{"id":154707,"date":"2022-08-10T18:38:32","date_gmt":"2022-08-10T22:38:32","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/exploitation-illegale-du-barrage-de-bidiga-lor-bleu-en-peril\/"},"modified":"2022-08-10T18:38:32","modified_gmt":"2022-08-10T22:38:32","slug":"exploitation-illegale-du-barrage-de-bidiga-lor-bleu-en-peril","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/exploitation-illegale-du-barrage-de-bidiga-lor-bleu-en-peril\/","title":{"rendered":"Exploitation ill\u00e9gale du barrage de Bidiga : l\u2019or bleu en p\u00e9ril"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>Le barrage hydroagricole de Bidiga dans la commune de Tenkodogo, r\u00e9gion du Centre-Est, est menac\u00e9 de disparition. En effet, la bande de servitude de cet ouvrage est envahie par des exploitants agricoles. Ce, malgr\u00e9 les actions de sensibilisation du Comit\u00e9 d\u2019usagers d\u2019eau (CUE) mis place en 2018 et du Comit\u00e9 local de l\u2019eau (CLE) fonctionnel depuis 2016. Malheureusement, leur activit\u00e9 occasionne l\u2019ensablement progressif de l\u2019ouvrage. Reportage !<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_53347\" aria-describedby=\"caption-attachment-53347\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" data-attachment-id=\"53347\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/08\/10\/exploitation-illegale-du-barrage-de-bidiga-lor-bleu-en-peril\/3-372\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/3-4.jpg?fit=595%2C397&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"595,397\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta='{\"aperture\":\"0\",\"credit\":\"\",\"camera\":\"\",\"caption\":\"\",\"created_timestamp\":\"0\",\"copyright\":\"\",\"focal_length\":\"0\",\"iso\":\"0\",\"shutter_speed\":\"0\",\"title\":\"\",\"orientation\":\"1\"}' data-image-title=\"3\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/3-4.jpg?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/3-4.jpg?fit=595%2C397&amp;ssl=1\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-53347 size-medium\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/3-4.jpg?resize=300,200&amp;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/3-4.jpg?resize=300,200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/3-4.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/3-4.jpg?w=595&amp;ssl=1 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\"><figcaption id=\"caption-attachment-53347\" class=\"wp-caption-text\">Pierre Nonkan\u00e9 dit exploiter le site depuis 2005 et n\u2019entend pas quitter les lieux sans trouver un autre terrain \u00e0 emblaver.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le ciel est un peu d\u00e9gag\u00e9, ce lundi 25 juillet 2022. Le soleil se faufile entre des nuages \u00e9pars. Il est 14h30 mn, au barrage hydro-agricole de Bidiga dans la commune de Tenkodogo, r\u00e9gion du Centre-Est. Situ\u00e9e \u00e0 15 km de Tenkodogo, cette infrastructure hydraulique est \u00e0 un jet de pierre de la commune de Garango. Elle dessert les populations des deux communes. Sur le lit Ouest du barrage, une vingtaine de personnes sont tranquillement en train de labourer leurs champs. Visiblement, une bonne partie de la bande de servitude est envahie par des exploitations agricoles. Le ma\u00efs, le sorgho et le riz sont les principales sp\u00e9culations des lieux. Des bornes sont bien implant\u00e9es, d\u00e9limitant cette bande de servitude. Une plaque est \u00e9galement fix\u00e9e, indiquant les activit\u00e9s interdites sur les berges du barrage dont l\u2019exploitation agricole. Nous avan\u00e7ons vers les exploitants. Notre pr\u00e9sence attire leur attention. Ils cessent momentan\u00e9ment leurs travaux et l\u00e8vent la t\u00eate vers notre direction. Un homme \u00e2g\u00e9 d\u2019environ une soixantaine d\u2019ann\u00e9es, v\u00eatu d\u2019un habit blanc-sale, vient \u00e0 notre rencontre, sa daba sur son \u00e9paule. Chef de famille, Pierre Nonkan\u00e9 dit exploiter les berges de ce barrage avec ses \u00e9pouses et sa dizaine d\u2019enfants depuis 2005. \u00ab Nous sommes ici pour chercher \u00e0 manger. Nous y cultivons du ma\u00efs et du riz qui produisent tr\u00e8s bien chaque ann\u00e9e. Ce cours d\u2019eau est tr\u00e8s important pour nous et pour notre b\u00e9tail. Nous sommes conscients que notre activit\u00e9 dans cette bande contribue fortement \u00e0 l\u2019ensablement du barrage.<\/p>\n<p>Mais, nous ne savons pas o\u00f9 aller. Tant qu\u2019il n\u2019y a pas de mesures d\u2019accompagnement, nous n\u2019allons pas lib\u00e9rer les lieux \u00bb, pr\u00e9vient M. Nonkan\u00e9. Sur le c\u00f4t\u00e9 Est du barrage, le constat est aussi alarmant. Une quinzaine de cultivateurs sont carr\u00e9ment dans le lit du barrage. Des femmes sont en train de d\u00e9sherber leurs champs. Ma\u00efmouna Zar\u00e9 est une des exploitantes. Dans son champ de riz, elle s\u2019appuie sur sa daba et nous regarde d\u2019un air surpris. Rassur\u00e9e, elle se l\u00e2che : \u00ab Nous cultivons sur ce site depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es. Nous y tirons notre pitance quotidienne. Nous savons que notre activit\u00e9 d\u00e9grade le barrage. Le probl\u00e8me est que nous n\u2019avons pas d\u2019autre espace \u00e0 exploiter. Nous n\u2019avons pas eu de parcelle dans la plaine am\u00e9nag\u00e9e. Il est donc difficile, pour nous, pour le moment, de quitter le lit barrage \u00bb, affirme-t-elle. Le probl\u00e8me a la peau dure, puisque m\u00eame l\u2019exploitation du pr\u00e9sident du Comit\u00e9 d\u2019usagers de l\u2019eau (CUE), Ousmane Tarnagda, d\u00e9borde visiblement la bande de servitude et il en est conscient, tout comme les autres exploitants des berges. Il rassure tout de m\u00eame que le CUE m\u00e8ne des activit\u00e9s de sensibilisation depuis 2018 pour que les producteurs lib\u00e8rent les lieux.<\/p>\n<h2><strong>Des exploitants r\u00e9ticents<\/strong><\/h2>\n<p><img decoding=\"async\" data-attachment-id=\"53346\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/08\/10\/exploitation-illegale-du-barrage-de-bidiga-lor-bleu-en-peril\/2-861\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/2-6.jpg?fit=595%2C397&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"595,397\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta='{\"aperture\":\"0\",\"credit\":\"\",\"camera\":\"\",\"caption\":\"\",\"created_timestamp\":\"0\",\"copyright\":\"\",\"focal_length\":\"0\",\"iso\":\"0\",\"shutter_speed\":\"0\",\"title\":\"\",\"orientation\":\"1\"}' data-image-title=\"2\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/2-6.jpg?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/2-6.jpg?fit=595%2C397&amp;ssl=1\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-53346 alignright\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/2-6.jpg?resize=300,200&amp;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/2-6.jpg?resize=300,200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/2-6.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/2-6.jpg?w=595&amp;ssl=1 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\">Le seul cas exemplaire est celui de Issa Nonkan\u00e9 qui a d\u00e9cid\u00e9 de quitter la bande, \u00e0 la suite de la sensibilisation du CUE, pour s\u2019installer non loin du barrage. Avec 3 \u00e9pouses et p\u00e8re de 22 enfants, il a r\u00e9alis\u00e9 un forage pour alimenter sa production maraich\u00e8re. Il produit \u00e9galement du ma\u00efs et du riz. Malheureusement, t\u00e9moigne sa femme, Mariam Mon\u00e8, M. Nonkan\u00e9 est confront\u00e9 \u00e0 un probl\u00e8me foncier. Car, l\u2019espace qu\u2019il occupe appartiendrait \u00e0 une autre personne qui estime avoir acquis 10 hectares dans la zone dont l\u2019exploitation de Issa Nonkan\u00e9. L\u2019affaire ayant \u00e9t\u00e9 port\u00e9e en justice, relate sa femme, il a perdu le proc\u00e8s et \u00e9cop\u00e9 de six mois de prison ferme. Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne, le pr\u00e9sident du CUE confirme que la pression fonci\u00e8re contribue fortement \u00e0 l\u2019envahissement des berges du barrage. \u00ab Nous sommes mandat\u00e9s pour sensibiliser les populations \u00e0 ne pas cultiver dans la bande de servitude du barrage. Nous avons b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de formations dans ce sens. Le barrage est m\u00eame born\u00e9. Les bornages \u00e0 t\u00eates bleues indiquent les limites de l\u2019eau. Ceux \u00e0 t\u00eates rouges d\u00e9signent la limite des berges \u00e0 ne pas franchir par les producteurs. Mais, les paysans ont nettement d\u00e9pass\u00e9 cette limite, malgr\u00e9 nos s\u00e9ances de sensibilisation\u00bb, regrette-t-il. Les occupants de bande, appuie Ousmane Tarnagda, disent qu\u2019ils cultivaient dans ces lieux, il y a longtemps et qu\u2019avec l\u2019agrandissement de l\u2019ouvrage, leurs champs et vergers ont disparu. Ces paysans, explique-t-il, demandent des portions de terrains \u00e0 exploiter dans la plaine am\u00e9nag\u00e9e, mais ils n\u2019en trouvent pas.<\/p>\n<p>\u00ab Nous avons demand\u00e9 des puits pour qu\u2019ils reculent pour mener leurs activit\u00e9s. La Soci\u00e9t\u00e9 nationale des v\u00e9hicules industriels (SNVI), a r\u00e9alis\u00e9 quelques puits pour nous, mais les exploitants estiment qu\u2019ils sont mal plac\u00e9s. Car, ils se trouvent en amont du barrage. Donc, ils refusent de reculer. Nous avons \u00e9galement rebois\u00e9 tout autour du barrage pour les emp\u00eacher d\u2019occuper la zone, mais presque tout est mort. Nous avons aussi r\u00e9alis\u00e9 une haie pour la p\u00e9pini\u00e8re. Notre principale difficult\u00e9 est la r\u00e9ticence des populations \u00bb, confie M. Tarnagda. Le CUE est appuy\u00e9 par le Comit\u00e9 local de l\u2019eau (CLE) qui est fonctionnel depuis 2016. Selon le pr\u00e9sident du CLE de Bagr\u00e9, aval Est, Issaka Guingan\u00e9, le barrage de Bidiga fait partie du sous bassin du Nakanb\u00e9 qui regroupe six communes dont celle de Tenkodogo. La mission des CLE, rel\u00e8ve-t-il, est la gestion des ressources en eau, d\u2019o\u00f9 la protection des cours d\u2019eau et des barrages. \u00ab En ce qui concerne ce barrage, notre travail consiste \u00e0 l\u2019organisation des usagers en comit\u00e9, la programmation des activit\u00e9s d\u2019entretien du barrage et de protection des berges de cette infrastructure hydraulique.<\/p>\n<p>Nous travaillons depuis 2016 dans la protection du barrage, nous avons notamment initi\u00e9 des reboisements dans la bande de servitude. Nous y avons plant\u00e9 des \u00e9pineux, des fruitiers et d\u2019autres esp\u00e8ces \u00bb, rench\u00e9rit M. Guingan\u00e9. Par ailleurs, il souligne que lorsque les agriculteurs ont pris conscience que ces arbres sont une menace pour leurs activit\u00e9s, ils les ont presque tous \u00ab tu\u00e9s \u00bb. D\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, il nous montre quelques arbres qui ont pu \u00e9chapper \u00e0 leur vigilance. \u00abNous menons des activit\u00e9s de sensibilisation concernant la r\u00e9partition de l\u2019eau, parce qu\u2019elle est utilis\u00e9e d\u2019une part par les maraichers et d\u2019autre part par les producteurs de la plaine rizicole. Chaque ann\u00e9e, il y a des conflits parce que l\u2019eau ne suffit pas et le barrage s\u2019ass\u00e8che vite. Nous avons aussi form\u00e9 les exploitants des berges et le CUE sur la pratique de l\u2019assistance naturelle des ressources \u00bb, fait-il savoir. Cette ann\u00e9e, promet-il, le CLE va entreprendre la construction des digues de sable filtrantes sur l\u2019affluent qui conduit l\u2019eau dans le barrage pour le traitement des ravins qui d\u00e9gradent l\u2019ouvrage. Le CLE, ajoute-il, va \u00e9galement r\u00e9aliser des cordons pierreux sur les c\u00f4t\u00e9s embl\u00e9matiques du barrage.<\/p>\n<h2><strong>La difficult\u00e9 majeure<\/strong><\/h2>\n<figure id=\"attachment_53348\" aria-describedby=\"caption-attachment-53348\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img decoding=\"async\" data-attachment-id=\"53348\" data-permalink=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/08\/10\/exploitation-illegale-du-barrage-de-bidiga-lor-bleu-en-peril\/4-138\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/4-1.jpg?fit=595%2C397&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"595,397\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta='{\"aperture\":\"0\",\"credit\":\"\",\"camera\":\"\",\"caption\":\"\",\"created_timestamp\":\"0\",\"copyright\":\"\",\"focal_length\":\"0\",\"iso\":\"0\",\"shutter_speed\":\"0\",\"title\":\"\",\"orientation\":\"1\"}' data-image-title=\"4\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-medium-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/4-1.jpg?fit=300%2C200&amp;ssl=1\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/4-1.jpg?fit=595%2C397&amp;ssl=1\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-53348 size-medium\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/4-1.jpg?resize=300,200&amp;ssl=1\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/4-1.jpg?resize=300,200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/4-1.jpg?resize=150%2C100&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/4-1.jpg?w=595&amp;ssl=1 595w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" data-recalc-dims=\"1\"><figcaption id=\"caption-attachment-53348\" class=\"wp-caption-text\">Ma\u00efmouna Zar\u00e9 cultive du riz dans le lit de ce barrage depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Pour M. Guingan\u00e9, le barrage est tr\u00e8s ensabl\u00e9. \u00ab Nous estimons \u00e0 plus de deux m\u00e8tres de profondeur d\u2019ensablement \u00bb, reconnait-il. L\u2019agent de police de l\u2019eau de la r\u00e9gion du Centre-Est, Souleymane Lankoand\u00e9, confirme que l\u2019ensablement du barrage est une triste r\u00e9alit\u00e9. Selon lui, le barrage a d\u00e9j\u00e0 perdu 1\/3 de sa capacit\u00e9 initiale. A entendre M. Guingan\u00e9, la difficult\u00e9 majeure, c\u2019est la production agricole dans la bande de servitude. \u00ab Les berges sont consid\u00e9r\u00e9es par les producteurs comme \u00e9tant tr\u00e8s fertiles. Ils ont donc pris le go\u00fbt de les exploiter depuis des ann\u00e9es. Nous n\u2019arrivons pas \u00e0 leur faire quitter ces berges. Il y a un r\u00e9el conflit entre ces exploitants et le CUE. Ces paysans sont tr\u00e8s r\u00e9ticents. Nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 d\u00e9guerpir certains du site, mais d\u2019autres s\u2019y maintiennent ou s\u2019installent progressivement \u00bb, relate-t-il. Issaka Guingan\u00e9 t\u00e9moigne \u00e9galement que les exploitants demandent \u00e0 ce qu\u2019on leur trouve une zone am\u00e9nag\u00e9e o\u00f9 ils peuvent acc\u00e9der \u00e0 l\u2019eau. La mesure de rigueur doit \u00eatre prise \u00e0 travers la police de l\u2019eau, mentionne-t-il, puisque l\u2019on remarque que la sensibilisation n\u2019a pas trop d\u2019impact sur le terrain. L\u2019agent de police de l\u2019eau, Souleymane Lankoand\u00e9, rassure que la police de l\u2019eau est \u00e0 pied \u0153uvre en vue de faire respecter la r\u00e8glementation en mati\u00e8re des ressources en eau dans la r\u00e9gion. \u00ab En ce qui concerne le barrage, nous d\u00e9nombrons pr\u00e8s de 300 personnes qui exploitent les berges. Il y a certains qui sont m\u00eame dans le lit du barrage.<\/p>\n<p>Nous avons men\u00e9 des patrouilles de surveillance au niveau des berges pour amener les gens \u00e0 respecter la bande de servitude afin de prot\u00e9ger la ressource en eau. Nous sommes all\u00e9s plusieurs fois en r\u00e9pression sur le site. Nous avons m\u00eame retir\u00e9 des motopompes \u00e0 ceux qui exploitaient sur la digue et qui l\u2019endommageaient. Pour le moment, nous n\u2019avons pas pris d\u2019individus qui utilisent des produits chimiques dans la bande de servitude, certainement il doit en avoir dans sa partie aval \u00bb, indique-t-il. Il admet tout de m\u00eame que la difficult\u00e9 est la r\u00e9ticence des occupants des berges \u00e0 lib\u00e9rer la zone. \u00ab Avec l\u2019appui de l\u2019Agence de l\u2019eau du Nakanb\u00e9, nous avons pu faire la d\u00e9limitation de la bande de servitude et des s\u00e9ances de sensibilisation \u00e0 respecter cette bande pour esp\u00e9rer que cette ressource en eau soit mieux prot\u00e9g\u00e9e. Malheureusement, il y a certaines personnes qui sont vraiment tr\u00e8s r\u00e9ticentes, arguant par moment qu\u2019elles ne savent pas o\u00f9 aller. Car, elles estiment occuper ces berges depuis plusieurs ann\u00e9es et qu\u2019il s\u2019agit de leur unique moyen de subsistance. Cette situation complique s\u00e9rieusement les actions de la police de l\u2019eau \u00bb, regrette-t-il.<\/p>\n<h2><strong>Passer \u00e0 la r\u00e9pression<\/strong><\/h2>\n<p>A son avis, la police de l\u2019eau doit miser sur la r\u00e9pression, mais il s\u2019inqui\u00e8te d\u2019une \u00e9ventuelle crise fonci\u00e8re qui pourrait na\u00eetre de cette action. \u00abDonc, il faut aller par \u00e9tape. Nous pensons qu\u2019il faut toujours accentuer les sorties de sensibilisation. Si les producteurs font toujours la sourde oreille, nous serons oblig\u00e9s de passer \u00e0 la phase de r\u00e9pression\u00bb, pr\u00e9vient M. Lankoand\u00e9. Le directeur r\u00e9gional de l\u2019eau et de l\u2019assainissement du Centre-Est par int\u00e9rim, Riim-Yam Albert Koumsongo embouche la m\u00eame trompette. Pour lui, l\u2019une des difficult\u00e9s est que le barrage fait partie des anciens barrages qui n\u2019ont pas fait l\u2019objet de d\u00e9limitation d\u00e8s le d\u00e9but.<\/p>\n<p>Ce qui a permis, selon lui, \u00e0 toutes ces personnes d\u2019exploiter la portion de terre qui \u00e9tait dans la bande de servitude. Apr\u00e8s plus de 30 ans d\u2019exploitation, signifie-t-il, c\u2019est difficile pour ces producteurs de laisser le terrain. D\u2019un volume initial de 935 000 m3, estime-t-il, le barrage a \u00e9t\u00e9 r\u00e9habilit\u00e9 par SNVI en 2017. En 2019, expose M. Koumsongo, avec l\u2019accompagnement de l\u2019Agence de l\u2019eau du Nakanb\u00e9, de nombreuses actions de sensibilisation ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es pour que la population accepte la d\u00e9limitation de la bande de servitude. \u00ab A la suite de cela, il y a eu plusieurs sorties sur le terrain pour constater le respect de cette bande de servitude. La plupart des maraichers qui \u00e9taient install\u00e9s dans cette bande ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9log\u00e9s par la police de l\u2019eau. 20 hectares ont \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9s pour des maraichers et des producteurs de riz. La difficult\u00e9 qui reste concerne ceux qui font l\u2019agriculture pluviale puisqu\u2019ils \u00e9voquent des raisons li\u00e9es \u00e0 la pression fonci\u00e8re et le fait qu\u2019ils n\u2019ont pas d\u2019autres terres pour cultiver. Ce qu\u2019ils demandent est que l\u2019on puisse les accompagner pour qu\u2019ils lib\u00e8rent la bande. Actuellement nous sommes dans cette situation \u00bb, d\u00e9plore le directeur r\u00e9gional en charge de l\u2019eau par int\u00e9rim.<\/p>\n<h2><strong>Sauver le barrage<\/strong><\/h2>\n<p>Le vice-pr\u00e9sident du Comit\u00e9 villageois de d\u00e9veloppement (CVD) de Bidiga, Nouhou Mon\u00e8, rel\u00e8ve l\u2019importance du barrage et sollicite l\u2019accompagnement des autorit\u00e9s et de bonnes volont\u00e9s pour sauver l\u2019ouvrage. \u00ab Cette infrastructure nous aide beaucoup dans l\u2019\u00e9levage, l\u2019agriculture, le jardinage et la p\u00eache \u00bb, indique-t-il. Il dit \u00eatre conscient de l\u2019ensablement du barrage li\u00e9 aux activit\u00e9s men\u00e9es dans la bande de servitude. \u00ab Nous sommes impliqu\u00e9s dans la sensibilisation des populations, mais la principale difficult\u00e9, c\u2019est comment arriver \u00e0 d\u00e9loger les exploitants. Nous lan\u00e7ons un appel pour que les producteurs aient d\u2019autres sites \u00e0 exploiter \u00bb, demande-t-il. M\u00eame son de cloche chez le pr\u00e9sident du Comit\u00e9 d\u2019usagers de l\u2019eau (CUE), Ousmane Tarnagda.<\/p>\n<p>\u00ab Notre dol\u00e9ance, c\u2019est d\u2019avoir un site am\u00e9nag\u00e9 pour les producteurs ou des soutiens pour qu\u2019ils b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019autres activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus comme l\u2019\u00e9levage. Cela leur permettra de quitter les lieux \u00bb, sugg\u00e8re-t-il. Le pr\u00e9sident du CUE, Issaka Guingan\u00e9 abonde dans le m\u00eame sens. \u00ab Nous sommes \u00e0 la qu\u00eate de partenaires qui vont nous aider \u00e0 am\u00e9nager un site pour les occupants des berges. Notre partenaire principale est l\u2019Agence de l\u2019eau du Nakanb\u00e9. D\u00e9j\u00e0, nous avons eu un partenaire qui est Faso Koom, mais cela ne suffit pas. Nous lan\u00e7ons un appel dans ce sens pour sauver le barrage de Bidiga qui contribue fortement au d\u00e9veloppement de la localit\u00e9 \u00e0 travers la plaine am\u00e9nag\u00e9e \u00bb, d\u00e9clare-t-il. Ces cris du c\u0153ur semblent avoir eu un \u00e9cho favorable au niveau de la direction r\u00e9gionale en charge de l\u2019eau.<\/p>\n<p>\u00ab Il y a moins d\u2019une semaine (ndlr le 20 juillet 2022), la police de l\u2019eau s\u2019est rendue sur le terrain et elle a constat\u00e9 que des semis de mil, de ma\u00efs, de riz\u2026poussent dans la bande de servitude. Comme c\u2019est un probl\u00e8me foncier, nous prenons ces difficult\u00e9s au s\u00e9rieux. Nous sommes en train de voir, si l\u2019on peut r\u00e9aliser aux alentours un forage et am\u00e9nager des terrains pour ces producteurs \u00bb, confie Riim-Yam Albert Koumsongo. Selon lui, il faut passer par une bonne strat\u00e9gie pour \u00e9viter que les producteurs ne soient pas vraiment touch\u00e9s. Car, l\u2019objectif de la protection du barrage, c\u2019est le d\u00e9veloppement, la p\u00e9rennit\u00e9 de la ressource en eau de la r\u00e9gion du Centre-Est.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Kowoma Marc DOH <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>kowomadoh@gmail.com <\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p>Auteur: JK. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2022\/08\/10\/exploitation-illegale-du-barrage-de-bidiga-lor-bleu-en-peril\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le barrage hydroagricole de Bidiga dans la commune de Tenkodogo, r\u00e9gion du Centre-Est, est menac\u00e9 de disparition. En effet, la bande de servitude de cet ouvrage est envahie par des exploitants agricoles. Ce, malgr\u00e9 les actions de sensibilisation du Comit\u00e9 d\u2019usagers d\u2019eau (CUE) mis place en 2018 et du Comit\u00e9 local de l\u2019eau (CLE) fonctionnel [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"https:\/\/i0.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2022\/08\/3-4.jpg?resize=300,200&ssl=1","fifu_image_alt":"Exploitation ill\u00e9gale du barrage de Bidiga : l\u2019or bleu en p\u00e9ril","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-154707","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154707","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=154707"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/154707\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=154707"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=154707"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=154707"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}