{"id":150163,"date":"2022-06-14T17:40:39","date_gmt":"2022-06-14T21:40:39","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/exactions-terroristes-des-chocs-difficiles-a-surmonter\/"},"modified":"2022-06-14T17:40:39","modified_gmt":"2022-06-14T21:40:39","slug":"exactions-terroristes-des-chocs-difficiles-a-surmonter","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/exactions-terroristes-des-chocs-difficiles-a-surmonter\/","title":{"rendered":"Exactions terroristes : des chocs difficiles \u00e0 surmonter"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>La plupart des Personnes d\u00e9plac\u00e9es internes (PDI) sont victimes de traumatismes cons\u00e9cutifs aux exactions commises par des groupes arm\u00e9s terroristes. Au-del\u00e0 du v\u00e9cu de ces atrocit\u00e9s qui affectent la stabilit\u00e9 mentale des PDI, les conditions d\u2019accueil sont aussi un autre vecteur de choc moral. <\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_50896\" aria-describedby=\"caption-attachment-50896\" style=\"width: 225px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" data-attachment-id=\"50896\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/06\/14\/exactions-terroristes-des-chocs-difficiles-a-surmonter\/2-792\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/2-19.jpg\" data-orig-size=\"446,595\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta='{\"aperture\":\"0\",\"credit\":\"\",\"camera\":\"\",\"caption\":\"\",\"created_timestamp\":\"0\",\"copyright\":\"\",\"focal_length\":\"0\",\"iso\":\"0\",\"shutter_speed\":\"0\",\"title\":\"\",\"orientation\":\"1\"}' data-image-title=\"2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/06\/2-19-225x300-1.jpg\" data-large-file=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/2-19.jpg\" class=\"wp-image-50896 size-medium\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/06\/2-19-225x300-1.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/06\/2-19-225x300-1.jpg 225w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/2-19-150x200.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/2-19-300x400.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/2-19-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/2-19.jpg 446w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\"><figcaption id=\"caption-attachment-50896\" class=\"wp-caption-text\">La veuve A. S Awa Sebgo ne s\u2019est toujours pas remise de son stress psychologique.<\/figcaption><\/figure>\n<p>P.S., 35 ans, est une rescap\u00e9e de la barbarie des groupes arm\u00e9s terroristes. Durant 30 mois, elle a subi toutes sortes de violences sexuelles de ses ravisseurs. De cette exploitation sexuelle, elle donne naissance \u00e0 un b\u00e9b\u00e9. Elle et ses deux fillettes (5 ans et 13 ans) ont \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9es, dans la soir\u00e9e du dimanche 3 juin 2018, dans la cour familiale du pasteur de Belhoud\u00e9 (Arbinda), Pierre Boina, par huit assaillants. Parmi les otages, figurent \u00e9galement le pasteur Boina, ses trois enfants (6 ans, 11 ans et 13 ans) et sa belle-fille. Le pasteur fut rel\u00e2ch\u00e9 apr\u00e8s trois mois de captivit\u00e9. Quant \u00e0 sa belle-fille, elle d\u00e9c\u00e8de dans les mains de ses ravisseurs au moment de l\u2019accouchement de son b\u00e9b\u00e9 issu de l\u2019exploitation sexuelle.<\/p>\n<p>Une fois dans \u00ab l\u2019inconnu \u00bb, en territoire malien, le quotidien des otages, selon P.S., est la lecture du Coran et l\u2019apprentissage de la pri\u00e8re musulmane. \u00ab Un jour, ils vont vous dire de vous marier, parce que vous ne retournerez plus dans vos familles. C\u2019est ainsi qu\u2019on m\u2019a impos\u00e9 un combattant burkinab\u00e8 \u00bb, raconte-t-elle. Durant tout son s\u00e9jour, P.S. subit toutes sortes de violences : injures, ch\u00e2timents, viols, etc. \u00ab La vie \u00e9tait tr\u00e8s difficile. Nous dormons sous les arbres. Et, lorsqu\u2019il pleut, nous nous couvrons avec des b\u00e2ches bleues. Parfois, nous d\u00e9chirons des morceaux de pagnes pour boucher nos oreilles, afin d\u2019\u00e9viter que l\u2019eau de pluie n\u2019y p\u00e9n\u00e8tre \u00bb, se rem\u00e9more-t-elle, tout amer. La vie de P.S. et celles de ses fillettes ne tiennent sont plus tenues qu\u2019\u00e0 un fil. \u00ab Il ne se passe pas un jour sans que des otages ne meurent de crise cardiaque ou d\u2019autres maladies, ou, deviennent fous de folie ou de maladie. Le regard mena\u00e7ant des terroristes am\u00e8ne certains \u00e0 s\u2019\u00e9vanouir et \u00e0 succomber d\u2019anxi\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Ceux qui tentent de fuir tombent seuls et meurent sans \u00eatre abattus \u00bb, d\u00e9plore P.S., sous forte \u00e9motion. Et de poursuivre : \u00ab A un certain moment, ma pri\u00e8re \u00e9tait d\u2019\u00eatre abattue par ces terroristes afin d\u2019all\u00e9ger ma souffrance. Parce que, j\u2019\u00e9tais comme une mort vivante \u00bb. Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 deux ans, six mois et sept jours dans cet \u00ab enfer \u00bb, elle r\u00e9ussit \u00e0 s\u2019\u00e9vader, nuitamment, avec ses trois fillettes, dont son nourrisson d\u2019un mois, le 10 novembre 2020. Apr\u00e8s cinq jours de marche dure travers\u00e9e du d\u00e9sert, nocturne et diurne, \u00e0 la merci des reptiles venimeux, mines artisanales\u2026, la elle multipare parvient \u00e0 rejoindre D\u00e9ou-centre, dans la province de l\u2019Oudalan, r\u00e9gion du Sahel. Elles embarquent dans un v\u00e9hicule de transport en commun en partance pour Ouagadougou, le 15 novembre 2020. \u00ab J\u2019avais \u00e9conomis\u00e9 au moins 35 mille francs CFA que j\u2019ai re\u00e7us des bonnes volont\u00e9s, de connivence avec les terroristes, qui venaient volontairement soutenir les otages \u00bb, souligne P.S. Cette douloureuse exp\u00e9rience de vie a laiss\u00e9 des s\u00e9quelles psychiques dans l\u2019esprit de la trentenaire.<\/p>\n<h2><strong>Pr\u00e8s de trois 3 ans de captivit\u00e9<\/strong><\/h2>\n<p>En d\u00e9pit des soins traditionnels re\u00e7us, durant un an, aupr\u00e8s de son g\u00e9niteur, elle est victime de stress post-traumatique. Maladive, elle a trouv\u00e9 refuge dans une autre ville au secteur 4 de Kaya, depuis le 27 d\u00e9cembre 2021. L\u2019air m\u00e9fiant et le regard perdu dans le vide, P.S. sombre dans la d\u00e9pression. \u00ab Je suis revenue sans une t\u00eate. Je peux passer toute une journ\u00e9e \u00e0 regarder sans rien voir. Mon c\u0153ur, ma t\u00eate et tout mon corps me font mal. Mes yeux ont tendance \u00e0 vouloir s\u2019\u00e9clater. Si une moto ou un v\u00e9hicule passe, j\u2019ai envie de fuir. Je suis devenue comme une folle \u00bb, se lamente-t-elle. Tenir un b\u00e9b\u00e9 (17 mois) issu de son exploitation sexuelle et de surcro\u00eet appartenant \u00e0 un de ses bourreaux est une autre source de choc moral. \u00abJ\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 de l\u2019abandonner en cours de route, dans la for\u00eat. Mais, j\u2019ai domin\u00e9 mon c\u0153ur. Sinon, il y a eu des moments o\u00f9 son visage m\u2019a fait beaucoup souffrir \u00bb, souligne-t-elle. Les cr\u00e9pitements quotidiens des armes aux alentours de la ville Kaya plonge P.S. dans la perplexit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab Je pr\u00e9f\u00e8re me r\u00e9fugier \u00e0 Ouagadougou avec ma famille, parce que je tiens leur enfant\u2026\u00bb, opte- t-elle. A entendre P.S., son \u00e9poux souffre de schizophr\u00e9nie. En d\u00e9pit des agressions sexuelles subies, la rescap\u00e9e a \u00e9t\u00e9 accueillie \u00e0 bras ouverts par sa belle-famille. \u00ab Si apr\u00e8s pr\u00e8s de trois ann\u00e9es de captivit\u00e9, P.S. accepte revenir avec nos enfants, nous devons lui la traduire toute notre reconnaissance, parce qu\u2019on n\u2019y croyait plus. Elle a d\u00e9j\u00e0 subi des violences. Elle ne doit plus \u00eatre victime d\u2019injures ou de tortures. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 mandat\u00e9 \u00e0 vivre aupr\u00e8s d\u2019eux pour qu\u2019en cas de conflit entre elle et son mari, que je puisse intervenir \u00bb, promet son beau-fr\u00e8re, O. S Ouss\u00e9ni Sawadogo alias Sidiki. Les s\u00e9vices des groupes arm\u00e9s terroristes sur leurs victimes provoquent des chocs morauxl. A. S Awa Sebgo revit quotidiennement le lynchage de son conjoint, H. ZHamado Zabr\u00e9, en avril 2020. Reparti dans son village \u00e0 la recherche de quelques effets, son mari est pris au pi\u00e8ge par une centaine d\u2019hommes arm\u00e9s. Captur\u00e9 vivant, il Hamado Zabr\u00e9 est \u00e9gorg\u00e9 les bras ligot\u00e9s dans le dos. Deux autres hommes subissent la m\u00eame sentence. Leurs corps sans vie sont ensuite superpos\u00e9s au bord de la voie. Un acte effroyable pour A. S Awa Sebgo et sa prog\u00e9niture. Originaire de Hambar\u00e9, village de la commune de Bouroum, dans la province du Namentenga, r\u00e9gion du Centre-Nord, la quadra-g\u00e9naire peine \u00e0 reprendre ses esprits. Elle a trouv\u00e9 refuge dans la cour familiale de son neveu, le pasteur Daniel Zabr\u00e9, sise au quartier Koumkouili, au secteur 6 de Kaya dans une autre ville.<\/p>\n<h2><strong>La reviviscence des attaques meurtri\u00e8res<\/strong><\/h2>\n<p>La voix peu audible et l\u2019air m\u00e9fiant, A. S dame Sebgo a \u00e9lu domicile dans les centres de sant\u00e9. \u00ab Elle est r\u00e9guli\u00e8rement hospitalis\u00e9e. Mais, sa sant\u00e9 mentale ne s\u2019am\u00e9liore pas. Elle passe des nuits blanches \u00e0 pleurer. Il fut un bon moment o\u00f9 elle fuyait nuitamment dans la brousse \u00e0 cause de la peur \u00bb, t\u00e9moigne son h\u00f4te D. ZDaniel Zabr\u00e9. D\u2019un ton calme et respectueux, elle fustige la m\u00e9thode utilis\u00e9e pour exterminer son conjoint. \u00ab Comment peut-on \u00e9gorger son un semblable comme un mouton ? \u00bb, s\u2019interroge-t-elle, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment. Collier bleu-blanc au cou et un foulard jaune portant \u00e0 l\u2019effigie de l\u2019\u00e9glise des Assembl\u00e9es de Dieu (AD) solidement nou\u00e9 \u00e0 la t\u00eate, A. S Awa Sebgo crie aussi au secours, afin de retrouver sa sant\u00e9 mentale. Les \u00e2mes sensibles supportent difficilement les sc\u00e8nes horribles commises par les forces du Mal. Le choc subi est souvent si intense que certaines Personnes d\u00e9plac\u00e9es internes (PDI) fr\u00f4lent m\u00eame la d\u00e9mence. J. S Justine Sawadogo est plong\u00e9e dans la reviviscence de l\u2019attaque meurtri\u00e8re de l\u2019\u00e9glise \u00e9vang\u00e9lique de Sirgadji, commune de Tongoma\u00ebl, dans la province du Soum, r\u00e9gion du Sahel. Le dimanche 28 avril 2019, aux environs de 13 heures, six bin\u00f4mes arm\u00e9s motoris\u00e9s ont fait irruption dans ledit sanctuaire. Dans l\u2019assassinat cibl\u00e9, le pasteur Pierre Ou\u00e9draogo, en service depuis 35 ans dans ladite \u00e9glise et cinq autres fid\u00e8les, dont son fils Wend-Kouni Ou\u00e9draogo et le diacre Zo\u00e9yand\u00e9 Sawadogo sont froidement ex\u00e9cut\u00e9s.<\/p>\n<figure id=\"attachment_50897\" aria-describedby=\"caption-attachment-50897\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img decoding=\"async\" data-attachment-id=\"50897\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/06\/14\/exactions-terroristes-des-chocs-difficiles-a-surmonter\/3-341\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/3-10.jpg\" data-orig-size=\"595,397\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta='{\"aperture\":\"0\",\"credit\":\"\",\"camera\":\"\",\"caption\":\"\",\"created_timestamp\":\"0\",\"copyright\":\"\",\"focal_length\":\"0\",\"iso\":\"0\",\"shutter_speed\":\"0\",\"title\":\"\",\"orientation\":\"1\"}' data-image-title=\"3\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/06\/3-10-300x200-1.jpg\" data-large-file=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/3-10.jpg\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-50897 size-medium\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/06\/3-10-300x200-1.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/06\/3-10-300x200-1.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/3-10-150x100.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/3-10.jpg 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\"><figcaption id=\"caption-attachment-50897\" class=\"wp-caption-text\">Le Dr Yacouba Ou\u00e9draogo : \u00ab il ne se passe pas une seule journ\u00e9e sans que mes services n\u2019accueillent entre 3 et 7 personnes en situation de prise en charge psychologique \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Une 7e victime gri\u00e8vement bless\u00e9e a surv\u00e9cu miraculeusement \u00e0 sa blessure. Les femmes y compris J. SJustine, elles, re\u00e7oivent des coups de fouet inflig\u00e9s par quatre autres bourreaux. Le pupitre de l\u2019\u00e9glise a \u00e9t\u00e9 incendi\u00e9 par les forces du Mal. Des biens sont emport\u00e9s. \u00ab Ils ont emmen\u00e9 ma valise, mes ustensiles de cuisine et mes pi\u00e8ces d\u2019identit\u00e9 que j\u2019avais amen\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9glise pour b\u00e9n\u00e9diction, parce que je pr\u00e9parais mon mariage \u00bb, se lamente J. Sdame Sawadogo. T\u00e9moin de ce massacre, elle Justine Sawadogo n\u2019arrive plus \u00e0 dompter sa peur. C\u2019est une PDI visiblement abattue. qui vit dans la hantise dans la zone non lotie de Dassassogo, quartier du secteur 7 de Kaya. \u00abSi je rentre en ville et que j\u2019aper\u00e7ois des soldats arm\u00e9s, je fais demi-tour. Je crains qu\u2019ils ne viennent me tuer\u00bb, confie-t-elle. Les yeux rougis et l\u2019air angoiss\u00e9eant, la primipare de 26 ans est convalescente. \u00ab Je viens de recevoir trois poches de s\u00e9rum. Parfois, ma t\u00eate me fait mal durant deux \u00e0 trois jours cons\u00e9cutifs. J\u2019ai l\u2019impression que mon c\u0153ur veut s\u2019arracher\u2026\u00bb, s\u2019inqui\u00e8te-t-elle. D\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, son \u00e9poux D. S Daouda Sawadogo ne sait plus \u00e0 quel saint se vouer. \u00abMa femme ne dort plus la nuit. Elle peut passer aussi toute une journ\u00e9e sans dire un mot \u00e0 quelqu\u2019un. Elle fuit quotidiennement les bruits de d\u2019une motos ou d\u2019une de voitures. Chaque jour, elle me dit de regarder \u00e0 droite, \u00e0 gauche, derri\u00e8re ou devant que les terroristes arrivent pour nous tuer\u00bb, se lamente-t-il.<\/p>\n<h2><strong>2 349 cas de violences<\/strong><\/h2>\n<p>Ma\u00e7on de profession, D. S M. Sawadogo est contraint de r\u00e9duire ses activit\u00e9s pas pour rester aupr\u00e8s de sa dulcin\u00e9e. \u00ab Je ne peux plus aller sortir sur un chantier de construction \u00bb, confie-t-il l\u2019air \u00e9c\u0153ur\u00e9. Son souhait le plus ardent est que sa compagne recouvre la retrouve sa sant\u00e9 mentale. A l\u2019instar de P.S., A. S, J. S Awa Sebgo, Justine Sawadogo, la majorit\u00e9 des de nombreuses PDI souffrent de troubles mentaux cons\u00e9cutifs aux exactions des groupes d\u2019hommes arm\u00e9s. Selon le Directeur r\u00e9gional (DR) en charge de l\u2019action humanitaire du Centre-Nord, Yacouba Ou\u00e9draogo, de janvier \u00e0 d\u00e9cembre 2021, les services en charge de l\u2019action humanitaire ont d\u00e9nombr\u00e9 2 349 cas de violences de nature morale et psychologique sur 2 713 cas de Violences bas\u00e9es sur le genre (VBG), soit un taux de 86,58%. Des donn\u00e9es qui sont loin de la r\u00e9alit\u00e9, d\u2019autant plus qu\u2019une bonne partie des PDI ne se signale pas aupr\u00e8s des services administratifs. Le nombre va d\u2019ailleurs croissant grandissant au jour le jour, au regard du traumatisme que les PDI ont subi, r\u00e9v\u00e8le Yacouba Ou\u00e9draogo. \u00ab Avec cette crise, il ne se passe pas une seule journ\u00e9e sans que mes services n\u2019accueillent entre 3 et 7 personnes qui se trouvent dans une situation de prise en charge psychologique\u00bb, d\u00e9plore M. Ou\u00e9draogo.<\/p>\n<p>A la date du 31 mars 2022, selon les donn\u00e9es du Secr\u00e9tariat permanent du Conseil national de secours d\u2019urgence et de r\u00e9habilitation (SP \/ CONASUR), la r\u00e9gion du Centre-Nord enregistre 655 891 PDI, soit 35,44% du taux national (1 850 293 PDI), dont 411 426 (62,73%) enfants et 149 979 (22,87%) femmes. \u00ab Du fait du nombre croissant des PDI, nous sommes souvent surpris par le nombre de cas de celles PDI victimes de traumatisme \u00bb, souligne Yacouba Ou\u00e9draogo. Outre les symboles \u00e9tatiques, les \u00e9glises chr\u00e9tiennes sont \u00e9galement des cibles privil\u00e9gi\u00e9es des groupes arm\u00e9s terroristes. Des responsables religieux et leurs suppl\u00e9ants tombent parfois sous les balles assassines des \u00ab fous de Dieu \u00bb laissant ainsi leurs \u00e9pouses dans le d\u00e9sarroi. Salomon Bamogo \u00e9tait est le diacre de l\u2019\u00e9glise des AD de Boll\u00e9 (Foub\u00e9). Il a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 par une trentaine de terroristes, le dimanche 28 avril 2019, aux environs de 15 heures. Sa conjointe N. B Naomi Bamogo qui a trouv\u00e9 refuge \u00e0 Pousmiougou, quartier du secteur 4 de Kaya, est toujours sous le choc. Calme et l\u2019air m\u00e9fiant, la m\u00e8re multipare de neuf enfants a perdu tout espoir. \u00ab Depuis le d\u00e9c\u00e8s de mon mari, je ne ferme plus l\u2019\u0153il. La nuit, je m\u2019assois au fond de la maisonnette jusqu\u2019au petit matin, les larmes aux yeux. Actuellement, je n\u2019arrive plus \u00e0 faire la diff\u00e9rence entre le jour et la nuit. Parfois, je passe trois jours cons\u00e9cutifs sans manger \u00bb, l\u00e2che-t-elle, accompagn\u00e9e d\u2019une goutte de des larmes aux yeux.<\/p>\n<h2><strong>Des s\u00e9quelles psychologiques<\/strong><\/h2>\n<p>Tr\u00e8s discr\u00e8te, son traumatisme la morfond davantage. \u00ab Si c\u2019\u00e9tait en 2019 que vous \u00e9tiez venus, vous auriez eu des difficult\u00e9s pour lui arracher un seul mot. Elle \u00e9tait devenue comme une folle. Tellement qu\u2019elle est traumatis\u00e9e, elle se m\u00e9fie des gens. Beaucoup d\u2019ONG sont pass\u00e9es pour \u00e9changer avec elle, mais elles n\u2019ont pas pu lui arracher un seul mot \u00bb, t\u00e9moigne notre guide S. N Samuel Nabaloum. Naomi Bamogo N. B a fr\u00f4l\u00e9 de justesse le pire. \u00abA un certain moment, j\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 de me suicider, parce que je trouvais que ma vie n\u2019avait plus de sens. Mais, \u00e0 cause de gr\u00e2ce \u00e0 mes enfants, j\u2019ai finalement renonc\u00e9 \u00e0 ce projet fatal \u00bb, confesse- t-elle, la t\u00eate baiss\u00e9e et les mains \u00ab enfouies \u00bb entre les jambes. Habill\u00e9e en tee-shirt, de couleur orange portant l\u2019effigie des AD, N. B Naomi dit avoir confi\u00e9 son sort au Seigneur J\u00e9sus Christ.<\/p>\n<p>\u00ab Je participe \u00e0 des s\u00e9ances de moralisation deux fois par semaine aupr\u00e8s des responsables de l\u2019\u00e9glise protestante \u00bb, d\u00e9clare-t-elle. M. Z Madeleine Zemba a trouv\u00e9 refuge dans la cour familiale de son beau-fils, le pasteur B. S Boureima Sawadogo, sise au quartier Kouim-kouli du secteur 6 de Kaya. Elle continue d\u2019essuyer les larmes du deuil de son \u00e9poux, le d\u00e9funt pasteur de l\u2019\u00e9glise des AD de Boukouma (Arbinda), Elie Zor\u00e9, ex\u00e9cut\u00e9 en avril 2019, par une centaine de terroristes. Une situation tragique qui laisse des s\u00e9quelles psychologiques dans le mental de la veuve. \u00ab Lorsque j\u2019ai appris la nouvelle, je me suis \u00e9vanouie. J\u2019ai pass\u00e9 par la suite trois nuits sans fermer l\u2019\u0153il et ou sans manger \u00bb, se rappelle-t-elle. Depuis lors, elle peine \u00e0 reprendre ses esprits. Maladive, sa sant\u00e9 mentale a pris un coup est assez criante. \u00abLe simple bruit d\u2019une bo\u00eete lui la fait peur. Elle n\u2019a plus l\u2019esprit tranquille. Lorsqu\u2019elle entre en ville et elle voit un soldat arm\u00e9, elle rebrousse chemin \u00bb, t\u00e9moigne son h\u00f4te B. S Boureima Sawadogo. Filiforme avec des scarifications au et visage bien cicatris\u00e9, la quadrag\u00e9naire avoue avoir effectu\u00e9 des va-et-vient, \u00e0 maintes reprises, aux services de l\u2019Action humanitaire sans avoir une oreille attentive \u00e0 l\u2019\u00e9couter. \u00ab Je suis all\u00e9e plusieurs fois expliquer aux agents de l\u2019action sociale que j\u2019ai tout le temps peur et que je ne dors plus la nuit, mais je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9cout\u00e9e \u00bb, regrette-t-elle, le regard riv\u00e9 au sol. En attendant que son cri du c\u0153ur soit entendu, Madeleine Zemba M. Z b\u00e9n\u00e9ficie, de nuit comme de jour, des pri\u00e8res de son beau-fils, le pasteur Boureima Sawadogo.<\/p>\n<h2><strong>L\u2019oisivet\u00e9 est la m\u00e8re des vices<\/strong><\/h2>\n<figure id=\"attachment_50898\" aria-describedby=\"caption-attachment-50898\" style=\"width: 225px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" data-attachment-id=\"50898\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/06\/14\/exactions-terroristes-des-chocs-difficiles-a-surmonter\/4-129\/\" data-orig-file=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/4-3.jpg\" data-orig-size=\"595,794\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta='{\"aperture\":\"0\",\"credit\":\"\",\"camera\":\"\",\"caption\":\"\",\"created_timestamp\":\"0\",\"copyright\":\"\",\"focal_length\":\"0\",\"iso\":\"0\",\"shutter_speed\":\"0\",\"title\":\"\",\"orientation\":\"1\"}' data-image-title=\"4\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/06\/4-3-225x300-1.jpg\" data-large-file=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/4-3.jpg\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-50898 size-medium\" src=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/06\/4-3-225x300-1.jpg\" alt=\"\" width=\"225\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-content\/uploads\/sites\/23\/2022\/06\/4-3-225x300-1.jpg 225w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/4-3-150x200.jpg 150w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/4-3-300x400.jpg 300w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/4-3-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/4-3.jpg 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px\"><figcaption id=\"caption-attachment-50898\" class=\"wp-caption-text\">La psychologue clinicienne et psychopathologue, Sarh Mariama Kabor\u00e9 : \u00ab pour une meilleure prise en charge psychologique, il faut d\u2019abord satisfaire les besoins physiologiques des PDI \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Au-del\u00e0 du v\u00e9cu des atrocit\u00e9s qui affectent la stabilit\u00e9 mentale des PDI, les conditions d\u2019accueil sont aussi un autre vecteur de choc moral, estime le pr\u00e9sident du Mouvement burkinab\u00e8 des droits de l\u2019Homme et des du peuples (MBDHP)\/Sanmatenga, Issaka Ou\u00e9draogo. Pour lui, le manque de suivi psychologique des PDI est une atteinte grave aux droits fondamentaux de l\u2019Homme. \u00ab Lorsqu\u2019un droit est viol\u00e9, cela va se r\u00e9percuter sur les autres droits \u00bb, s\u2019inqui\u00e8te- t-il. La r\u00e9gion du Centre-Nord compte 72 sites d\u2019accueil temporaires, o\u00f9 sont \u00e9rig\u00e9es des milliers de tentes de fortune exigu\u00ebs. Cette promiscuit\u00e9, selon le Dr Ou\u00e9draogo, peut \u00eatre \u00e9galement une autre source de d\u00e9pression. \u00ab L\u2019individu a besoin d\u2019un certain espace pour s\u2019exprimer ou se retrouver en intimit\u00e9 avec ses proches. Ce qui n\u2019est pas souvent le cas dans nos sites d\u2019accueil temporaires. M\u00eame ceux qui se trouvent dans une certaine normalit\u00e9 (familles d\u2019accueil) peuvent se retrouver du jour au lendemain dans un choc psychologique pouvant les conduire au suicide\u2026\u00bb, explique Yacouba Ou\u00e9draogo. Un autre vice susceptible de porter atteinte \u00e0 la sant\u00e9 mentale des PDI, selon la psychologue clinicienne et psycho-pathologue, Sarah Mariama Kabor\u00e9, est l\u2019oisivet\u00e9 qui est la m\u00e8re des vices.<\/p>\n<p>\u00ab Les PDI restent toute la journ\u00e9e, voire des mois ou ann\u00e9es sans rien faire. Ce qui les am\u00e8ne \u00e0 se morfondre et \u00e0 sombrer davantage dans le stress psychologique. De ce fait, toute id\u00e9e n\u00e9gative qui survient peut \u00eatre mise en ex\u00e9cution \u00bb, avertit la psychopathologue. A l\u2019\u00e9couter, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, une victime de traumatisme qui ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de soins psychologiques peut d\u00e9velopper plusieurs troubles psychiatriques pouvant perturber sa vie, sa sant\u00e9 mentale, voire sa sant\u00e9 organique. La facilitatrice des gu\u00e9risons de traumatisme, No\u00eblie Sorgho, souligne que, sans assistance m\u00e9dico-psychologique, les PDI victimes de traumatisme courent le risque soit de tomber dans la d\u00e9mence, soit de succomber \u00e0 leur stress posttraumatiquepost-traumatique. Les PDI d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es, poursuit Mme Sorgho, peuvent se donnent la mort, soit par suicide, soit par noyade ou encore par tout autre s les moyens dont elles disposent. Pour les aider donc ceux les PDI aujourd\u2019hui en \u00e9tat de choc psychologique \u00e0 surmonter leurs difficult\u00e9s, le d\u00e9fenseur des droits de l\u2019Homme, la facilitatrice des gu\u00e9risons de traumatisme, la sp\u00e9cialiste en charge de la sant\u00e9 mentale et le DRr en charge de l\u2019action humanitaire du Centre-Nord conviennent tous qu\u2019il faut renforcer le suivi. Ils esquissent aussi des solutions appropri\u00e9es telles que la cr\u00e9ation des centres d\u2019\u00e9coute et d\u2019accompagne-ment, la mise en place des services des urgences m\u00e9dico-psychologiques accessibles aux PDI, la formation en quantit\u00e9 et en qualit\u00e9 de sp\u00e9cialistes en psychologie et en sant\u00e9 mentale et la mise \u00e0 disposition gratuite des mol\u00e9cules psychotropes au profit des PDI victimes de traumatisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Emil SEGDA <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Segda9emil@gmail.com<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/06\/14\/exactions-terroristes-des-chocs-difficiles-a-surmonter\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La plupart des Personnes d\u00e9plac\u00e9es internes (PDI) sont victimes de traumatismes cons\u00e9cutifs aux exactions commises par des groupes arm\u00e9s terroristes. Au-del\u00e0 du v\u00e9cu de ces atrocit\u00e9s qui affectent la stabilit\u00e9 mentale des PDI, les conditions d\u2019accueil sont aussi un autre vecteur de choc moral. La veuve A. 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