \u00e0 trois, de forme allong\u00e9e, et qui ressemblaient \u00e0 des vers comme ceux qu\u2019on trouve sur les feuilles de karit\u00e9\u00a0\u00bb, raconte-t-elle.<\/p>\n<p>Outre les raisons de sant\u00e9, le CNLPE informe que les auteurs d\u2019excision s\u2019appuient sur d\u2019autres motifs pour se convaincre du bienfond\u00e9 de leur acte. Aussi, ils avancent fr\u00e9quemment qu\u2019ils veulent \u00ab\u00a0assurer la fid\u00e9lit\u00e9 de la femme\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0emp\u00eacher le clitoris de rendre l\u2019homme impuissant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0\u00e9viter la mort de l\u2019enfant par le contact avec le clitoris \u00e0 la naissance\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0pr\u00e9server la virginit\u00e9 de la fille\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0respecter les recommandations de la religion\u00a0\u00bb.<\/p>\n<figure id=\"attachment_48422\" aria-describedby=\"caption-attachment-48422\" style=\"width: 683px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-48422\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/04\/5-PH-Bakala-1-683x1024-1.jpg\" alt=\"\" width=\"683\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/04\/5-PH-Bakala-1-683x1024-1.jpg 683w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/5-PH-Bakala-1-200x300.jpg 200w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/5-PH-Bakala-1-768x1152.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/5-PH-Bakala-1-1024x1536.jpg 1024w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/5-PH-Bakala-1-150x225.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/5-PH-Bakala-1-300x450.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/5-PH-Bakala-1-696x1044.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/5-PH-Bakala-1-1068x1602.jpg 1068w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/5-PH-Bakala-1-280x420.jpg 280w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/5-PH-Bakala-1-rotated.jpg 1182w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\"><figcaption id=\"caption-attachment-48422\" class=\"wp-caption-text\">Selon l\u2019ex-exciseuse Billa Yerbanga, l\u2019un des motifs de l\u2019excision est la maternit\u00e9 (cr\u00e9dit: photo BAKALA Edith)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Sauf que toutes ces raisons sont fausses et sans fondements, assure le directeur provincial du Zoundw\u00e9ogo du minist\u00e8re du Genre, de la Solidarit\u00e9 nationale, de la Famille et de l\u2019Action humanitaire, Mahamadi Soulga. \u00ab\u00a0Les motifs avanc\u00e9s concernant la maternit\u00e9 et l\u2019effet du clitoris sur la performance sexuelle des hommes sont compl\u00e8tement faux. La preuve, il y\u2019a des couples o\u00f9 la femme n\u2019est pas excis\u00e9e mais ils n\u2019ont aucun souci \u00e0 ce niveau \u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Il bat \u00e9galement en br\u00e8che les raisons sur la pr\u00e9tendue hypersexualit\u00e9 des non excis\u00e9es, soulignant que l\u2019aspect comportemental tient plus \u00e0 l\u2019\u00e9ducation re\u00e7ue qu\u2019\u00e0 la composition des organes g\u00e9nitaux. Quid des vertus de l\u2019excision au niveau de la sant\u00e9 sexuelle\u00a0? Le docteur Inoussa Sawadogo, M\u00e9decin-chef du district sanitaire (MCD) de Manga est cat\u00e9gorique\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Ce sont des all\u00e9gations. Tout \u00e9l\u00e9ment de l\u2019appareil g\u00e9nital de la femme qu\u2019on enl\u00e8ve porte un coup \u00e0 la victime parce que ce sont des organes qui ont chacun une fonction bien d\u00e9termin\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>A propos des suppos\u00e9s \u00ab\u00a0vers\u00a0\u00bb pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 la m\u00e8re des victimes d\u2019Az\u00e8ta, Dr Sawadogo assure qu\u2019il n\u2019en est rien. \u00ab Je n\u2019ai pas vu ce qu\u2019elles ont vu pour pouvoir le confirmer mais si c\u2019est le clitoris qu\u2019on a coup\u00e9, \u00e7a ne peut pas \u00eatre un ver. C\u2019est peut-\u00eatre la forme du clitoris sectionn\u00e9 qu\u2019elles ont pris pour un vers parce qu\u2019\u00e9tant un organe \u00e9rectile, la membrane a cette physionomie un peu allong\u00e9e comme un petit vers \u00bb, soutient-il.<\/p>\n<p><strong>La tradition, un argument fallacieux<\/strong><\/p>\n<p>Concernant les dangers qui d\u00e9coulent de l\u2019excision, le MCD de Manga note des inconv\u00e9nients d\u2019ordre psychologique comme la douleur, social comme les m\u00e9sententes dans le couple et financier comme les d\u00e9penses li\u00e9es aux soins. Il ajoute aussi des complications au niveau sanitaire comme le saignement, la transmission du VIH, les fistules, \u00a0l\u2019accouchement difficile et les douleurs et le manque de plaisir lors des rapports sexuels.<\/p>\n<p>Toutefois, ces probl\u00e8mes ne sont pas m\u00e9connus de certains auteurs de la pratique. Pour ces derniers, l\u2019excision r\u00e9pond surtout au besoin de perp\u00e9tuer la coutume. A \u00e9couter l\u2019enseignant-chercheur en sociologie au Centre universitaire de Manga, docteur Moubassir\u00e9 Sigu\u00e9, la survivance de l\u2019excision r\u00e9side surtout dans cet ancrage culturel. Pour les communaut\u00e9s qui la pratiquent encore, dit-il, l\u2019excision est per\u00e7ue comme une norme sociale, un rite initiatique \u00e0 respecter pour l\u2019honneur de la fille et de la famille.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, cette perception de l\u2019excision comme une obligation sociale explique, d\u2019apr\u00e8s lui, que les femmes se r\u00e9signent \u00e0 \u00eatre, \u00e0 la fois, victimes et actrices. L\u2019excision est m\u00eame une activit\u00e9 par excellence f\u00e9minine et compte tr\u00e8s peu d\u2019hommes \u00ab\u00a0exciseurs\u00a0\u00bb, souligne le CNLPE. S\u2019appuyant sur certaines litt\u00e9ratures, Dr Sigu\u00e9 \u00e9voque la raison de la figuration de la femme au-devant de la pratique malgr\u00e9 les mesures l\u00e9gislatives \u00e9dict\u00e9es pour l\u2019\u00e9liminer.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La femme se sent plus pr\u00e9occup\u00e9e par les jugements moraux et les sanctions sociales qui p\u00e8seraient sur la fille non excis\u00e9e, comme par exemple l\u2019impossibilit\u00e9 pour cette derni\u00e8re de trouver un mari du fait de ses pulsions \u00e9rotiques difficilement contr\u00f4lables. Par cons\u00e9quent, bien qu\u2019elles soient conscientes des r\u00e9percussions sur la sant\u00e9 physique et psychologique de leurs filles, les femmes pr\u00e9f\u00e8rent perp\u00e9tuer la pratique pour ne pas \u2018\u2019faire subir\u2019\u2019 \u00e0 ces derni\u00e8res, les cons\u00e9quences de la non observation de l\u2019excision\u00a0\u00bb, informe le sociologue.<\/p>\n<p>Mais la tradition invoqu\u00e9e pour justifier la pratique de l\u2019excision est aussi un autre argument fallacieux, estime le Naaba Kouanga de Nob\u00e9r\u00e9 qui s\u2019inscrit en faux contre cette id\u00e9e. \u00ab\u00a0On ne peut pas assimiler l\u2019excision \u00e0 la tradition parce qu\u2019aucune tradition, dans mon terroir en tout cas, ne parle d\u2019une obligation de l\u2019excision\u00a0\u00bb, soutient le chef traditionnel.<\/p>\n<p><strong>Z\u00e9ro cas d\u2019excision d\u2019ici \u00e0 2030\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Par ignorance ou indiff\u00e9rence, les auteurs de la pratique clandestine de l\u2019excision perp\u00e9tuent le drame au Zoundw\u00e9ogo en particulier et au Burkina Faso en g\u00e9n\u00e9ral. Ils sapent les efforts du pays pour l\u2019atteinte de l\u2019objectif qu\u2019il s\u2019est fix\u00e9 \u00e0 savoir\u00a0: z\u00e9ro cas d\u2019excision d\u2019ici \u00e0 2030.<\/p>\n<p>Pourtant, les indicateurs pr\u00e9sentent des r\u00e9sultats salutaires depuis le 18 mai 1990. La date est charni\u00e8re car correspondant \u00e0 la mise en place du CNLPE et \u00e0 la manifestation de la volont\u00e9 du Burkina Faso d\u2019entreprendre des actions visant l\u2019\u00e9limination de la pratique dans le pays. Apr\u00e8s plus de trois d\u00e9cennies de lutte, les avanc\u00e9es sont significatives.<\/p>\n<figure id=\"attachment_48424\" aria-describedby=\"caption-attachment-48424\" style=\"width: 696px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-48424\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/04\/7-PH-Bakala-1024x683-1.jpg\" alt=\"\" width=\"696\" height=\"464\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/04\/7-PH-Bakala-1024x683-1.jpg 1024w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/7-PH-Bakala-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/7-PH-Bakala-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/7-PH-Bakala-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/7-PH-Bakala-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/7-PH-Bakala-696x464.jpg 696w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/7-PH-Bakala-1068x712.jpg 1068w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/7-PH-Bakala-630x420.jpg 630w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/7-PH-Bakala-1320x880.jpg 1320w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/7-PH-Bakala.jpg 1773w\" sizes=\"auto, (max-width: 696px) 100vw, 696px\"><figcaption id=\"caption-attachment-48424\" class=\"wp-caption-text\">Le comportement des filles tient plus \u00e0 l\u2019\u00e9ducation qu\u2019\u00e0 la composition de l\u2019appareil g\u00e9nital, insiste le directeur provincial du Zoundw\u00e9ogo en charge du genre, Mahamadi Soulga (cr\u00e9dit photo : BAKALA Edith)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Selon l\u2019Enqu\u00eate d\u00e9mographique et de la Sant\u00e9 de 2010 (EDS \/ IV de 2010) et l\u2019Enqu\u00eate multisectorielle continue (EMC) de 2015, la pr\u00e9valence de l\u2019excision est pass\u00e9e, au plan national, de 75,8% \u00e0 67,6% pour les femmes de 15 \u00e0 49 ans et de 13,3% \u00e0 11,3% pour les filles de 0 \u00e0 14 ans. L\u2019absence d\u2019\u00e9tudes r\u00e9centes ne permet pas d\u2019appr\u00e9cier l\u2019\u00e9volution du ph\u00e9nom\u00e8ne, ces sept derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, \u00e0 la p\u00e9riode sus-cit\u00e9e, les donn\u00e9es d\u00e9sagr\u00e9g\u00e9es par r\u00e9gion indiquent pour le Centre-sud, une pr\u00e9valence pass\u00e9e de 68,2% \u00e0 65,8% pour les femmes de 15 \u00e0 49 ans respectivement pour l\u2019EDS IV de 2010 et EMC de 2015. Dans le classement, le Centre-sud se tient relativement \u00e0 distance des zones \u00e0 forte pr\u00e9valence qui sont, entre autres, le Nord, le Centre-nord et les Cascades avec respectivement des taux de 78,8%, 83,8% et 89,8%, selon l\u2019EMC de 2015.<\/p>\n<p>Pour une pratique s\u00e9culaire et profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans les m\u0153urs, les r\u00e9sultats sont encourageants, estime le directeur provincial en charge du genre du Zoundw\u00e9ogo. La position relativement moins alarmante du Centre-sud est \u00e0 mettre au compte des actions multiformes de lutte assur\u00e9es par les diff\u00e9rents acteurs du public et du priv\u00e9 sur le terrain. Elle tient, sans doute aussi, du fait que la r\u00e9gion, notamment la province du Zoundw\u00e9ogo, a abrit\u00e9 les activit\u00e9s de sensibilisation, aux premi\u00e8res heures de la lutte.<\/p>\n<p>B\u00e9r\u00e9 est l\u2019une des zones du Burkina Faso o\u00f9 se sont d\u00e9roul\u00e9es les toutes premi\u00e8res s\u00e9ances foraines de sensibilisation contre les MGF dans les ann\u00e9es 1990, informe, \u00e0 ce sujet, Mahamadi Soulga.\u00a0 Fort de ces r\u00e9sultats positifs \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale, l\u2019ancien pr\u00e9sident du Faso, Roch Marc Christian Kabor\u00e9, s\u2019est m\u00eame vu sacr\u00e9, depuis f\u00e9vrier 2019, champion de l\u2019Union africaine pour la promotion de l\u2019\u00e9limination des MGF.<\/p>\n<p>Mais l\u2019objectif de z\u00e9ro cas d\u2019excision d\u2019ici \u00e0 2030, m\u00eame s\u2019il se dessine, reste lointain, de l\u2019avis de Aim\u00e9e Yam\u00e9ogo de AZLY. Pour r\u00e9duire l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de ce r\u00e9sultat envisag\u00e9, il faudrait poursuivre encore la sensibilisation sur les dangers de la pratique \u00e0 l\u2019endroit de toutes les couches sociales et encourager les enfants \u00e0 la d\u00e9nonciation, soutient-elle.<\/p>\n<p>La r\u00e9pression serait aussi un levier \u00e0 actionner dans ce sens, se convainc le substitut du procureur, Ali Tarpaga. Le juge trouve qu\u2019il s\u2019agit en l\u2019occurrence du langage auquel sont plus sensibles les hors-la-loi et qui visiblement aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9terminant dans les acquis de la lutte.\u00a0 \u00ab\u00a0Il faut veiller aussi \u00e0 ce que des tiers ne puissent pas intervenir pour faire \u00e9chouer les proc\u00e9dures judiciaires \u00e0 l\u2019encontre des exciseuses d\u00e9masqu\u00e9es ou arr\u00eat\u00e9es. Sans quoi, le travail que nous menons sur le terrain sera vain\u00a0\u00bb, rench\u00e9rit la secr\u00e9taire ex\u00e9cutive de AZLY.<\/p>\n<p>Pour sa part, Mahamadi Soulga estime que l\u2019\u00e9limination compl\u00e8te de la pratique de l\u2019excision peut \u00eatre pr\u00e9cipit\u00e9e pour peu que des moyens et l\u2019accompagnement n\u00e9cessaires soient accord\u00e9s aux acteurs de veille et de lutte.<\/p>\n<p>Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne, M. Soulga et les autres d\u00e9fenseurs des droits des filles \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique et \u00e0 la sant\u00e9 peuvent d\u00e9j\u00e0 rayer un nom de leur liste d\u2019exciseuses \u00ab clandestines \u00bb, \u00e0 en croire l\u2019int\u00e9ress\u00e9e. Dans sa cellule, Az\u00e8ta se dit enti\u00e8rement r\u00e9solue \u00e0 abandonner la pratique.<\/p>\n<p>Elle confie m\u00eame \u00eatre pr\u00eate \u00e0 accompagner les s\u00e9ances publiques de sensibilisation pour t\u00e9moigner des risques encourus, \u00e0 la fois par les victimes et les exciseuses. \u00ab\u00a0Pour moi, c\u2019est termin\u00e9 \u00bb, promet-elle. Pourra-elle seulement tenir le pari\u00a0une fois hors de vue du juge et des gardiens de la loi ?<\/p>\n<p><strong>Mamady ZANGO<\/strong><\/p>\n<p><strong>mzango18@gmail.com<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/04\/21\/excision-dans-le-zoundweogo-ces-mains-clandestines-qui-perpetuent-le-drame\/\">Excision dans le Zoundw\u00e9ogo\u00a0: Ces mains clandestines qui perp\u00e9tuent le drame<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/\">Quotidien Sidwaya<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: Wamini SIDWAYA<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/04\/21\/excision-dans-le-zoundweogo-ces-mains-clandestines-qui-perpetuent-le-drame\/?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=excision-dans-le-zoundweogo-ces-mains-clandestines-qui-perpetuent-le-drame\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s plusieurs d\u00e9cennies de lutte, la pratique de l\u2019excision a pris du recul au Burkina Faso. Les avanc\u00e9es dans le domaine sont notables, mais le ph\u00e9nom\u00e8ne perdure. Il est entretenu, aujourd\u2019hui, par des auteurs exer\u00e7ant dans la clandestinit\u00e9. 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