{"id":147249,"date":"2022-05-07T23:18:03","date_gmt":"2022-05-08T03:18:03","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/sahel-ou-en-est-le-dialogue-avec-les-jihadistes\/"},"modified":"2022-05-07T23:18:03","modified_gmt":"2022-05-08T03:18:03","slug":"sahel-ou-en-est-le-dialogue-avec-les-jihadistes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/sahel-ou-en-est-le-dialogue-avec-les-jihadistes\/","title":{"rendered":"Sahel: O\u00f9 en est le dialogue avec les jihadistes?"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><img decoding=\"async\" width=\"728\" height=\"308\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/05\/16519798833759.jpg\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"\" loading=\"lazy\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/05\/16519798833759.jpg 728w, https:\/\/www.journalducameroun.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/16519798833759-300x127.jpg 300w, https:\/\/www.journalducameroun.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/16519798833759-600x254.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 728px) 100vw, 728px\"><\/p>\n<p>Longtemps taboue au Sahel, l&rsquo;id\u00e9e de discuter avec les jihadistes ne l&rsquo;est plus. Pourquoi?\u00ab\u00a0On ne peut pas mener des op\u00e9rations conjointes avec des pouvoirs qui d\u00e9cident de discuter avec des groupes qui, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cela, tirent sur nos enfants. Pas de dialogue et de compromission\u00a0\u00bb, avertissait en juin 2021 le pr\u00e9sident fran\u00e7ais, Emmanuel Macron, lorsque les militaires maliens qui venaient de commettre leur deuxi\u00e8me coup d&rsquo;Etat en neuf mois annon\u00e7aient leur intention de dialoguer avec les groupes jihadistes qui s\u00e9vissent dans le nord et le centre du pays.<\/p>\n<p>La menace du chef de l&rsquo;Etat fran\u00e7ais semblait si s\u00e9rieuse qu&rsquo;il annon\u00e7ait d&rsquo;ailleurs une transformation profonde de l&rsquo;op\u00e9ration Barkhane, qui depuis l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2014 avait pris le relais de Serval lanc\u00e9e en janvier 2013 pour chasser les jihadistes du Mali et les emp\u00eacher de s&rsquo;installer dans les autres pays de la r\u00e9gion. L&rsquo;effet escompt\u00e9 sur les jeunes officiers maliens, -qui entretemps ont fait appel \u00e0 la Russie ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment sa compagnie priv\u00e9e controvers\u00e9e de mercenaires de Wagner, selon plusieurs sources locales et \u00e9trang\u00e8res-, n&rsquo;ayant pas eu lieu, le pr\u00e9sident fran\u00e7ais avait fini par ordonner le retrait pur et simple de son arm\u00e9e du territoire malien et l&rsquo;installation de l&rsquo;essentiel de ses hommes au Niger voisin.\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab L&rsquo;action militaire n&rsquo;ayant pas, \u00e0 elle seule, r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9soudre le probl\u00e8me, l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;envisager d&rsquo;autres outils devient \u00e9vidente \u00bb, estime Hasane Kon\u00e9, chercheur \u00e0 l&rsquo;Institut d&rsquo;Etudes et de s\u00e9curit\u00e9 en Afrique (ISS Africa).\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab Dans un contexte o\u00f9 les groupes terroristes gagnent de plus en plus de terrain, o\u00f9 l&rsquo;Etat est incapable de garantir la s\u00e9curit\u00e9, la seule solution serait de dialoguer avec les groupes terroristes \u00bb, ajoute Bah Traor\u00e9, analyste politique et s\u00e9curitaire au Sahel au Think Thank ouest-africain Wathi.\u00a0<\/p>\n<p>Au Mali, l&rsquo;id\u00e9e a pourtant germ\u00e9 puis s&rsquo;est impos\u00e9e dans le d\u00e9bat public bien avant les coups d&rsquo;Etat d&rsquo;ao\u00fbt 2020 et mai 2021. Apr\u00e8s y avoir \u00e9t\u00e9 hostile tout au long de son premier mandat d\u00e9but\u00e9 en 2013, le pr\u00e9sident Ibrahim Boubacar Keita (IBK), a commenc\u00e9 d\u00e8s sa r\u00e9\u00e9lection en ao\u00fbt 2018\u00a0\u00e0 montrer des signes favorables \u00e0 la possibilit\u00e9 de discuter avec les jihadistes, les maliens parmi eux notamment. Dans un entretien accord\u00e9 \u00e0 Rfi et \u00e0 France 24 en f\u00e9vrier 2020, soit six mois avant son renversement par l&rsquo;arm\u00e9e, IBK confirmait ouvertement son changement de position sur la question. Son repr\u00e9sentant pour le centre du Mali, qui a d&rsquo;ailleurs dirig\u00e9 le pays durant la p\u00e9riode de transition apr\u00e8s le coup d&rsquo;Etat de 2012, Dioncounda Traor\u00e9, avait m\u00eame envisag\u00e9 publiquement sa volont\u00e9 de rencontrer les chefs jihadistes.\u00a0<\/p>\n<p>Auparavant, une Conf\u00e9rence d&rsquo;entente nationale avait cautionn\u00e9 cette option, qu&rsquo;un Dialogue national inclusif organis\u00e9 en 2019 avait aussi ent\u00e9rin\u00e9e. Cette \u00e9volution du pouvoir malien sur la question, s&rsquo;explique, selon le chercheur Bah Traor\u00e9, par le constat pr\u00e9sentant la violence jihadiste au Mali et dans la r\u00e9gion comme un \u00ab ph\u00e9nom\u00e8ne local port\u00e9 par des sah\u00e9liens eux m\u00eame \u00bb..\u00a0<\/p>\n<p>La disposition au dialogue avec les jihadistes affich\u00e9e par les officiers putschistes au lendemain de leur second coup d&rsquo;\u00e9tat en mai 2021 contre le pr\u00e9sident et le premier ministre de la transition n&rsquo;est, en quelque sorte, que la suite logique des ces s\u00e9quences d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9es sous le r\u00e9gime du pr\u00e9sident IBK. D\u00e8s octobre 2021, la junte chargeait officiellement le Haut conseil islamique (HCI) pour des pourparlers avec les jihadistes de nationalit\u00e9 malienne, comme le touareg Iyad Ag Ghali et le peul Amadou Koufa. Cette instance publique s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 impliqu\u00e9e dans la recherche d&rsquo;accords locaux entre les autorit\u00e9s, certaines communaut\u00e9s et des combattants islamistes appartenant au JNIM (Jama-atu Nusrat-al Islam wal Muslimin ou Groupe de soutien \u00e0 l&rsquo;Islam et aux musulman), la branche sah\u00e9lienne d&rsquo;Al Qaida. \u00ab L&rsquo;intervention du Haut conseil \u00e0 Farabougou, un village dans le centre du pays assi\u00e9g\u00e9 par les \u00e9l\u00e9ments du Jnim, a permis de trouver un accord oral de cessez-le-feu entre les jihadistes et des responsables communautaires et religieux ainsi que le retrait de l&rsquo;arm\u00e9e malienne de la localit\u00e9 \u00bb, rappelle Bah Traor\u00e9. L&rsquo;accord en question a cependant tr\u00e8s vite vol\u00e9 en \u00e9clats. 72 heures apr\u00e8s sa conclusion, le gouvernement s&rsquo;est r\u00e9tract\u00e9, ouvrant la voie \u00e0 toute sorte de sp\u00e9culation sur la suite des discussions avec les jihadistes. Les r\u00e9cents \u00e9v\u00e8nements survenus sur le terrain, semblent r\u00e9duire les chances de les voir relanc\u00e9es dans un d\u00e9lai proche. L&rsquo;arm\u00e9e malienne, soutenue par des \u00e9l\u00e9ments russes, conduit depuis d\u00e9cembre 2021 des offensives dans certaines zones, essentiellement dans le centre, o\u00f9 seraient pr\u00e9sents des groupes arm\u00e9s islamistes. A l&rsquo;issue de la derni\u00e8re, o\u00f9 l&rsquo;arm\u00e9e malienne a revendiqu\u00e9 avoir neutralis\u00e9 plus de 200 jihadistes, des organisations de d\u00e9fense des droits humains ont accus\u00e9 les soldats maliens d&rsquo;avoir commis des massacres et graves exactions dont les victimes seraient en grande partie de simples citoyens d\u00e9sarm\u00e9s. \u00a0En guise de r\u00e9action, le Jnim, lui, a entrepris d\u00e8s le 24 avril de mener des attaques simultan\u00e9es contre trois bases militaires \u00e0 S\u00e9var\u00e9, Bapho et Niono o\u00f9 6 morts et 20 bless\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s.<\/p>\n<p>Le m\u00eame jour, au Burkina, une attaque contre des d\u00e9tachements militaires \u00e0 Gaskind\u00e9 et Pobe Mengao, dans la province septentrionale du Soum, r\u00e9gion du Sahel, torpille les efforts de plusieurs jours pour lever le blocus impos\u00e9 autour de la ville de Djibo par les jihadistes appartenant \u00e0 Ansarul Islam li\u00e9s \u00e0 la Katiba du Macina du Jnim. Quinze victimes parmi les militaires, les suppl\u00e9tifs desVolontaires pour la d\u00e9fense de la patrie (VDP) et les civils sont d\u00e9plor\u00e9es.\u00a0<\/p>\n<p>Quelques jours seulement avant cette double attaque, les autorit\u00e9s du Burkin-Faso avaient affirm\u00e9 leur volont\u00e9 de n\u00e9gocier avec les jihadistes locaux. Le 1er avril, le pr\u00e9sident de la Transition, le lieutenant-colonel Paul Henry Sandaogo Damiba avait d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;un discours \u00e0 la nation qu&rsquo;il \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 parler avec les fils du pays \u00ab en rupture de dialogue avec la nation \u00bb. \u00c0 cet effet, il avait annonc\u00e9 la cr\u00e9ation de comit\u00e9s locaux de dialogue pour la restauration de la paix, lui qui avait pris le pouvoir par la force au mois de janvier, reprochant au pr\u00e9sident \u00e9lu, Roch Marc Christian Kabor\u00e9, l&rsquo;absence de r\u00e9ponses appropri\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p>Mais jusqu&rsquo;o\u00f9 est-il dispos\u00e9 \u00e0 aller ? \u00ab Il ne faudrait pas avoir peur de proposer l&rsquo;option du pardon en contrepartie d&rsquo;un abandon des armes\u00bb, soutient Hassan Kon\u00e9 de l&rsquo;ISS Africa. \u00ab Le dialogue souhait\u00e9 pourrait d&rsquo;ailleurs s&rsquo;inscrire dans une sorte d&rsquo;accords politiques, ou de propositions unilat\u00e9rales de la part des autorit\u00e9s, sous forme de r\u00e9conciliation nationale. L&rsquo;essentiel est de faire preuve d&rsquo;imagination et de courage politique \u00bb, insiste le chercheur.\u00a0<\/p>\n<p>A Niamey, l&rsquo;id\u00e9e de discussions avec les jihadistes est aussi \u00e0 la mode. Un an apr\u00e8s son arriv\u00e9e au pouvoir, le pr\u00e9sident Mohamed Bazoum a fait lib\u00e9rer une dizaine de membres de Boko Haram. \u00ab J&rsquo;ai cherch\u00e9 les parents biologiques de chacun des jeunes et je leur ai envoy\u00e9 des \u00e9missaires \u00bb, a assum\u00e9 le chef de l&rsquo;Etat nig\u00e9rien lors d&rsquo;une r\u00e9union sur la situation s\u00e9curitaire nationale. Pour r\u00e9ussir cette t\u00e2che complexe, le chef de l&rsquo;Etat nig\u00e9rien semble avoir quelques atouts. Originaire d&rsquo;une famille nomade, comme une grande partie des insurg\u00e9s islamistes dans son pays, il a longtemps \u00e9t\u00e9 le patron des services de s\u00e9curit\u00e9 nig\u00e9riens \u00e0 titre de ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur et de la S\u00e9curit\u00e9 publique sous le magist\u00e8re de son pr\u00e9d\u00e9cesseur Mahamadou Issoufou. Un de ses conseillers les plus proches est r\u00e9put\u00e9 comme \u00e9tant un des meilleurs connaisseurs de la galaxie jihadiste dans le Sahel: Moustapha Limam Chafi. Nig\u00e9rien de naissance et mauritanien d&rsquo;ascendance, Chafi a longtemps \u00e9t\u00e9 l&rsquo;homme de confiance de l&rsquo;ancien homme fort du Burkina-Faso, Blaise Compaor\u00e9, au pouvoir de 1987 \u00e0 2014. Du temps o\u00f9 il conseillait l&rsquo;ancien pr\u00e9sident burkinab\u00e9, ce polyglotte qui parle la quasi-totalit\u00e9 des grandes langues en usage dans le Sahel, \u00e9tait parvenu \u00e0 n\u00e9gocier avec succ\u00e8s la lib\u00e9ration de plusieurs otages occidentaux enlev\u00e9s dans les ann\u00e9es 2000 par Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI), organisation \u00e0 laquelle sont affili\u00e9s la majorit\u00e9 des jihadistes dans le sahel. Sera-t-il tout aussi efficace pour son nouveau patron?<\/p>\n<p>Cet article <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.journalducameroun.com\/sahel-ou-en-est-le-dialogue-avec-les-jihadistes\/\">Sahel: O\u00f9 en est le dialogue avec les jihadistes?<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"https:\/\/www.journalducameroun.com\/\">Journal du Cameroun<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: APA News<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.journalducameroun.com\/sahel-ou-en-est-le-dialogue-avec-les-jihadistes\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Longtemps taboue au Sahel, l&rsquo;id\u00e9e de discuter avec les jihadistes ne l&rsquo;est plus. Pourquoi?\u00ab\u00a0On ne peut pas mener des op\u00e9rations conjointes avec des pouvoirs qui d\u00e9cident de discuter avec des groupes qui, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cela, tirent sur nos enfants. 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