{"id":147359,"date":"2022-05-09T14:00:00","date_gmt":"2022-05-09T18:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/boujemaa-lakhdar-le-goeland-de-lart-contemporain-au-maroc\/"},"modified":"2022-05-09T14:00:00","modified_gmt":"2022-05-09T18:00:00","slug":"boujemaa-lakhdar-le-goeland-de-lart-contemporain-au-maroc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/boujemaa-lakhdar-le-goeland-de-lart-contemporain-au-maroc\/","title":{"rendered":"\u00ab Boujemaa Lakhdar Le go\u00e9land de l\u2019art contemporain au Maroc \u00bb"},"content":{"rendered":"<div>\n<p class=\"has-text-align-center has-vivid-red-color has-text-color\"> <strong>Parution d\u2019un beau livre.<\/strong><\/p>\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Par\u00a0M\u2019barek Housni <\/strong><\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\"><strong>De tout temps, l\u2019art a exist\u00e9 et existe par ce qu\u2019il est, via les \u0153uvres et les artistes. Cela est vrai, mais aussi par l\u2019\u00e9crit qui ne se contente pas de l\u2019accompagner, mais d\u2019assurer sa p\u00e9rennit\u00e9 et de le mettre l\u00e0 o\u00f9 la lumi\u00e8re luit. Le livre bilingue, en arabe et en fran\u00e7ais, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Boujemaa Lakhder, le go\u00e9land de l\u2019art contemporain au Maroc \u00bb en est un parfait exemple, en s\u2019attelant \u00e0 un devoir de m\u00e9moire vis-\u00e0-vis de l\u2019un des plus grands artistes marocains. Le premier grand m\u00e9rite de cet ouvrage collectif coordonn\u00e9 par le critique d\u2019art Hassan Laghdache, dont plusieurs \u00e9tudes y figurent, et \u00e9dit\u00e9 par l\u2019association pionniers des arts, sous l\u2019\u00e9gide du ma\u00eetre Abdessalam Raiss (les \u0153uvres \u00e9tudi\u00e9es sont collectionn\u00e9es par lui), est de rassembler non seulement une pl\u00e9thore de critiques d\u2019art, mais aussi celle de critiques d\u2019art doubl\u00e9s d\u2019artistes plasticiens qui exercent les deux disciplines avec un \u00e9gal bonheur. C\u2019est dire que toute la profondeur des textes que tout ce beau monde a \u00e9crits est assur\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">D\u2019abord, on prend connaissance de ce que fut Boujemaa Lakhdar (1941-1989) et ce qu\u2019il a entrepris depuis son premier tableau peint \u00e0 dix-sept ans. Puis cet apport fort consid\u00e9rable aux arts plastiques marocains qu\u2019il n\u2019a cess\u00e9 durant sa vie d\u2019enrichir en l\u2019innovant\u00a0: \u00e9difier des ponts entre l\u2019artisanal et l\u2019artistique, prendre son point de d\u00e9part \u00e0 partir de la culture populaire pour en ressortir le g\u00e9nie cr\u00e9atif qu\u2019elle rec\u00e8le. Il l\u2019a fait en pionnier dans sa ville natale, Essaouira. Ville unique, ville de toutes les audaces artistiques, o\u00f9 les artisans ont une pr\u00e9sence d\u00e9terminante pour tout futur artiste. Ville des confr\u00e9ries, des gnaous, du m\u00e9tissage culturel, cit\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour \u00eatre internationale. Il l\u2019a fait doublement\u00a0: en tant qu\u2019auteur ethnographe, historien, \u00e9crivain et en tant que plasticien. Il a beau \u00e9t\u00e9 autodidacte, son \u00e9rudition a servi pleinement ses cr\u00e9ations in\u00e9galables. En outre, les ann\u00e9es qu\u2019il pass\u00e9es comme directeur du mus\u00e9e des arts populaires, qui porte le nom du fondateur de la ville \u00a0Sidi Mohammed Ben Abdellah, lui ont ouvert les portes des espaces qui couvent la m\u00e9moire cr\u00e9ative marocaine.<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Les articles, les hommages \u00e9crits, les \u00e9tudes des \u0153uvres qui s\u2019\u00e9chelonnent le long des pages du livre le montrent et l\u2019explicitent largement. \u00c0 commencer par le texte d\u2019un grand parmi les grands, le peintre Roman Lazarev, qui r\u00e9sume son travail ainsi\u00a0: \u00ab\u2026 on est frapp\u00e9 par ces objets qui nous semblent presque toujours \u00eatre des meubles utilitaires, mais qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9form\u00e9s, transform\u00e9s, r\u00e9alis\u00e9s m\u00eame avec beaucoup d\u2019humour en utilisant le plus souvent des mat\u00e9riaux divers r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s \u00e0 la joutia, et ils deviennent, entre ses mains, plus une recherche artistique et symbolique que les p\u00e2les copies des objets utilitaires qui leur ont servi mod\u00e8le\u00a0\u00bb. Tout est dit sur l\u2019art singulier et inspirateur de Boujemaa Lakhdar, ses\u00a0 c\u00e9l\u00e8bres sculptures bas\u00e9es sur la recherche tout en s\u2019ancrant dans le local, l\u2019habituel, le donn\u00e9, qui devient quelque chose de magique. Car toutes les interventions s\u2019accordent sur le fait que l\u2019artiste est un magicien. Un magicien de la terre, lui qui a \u00e9t\u00e9 le seul artiste maghr\u00e9bin \u00e0 participer \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre exposition \u00ab\u00a0les magiciens de la terre\u00a0\u00bb au centre Beaubourg\u00a0 \u00e0 Paris en 1989, qui figure comme cons\u00e9cration. Hassan Laghdache parle de cette magie en ces termes\u00a0\u00e0 propos d\u2019une de ses \u0153uvres :\u00a0\u00ab\u00a0L\u2019artiste se joue avec fantaisie onirique de signes ench\u00e2ss\u00e9s dans une forme circulaire, cens\u00e9e par des lettres d\u2019alphabet calligraphique, un alphabet mettant en valeur l\u2019\u00e9criture du texte sacr\u00e9 ou celui du Tifinagh, utilis\u00e9 dans les talismans et les amulettes occultes [\u2026] le d\u00e9veloppement d\u2019un langage commun, tant\u00f4t brod\u00e9, tant\u00f4t tiss\u00e9, tant\u00f4t tatou\u00e9, tant\u00f4t grav\u00e9 avec une symbiose chromatique qui rappelle soit la couleur du henn\u00e9 travaill\u00e9 par le Skia soit la couleur verte pistache du Zellij\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Et c\u2019est ce que confirme \u00e0 son tour le chercheur connu Georges Lapassade \u00a0avec lequel il a fait et publi\u00e9 des recherches anthropologiques en commun sur le patrimoine souiri. De m\u00eame que le professeur Jean Fran\u00e7ois Cl\u00e9ment qui voit en lui un artiste qui \u00a0\u00ab \u00e9tait m\u00fb par la croyance selon laquelle \u00ab les formes et les signes qui surgissent au fond des si\u00e8cles\u2026 ne meurent pas m\u00eame occult\u00e9s, refoul\u00e9s, \u00e9cras\u00e9s \u00bb. \u00a0Ce c\u00f4t\u00e9 que les professeurs et critiques Abdelkader Mana, Daniel Couturier, Abdellah Brnsmain, Abderrzak Bebch\u00e2abane, Abderrahman Benhamza affirment joliment.<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">La magie, le magique et le f\u00e9erique, c\u2019est ce que l\u2019artiste n\u2019a cess\u00e9 d\u2019investir et d\u2019approfondir. On en apprend plus et selon diverses sensibilit\u00e9s critiques dans la version arabe du livre, o\u00f9 d\u2019\u00e9minentes plumes marocaines ont explicit\u00e9 et analys\u00e9 certaines des \u0153uvres les plus marquantes de notre artiste. Driss Katir, Abdellah Cheikh, Chafik Ezzougari, Brahim El Haissen, Benyounes Amirouche, Mohamed Chouika, Ahmed Lotfallah, Mohamed Chiguer, Boujemaa Elaoufi, Farid Zahi. Ils ont enrichi d\u2019une vision globale, multiple et pos\u00e9e l\u2019univers de cet artiste unique. Un go\u00e9land de l\u2019art, nom qu\u2019il \u00a0m\u00e9rite, car \u00ab\u00a0symboliquement, le go\u00e9land est un oiseau de rivage qui s\u2019aventure rarement loin de la terre. Les rivages sont des lieux de grand myst\u00e8re et de magie.\u00a0\u00bb dixit Hassan Laghdache.<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">Ce livre est tout simplement incontournable pour qui veut comprendre l\u2019exp\u00e9rience artistique d\u2019un grand homme et d\u2019un grand artiste qui a r\u00e9volutionn\u00e9 les arts plastiques au Maroc, durant sa courte vie. \u00c0 l\u2019exemple des g\u00e9ants que compte l\u2019histoire de l\u2019art mondial, disparus avant l\u2019heure, mais demeurant \u00e9ternellement pr\u00e9sents par leurs \u0153uvres. \u00c0 propos de son travail, l\u2019artiste a eu ses mots lumineux : \u00ab Derri\u00e8re chaque \u0153uvre, il faut dire qu\u2019il y a une longue histoire, l\u2019histoire de mon discours mim\u00e9 qui me d\u00e9range et celle d\u2019un grand r\u00eave qui n\u2019a ni d\u00e9but ni fin. C\u2019est donc l\u2019histoire d\u2019un th\u00e8me que j\u2019ai incrust\u00e9, peinte, marquet\u00e9e, brod\u00e9e, sculpt\u00e9e\u2026chaque fois que je suis en transe \u00bb.<\/p>\n<p class=\"has-black-color has-text-color\">La transe d\u2019un go\u00e9land jaloux de ses racines.<\/p>\n<p>L\u2019article <a rel=\"nofollow\" href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/boujemaa-lakhdar-le-goeland-de-lart-contemporain-au-maroc.html\">\u00ab Boujemaa Lakhdar Le go\u00e9land de l\u2019art contemporain au Maroc \u00bb<\/a> est apparu en premier sur <a rel=\"nofollow\" href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/\">ALBAYANE<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: M&rsquo;hammed rahal<br \/>\n<a href=\"http:\/\/albayane.press.ma\/boujemaa-lakhdar-le-goeland-de-lart-contemporain-au-maroc.html\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Parution d\u2019un beau livre. Par\u00a0M\u2019barek Housni De tout temps, l\u2019art a exist\u00e9 et existe par ce qu\u2019il est, via les \u0153uvres et les artistes. Cela est vrai, mais aussi par l\u2019\u00e9crit qui ne se contente pas de l\u2019accompagner, mais d\u2019assurer sa p\u00e9rennit\u00e9 et de le mettre l\u00e0 o\u00f9 la lumi\u00e8re luit. 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