{"id":18196,"date":"2019-02-28T03:47:41","date_gmt":"2019-02-28T08:47:41","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/proces-du-putsch-manque-nous-navions-aucun-moyen-darreter-le-general\/"},"modified":"2019-02-28T03:47:41","modified_gmt":"2019-02-28T08:47:41","slug":"proces-du-putsch-manque-nous-navions-aucun-moyen-darreter-le-general","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/proces-du-putsch-manque-nous-navions-aucun-moyen-darreter-le-general\/","title":{"rendered":"PROCES DU PUTSCH MANQUE :  \u00ab Nous n\u2019avions aucun moyen d\u2019arr\u00eater le G\u00e9n\u00e9ral \u00bb"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"post_layout_5_img\" src=\"http:\/\/lepays.bf\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/16-1.jpg\" alt=\"PROCES DU PUTSCH MANQUE : \u00ab Nous n\u2019avions aucun moyen d\u2019arr\u00eater le G\u00e9n\u00e9ral \u00bb\"\/><\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>Le 27 f\u00e9vrier 2018 d\u00e9butait le proc\u00e8s du putsch manqu\u00e9 du 16 septembre 2015 au tribunal militaire d\u00e9localis\u00e9 dans la salle des banquets de Ouaga 2000. Que d\u2019engouement le premier jour d\u2019audience de ce proc\u00e8s. Une ann\u00e9e apr\u00e8s, jour pour jour, les Burkinab\u00e8 sont toujours dans l\u2019attente d\u2019un verdict alors qu\u2019au tribunal on est au stade du t\u00e9moignage. Le 27 f\u00e9vrier 2019, c\u2019est dans une\u00a0 salle qui contraste avec l\u2019affluence du premier jour d\u2019audience du proc\u00e8s, que le colonel-major Alassane Mon\u00e9, t\u00e9moigne. Lui, aussi, lave la hi\u00e9rarchie militaire de tout soup\u00e7on de complicit\u00e9 avec le G\u00e9n\u00e9ral Diend\u00e9r\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>Le colonel-major Alassane Mon\u00e9 qui a commenc\u00e9 sa d\u00e9position le 26 f\u00e9vrier 2019 continue de dire ce qu\u2019il a vu, v\u00e9cu et entendu pendant les \u00e9v\u00e8nements du 16 septembre 2015 et jours suivants. En effet, le 27 f\u00e9vrier 2019, \u00e0 la barre, \u00a0le colonel-major affirme qu\u2019au cours de la rencontre avec le G\u00e9n\u00e9ral, la hi\u00e9rarchie militaire ne savait pas que c\u2019\u00e9tait un coup d\u2019Etat. \u00ab\u00a0Il a dit que le RSP a d\u00e9cid\u00e9 de mettre fin \u00e0 la Transition mail il n\u2019avait pas dit que c\u2019est un coup d\u2019Etat jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il parle de projet de d\u00e9claration\u00a0\u00bb, confie le colonel-major. Mais \u00ab\u00a0quand nous nous sommes rendus compte\u00a0 que c\u2019\u00e9tait un projet de d\u00e9claration de coup d\u2019Etat, nous l\u2019avons rejet\u00e9\u00a0\u00bb, explique-t-il. Mais pourquoi vous \u00a0n\u2019avez pas arr\u00eat\u00e9 le G\u00e9n\u00e9ral quand vous avez su que c\u2019\u00e9tait un coup d\u2019Etat, interroge le parquet. \u00ab\u00a0Nous n\u2019avions aucun moyen d\u2019arr\u00eater le G\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb, r\u00e9pond le t\u00e9moin qui poursuit que le G\u00e9n\u00e9ral Diend\u00e9r\u00e9 a\u00a0 voulu les dissuader en faisant comprendre qu\u2019il avait le soutien des chefs d\u2019Etat de la CEDEAO. Malgr\u00e9 cela, \u00ab\u00a0nous luis avons dit que nous n\u2019\u00e9tions pas partant\u00a0\u00bb. Quand les chefs d\u2019Etats de la CEDEAO sont arriv\u00e9s \u00e0 Ouagadougou, nous avons compris qu\u2019ils ne soutenaient pas le coup d\u2019Etat et nous leur avons dit que l\u2019Arm\u00e9e non plus ne soutenait pas le coup d\u2019Etat, indique-t-il. Mais le G\u00e9n\u00e9ral r\u00e9plique en d\u00e9clarant qu\u2019il n\u2019a jamais dit que les chefs d\u2019Etat de la CEDEAO soutenaient le coup. \u00ab\u00a0J\u2019ai dit que les Chefs d\u2019Etat de la CEDEAO avait promis de venir dans le cas de la m\u00e9diation mais je n\u2019ai pas dit que j\u2019ai le soutien des Chefs d\u2019Etats de la CEDEAO\u00a0\u00bb, fait-il signifier. Mais le colonel-major persiste et signe\u00a0: \u00ab\u00a0Il a dit au cours de la rencontre qu\u2019il avait le soutien des Chefs d\u2019Etats de la CEDEAO\u00a0\u00bb. Et un \u00e9pisode qui particuli\u00e8rement \u00e9t\u00e9 \u00e9prouvant pour le\u00a0 t\u00e9moin, c\u2019est quand, avec des \u00e9l\u00e9ments du coll\u00e8ge des sages, ils sont all\u00e9s rencontrer les \u00e9l\u00e9ments du RSP. D\u2019abord, il souligne que le trajet du minist\u00e8re de la d\u00e9fense \u00e0 Naba-Koom \u00e9tait tr\u00e8s risqu\u00e9 parce que par endroit, il y avait des militaires dans les fourr\u00e9es avec des armes. \u00a0Il se souvient\u00a0: \u00ab quand nous sommes arriv\u00e9s au camp Naaba-Kom, la situation \u00e9tait \u00e9lectrique. Le ton avec lequel nous avons \u00e9t\u00e9 accueillis d\u00e9fiait tout manque de respect, toute insolence. On a \u00e9t\u00e9 invectiv\u00e9 et menac\u00e9. Des \u00e9l\u00e9ments du RSP ont dit que si les forces fran\u00e7aises intervenaient les otages allaient mourir avec eux. Et que nous m\u00eame, si on ne fait pas attention, on ne ressortirait pas vivant du camp\u00a0\u00bb. Le parquet veut savoir quelle a \u00e9t\u00e9 l\u2019attitude du G\u00e9n\u00e9ral pendant qu\u2019ils subissaient les menaces. Le colonel-major reprend\u00a0: \u00ab\u00a0nous avons pens\u00e9 que le G\u00e9n\u00e9ral allait nous soutenir, nous appuyer en intervenant pour les dissuader mais il est rest\u00e9 silencieux. Vraiment \u00e7a a \u00e9t\u00e9 difficile\u00a0\u00bb. Et il mentionne que ce sont les sous-officiers qui ont \u00e9t\u00e9 les plus mena\u00e7ants mais il ne saurait donner de noms. Et \u00e0 l\u2019accus\u00e9, adjudant Florent Nion d\u2019affirmer qu\u2019il n\u2019a jamais tenus de tels propos. \u00ab\u00a0Ceux qui ont tenu ces propos ne sont m\u00eame pas dans le box des accus\u00e9s\u00a0\u00bb, avance-t-il. \u00a0\u00ab\u00a0Des \u00e9l\u00e9ments du RSP ont m\u00eame dit que Mgr Paul Ou\u00e9draogo \u00e9tait irresponsable, traitre et menteur\u00a0\u00bb, ajoute le t\u00e9moin. Il signale que le Commandant Abdoul Aziz Korogo, \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits,\u00a0 a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s coop\u00e9ratif mais qu\u2019il a rencontr\u00e9 des difficult\u00e9s si fait qu\u2019il voulait d\u00e9missionner. Mais \u00ab\u00a0je lui ai dit pas question. Je lui ai m\u00eame dit qu\u2019en d\u00e9missionnant, il mettait lui-m\u00eame en danger\u00a0\u00bb. Il a donc suivi les conseils du colonel-major et est rest\u00e9 \u00e0 son poste pour aider au d\u00e9sarmement.\u00a0<\/em> <em>Au cours de l\u2019audience, le parquet est revenu sur le dossier de l\u2019expertise t\u00e9l\u00e9phonique. Et le t\u00e9moin, qui \u00e9tait Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du minist\u00e8re de la D\u00e9fense et des anciens combattants en son temps fait savoir qu\u2019il a effectivement eu \u00e0 faire au dossier de l\u2019expertise. Et il dit qu\u2019en son temps, il a dit qu\u2019il ne pouvait soumettre un dossier d\u2019un tel montant \u00e0 un march\u00e9 de gr\u00e9 \u00e0 gr\u00e9. Et par rapport \u00e0 l\u2019attribution du march\u00e9 de l\u2019expertise t\u00e9l\u00e9phonique, le lieutenant Jacques Limon dit ne pas comprendre pourquoi on attribue un march\u00e9 \u00e0 un expert et c\u2019est l\u2019Etat qui doit lui payer le mat\u00e9riel pour le travail. \u00ab\u00a0Soit il est expert et doit avoir son mat\u00e9riel, soit il ne l\u2019est pas\u00a0\u00bb, ajoute-t-il. Apr\u00e8s l\u2019intervention du lieutenant, Me Guy Herv\u00e9 Kam, avocat des parties civiles, essaie comprendre pourquoi le colonel-major n\u2019est pas dans le box des accus\u00e9s, lui-m\u00eame qui a rejet\u00e9 le dossier et c\u2019est le Lieutenant Limon qui est le subalterne qui crie que c\u2019est \u00e0 cause du dossier de l\u2019expertise qu\u2019il se retrouve dans le box des accus\u00e9s \u00ab\u00a0tout en oubliant qui le met en cause. En r\u00e9alit\u00e9 c\u2019est un agent double\u00a0\u00bb, rel\u00e8ve Me Kam qui lance un proverbe\u00a0: \u00ab\u00a0\u00e0 la veille de la Tabaski, quand on pourchasse le mouton, l\u2019\u00e2ne aussi saute le m\u00fbr et dit qu\u2019on et dit qu\u2019on le pourchasse\u00a0\u00bb, pour r\u00e9sumer la situation du lieutenant Limon qu\u2019il d\u00e9crit comme un agent double parce qu\u2019il renseignait sur les positions des troupes qui venaient de l\u2019int\u00e9rieur. Apr\u00e8s cette fl\u00e8che d\u00e9cocher contre le lieutenant Limon, celui-ci dit qu\u2019il ne r\u00e9pondra \u00e0 Me Kam qui \u00ab\u00a0fait passer ses illusions pour la r\u00e9alit\u00e9. Mais Me S\u00e9raphin Som\u00e9, de la partie civile revient \u00e0 la charge en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0on lui reproche des choses tr\u00e8s pr\u00e9cises. N\u2019eut \u00e9t\u00e9 la technologie, il serait pass\u00e9 entre les mails du filet. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 la technologie qu\u2019on a compris le r\u00f4le qu\u2019il a jou\u00e9 car il a pr\u00eat\u00e9 ses services aux auteurs du coup d\u2019Etat\u00a0\u00bb. De l\u2019avis de Me Som\u00e9, l\u2019accus\u00e9 en question\u00a0 a \u00e9t\u00e9 incapable durant tout le temps qu\u2019il a pass\u00e9 \u00e0 la barre, de faire tomber la moindre charge contre lui. Et il prend le soin de noter que la d\u00e9coration du lieutenant est une imposture. Ce que r\u00e9fute le conseil du lieutenant qui s\u2019attaque au t\u00e9moin\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019arm\u00e9e que vous avez servi n\u2019\u00e9tait pas r\u00e9publicaine. Une arm\u00e9e prend position tout de suite quand la Nation est menac\u00e9e\u00a0\u00bb. Mais il a not\u00e9 que cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le cas parce que si l\u2019arm\u00e9e s\u2019\u00e9tait fendue d\u2019un communiqu\u00e9 au soir du 16 septembre, les jeunes n\u2019allaient pas sortir le 16 et il n\u2019y aurait pas de morts. A l\u2019entendre, l\u2019arm\u00e9e a failli, l\u2019Etat-major aussi a failli parce qu\u2019il fallait stopper le RSP au moment o\u00f9 ils ont arr\u00eat\u00e9 les autorit\u00e9s de la Transition. \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce que l\u2019arm\u00e9e a fait pour prot\u00e9ger Sh\u00e9riff Sy\u00a0?\u00a0\u00bb. Et \u00e0 Me Maria Mireille Barry d\u2019ajouter qu\u2019on aurait souhait\u00e9 que la hi\u00e9rarchie prenne une d\u00e9cision et qu\u2019elle le fasse savoir. Mais le t\u00e9moin fait comprendre que ce n\u2019\u00e9tait pas aussi simple que cela. Du reste, il confie\u00a0que la hi\u00e9rarchie militaire a \u00e9t\u00e9 mise devant les faits et a choisi la n\u00e9gociation pour une sortie de crise. A la fin de son audition, le colonel-major Alassane Mon\u00e9 dit \u00eatre soulag\u00e9 parce qu\u2019il a pu t\u00e9moigner et a contribu\u00e9 \u00e0 la manifestation de la v\u00e9rit\u00e9. Ultime d\u00e9claration du t\u00e9moin\u00a0: \u00ab Je souhaite que justice soit rendue aux victimes.\u00a0Je souhaite que cette plaie se referme rapidement pour qu\u2019on puisse se consacrer au d\u00e9veloppement du Burkina Faso\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p class=\"c4\"><strong><em>Fran\u00e7oise DEMBELE<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Auteur: Le Pays<br \/>\n<a href=\"http:\/\/lepays.bf\/proces-du-putsch-manque-nous-navions-aucun-moyen-darreter-le-general\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 27 f\u00e9vrier 2018 d\u00e9butait le proc\u00e8s du putsch manqu\u00e9 du 16 septembre 2015 au tribunal militaire d\u00e9localis\u00e9 dans la salle des banquets de Ouaga 2000. Que d\u2019engouement le premier jour d\u2019audience de ce proc\u00e8s. 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