{"id":150623,"date":"2022-06-20T17:27:35","date_gmt":"2022-06-20T21:27:35","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/mille-et-une-questions\/"},"modified":"2022-06-20T17:27:35","modified_gmt":"2022-06-20T21:27:35","slug":"mille-et-une-questions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/mille-et-une-questions\/","title":{"rendered":"Mille et une questions"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>La crise s\u00e9curitaire qui secoue le Burkina Faso, depuis sept ans, a franchi un seuil critique. Les attaques et exactions terroristes s\u2019inscrivent d\u00e9sormais dans la routine. Elles sont quasi quotidiennes et touchent l\u2019ensemble du pays, avec un mode op\u00e9ratoire de plus en plus ax\u00e9 sur le massacre des populations civiles. Le dernier acte barbare en date, qui a fait l\u2019objet d\u2019un deuil national, est celui de Seytenga.<\/p>\n<p>Dans la nuit du 11 au 12 juin 2022, des hommes arm\u00e9s ont fait irruption dans cette commune de la r\u00e9gion du Sahel et y ont ex\u00e9cut\u00e9 86 personnes, selon le dernier bilan gouvernemental. Cette \u00e9ni\u00e8me attaque a malheureusement contribu\u00e9 \u00e0 allonger la liste des victimes civiles et militaires du terrorisme au Burkina Faso, estim\u00e9es \u00e0 plus de 2 000 et \u00e0 augmenter le nombre de d\u00e9plac\u00e9s internes.<\/p>\n<p>Ceux-ci avoisinent les 2 millions, selon les donn\u00e9es actualis\u00e9es du Secr\u00e9tariat permanent du Conseil national de secours d\u2019urgence et de r\u00e9habilitation (CONASUR). Malgr\u00e9 la volont\u00e9 affich\u00e9e par les autorit\u00e9s de la Transition de casser du terroriste, en atteste la multiplication des op\u00e9rations militaires sur le terrain, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9, pour la moins historique, ne recule pas.<\/p>\n<p>La situation s\u00e9curitaire se d\u00e9grade de fa\u00e7on continue, \u00e0 telle enseigne que 40% du territoire \u00e9chappe d\u00e9sormais au contr\u00f4le du gouvernement burkinab\u00e8. L\u2019on se demande comment le Burkina Faso, jadis havre de paix, a pu basculer dans l\u2019horreur, au point que certains citoyens l\u2019assimilent sans rire \u00e0 l\u2019Afghanistan. Si l\u2019ennemi ne venait que de l\u2019ext\u00e9rieur, la r\u00e9ponse \u00e0 cette question pouvait \u00eatre envisag\u00e9e avec moins de complexit\u00e9, mais il se trouve que des Burkinab\u00e8 attaquent leur ch\u00e8re patrie. Pourquoi des compatriotes veulent-ils br\u00fbler le pays pour chauffer leur caf\u00e9, comme l\u2019avait laiss\u00e9 entendre le c\u00e9l\u00e8bre journaliste d\u2019investigation, Norbert Zongo ?<\/p>\n<p>Que reprochent-ils au pouvoir central et \u00e0 leurs fr\u00e8res et s\u0153urs ? Que veulent-ils ? Se sentent-ils marginalis\u00e9s au point de se radicaliser ? Sont-ils influenc\u00e9s par des consid\u00e9rations religieuses ou ethniques ? Ce sont autant de questions \u00e0 faire perdre le sommeil, si elles ne nous plongent pas dans d\u2019interminables r\u00e9flexions. C\u2019est dans ce contexte d\u2019incertitudes et de questionnements, que le M\u00e9diateur fraichement d\u00e9sign\u00e9 de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des Etats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO) pour le Burkina Faso, Mahamadou Issoufou, a effectu\u00e9 sa premi\u00e8re mission \u00e0 Ouagadougou, les 17 et 18 juin 2022.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir pris la mesure de la situation, l\u2019ancien pr\u00e9sident nig\u00e9rien est reparti, tout en rassurant que la CEDEAO souhaite rester aux c\u00f4t\u00e9s du Burkina Faso et qu\u2019il s\u2019efforcera de tout faire pour qu\u2019il en soit ainsi. Aussi a-t-il salu\u00e9 l\u2019ouverture au dialogue du chef de l\u2019Etat burkinab\u00e8, ce qui constitue un atout pour faire bouger les lignes dans le bon sens. Si l\u2019organisation sous r\u00e9gionale n\u2019est pas indiff\u00e9rente aux malheurs du Burkina Faso, elle semble particuli\u00e8rement attentive \u00e0 deux aspects.<\/p>\n<p>La crise humanitaire retient manifestement l\u2019attention de la CEDEAO, qui a fait un don sous forme de pr\u00eat de plus de 6 000 tonnes de vivres, au pays des Hommes int\u00e8gres, le 17 juin 2022. Cet appui salutaire va permettre d\u2019accompagner la mise en \u0153uvre du plan de r\u00e9ponse et de soutien aux personnes vuln\u00e9rables. Exigeante sur le respect des r\u00e8gles d\u00e9mocratiques, la CEDEAO est \u00e9galement tr\u00e8s pr\u00e9occup\u00e9e par l\u2019\u00e9laboration d\u2019un calendrier consensuel, notamment une p\u00e9riode de Transition, en de\u00e7\u00e0 des 36 mois propos\u00e9s par le pr\u00e9sident, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, aux affaires depuis le coup d\u2019Etat du 24 janvier 2022.<\/p>\n<p>On ne peut pas en dire autant de la situation s\u00e9curitaire elle-m\u00eame, tant les discours abondent plus que les actes \u00e0 la CEDEAO, alors que le Burkina Faso est dans l\u2019urgence. Bon nombre de citoyens auraient aim\u00e9 constater un appui militaire a\u00e9rien ou au sol de l\u2019organisation ouest-africaine dans la lutte contre le terrorisme sous nos cieux. Si la CEDEAO avait band\u00e9 les muscles, en 2016, pour emp\u00eacher l\u2019ancien pr\u00e9sident Yaya Jameh de s\u2019accaparer du pouvoir au d\u00e9triment de son tombeur dans les urnes, Adama Barrow, elle doit \u00eatre \u00e9galement en mesure d\u2019aider le Burkina Faso \u00e0 sortir du gouffre. Au lieu de vouloir prioriser un retour \u00e0 un ordre constitutionnel normal, ce qui ne saurait se faire objectivement dans un contexte d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et de crise humanitaire sans pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Kader Patrick KARANTAO <\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/06\/20\/mille-et-une-questions\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise s\u00e9curitaire qui secoue le Burkina Faso, depuis sept ans, a franchi un seuil critique. 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