{"id":153012,"date":"2022-07-20T17:24:22","date_gmt":"2022-07-20T21:24:22","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/exploitation-miniere-a-boudry-somisa-presente-ses-investissements-la-population-egrene-ses-preoccupations\/"},"modified":"2022-07-20T17:24:22","modified_gmt":"2022-07-20T21:24:22","slug":"exploitation-miniere-a-boudry-somisa-presente-ses-investissements-la-population-egrene-ses-preoccupations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/exploitation-miniere-a-boudry-somisa-presente-ses-investissements-la-population-egrene-ses-preoccupations\/","title":{"rendered":"Exploitation mini\u00e8re \u00e0 Boudry : SOMISA pr\u00e9sente ses investissements, la population \u00e9gr\u00e8ne ses pr\u00e9occupations"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Une d\u00e9l\u00e9gation du Secr\u00e9tariat permanent de l\u2019Initiative pour la transparence dans les industries extractives du Burkina Faso (SP\/ITIE-BF) et des journalistes ont effectu\u00e9 une mission d\u2019immersion \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 mini\u00e8re de Sanbrado (SOMISA), dans la commune de Boudry, r\u00e9gion du Plateau central, du 13 au 15 juillet 2022. L\u2019objectif de cette sortie-terrain est de toucher du doigt les r\u00e9alit\u00e9s de l\u2019exploitation mini\u00e8re industrielle et ses impacts socio\u00e9conomiques et environnementaux. <\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_52582\" aria-describedby=\"caption-attachment-52582\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" data-attachment-id=\"52582\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/07\/20\/exploitation-miniere-a-boudry-somisa-presente-ses-investissements-la-population-egrene-ses-preoccupations\/2-836\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/2-21.jpg?fit=595%2C355&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"595,355\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta='{\"aperture\":\"0\",\"credit\":\"\",\"camera\":\"\",\"caption\":\"\",\"created_timestamp\":\"0\",\"copyright\":\"\",\"focal_length\":\"0\",\"iso\":\"0\",\"shutter_speed\":\"0\",\"title\":\"\",\"orientation\":\"1\"}' data-image-title=\"2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/2-21.jpg?fit=300%2C179&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/2-21.jpg?fit=595%2C355&amp;ssl=1\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-52582 size-medium\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/2-21.jpg?resize=300,179&amp;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"179\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/2-21.jpg?resize=300,179&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/2-21.jpg?resize=150%2C89&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/2-21.jpg?w=595&amp;ssl=1 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\"><figcaption id=\"caption-attachment-52582\" class=\"wp-caption-text\">Le directeur des affaires corporatives de SOMISA, Christian Ou\u00e9draogo : \u00ab En tant que dernier- n\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res, nous ne voulons pas tomber dans les erreurs ou les probl\u00e8mes que les autres ont connus \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Malgr\u00e9 plus d\u2019une heure d\u2019attente de la d\u00e9l\u00e9gation de l\u2019Initiative pour la transparence dans les industries extractives du Burkina Faso (ITIE-BF), elles sont l\u00e0. Elles n\u2019ont pas boug\u00e9 d\u2019un iota. Une vingtaine environ, ces femmes viennent d\u2019une dizaine de villages de la commune rurale impact\u00e9s par l\u2019implantation de la Soci\u00e9t\u00e9 mini\u00e8re de Sanbrado (SOMISA). Leur patience semble indiquer qu\u2019elles tenaient \u00e0 cette rencontre, y fondent beaucoup d\u2019espoir. Visages fermes, assises sur des bancs ou \u00e0 m\u00eame le sol sous le hall du centre de formation de Sanbrado, elles ont gros sur le c\u0153ur et cette rencontre est une aubaine pour elles de s\u2019exprimer. Cette rencontre d\u2019\u00e9changes avec ces femmes entre dans le cadre d\u2019une mission d\u2019immersion \u00e0 la mine de Sanbrado, dans la commune de Boudry, organis\u00e9e par l\u2019ITIE-BF, du 13 au 15 juillet 2022. Apr\u00e8s quelques minutes de tergiversations sur qui prend la parole en premier, les probl\u00e8mes fusent de partout. Les unes apr\u00e8s les autres, souvent plusieurs \u00e0 la fois, elles ne vont pas avec le dos de la cuill\u00e8re pour peindre en noir leur difficile quotidien et indexer la mine comme source de leur \u00ab nouvelle vie de mis\u00e8re \u00bb de populations impact\u00e9es, d\u00e9localis\u00e9es, relog\u00e9es. Pertes des terres cultivables, difficile acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable, aux soins de sant\u00e9, absence de moyens pour scolariser leurs enfants, \u00e9loignement des champs pour ceux qui en disposent encore, absence de march\u00e9s pour l\u2019\u00e9coulement de leurs produits, manque d\u2019emplois, de routes, leurs cheptels enferm\u00e9s dans le p\u00e9rim\u00e8tre cl\u00f4tur\u00e9 de la mine, \u00e9gr\u00e8nent-elles. Bref, les pr\u00e9occupations sont nombreuses ! A les en croire, les promesses d\u2019une vie meilleure avec l\u2019arriv\u00e9e de la mine semblent aujourd\u2019hui un mirage. La relative situation d\u2019aisance avant-mine a c\u00e9d\u00e9 le pas \u00e0 la \u00ab gal\u00e8re \u00bb apr\u00e8s-mine. \u00ab Nous n\u2019avons plus de terres pour cultiver.<\/p>\n<p>Nous ne sommes pas employ\u00e9es par la mine comme promis. Pendant ce temps, la soci\u00e9t\u00e9 recrute, pour des emplois non qualifi\u00e9s, des gens d\u2019ailleurs qui ne sont pas impact\u00e9s par son implantation. Nous regrettons aujourd\u2019hui. Si c\u2019\u00e9tait \u00e0 recommencer, nous saurons quoi mettre sur la table de n\u00e9gociations \u00bb, soupire une d\u2019entre elles. Les installations de la mine occupent les lopins de terre qui \u00e9taient destin\u00e9es aux petites exploitations agricoles des femmes de Sanbrado, confie la pr\u00e9sidente des femmes dudit village. \u00ab Il est mieux de changer l\u2019appellation mine de Sanbrado ! Car nous ne voyons pas en quoi cette soci\u00e9t\u00e9 qui porte le nom de notre village nous est utile \u00bb, rench\u00e9rit une de Sanbrado, l\u2019air d\u00e9pit\u00e9. A la proposition du repr\u00e9sentant de l\u2019ITIE-BF de clore la rencontre apr\u00e8s plus d\u2019une heure d\u2019\u00e9changes, afin de leur permettre de rejoindre leurs champs, r\u00e9torque une voix surgie de la foule : \u00ab Vous pouvez continuer. Nous pouvons \u00e9changer avec vous jusqu\u2019apr\u00e8s-demain. Certes, c\u2019est la saison des pluies, nous n\u2019avons rien \u00e0 faire. Apr\u00e8s cette r\u00e9union, nous allons rentrer nous coucher, faute de terres \u00e0 cultiver \u00bb.<\/p>\n<h2><strong>\u00ab Mon beau-p\u00e8re est mort les larmes aux yeux \u00bb<\/strong><\/h2>\n<p>Alimata Tapsoba et sa famille sont originaires du village de Noess\u00e9. Impact\u00e9es par les activit\u00e9s de SOMISA, elles ont \u00e9t\u00e9 relog\u00e9es \u00e0 Pousghin dans des maisons construites par cette soci\u00e9t\u00e9. Mme Tapsoba est toute aussi attrist\u00e9e par le calvaire que sa famille vit aujourd\u2019hui dans son village d\u2019accueil. \u00ab Avant, sans l\u2019agriculture, on s\u2019en sortait avec l\u2019orpaillage o\u00f9 l\u2019on pouvait avoir 2000 F CFA \u00e0 5000 F CFA. Aujourd\u2019hui, rien de tout cela. Mon beau-p\u00e8re est mort les larmes aux yeux. Tous les jours, il ne cessait de r\u00e9p\u00e9ter : \u201c je vais mourir en laissant mes enfants et mes petits-fils dans la famine \u201c. Voici sa tombe. Ce qui semblait une pr\u00e9monition de sa part est aujourd\u2019hui une r\u00e9alit\u00e9 ! A cette allure, nous allons fuir nos foyers \u00bb, fulmine- t-elle, le b\u00e9b\u00e9 sur ses genoux, la gorge nou\u00e9e et le regard franc, sous le cr\u00e9pitement des flashs des appareils des journalistes. A cela s\u2019ajoutent les probl\u00e8mes d\u2019int\u00e9gration des populations h\u00f4tes. \u00ab Les autochtones fusillent nos pintades, pulv\u00e9risent l\u2019herbe avec des produits chimiques pour nous emp\u00eacher de faire brouter nos animaux \u00bb, confie-t-elle. Mais sans jeter le b\u00e9b\u00e9 avec l\u2019eau de bain, les femmes reconnaissent n\u00e9anmoins ce que SOMISA a r\u00e9alis\u00e9 pour elles, notamment en mati\u00e8re de formation aux m\u00e9tiers, m\u00eame si ses actions restent insuffisantes. En effet, en 2021 et 2022, la Soci\u00e9t\u00e9 mini\u00e8re de Sanbrado a form\u00e9 85 femmes au tissage des pagnes Faso danfani, 49 \u00e0 la teinture, plus de 100 \u00e0 la fabrication de savon, 25 \u00e0 la couture. Mais l\u00e0 encore, subsiste un gros probl\u00e8me : l\u2019absence de march\u00e9 pour \u00e9couler les produits. \u00ab C\u2019est une bonne chose que la mine nous forme \u00e0 diff\u00e9rents m\u00e9tiers. Mais nous sommes dans un environnement o\u00f9 la demande est faible, voire inexistante, surtout que, par manque d\u2019activit\u00e9s, les gens sont devenus pauvres. Des dizaines de femmes ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9es aux m\u00eames m\u00e9tiers. Qui va payer pour payer ?\u00bb, analyse une b\u00e9n\u00e9ficiaire de la formation au tissage, en montrant ses pagnes de plus de six mois qui manquent encore de preneurs.<\/p>\n<p>En partenariat avec une institution de microfinance bas\u00e9e \u00e0 Zorgho, SOMISA a facilit\u00e9 l\u2019acc\u00e8s des femmes \u00e0 des micro- cr\u00e9dits de 5000 F CFA \u00e0 50 000 F CFA pour mener \u00e0 bien leurs activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus. L\u00e0 aussi, les probl\u00e8mes ne manquent pas. Les allocations par groupement ou village ne couvrent pas tous leurs besoins ; cons\u00e9quence, beaucoup de femmes n\u2019en b\u00e9n\u00e9ficient pas. Bien qu\u2019elles aient rembours\u00e9 la totalit\u00e9 de leurs cr\u00e9dits, l\u2019institution de microfinance partenaire ne semble pas dispos\u00e9e \u00e0 poursuivre l\u2019octroi des cr\u00e9dits. Pire, les femmes peinent \u00e0 entrer en possession de leur \u00e9pargne, confient-elles. \u00ab Si je savais o\u00f9 se trouve cette institution, j\u2019irais r\u00e9cup\u00e9rer mon \u00e9pargne \u00bb, mart\u00e8le une. Face \u00e0 ces contraintes, ces pauvres dames n\u2019ont qu\u2019un v\u0153u : \u00eatre embauch\u00e9es par la mine. \u00ab Si elle ne peut pas nous employer, qu\u2019elle embauche nos maris ou nos enfants \u00bb, clament-elles. Nous ne souhaitons pas arriver \u00e0 une situation de conflit avec la mine, c\u2019est pourquoi nous souhaitons qu\u2019elle prenne en compte nos pr\u00e9occupations, poursuit une autre. Qu\u2019en est-il des rapports entre SOMISA et l\u2019administration locale ? \u00ab Nous avons de bons rapports avec la mine. Mais cela ne signifie pas qu\u2019il n\u2019y a pas de difficult\u00e9s par moments \u00bb, fait savoir le pr\u00e9fet et pr\u00e9sident de la d\u00e9l\u00e9gation sp\u00e9ciale de Boudry, Moumouni K\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<h2><strong>Les r\u00e9ponses de la mine<\/strong><\/h2>\n<figure id=\"attachment_52583\" aria-describedby=\"caption-attachment-52583\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img decoding=\"async\" data-attachment-id=\"52583\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/07\/20\/exploitation-miniere-a-boudry-somisa-presente-ses-investissements-la-population-egrene-ses-preoccupations\/3-360\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/3-8.jpg?fit=595%2C446&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"595,446\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta='{\"aperture\":\"0\",\"credit\":\"\",\"camera\":\"\",\"caption\":\"\",\"created_timestamp\":\"0\",\"copyright\":\"\",\"focal_length\":\"0\",\"iso\":\"0\",\"shutter_speed\":\"0\",\"title\":\"\",\"orientation\":\"1\"}' data-image-title=\"3\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/3-8.jpg?fit=300%2C225&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/3-8.jpg?fit=595%2C446&amp;ssl=1\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-52583 size-medium\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/3-8.jpg?resize=300,225&amp;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/3-8.jpg?resize=300,225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/3-8.jpg?resize=150%2C112&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/3-8.jpg?resize=560%2C420&amp;ssl=1 560w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/3-8.jpg?resize=80%2C60&amp;ssl=1 80w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/3-8.jpg?resize=265%2C198&amp;ssl=1 265w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/3-8.jpg?w=595&amp;ssl=1 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\"><figcaption id=\"caption-attachment-52583\" class=\"wp-caption-text\">Les femmes des villages impact\u00e9s disent faire face aux probl\u00e8mes d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable, aux soins de sant\u00e9, de manque de terres cultivables, d\u2019emplois.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Au rang des difficult\u00e9s, la question du fonctionnement du comit\u00e9 de suivi du Fonds minier de d\u00e9veloppement local (FMDL) ; alors que les textes disposent qu\u2019aucun investissement financ\u00e9 par ce Fonds ne peut se faire sans passer par ce comit\u00e9. \u00ab Pour une pr\u00e9occupation pouvant trouver solution \u00e0 l\u2019\u00e9chelon local, il arrive que la direction g\u00e9n\u00e9rale de la mine nous survole pour \u00e9crire au ministre de tutelle. Cela pose probl\u00e8me et frise le manque de consid\u00e9ration vis-\u00e0-vis de l\u2019administration locale \u00bb, s\u2019offusque M. K\u00e9r\u00e9. Quant aux pr\u00e9occupations que les populations nous soumettent, elles sont relatives au non-respect par SOMISA de ses engagements en mati\u00e8re d\u2019accompagnement sur le plan agricole, mais surtout en termes d\u2019achats et d\u2019emplois locaux, poursuit-il. Si cette question d\u2019achats et emplois locaux, qui revient fr\u00e9quemment ne trouve pas solution, elle pourrait \u00eatre source de tensions entre la mine et les populations impact\u00e9es, souligne le pr\u00e9sident de la d\u00e9l\u00e9gation sp\u00e9ciale de Boudry. A la suite des \u00e9changes avec les femmes et les autorit\u00e9s administratives locales, l\u2019immersion s\u2019est poursuivie sur les installations de SOMISA. Pr\u00e9sentation de la soci\u00e9t\u00e9, visite de la principale fosse \u00e0 ciel ouvert de la mine, sa p\u00e9pini\u00e8re, sa clinique, explications sur le fonctionnement de l\u2019usine de production d\u2019or, \u00e9changes sur les probl\u00e8mes pos\u00e9s par les populations impact\u00e9es \u00e9taient au menu. Sur ce dernier point, le directeur des affaires corporatives de SOMISA, Christian Ou\u00e9draogo, fait venir tour \u00e0 tour \u00e0 la salle de r\u00e9union les responsables charg\u00e9s des services ressources humaines, de la restauration des moyens de subsistance, des relations communautaires, de l\u2019environnement. Chacun doit r\u00e9pondre des pr\u00e9occupations relevant de son domaine de comp\u00e9tence. \u00ab Nous ne sommes pas \u00e0 une phase de construction o\u00f9 la mine recrute des employ\u00e9s non qualifi\u00e9s ; mais \u00e0 la phase de production qui a besoin de comp\u00e9tences qualifi\u00e9es. Ce qui manque au niveau local. Sinon \u00e0 comp\u00e9tence \u00e9gale, nous privil\u00e9gions les fils de la localit\u00e9 \u00bb, argumente la responsable (service) des relations communautaires, Christelle Fomini.<\/p>\n<p>La mine dispose \u00e9galement d\u2019un programme de stage qui accorde la priorit\u00e9 aux ressortissants de la zone. Mais il n\u2019est pas toujours ais\u00e9 pour elle de faire le distinguo entre vrais et pseudos ressortissants. \u00ab Lorsqu\u2019un demandeur d\u2019emploi fait la preuve du paiement des taxes de r\u00e9sidence \u00e0 Zorgho ou Boudry, vous ne pouvez pas nier qu\u2019il est ressortissant de la localit\u00e9. Nous avons entrepris de r\u00e9soudre ce probl\u00e8me aupr\u00e8s des notables mais le projet n\u2019a pas abouti \u00bb, souligne M. Ou\u00e9draogo. Mais qu\u2019en est-il de l\u2019engagement non tenu de la part de SOMISA d\u2019accompagner les producteurs avec des intrants pendant cinq ans ? \u00ab Dans le programme de restauration des moyens de subsistance valid\u00e9 par toutes les parties prenantes, il n\u2019est nullement mentionn\u00e9 que la mine doit fournir de l\u2019engrais aux producteurs pendant cinq ans. Ce programme contient cinq projets dont la dur\u00e9e de chaque projet varie entre un an et cinq ans \u00bb, r\u00e9torque Hugues Kambir\u00e9, coordonnateur des programmes de restauration des moyens de subsistance. Pour ce qui est de la promesse de r\u00e9alisation d\u2019une vitrine pour l\u2019exposition des produits transform\u00e9s par les femmes, elle sera tenue ; car le processus d\u2019acquisition de ladite infrastructure est lanc\u00e9, rassure Mme Fomini.<\/p>\n<h2><strong>Maintenir la flamme de la concertation<\/strong><\/h2>\n<p>Sur le plan environnemental, SOMISA est dans une dynamique de r\u00e9habilitation progressive de son site, soutient le surintendant environnement, Judica\u00ebl Ou\u00e9draogo. Elle dispose d\u2019une p\u00e9pini\u00e8re d\u2019environ 3 000 plans d\u2019essence locale destin\u00e9s au reboisement sur le site de la mine mais aussi hors site. Mais le syst\u00e8me d\u2019exploitation de cette soci\u00e9t\u00e9 mini\u00e8re r\u00e9pond-il aux normes environnementales ? \u00ab Sur le plan environnemental, ce que nous avons vu est satisfaisant et encourageant, surtout pour une mine en d\u00e9but d\u2019exploitation. D\u2019une mani\u00e8re globale, on peut dire que les normes environnementales sont respect\u00e9es. Surtout quand on voit que la mine dispose d\u2019une p\u00e9pini\u00e8re dans le cadre de sa RSE. Cela laisse pr\u00e9sager qu\u2019elle est anim\u00e9e d\u2019une bonne volont\u00e9 en mati\u00e8re de respect des normes environnementales \u00bb, r\u00e9pond l\u2019inspecteur des eaux et for\u00eats au minist\u00e8re en charge de l\u2019environnement, Jo\u00ebl Bama, par ailleurs membre du comit\u00e9 technique d\u2019examen et de validation des plans de r\u00e9habilitation environnementale des sites miniers. Il invite la mine \u00e0 faire valider ses projets de r\u00e9habilitation progressive par ledit comit\u00e9 avant d\u2019entamer leur mise en \u0153uvre, pour ainsi \u00e9viter les soucis qui pourraient en d\u00e9couler. Selon le directeur des affaires corporatives, SOMISA veut se donner les moyens d\u2019\u00eatre une mine de r\u00e9f\u00e9rence au Burkina Faso.<\/p>\n<p>\u00ab Nous sommes le dernier- n\u00e9 des soci\u00e9t\u00e9s mini\u00e8res en exploitation. Nous ne voulons pas tomber dans les erreurs ou les probl\u00e8mes que les autres ont connus \u00bb, soutient-il. Le Secr\u00e9taire permanent de l\u2019ITIE-BF, Kanfido Onadja, s\u2019est r\u00e9joui de cette sortie terrain, dont l\u2019objectif est de permettre \u00e0 sa structure, aux hommes de m\u00e9dias et d\u2019autres parties prenantes de toucher du doigt les r\u00e9alit\u00e9s de l\u2019exploitation mini\u00e8re et ses impacts socio\u00e9conomiques. L\u2019exercice participe de la recherche de transparence dans les industries extractives. \u00ab Cette visite nous a permis de connaitre les diff\u00e9rentes phases de production d\u2019une mine industrielle.<\/p>\n<p>Pour nous qui collectons des donn\u00e9es aupr\u00e8s des mines, cette immersion va nous aider \u00e0 pr\u00e9ciser nos demandes d\u2019informations pour les besoins de nos rapports. Pour ce que nous avons pu voir aujourd\u2019hui, les dispositions de la norme ITIE sont respect\u00e9es, sur tous les plans \u00bb, confie-t-il. La mine fait beaucoup d\u2019efforts \u00e0 travers la r\u00e9alisation d\u2019infrastructures sanitaire, \u00e9ducative, d\u2019un centre de formation o\u00f9 les femmes sont form\u00e9es \u00e0 la couture, teinture, tissage, etc. poursuit-il. \u00ab Mais elle doit davantage comprendre et accompagner ces populations impact\u00e9es qui connaissent au quotidien des difficult\u00e9s. Elle doit s\u2019inscrire dans la concertation permanente avec ces communaut\u00e9s riveraines afin de pr\u00e9venir les crises\/conflits \u00bb, a pr\u00e9conis\u00e9 M. Onadja. Les responsables de SOMISA ont aussi salu\u00e9 cette visite de l\u2019ITIE-BF \u00e0 sa juste valeur. \u00ab Elle a nous permis de connaitre les attentes de l\u2019ITIE vis-\u00e0-vis de notre mine. Il est toujours bon d\u2019\u00e9changer avec une partie ext\u00e9rieure sur certaines insuffisances et de travailler \u00e0 les am\u00e9liorer \u00bb, conclut Christian Ou\u00e9draogo.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Mahamadi SEBOGO<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong> Windmad76@gmail.com<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/07\/20\/exploitation-miniere-a-boudry-somisa-presente-ses-investissements-la-population-egrene-ses-preoccupations\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une d\u00e9l\u00e9gation du Secr\u00e9tariat permanent de l\u2019Initiative pour la transparence dans les industries extractives du Burkina Faso (SP\/ITIE-BF) et des journalistes ont effectu\u00e9 une mission d\u2019immersion \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 mini\u00e8re de Sanbrado (SOMISA), dans la commune de Boudry, r\u00e9gion du Plateau central, du 13 au 15 juillet 2022. 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