{"id":15893,"date":"2019-02-20T04:59:00","date_gmt":"2019-02-20T09:59:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/2019-lafrique-le-plus-morcele-de-tous-les-continents\/"},"modified":"2019-02-20T04:59:00","modified_gmt":"2019-02-20T09:59:00","slug":"2019-lafrique-le-plus-morcele-de-tous-les-continents","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/2019-lafrique-le-plus-morcele-de-tous-les-continents\/","title":{"rendered":"2019, L\u2019Afrique, \u2026 le plus morcel\u00e9 de tous les continents."},"content":{"rendered":"<p>Nous avons tout faux ; nous croyons que pour prendre le contr\u00f4le de notre vie, nous devons r\u00e9aliser quelque chose d\u2019extraordinaire. Nous croyons que nous devons tout r\u00e9gler ; mais les myst\u00e8res du monde doivent \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9s plus que r\u00e9solus. Et nous ne sommes que l\u2019un de leurs protecteurs. Nous ne savons pas ce que nous r\u00e9serve l\u2019avenir, mais quelle que soit l\u2019aventure qui nous attend, nous devons nous mettre au travail.<\/p>\n<p>Le r\u00e9flexe au regroupement semble avoir toujours \u00e9t\u00e9 l\u2019instinct qui garantit aux individus et aux groupes la survie et la ma\u00eetrise de leur destin. C\u2019est ce que Jean-Jacques Rousseau appelait le contrat social. Toutefois, si l\u2019on s\u2019interroge sur le fondement d\u2019une int\u00e9gration africaine r\u00e9ussie, la r\u00e9ponse \u00e0 cette question semble beaucoup moins \u00e9vidente. Un simple regard sur le niveau d\u2019int\u00e9gration des pays, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle continentale et m\u00eame r\u00e9gionale, est un sentiment de grande d\u00e9ception et de profonde amertume. En effet, il existe un fort d\u00e9calage entre le nombre exag\u00e9r\u00e9 d\u2019organisations continentales, r\u00e9gionales et sous-r\u00e9gionales en charge de l\u2019int\u00e9gration, et les r\u00e9sultats obtenus. Quelques 200 organisations africaines travaillent \u00e0 int\u00e9grer les \u00c9tats sur les plans politique, \u00e9conomique, culturel, judiciaire, \u00e9ducationnel, etc. pourtant, \u00e0 ce jour, le niveau d\u2019int\u00e9gration du continent, compar\u00e9 \u00e0 celui d\u2019autres espaces int\u00e9gr\u00e9s (Union Europ\u00e9enne, ALENA) est tr\u00e8s faible, largement en de\u00e7\u00e0 de celui escompt\u00e9. Malgr\u00e9 et peut-\u00eatre aussi \u00e0 cause de cette pl\u00e9thore d\u2019organisations, les r\u00e9sultats se font encore attendre. Certes, l\u2019\u00e9tablissement de communaut\u00e9s d\u2019int\u00e9gration peut prendre beaucoup de temps comme ce fut le cas en Europe, mais le bilan, \u00e0 ce stade, est tout de m\u00eame inqui\u00e9tant. Sur le plan \u00e9conomique, les pays africains, bien qu\u2019ayant, par leur appartenance aux communaut\u00e9s \u00e9conomiques r\u00e9gionales, souscrit \u00e0 des m\u00e9canismes et \u00e0 des trait\u00e9s relatifs \u00e0 la lib\u00e9ralisation du commerce, n\u2019ont ni int\u00e9gr\u00e9 leurs march\u00e9s, ni mis en place de v\u00e9ritables zones de libre-\u00e9change, ni m\u00eame constitu\u00e9 des unions douani\u00e8res. Ces lacunes ont des r\u00e9percussions n\u00e9gatives sur la cr\u00e9ation et l\u2019expansion des \u00e9changes, notamment sur les flux commerciaux intra-communautaires et intra-africains. Cons\u00e9quence de cette situation, le commerce africain continu de privil\u00e9gier les partenaires commerciaux ext\u00e9rieurs au continent, notamment europ\u00e9ens. Sur le plan industriel, \u00e0 cause de la faiblesse des relations intersectorielles et de l\u2019\u00e9troitesse de la gamme de produits \u00e9chang\u00e9s entre pays africains, la coop\u00e9ration dans les communaut\u00e9s \u00e9conomiques est faible et n\u2019a eu qu\u2019une incidence n\u00e9gligeable sur la croissance de la production, de la productivit\u00e9, de la comp\u00e9titivit\u00e9 et de la valeur ajout\u00e9e. Sur le plan mon\u00e9taire et financier, on note que les march\u00e9s r\u00e9gionaux financiers ne sont pas encore assez d\u00e9velopp\u00e9s. Par ailleurs, la diversit\u00e9 de ces monnaies nationales, paradoxalement inconvertibles en Afrique, rend difficiles les \u00e9changes, les investissements transfrontaliers et l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique en g\u00e9n\u00e9ral. Au niveau de la coop\u00e9ration judiciaire, on constate des r\u00e9ticences des juridictions nationales \u00e0 l\u2019\u00e9gard des normes communautaires africaines et une collaboration limit\u00e9e entre les juridictions nationales et les juridictions communautaires qui s\u2019expliquent par les difficult\u00e9s d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la l\u00e9gislation communautaire. Il faut ajouter \u00e0 ce tableau d\u00e9j\u00e0 sombre, les conflits de comp\u00e9tence entre les hautes juridictions communautaires, essentiellement dus \u00e0 l\u2019absence de hi\u00e9rarchie et de passerelles entre ces instances. Ces lacunes sont autant de sympt\u00f4mes montrant qu\u2019il y a un malaise dans l\u2019int\u00e9gration africaine, malaise dont le motif le plus profond est le fait d\u2019avoir confi\u00e9, en grande partie, l\u2019int\u00e9gration continentale, aux dirigeants politiques du continent.<\/p>\n<p>Forte de l\u2019\u00e9mergence de dynamiques d\u2019int\u00e9gration \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, le mouvement d\u2019int\u00e9gration en Afrique avait provoqu\u00e9, d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, l\u2019\u00e9mergence de programmes d\u2019envergure<br \/>continentale. Ces id\u00e9es diffus\u00e9es tr\u00e8s t\u00f4t en Afrique, ont entra\u00een\u00e9 des initiatives et l\u2019\u00e9laboration de plans prometteurs, mais qui n\u2019ont pas connu le sort qu\u2019ils m\u00e9ritaient. D\u2019abord, le Plan d\u2019action de Lagos pour le d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique: 1980-2000, le Programme prioritaire de redressement \u00e9conomique en Afrique (PPREA), adopt\u00e9 en 1985, le trait\u00e9 d\u2019Abuja (Nig\u00e9ria), sur la Communaut\u00e9 \u00e9conomique africaine (CEA) datant de 1991. Ces trois projets, certes diff\u00e9rents, \u00e9taient pourtant interd\u00e9pendants et les premiers jalons d\u2019une unit\u00e9 future, avec un horizon fix\u00e9 \u00e0 2025, en pr\u00f4nant la mobilisation des ressources sur le plan continental et la coordination et l\u2019harmonisation des politiques \u00e9conomiques entre pays africains, et r\u00e9aliser concr\u00e8tement en quelque sorte, certains des objectifs trac\u00e9s lors de l\u2019adoption du plan d\u2019action de Lagos, 10 ans plus t\u00f4t. Mais jusqu\u2019\u00e0 nos jours, apr\u00e8s l\u2019adoption du plan d\u2019Abuja (1991), rien ne permet de conclure que la mise en \u0153uvre d\u2019un march\u00e9 commun continental soit en passe de se concr\u00e9tiser \u00e0 l\u2019horizon 2025. Ensuite, des initiatives internationales concurrentes, notamment celle de la Banque mondiale, sont venues contrarier et contredire le Plan d\u2019action de Lagos, et ont consid\u00e9rablement contribu\u00e9 \u00e0 rendre caducs les plans d\u2019unit\u00e9 des Etats africains. Finalement, la vision de la Banque Mondiale a ouvert l\u2019\u00e8re des politiques d\u2019ajustement structurel (PAS), qui ont fini de balayer presque l\u2019ensemble des initiatives d\u2019unification du continent, entre 1983 et 1999.<\/p>\n<h3>Fragilit\u00e9 de l\u2019int\u00e9gration par les dirigeants politiques.<\/h3>\n<p>L\u2019int\u00e9gration par les dirigeants politiques (\u2018\u2018int\u00e9gration par le haut\u2019\u2019), consiste \u00e0 confier les r\u00eanes de l\u2019int\u00e9gration \u00e0 la classe politique, dirigeants politiques, leaders d\u2019opinions, comme les acteurs privil\u00e9gi\u00e9s. La physique aristot\u00e9licienne distinguait, dans l\u2019\u00e9volution de la nature, quatre causes: la mati\u00e8re, ce dont la chose est faite ; la forme, le principe d\u2019organisation de la mati\u00e8re; la cause efficiente, l\u2019\u00eatre qui r\u00e9alise la forme et la cause finale, ce en vue de quoi la chose est faite. Cette lecture peut s\u2019appliquer \u00e0 \u2018\u2018l\u2019int\u00e9gration par le haut\u2019\u2019: La mati\u00e8re est la kyrielle d\u2019\u00c9tats, h\u00e9rit\u00e9s de la colonisation, et une mosa\u00efque de cultures africaines, t\u00e9moin d\u2019un pass\u00e9 brillant et qui augure d\u2019un avenir prometteur ; la forme, l\u2019ensemble des structures et organismes visant l\u2019int\u00e9gration du continent ; la cause efficiente, les dirigeants politiques et les leaders d\u2019opinions; la cause finale l\u2019int\u00e9gration africaine. Dans l\u2019optique d\u2019une union, des dissensions, toutes choses qui remettent en cause l\u2019id\u00e9e d\u2019une int\u00e9gration, ne sont pas \u00e0 exclure entre les chefs d\u2019\u00c9tats africains. La raison r\u00e9side dans le fait que chaque dirigeant africain est, au sens o\u00f9 l\u2019entend Machiavel, un prince, c\u2019est-\u00e0-dire un souverain qui exerce un pouvoir patrimonial r\u00e9el et qui tient \u00e0 conserver ce pouvoir. Dans ces conditions, c\u00e9der une partie de la souverainet\u00e9 nationale, comme cela est in\u00e9vitable dans tout regroupement d\u2019\u00c9tats, est difficile \u00e0 accepter. Ces r\u00e9ticences, qui sont en fait des \u2018\u2018r\u00e9sistances\u2019\u2019, au sens freudien de refus obstin\u00e9 d\u2019admettre une v\u00e9rit\u00e9 pourtant \u00e9tablie, indiquent que la classe politique africaine n\u2019est pas, un fondement s\u00fbr pour l\u2019int\u00e9gration du continent. Les rapports entre chefs d\u2019\u00c9tats en Afrique, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, ressemblent \u00e0 celles qui pr\u00e9valent entre deux consciences dans la dialectique du ma\u00eetre et de l\u2019esclave. Derri\u00e8re les sourires affich\u00e9s lors des sommets et autres rencontres, derri\u00e8re les poign\u00e9es de mains \u00e9chang\u00e9s devant les cam\u00e9ras, existent des rivalit\u00e9s tenaces. Si chez Hegel le conflit fait place \u00e0 une situation de paix, les rivalit\u00e9s entre dirigeants politiques en Afrique s\u2019estompent rarement et ont m\u00eame tendance \u00e0 se multiplier. Cela se per\u00e7oit \u00e0 travers la recrudescence des conflits arm\u00e9s. Tant\u00f4t c\u2019est la diff\u00e9rence de langue qui constitue la pomme de discorde, chaque grand groupe linguistique, francophones, anglophones, lusophones se constituant en lobby ; tant\u00f4t encore ce sont des probl\u00e8mes personnels qui attisent le vent du ressentiment entre dirigeants politiques et affaiblissent les efforts collectifs d\u00e9ploy\u00e9s en vue de l\u2019objectif commun qu\u2019est l\u2019Union africaine. De plus, ils jettent le flou sur les objectifs d\u2019int\u00e9gration et suscitent une concurrence nuisible entre les pays et les institutions. Si l\u2019on ajoute les coups d\u2019\u00c9tats, r\u00e9currents en Afrique, on comprend que la classe politique africaine ne semble pas en mesure de servir de trame cr\u00e9dible \u00e0 l\u2019int\u00e9gration du continent. Tels sont les \u00e9cueils qui ne militent pas en<br \/>faveur d\u2019une int\u00e9gration par le haut. On serait tent\u00e9, \u00e0 ce niveau de la r\u00e9flexion, de proposer une \u2018\u2018int\u00e9gration par le bas\u2019\u2019, mais l\u00e0 \u00e9galement les difficult\u00e9s ne manquent pas.<\/p>\n<h3>L\u2019int\u00e9gration par le bas: une impasse.<\/h3>\n<p>Elle vise \u00e0 fonder l\u2019int\u00e9gration sur les peuples, et sortir le d\u00e9bat sur l\u2019unit\u00e9 africaine des palais pr\u00e9sidentiels et autres salons pour l\u2019amener dans la rue, au niveau de la soci\u00e9t\u00e9 civile, dor\u00e9navant actrice, et non plus simple spectatrice. L\u2019int\u00e9gration par le bas part du principe selon lequel les peuples africains, au cours de l\u2019histoire, ont tiss\u00e9 des relations qui transcendent les fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation et qui pr\u00e9c\u00e8dent la naissance des diff\u00e9rents \u00c9tats-nations. Ces relations, quoique remontant pour la plupart \u00e0 des temps imm\u00e9moriaux, continuent de r\u00e9guler les rapports entre ethnies, clans et tribus. Ce sont entre autres la parent\u00e9, les relations \u00e9conomiques, les alliances et pactes ancestraux, le partage de m\u00eames langues, l\u2019appartenance \u00e0 une m\u00eame religion ou \u00e0 une m\u00eame culture, les flux migratoires, etc. C\u2019est dire que les peuples en Afrique semblent avoir commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019int\u00e9grer avant que les politiques ne pensent l\u2019int\u00e9gration du continent. C\u2019est pour cela que pour les partisans de l\u2019int\u00e9gration par le bas, une int\u00e9gration africaine r\u00e9ussie passe par les peuples, ethnies, clans, tribus, entre lesquels existent des relations historiques pr\u00e9curseurs \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019une int\u00e9gration \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du continent. L\u2019id\u00e9e d\u2019une int\u00e9gration par le bas dans une certaine mesure se justifie. le formatage de la soci\u00e9t\u00e9, sur le plan politique, apr\u00e8s les ind\u00e9pendances, devait permettre le passage de structures traditionnelles (ethnie, le clan ou la tribu) \u00e0 un \u00c9tat moderne dans lequel elles se fondraient dans la nation, creuset de tous les particularismes. Pass\u00e9e l\u2019euphorie des ind\u00e9pendances, force est de constater que les nations, en Afrique, sont encore \u00e0 construire. Les Africains, dans leur ensemble, s\u2019identifient d\u2019abord \u00e0 l\u2019ethnie, au clan, \u00e0 la tribu et \u00e0 la r\u00e9gion et la nation est une r\u00e9alit\u00e9 soit m\u00e9connue, soit seconde. Dans un tel contexte, la marge de man\u0153uvre pour tout ce qui a trait au rapprochement entre peuples, demeure \u00e9troite. Certes, certains peuples africains entretiennent des relations porteuses de germes d\u2019int\u00e9gration, mais d\u2019autres sont, les uns par rapport aux autres, dans un \u00e9tat de tension quasi permanent, comme les Tutsi et les Hutu en Afrique centrale ; d\u2019autres alternent gel et d\u00e9gel de leurs relations. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, une int\u00e9gration par le bas risque de remettre en cause l\u2019existence m\u00eame des \u00c9tats africains. Elle para\u00eetrait ici comme une bo\u00eete de Pandore qui ouvrirait la porte \u00e0 tous les maux. la diversit\u00e9 enrichit \u00e0 condition qu\u2019elle ne soit pas excessive. la culture est un ph\u00e9nom\u00e8ne historique et comme tout ph\u00e9nom\u00e8ne historique, elle s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e au niveau du continent africain dans un processus in\u00e9gal qui accentue la difficult\u00e9 d\u2019int\u00e9gration par les peuples. Vu le caract\u00e8re souvent h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne de ses cultures, l\u2019Afrique ne semble pas b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un contexte favorable \u00e0 l\u2019int\u00e9gration sur lequel l\u2019Union pourrait s\u2019appuyer. Ni les dirigeants politiques ni les peuples ne peuvent valablement \u00eatre les fondements de l\u2019int\u00e9gration africaine.<\/p>\n<h3>Le d\u00e9sir de l\u2019autre comme fondement d\u2019une int\u00e9gration r\u00e9ussie<\/h3>\n<p>L\u2019int\u00e9gration est le fait pour les \u00c9tats africains, de mettre en commun les ressources, humaine et naturelle, de faire dispara\u00eetre toutes les barri\u00e8res, de quelque nature qu\u2019elles soient, de fondre les l\u00e9gislations r\u00e9gissant les diff\u00e9rents pays en une seule, valable \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du continent, de faire dispara\u00eetre la citoyennet\u00e9 nationale au profit de la citoyennet\u00e9 africaine. Les hommes politiques, les leaders d\u2019opinions et les peuples ne constituent pas, pour l\u2019int\u00e9gration africaine, un fondement p\u00e9renne. Ils sont tous, \u00e0 un niveau ou \u00e0 un autre, soumis aux contingences de l\u2019histoire, aux al\u00e9as de la vie. Pr\u00e9carit\u00e9, relativisme, corruption, d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence, autant de caract\u00e9ristiques qui indiquent leur fragilit\u00e9 en tant qu\u2019entit\u00e9s culturelles. Or tout ce qui rel\u00e8ve de la culture est soumis \u00e0 la loi du na\u00eetre et du p\u00e9rir. Une int\u00e9gration africaine, qui se veut r\u00e9ussie, capable de r\u00e9sister au temps, est \u00e0 rechercher dans le monde des essences, m\u00e9taphysique. Ce fondement, tout en \u00e9tant a priori, en m\u00eame temps qu\u2019a posteriori, doit \u00e9galement \u00eatre vecteur de socialisation. Ce qui r\u00e9pond \u00e0 cette triple exigence est le d\u00e9sir de l\u2019autre, ce sentiment qui nous pousse \u00e0 rechercher l\u2019autre, comme individu, comme ethnie ou comme \u00c9tat, et \u00e0 nous retrouver en lui malgr\u00e9 sa\/ses diff\u00e9rence(s). Ce sentiment est a priori, parce qu\u2019il se retrouve chez tous les hommes ; il est a posteriori, car v\u00e9cu individuellement par chaque conscience; il est aussi un vecteur de socialisation, parce qu\u2019avec ce sentiment, les hommes deviennent compl\u00e9mentaires. Ce sentiment rend possible la fraternit\u00e9, la sympathie, l\u2019empathie et l\u2019entraide, pr\u00e9ludes \u00e0 toute mise en commun des ressources. Il peut instaurer un climat de paix et de s\u00e9curit\u00e9 stable. Mais comment cultiver et entretenir ce d\u00e9sir de l\u2019autre ? Toute la difficult\u00e9 semble se situer \u00e0 ce niveau. Ici comme ailleurs, il faudra faire preuve d\u2019imagination en trouvant des solutions originales et novatrices.<\/p>\n<p>2019 semble de plus en plus \u00eatre, pour l\u2019Union Africaine (UA), l\u2019ann\u00e9e de tous les dangers. Celle-ci ne se sort pas de sa gestion \u00e9conomique, politique et mon\u00e9taire, paralysant de facto les institutions internationales. Pourtant, les pays du Maghreb, comme ceux de l\u2019Afrique Sub-Saharienne n\u2019ont jamais eu autant besoin d\u2019Afrique. Ne serait-ce que sur la question environnementale et \u00e9cologique, (la menace sur la biodiversit\u00e9, l\u2019extinction d\u2019esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales, le r\u00e9chauffement climatique), seule une r\u00e9ponse africaine d\u2019ensemble fait sens. Ce r\u00e9sultat ne peut \u00eatre obtenu que par l\u2019adoption collective de mesures fortes, pour diviser de mani\u00e8re appr\u00e9ciable les \u00e9missions \u00e0 effet de serre, en entreprenant de prot\u00e9ger globalement la biodiversit\u00e9 et en \u00e9tant aussi vigilant sur les importations. Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9e, les Etats doivent limiter drastiquement le risque climatique et la pollution et intervenir dans la dynamique de limitation et de gestion rationnelle du r\u00e9chauffement climatique. C\u2019est aussi une mani\u00e8re d\u2019entreprendre et de mettre en place, \u00e0 une \u00e9chelle cr\u00e9dible (continentale), un v\u00e9ritable projet global de restauration de notre \u00e9cosyst\u00e8me, en partenariat, tant avec les pays d\u2019occident (Union Europ\u00e9enne, USA), qu\u2019avec les pays \u00e9mergents, (la Chine, l\u2019Inde et latino-am\u00e9ricains). \u00c9cologiquement, comme \u00e9conomiquement, ce serait, \u00e0 l\u2019actif de l\u2019UA une belle r\u00e9ussite. Mais cette initiative est menac\u00e9e par la politique commerciale et juridique agressive, des \u00c9tats-Unis, des institutions financi\u00e8res internationales et de l\u2019Europe. Quant aux g\u00e9ants du num\u00e9rique, de l\u2019acronyme GAFAM, ils sont omnipr\u00e9sents, l\u2019Afrique \u00e9tant un de leurs principaux march\u00e9s. Dans ce combat \u00e0 mener, L\u2019Afrique et avec elle l\u2019Union Africaine, est fragile, mal aim\u00e9e par ses concitoyens, qui en font un bouc-\u00e9missaire facile et injustifi\u00e9. La soci\u00e9t\u00e9 politique africaine et m\u00eame les membres de l\u2019Union n\u2019accordent pas grand cr\u00e9dit \u00e0 l\u2019\u0153uvre \u00e0 entreprendre, parce qu\u2019ils consid\u00e8rent cette instance comme une institution lointaine, qui pourtant fait leur quotidien. Les faits nous obligent \u00e0 constater que l\u2019Afrique a grandi trop vite. L\u2019organisation panafricaine est devenue rapidement une institution lourde, scl\u00e9ros\u00e9e, monolithique, o\u00f9 le mode de fonctionnement, comme celui de prise de d\u00e9cision g\u00eanent toute avanc\u00e9e, beaucoup plus qu\u2019ils ne la servent. Le choix qui fut fait d\u2019int\u00e9grer tous les pays du bloc continental, a \u00e9t\u00e9 per\u00e7u par beaucoup d\u2019internationalistes, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, comme une erreur. Toujours est-il que maintenant l\u2019UA se pr\u00e9sente comme une instance avec une panoplie d\u2019Etats en tout genre, avec des syst\u00e8mes politiques des plus divers, et avec lesquels il faut composer sans cesse. Il en est ainsi et penser un instant que l\u2019Union Africaine bougera de cette mani\u00e8re, rel\u00e8ve parfois de l\u2019utopie et d\u2019une illusion consentie. Mais pourtant, elle doit bouger et exister, \u00e0 part \u00e9gale avec les \u00c9tats-Unis, la Chine, l\u2019Inde, le Br\u00e9sil, le Mexique, la Russie et l\u2019Union Europ\u00e9enne. Le monde change et le march\u00e9 mondial et la puissance \u00e9conomique ne peuvent plus \u00eatre ce qu\u2019ils sont aujourd\u2019hui. Mais l\u2019Afrique semble se replier sur elle-m\u00eame, hant\u00e9e par ses vieux d\u00e9mons nationalistes et x\u00e9nophobes, laissant filer les opportunit\u00e9s de son \u00e9mancipation. Elle laisse mourir en mer des femmes, des enfants, des hommes, laisse errer de port en port des r\u00e9fugi\u00e9s, abandonnant sa dignit\u00e9 et ses valeurs \u00e0 quelques minorit\u00e9s bruyantes et tapageuses. Cette Afrique n\u00e9e du pire, la traite des esclaves, la guerre, le nazisme, les dictatures, la colonisation et ses suites, pour construire le meilleur et ne plus jamais conna\u00eetre l\u2019horreur, sacrifie maintenant le socle de son union initiale. L\u2019Africanit\u00e9 forte de sa n\u00e9gritude, ch\u00e8re \u00e0 L.S. Senghor, celle de la nouvelle Lumi\u00e8re, meure en M\u00e9diterran\u00e9e ou dans les camps de r\u00e9fugi\u00e9s, derri\u00e8re des barbel\u00e9s concentrationnaires, ou se trouve dispers\u00e9e dans une diaspora aux limites d\u00e9mesur\u00e9es. Toutes ces victimes fuient son territoire, l\u2019ind\u00e9cence de leur condition, l\u2019exclusion et la r\u00e9pression, comme les marchands de mort. Mais chaque d\u00e9part dans la clandestinit\u00e9 ou dans la l\u00e9galit\u00e9 est une lobotomie faite \u00e0 ce continent, qui se meurt peu \u00e0 peu d\u2019une h\u00e9morragie c\u00e9r\u00e9brale que l\u2019on nous fait croire incurable et irr\u00e9m\u00e9diable.<\/p>\n<p>Les peuples pourraient se r\u00e9signer, penser qu\u2019il est trop tard, que le mal est fait, que l\u2019\u00e9volution des choses ne pourra que d\u00e9boucher sur une crise majeure; que les \u00e9lections \u00e0 venir dans nombre d\u2019Etats donneront des parlements et des gouvernements paralys\u00e9s, o\u00f9 l\u2019extr\u00e9misme d\u00e9truira ce qui a \u00e9t\u00e9 si patiemment construit. Est-ce cela \u00eatre Africain ? Se cacher et pleurer ce qui fut un si beau projet, qui offrit aux Africains une paix difficile sur le continent, apr\u00e8s des si\u00e8cles de conflits ?\u00a0 Albert Einstein disait: \u00abInventer, c\u2019est penser \u00e0 c\u00f4t\u00e9\u00bb. Alors pensons un instant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Union Africaine, un autre projet d\u2019Afrique unifi\u00e9e. Imaginons que les pays fondateurs de l\u2019O.U.A., en y ajoutant symboliquement tous les Etats nouveaux de ce continent, qui furent \u00e0 l\u2019origine de sa pens\u00e9e diff\u00e9rente, ne soient plus qu\u2019une seule et m\u00eame F\u00e9d\u00e9ration, la F\u00e9d\u00e9ration Africaine. Imaginons que nous abolissions les fronti\u00e8res n\u00e9es des guerres pass\u00e9es et de l\u2019Uti Possidetis Juris, le sacrosaint principe de l\u2019intangibilit\u00e9 des fronti\u00e8res h\u00e9rit\u00e9es de la colonisation, pour un seul pays, o\u00f9 le Nord de l\u2019Afrique et celle sub-saharienne seraient une seule et m\u00eame r\u00e9gion, un tout, de part et d\u2019autre du Sahara, tout comme les Pays de l\u2019Orient imm\u00e9diat (l\u2019Egypte et les Soudan, ainsi que la Libye unifi\u00e9e \u00e0 nouveau). Une F\u00e9d\u00e9ration o\u00f9 les fronti\u00e8res ne seraient pas le souvenir de conflits pass\u00e9s et d\u2019une histoire malheureuse, mais l\u2019affirmation d\u2019une m\u00eame volont\u00e9 de vivre ensemble, orient\u00e9e vers l\u2019avenir. Cette communaut\u00e9 africaine n\u2019aurait pas de centre politique, mais simplement des institutions de gouvernance d\u00e9centralis\u00e9es, un ensemble de pied-\u00e0-terre pour ses institutions f\u00e9d\u00e9ratives int\u00e9gr\u00e9es. Tout y serait commun. Cette F\u00e9d\u00e9ration se doterait d\u2019une gouvernance harmonis\u00e9e, d\u2019un droit coh\u00e9rent portant sur l\u2019administration des choses. Elle aurait un vrai projet de transition d\u00e9mocratique et \u00e9cologique, planifi\u00e9, organis\u00e9 et dont les implications locales seraient valid\u00e9es localement. Pas d\u2019arm\u00e9e, mais une garde nationale commune, une diplomatie unique, pour parler d\u2019une seule voix africaine, au sein de l\u2019Union et des instances internationales dans le cadre d\u2019une m\u00eame politique ext\u00e9rieure. Un pays cr\u00e9dible internationalement, poss\u00e9dant une culture commune et un r\u00e9pondant \u00e9conomique et humain. Il ne manquerait alors qu\u2019une langue. Mais est-ce un probl\u00e8me alors qu\u2019il se trouve des pays ayant plus d\u2019une langue ? Et si nous tenons vraiment \u00e0 une langue v\u00e9hiculaire au sein de l\u2019Afrique, l\u2019option peut \u00eatre concert\u00e9e.\u00a0<\/p>\n<p>Nous pouvons accepter avec r\u00e9signation le cynisme de quelques-uns et voir l\u2019Afrique mourir sous nos yeux, en attendant les catastrophes, politiques, \u00e9conomiques et climatiques. Mais le r\u00e9alisme n\u2019est pas d\u2019attendre la mort, comme un condamn\u00e9 au soir de sa vie, en se souvenant de la paix qui r\u00e9gna ici, de l\u2019apr\u00e8s- Guerre \u00e0 aujourd\u2019hui. Nous ne devons pas oublier que l\u2019Afrique est une belle id\u00e9e, une utopie selon certains acceptable, une r\u00e9alit\u00e9 sur le papier, maintenant, une r\u00e9alisation prochaine sur le terrain, dans un incroyable \u00e9change de savoirs et de valeurs. L\u2019Union Africaine a ses erreurs, mais l\u2019id\u00e9e d\u2019Afrique, le d\u00e9sir de paix et d\u2019un devenir florissant sont aujourd\u2019hui toujours aussi vifs. Ce n\u2019est pas seulement l\u2019Union Africaine que nous devons sauver, mais bien la plus belle id\u00e9e humaniste qui soit, \u00e0 travers elle. Un ensemble g\u00e9ographique uni, non par la guerre, la conqu\u00eate, ou l\u2019annexion, mais par la seule envie de ses peuples, de vivre ensemble. L\u2019Afrique est le seul territoire qui puisse na\u00eetre d\u2019une volont\u00e9 de paix dans l\u2019histoire de l\u2019esp\u00e8ce humaine. Alors il est imp\u00e9ratif de poursuivre cette id\u00e9e, qui vit depuis maintenant trois g\u00e9n\u00e9ration, en la r\u00e9inventant, plus r\u00e9siliente, \u00e9cologique, humaine, d\u00e9mocratique et solidaire.<\/p>\n<p>Afrique, racisme, esclavagisme et haine, sont autant de motifs d\u2019unification continentale. Les \u00e9lections, dans certains Etats d\u2019Afrique et m\u00eame au sein de l\u2019Union Africaine pour la pr\u00e9sidence, la campagne m\u00eame informelle qui d\u00e9bute en Tunisie, vont \u00eatre cruciales. Partout ou presque, en Afrique, les Etats sont le dos au mur. A force de tergiverser avec leurs valeurs, de mod\u00e9rer leurs propositions, ils se sont enferm\u00e9s dans des jeux \u00e0 somme nulle, au lieu de saisir l\u2019occasion de d\u00e9passer leur cadre territorial, le carcan national, et de s\u2019ouvrir vers le champ d\u2019action Africain. Dans le nouvel ordre \u00e9conomique et g\u00e9opolitique international, les pays de la zone sud de la M\u00e9diterran\u00e9e n\u2019ont d\u2019autre choix que de se rapprocher, pour esp\u00e9rer raisonnablement garder de l\u2019influence \u00e0 l\u2019\u00e9chelon international et r\u00e9sorber les querelles de territoires, de fronti\u00e8res ou d\u2019ethnies. A d\u00e9faut, ces pays et leurs populations, s\u2019enfonceront dans une situation mondiale d\u00e9j\u00e0 chaotique, dangereuse, dans laquelle ils seront les vassaux, les satellites, soit des Etats-Unis, ce qui est le plus probable, soit d\u2019une autre force continentale (Chine, Russie ou autres en devenir). Les accords pass\u00e9s en petits comit\u00e9s entre chefs d\u2019Etats ou de Gouvernements sont soit globalement inefficients, soit, et c\u2019est un point de vue essentiel, non-d\u00e9mocratiques et d\u00e9savantageux. L\u2019UA est victime de sa composition lourde et contraignante et ses instances sont sous-dot\u00e9es de pouvoirs effectifs et par cons\u00e9quent ont les mains li\u00e9es. Les march\u00e9s financiers se sont d\u2019ailleurs empress\u00e9s de mettre entre eux et la politique, la plus grande distance possible, except\u00e9 dans la r\u00e9daction des textes contraignants, par un lobbying intense. Comme ce fut le cas au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, la dimension politique a \u00e9t\u00e9 absente de la derni\u00e8re campagne Africaine, sauf par le petit bout de la lorgnette. Nous avons assist\u00e9 au dernier sommet, \u00e0 une strat\u00e9gie d\u2019\u00e9vitement du fond du probl\u00e8me pos\u00e9, l\u2019avenir, en Afrique, de la nation en tant qu\u2019entit\u00e9 politique souveraine, ou formul\u00e9 autrement, l\u2019avenir de l\u2019Afrique en tant qu\u2019entit\u00e9 politique souveraine int\u00e9gr\u00e9e. Ce ne sont pas les Etats en tant que tels, qui sont confront\u00e9s aux probl\u00e8mes induits par la mondialisation, la globalisation, aujourd\u2019hui 4.0 et le d\u00e9r\u00e8glement climatique et environnemental, mais bel et bien la politique au singulier et les peuples au pluriel. Les probl\u00e8mes sociaux auxquels ils sont confront\u00e9s se jouent des fronti\u00e8res. Peu ou prou, tous les Etats, tous les peuples africains les vivent de la m\u00eame mani\u00e8re, \u00e0 quelques nuances de contextes pr\u00e8s. Ces probl\u00e8mes ont cess\u00e9 de ne se poser que dans le cadre institutionnel des Etats-Nations et de n\u2019\u00eatre que de simples objets de r\u00e9gulation gouvernementale ou inter-gouvernementale. Ils sont devenus des probl\u00e8mes transfrontaliers, \u00e0 grande \u00e9chelle. Seule l\u2019UA, par sa personnalit\u00e9 internationale, pourrait peser sur le cours des choses, dans un monde en plein changement, en mutation, si on lui en donnait les moyens. L\u2019urgence est de r\u00e9soudre le d\u00e9ficit actuel de l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique du processus d\u2019\u00e9laboration des d\u00e9cisions et donc des d\u00e9cisions elles-m\u00eames, pour restaurer leur effectivit\u00e9. Il faudrait instamment d\u00e9passer le mode de domination intergouvernemental du Conseil, sorte de \u00abf\u00e9d\u00e9ralisme ex\u00e9cutif\u00bb, de coalition d\u2019ex\u00e9cutifs gouvernementaux. La solution serait de se diriger rapidement vers les deux options qui s\u2019offrent clairement \u00e0 nous: un Etat r\u00e9ellement F\u00e9d\u00e9ral ou une Conf\u00e9d\u00e9ration d\u2019Etats unifi\u00e9s par un Trait\u00e9-Loi supranational. Probabilit\u00e9 floue \u00e0 court\/moyen terme, sauf de d\u00e9finir un projet f\u00e9d\u00e9rateur coh\u00e9rent, fond\u00e9 sur des \u00e9l\u00e9ment objectifs communs \u00e0 identifier et \u00e0 d\u00e9finir. Ce projet, qui est en fait, la vocation de l\u2019UA, pourrait et devrait \u00eatre de r\u00e9guler, \u00e0 d\u00e9faut de le d\u00e9passer, le capitalisme de march\u00e9 sauvage instaur\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du continent, pour fonder un mod\u00e8le social commun, un socle commun, et acc\u00e9der \u00e0 la puissance (diplomatie, d\u00e9fense, industrie). L\u2019id\u00e9e en soi n\u2019est pas nouvelle, mais c\u2019est la seule pertinente \u00e0 mener dans l\u2019urgence, m\u00eame si elle semble difficilement formul\u00e9e de mani\u00e8re audible et intelligible. Encore faudrait-il qu\u2019elle soit clam\u00e9e clairement \u00e0 haute et intelligible voix dans les discours politiques nationaux.\u00a0<\/p>\n<p>Ce qui se joue aujourd\u2019hui en Afrique, c\u2019est la possibilit\u00e9 m\u00eame de la d\u00e9mocratie des peuples face \u00e0 la gravit\u00e9 de la crise et \u00e0 la complexit\u00e9 de la gouvernance Africaine actuelle. Il existe bien une personnalit\u00e9 africaine commune \u00e0 tous les hommes, toutes les femmes, de race noire et blanche, n\u00e9e de cette appartenance et du rattachement au continent, m\u00eame si certains n\u2019en sont pas conscients. Cette personnalit\u00e9 africaine rec\u00e8le des valeurs sp\u00e9cifiques de sagesse, d\u2019intelligence et de sensibilit\u00e9, h\u00e9rit\u00e9es d\u2019un long lignage ethno-g\u00e9n\u00e9tique. Les peuples d\u2019Afrique, peuples parmi les plus anciens, n\u00e9s dans le berceau de l\u2019Humanit\u00e9, sont vou\u00e9s \u00e0 l\u2019unit\u00e9 et \u00e0 un avenir commun. Ils participent d\u2019une vision culturelle, sociale et politique, une philosophie et une id\u00e9ologie cherchant \u00e0 \u00e9difier une communaut\u00e9 africaine globale, qui appelle \u00e0 l\u2019unit\u00e9 politique de l\u2019Afrique, sur la base de la conscience de leurs r\u00e9alit\u00e9s multiples. L\u2019unit\u00e9 africaine serait le pas d\u00e9cisif vers l\u2019\u00e9laboration de la civilisation universelle, ainsi qu\u2019\u00e0 la coop\u00e9ration \u00e9conomique, intellectuelle, civilisationnelle et politique entre les pays du monde. L\u2019unit\u00e9 de l\u2019Afrique est un appel lanc\u00e9 au monde \u00e0 l\u2019unification des peuples, des march\u00e9s financiers et \u00e9conomiques et \u00e0 un nouveau paysage politique du continent. Mais les mentalit\u00e9s doivent tirer davantage vers le haut et les pratiques changer aussi dans le sens d\u2019une gouvernance digne de ce nom.<\/p>\n<p class=\"c3\"><strong>Monji Ben Raies<\/strong><br \/><em>Universitaire, Juriste,<br \/>Enseignant et chercheur en droit public et sciences politiques,<br \/>Universit\u00e9 de Tunis El Manar,<br \/>Facult\u00e9 de Droit et des Sciences politiques de Tunis.<\/em><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/26549-2019-l-afrique-le-plus-morcele-de-tous-les-continents\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous avons tout faux ; nous croyons que pour prendre le contr\u00f4le de notre vie, nous devons r\u00e9aliser quelque chose d\u2019extraordinaire. Nous croyons que nous devons tout r\u00e9gler ; mais les myst\u00e8res du monde doivent \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9s plus que r\u00e9solus. 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