{"id":15945,"date":"2019-02-20T09:22:14","date_gmt":"2019-02-20T14:22:14","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/changeons-nos-oeilleres-a-propos-du-sahel\/"},"modified":"2019-02-20T09:22:14","modified_gmt":"2019-02-20T14:22:14","slug":"changeons-nos-oeilleres-a-propos-du-sahel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/changeons-nos-oeilleres-a-propos-du-sahel\/","title":{"rendered":"Changeons nos \u0153ill\u00e8res \u00e0 propos du Sahel"},"content":{"rendered":"<div><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"spip_logo spip_logo_right spip_logos\" alt=\"\" style=\"float:right\" src=\"http:\/\/www.evenement-bf.net:443\/IMG\/arton1966.jpg?1550658813\" width=\"150\" height=\"89\"><\/p>\n<div class=\"rss_texte\">\n<p><strong>Le titre originel est : \u00ab M\u00e9connaissance et st\u00e9r\u00e9otypes : deux autres menaces insidieuses contre le Burkina Faso \u00bb. Dans sa r\u00e9flexion, l&rsquo;auteur, Boubacar El HADJI, inspecteur d&rsquo;enseignement primaire de son \u00e9tat, d\u00e9montre sa parfaite connaissance de la g\u00e9ographie et des communaut\u00e9s qui peuplent la r\u00e9gion, de la situation des syst\u00e8mes \u00e9ducatifs, qu&rsquo;ils soient classique, confessionnel et autres\u2026 Il met en garde contre l&rsquo;ignorance, terreau fertile des st\u00e9r\u00e9otypes qui mettent si durement \u00e0 mal notre vivre ensemble. Une r\u00e9flexion qui vaut son pesant d&rsquo;or. Lisez !<\/strong><\/p>\n<p><span class=\"spip_document_1492 spip_documents spip_documents_left\" style=\"float:left;\"><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.evenement-bf.net:443\/IMG\/jpg\/photo_elhadji.jpg?1550658745\" width=\"500\" height=\"282\" alt=\"\"><\/span>De m\u00e9moire d&rsquo;homme, jamais le Burkina Faso n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 pris en \u00e9tau, comme en cette deuxi\u00e8me d\u00e9cade du 21e si\u00e8cle naissant, par autant d&rsquo;adversit\u00e9s dont les plus tenaces sont l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9, l&rsquo;incivisme, l&rsquo;avidit\u00e9, une administration publique qui tourne en r\u00e9alit\u00e9 (nous prenons le risque de le dire et de fixer arbitrairement un seuil) avec moins de 40% de ses effectifs. Dans ce contexte de menaces in\u00e9dites, de doute, d&rsquo;incertitude, de d\u00e9sespoir grandissant mais aussi d&rsquo;imp\u00e9rieuse n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9sister afin de desserrer cet \u00e9tau, le sahel burkinab\u00e8 fait de plus en plus l&rsquo;objet d&rsquo;une attention particuli\u00e8re. <br class=\"autobr\"><br \/>\nBien avant les fl\u00e9aux qui nous tiennent actuellement en tenaille, ils sont nombreux les Burkinab\u00e8 qui se prennent, sans n&rsquo;y avoir jamais mis les pieds, pour des sp\u00e9cialistes de la g\u00e9ographie de cette r\u00e9gion et de sa sociologie. Un ami nous disait un jour ceci : \u00ab si tu veux mesurer la profondeur de la m\u00e9connaissance des Burkinab\u00e8 de leur pays, \u00e9coutez-les parler de la r\u00e9gion du sahel. M\u00eames certains de ceux qui y ont servi peinent \u00e0 se d\u00e9partir des id\u00e9es re\u00e7ues sur la r\u00e9gion. \u00bb En r\u00e9alit\u00e9, cette m\u00e9connaissance ne concerne pas que le sahel burkinab\u00e8. Et c&rsquo;est ce qui fait peur. <br class=\"autobr\"><br \/>\nEn effet, pour d\u00e9finir et mettre en \u0153uvre des politiques pertinentes, adapt\u00e9es et porteuses, pour servir efficacement les communaut\u00e9s et le pays, il est utile de conna\u00eetre et de partir des r\u00e9alit\u00e9s de chaque r\u00e9gion et non pas des st\u00e9r\u00e9otypes. Si nous continuons donc de nous ignorer, surtout de diffuser de vraies fausses informations sur nous-m\u00eames et de nous en servir dans notre conduite socio-professionnelle, ce pays se tirera difficilement d&rsquo;affaire. Commen\u00e7ons par cesser de parler du d\u00e9sert au Burkina Faso. Notre pays n&rsquo;est pas un pays d\u00e9sertique. Le continent noir est travers\u00e9 par deux d\u00e9serts : le Sahara au nord et le Kalahari au sud. Le d\u00e9sert le plus proche de notre pays est le Sahara qui traverse dix (10) pays africains : le Maroc, l&rsquo;Alg\u00e9rie, la Tunisie, la Libye, l&rsquo;\u00c9gypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, le Mali et la Mauritanie. Deux de ces pays, voisins du Burkina Faso, sont travers\u00e9s par le Sahara dans leur partie septentrionale : le Mali et le Niger. Quelle est la position g\u00e9ographique de notre pays par rapport \u00e0 la partie d\u00e9sertique de ces deux pays ? Nous laissons chacun r\u00e9pondre \u00e0 cette question.<br class=\"autobr\"><br \/>\nEn attendant, nous pensons qu&rsquo;il est temps que notre syst\u00e8me \u00e9ducatif, les intellectuels et les m\u00e9dias burkinab\u00e8 enseignent enfin \u00e0 notre jeunesse, la v\u00e9ritable g\u00e9ographie et la v\u00e9ritable sociologie de notre pays. On ne se d\u00e9veloppe pas et on ne d\u00e9veloppe pas un pays sur du mensonge, sur une fausse identit\u00e9. Il est n\u00e9cessaire que la jeunesse burkinab\u00e8 et les Burkinab\u00e8 dans leur ensemble, sachent que pour l&rsquo;instant, il faut le r\u00e9p\u00e9ter, notre pays n&rsquo;est pas un pays d\u00e9sertique. Il est aussi important que les Burkinab\u00e8 comprennent que parmi les r\u00e9gions du pays qui ont une tr\u00e8s grande et riche diversit\u00e9 culturelle et ethnique, figure en tr\u00e8s bonne place le sahel. Mise \u00e0 part peut-\u00eatre la r\u00e9gion du sud-ouest, aucune autre r\u00e9gion du pays ne surclasse le sahel sur le plan de la diversit\u00e9 ethnique et culturelle. Dans cette partie du Burkina Faso, coexistent une dizaine de langues et d&rsquo;ethnies \u00e0 ne pas confondre parce que fondamentalement diff\u00e9rentes les unes des autres : fulfulde (parl\u00e9 par les Peuhls), tamashek (parl\u00e9 par les Touaregs et les Bellas), sonrha\u00ef (parl\u00e9 par les Songha\u00ef), kourumf\u00e9 (parl\u00e9 par les Kourumba), gourmacema (parl\u00e9 par les Gourmantch\u00e9s), moor\u00e9 (parl\u00e9 par les Mossis), dogon (parl\u00e9 par les Dogons), maure (parl\u00e9s par les Maures), bissa (parl\u00e9 par les Boussans\u00e9s dans la province du S\u00e9no, pr\u00e9cis\u00e9ment dans la commune de Bani), haoussa (pr\u00e9sent dans l&rsquo;Oudalan et le S\u00e9no). Sans oublier quelques arabes (burkinab\u00e8) dans la province de l&rsquo;Oudalan. <br class=\"autobr\"><br \/>\nIls sont nombreux les Burkinab\u00e8, les sah\u00e9liens y compris, qui commettent les m\u00eames erreurs : prendre par exemple le Dagara ou le Goin ou le Lobi pour le Bobo, (ce que font h\u00e9las beaucoup de Sah\u00e9liens), le Sonra\u00ef, le Bella\u2026 pour le Peulh (ce que font l&rsquo;essentiel des non Sah\u00e9liens), etc. C&rsquo;est comme si on disait qu&rsquo;un Peulh est un Mossi ou qu&rsquo;un Mossi est un Peulh ou qu&rsquo;un Songha\u00ef est un Mossi. Cette m\u00e9connaissance est inadmissible de la part des intellectuels, les \u00e9ducateurs et les hommes de m\u00e9dias en particulier. Ne perdons pas de vue que tout \u00eatre humain se r\u00e9jouit et devient bienveillant, lorsqu&rsquo;on l&rsquo;identifie par sa culture et par son patronyme. Et nul ne peut l&rsquo;accompagner dans sa promotion et son \u00e9mancipation sans tenir compte de ce qu&rsquo;il est r\u00e9ellement.<br class=\"autobr\"><br \/>\nIl n&rsquo;est pas ais\u00e9 de traiter de ce sujet, au risque d&rsquo;\u00eatre compris par peu de personnes, quand on connait la susceptibilit\u00e9 de bien de gens lorsqu&rsquo;il est question d&rsquo;identit\u00e9. Cependant, le bon sens voudrait que si on ne connait pas quelqu&rsquo;un, le Peulh par exemple (comme du reste toute autre ethnie du pays), il faut \u00e9viter de l&rsquo;assimiler \u00e0 celui qu&rsquo;il n&rsquo;est pas. Et d&rsquo;assimiler celui qui ne l&rsquo;est pas \u00e0 lui. Pour connaitre et comprendre le Peulh, le Bella, le Turka et tout autre pour quelque utilit\u00e9 que ce soit, il faut commencer par \u00e9viter de le confondre avec celui qu&rsquo;il n&rsquo;est pas, de prendre quiconque pour l&rsquo;autre dans toute circonstance.<br class=\"autobr\"><br \/>\nEt si \u2018\u2018la question peulh\u00a0\u00bb, comme l&rsquo;a dit le bimensuel burkinab\u00e8 L&rsquo;Ev\u00e9nement dans sa livraison du 10 janvier 2019, doit \u00eatre abord\u00e9e plus que jamais avec acuit\u00e9 au regard des drames qui ne cessent de frapper cette communaut\u00e9 de fa\u00e7on r\u00e9currente, la question du sahel dans son ensemble m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre aussi repens\u00e9e. La question de notre d\u00e9veloppement comme celle de notre vivre-ensemble sugg\u00e8re que l&rsquo;on porte les lunettes qu&rsquo;il faut pour regarder le sahel dans sa diversit\u00e9, et le Burkina Faso dans ses diverses r\u00e9alit\u00e9s. Pour ne pas heurter certains mais aussi pour trouver les r\u00e9ponses aux vrais probl\u00e8mes, il est utile d&rsquo;en tenir compte.<br class=\"autobr\"><br \/>\nIl y a trop de contrev\u00e9rit\u00e9s sur le sahel burkinab\u00e8. La plus grosse au-del\u00e0 de celle li\u00e9e \u00e0 la m\u00e9connaissance des cultures qui y coexistent, est celle relative aux rapports que les communaut\u00e9s au sahel en particulier les Peulhs, entretiennent avec l&rsquo;\u00e9cole d&rsquo;origine occidentale. Il n&rsquo;y a pas de \u2018\u2018guerre des \u00e9coles\u00a0\u00bb au sahel et le Peulh (comme les autres ethnies de la r\u00e9gion) ne rejette pas cette \u00e9cole qui nous est l\u00e9gu\u00e9e par le colon fran\u00e7ais.<br class=\"autobr\"><br \/>\nTant qu&rsquo;on continuera \u00e0 se focaliser sur les foyers coraniques et l&rsquo;\u00e9levage, tant qu&rsquo;on continuera \u00e0 culpabiliser ceux-ci, on ne trouvera pas non seulement les vrais probl\u00e8mes de la sous-scolarisation dans la r\u00e9gion du sahel, mais aussi et surtout leurs solutions. Ces foyers ne d\u00e9peuplent pas les \u00e9coles classiques. Pas plus que l&rsquo;\u00e9levage du reste. De nos jours, les sites aurif\u00e8res ont un impact 1000 fois plus n\u00e9gatif sur les \u00e9coles que ces foyers. Il existe m\u00eame des villages entiers qui n&rsquo;ont m\u00eame pas un seul foyer coranique. Et quand il en existe, celui-ci n&rsquo;a m\u00eame pas dix (10) apprenants. Ces structures \u00e9ducatives elles-m\u00eames ont les m\u00eames probl\u00e8mes que l&rsquo;\u00e9cole dite classique. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;unique m\u00e9dersa qui existait \u00e0 Dori, a ferm\u00e9 ses portes pendant pr\u00e8s d&rsquo;une d\u00e9cennie et n&rsquo;est toujours pas rouvert. Dans les villes comme dans les campagnes, d&rsquo;o\u00f9 viennent les \u00e9l\u00e8ves qui fr\u00e9quentent les foyers coraniques dans la r\u00e9gion ? Une chose est certaine : il n&rsquo;y a pas de guerre entre les foyers\/\u00e9coles coraniques et les \u00e9coles classiques au Sahel. <br class=\"autobr\"><br \/>\nCe qui est vrai et que personne ne peut nier, c&rsquo;est la pr\u00e9sence de plus en plus remarquable de m\u00e9dersas\/d&rsquo;\u00e9coles franco-arabes (sont-elles toutes reconnues ?) dans plusieurs localit\u00e9s. Et il ne faut pas confondre \u00e9cole franco-arabe et foyer coranique. L&rsquo;Etat burkinab\u00e8 forme de nos jours des enseignants pour des \u00e9coles franco-arabes qui sont des structures \u00e9ducatives confessionnelles au m\u00eame titre que celles d&rsquo;ob\u00e9dience chr\u00e9tienne (catholique et protestante).<br class=\"autobr\"><br \/>\nRappelons que la premi\u00e8re \u00e9cole primaire dans la r\u00e9gion du sahel a ouvert ses portes \u00e0 Dori en 1901. Et surtout se convaincre que tant que nous continuerons \u00e0 prendre des situations marginales pour des causes r\u00e9elles et profondes de la sous-scolarisation au sahel, nous repousserons sans cesse les limites de cette sous-scolarisation dans la r\u00e9gion. Il est utile de rechercher les causes de la distance plus ou moins r\u00e9elle que prennent des communaut\u00e9s du\/au sahel vis-\u00e0-vis de l&rsquo;\u00e9cole classique, dans le comportement m\u00eame de cette institution, \u00e0 travers ses acteurs, ses r\u00e9sultats et sa pertinence, dans la r\u00e9gion. Mieux, il est utile de repenser notre perception individuelle et collective de l&rsquo;autre et des r\u00e9alit\u00e9s des r\u00e9gions de notre pays afin de mieux le servir. Sinon, nous continuerons de rechercher chacun l\u00e0 o\u00f9 il n&rsquo;est pas, de d\u00e9finir, de mettre en \u0153uvre des politiques en total d\u00e9phasage avec les r\u00e9alit\u00e9s et, individuellement, de desservir notre pays croyant le servir. Un probl\u00e8me mal pos\u00e9 trouvera difficilement des r\u00e9ponses ad\u00e9quates. Dieu sauve notre cher et beau pays le Burkina Faso.<\/p>\n<p><i> <strong>Boubacar EL HADJI<br class=\"autobr\"><br \/>\nIEPD \u00e0 Dori<br class=\"autobr\"><br \/>\nMail : boubacar.elhadji@yahoo.fr<br class=\"autobr\"><br \/>\n70100550\/78640870<\/strong> <\/i><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><a href=\"http:\/\/www.evenement-bf.net:443\/spip.php?article1966\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><br \/>\nAuteur: LEVENEMENT<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le titre originel est : \u00ab M\u00e9connaissance et st\u00e9r\u00e9otypes : deux autres menaces insidieuses contre le Burkina Faso \u00bb. 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