{"id":18251,"date":"2019-02-28T04:09:42","date_gmt":"2019-02-28T09:09:42","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/femmes-nettoyeuses-dans-les-services-publics-et-prives-quand-la-galere-le-dispute-aux-agressions\/"},"modified":"2019-02-28T04:09:42","modified_gmt":"2019-02-28T09:09:42","slug":"femmes-nettoyeuses-dans-les-services-publics-et-prives-quand-la-galere-le-dispute-aux-agressions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/femmes-nettoyeuses-dans-les-services-publics-et-prives-quand-la-galere-le-dispute-aux-agressions\/","title":{"rendered":"FEMMES NETTOYEUSES DANS LES SERVICES PUBLICS ET PRIVES :  Quand la gal\u00e8re le dispute aux agressions"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"post_layout_5_img\" src=\"http:\/\/lepays.bf\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/01-6-8.jpg\" alt=\"FEMMES NETTOYEUSES DANS LES SERVICES PUBLICS ET PRIVES : Quand la gal\u00e8re le dispute aux agressions\"\/><\/p>\n<p class=\"c4\"><strong>Par ces temps d\u2019harmattan qui courent, sortir de sa couchette \u00e0 3h ou 4 h du matin n\u2019est pas chose ais\u00e9e pour nombre de personnes. Mais, elles, elles le font pratiquement tous les jours, en tout cas six jours sur les sept dans la majeure partie des cas et ce, quelle que soit la p\u00e9riode. En effet, que ce soit en p\u00e9riode de pluies, de chaleur o\u00f9 de froid, elles sont oblig\u00e9es de sortir pour \u00eatre \u00e0 leurs postes le plus t\u00f4t possible. Elles, ce sont ces femmes qui nettoient les services ou encore balaient les abords des routes et qu\u2019on a l\u2019habitude de voir t\u00f4t les matins. Nous avons d\u00e9cid\u00e9 de nous int\u00e9resser \u00e0 ces femmes qui sont \u00e0 la base de la propret\u00e9 dans les services et autres \u00e9difices publics. Pay\u00e9es \u00e0 des salaires d\u00e9risoires, ces femmes ont bien souvent de la peine \u00e0 percevoir leurs sous. Oblig\u00e9es de se lever \u00e0 des heures indues pour \u00eatre \u00e0 leurs postes, ces braves dames sont expos\u00e9es \u00e0 toutes sortes d\u2019agressions (vols, viols, etc.) et de maladies. Les 22 et 24 d\u00e9cembre derniers, nous avons rencontr\u00e9 quelques-unes de la ville de Ouagadougou. Ce sont des femmes exc\u00e9d\u00e9es par leurs conditions de travail difficiles qui crient \u00e0 l\u2019aide.<\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>Lundi 24 d\u00e9cembre, il est 6h 30mn lorsque nous arrivons \u00e0 la Caisse nationale de s\u00e9curit\u00e9 sociale (CNSS) situ\u00e9e en face de Naaba-Koom. Binta Ou\u00e9draogo \/Sidib\u00e9 et ses coll\u00e8gues \u00e9taient en plein travail, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elles y \u00e9taient depuis 4h du matin. Chose normale puisqu\u2019il faut faire vite et bien faire le travail avant l\u2019arriv\u00e9e des agents, pr\u00e9vue pour 7h. Une bonne partie des locaux avaient d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u le passage de dame Ou\u00e9draogo qui fait ce travail de nettoyage depuis 2\u00a0001, donc bient\u00f4t 18 ans dont deux ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 la SONABHY, huit \u00e0 la Loterie nationale burkinab\u00e8 (LONAB), et huit \u00e0 la CNSS. Mais que de souffrances, d\u2019amertume \u00a0et souvent de d\u00e9couragement sur ce long chemin! En effet, en optant pour ce travail, Binta Ou\u00e9draogo a un objectif\u00a0: ne pas passer le temps \u00e0 tendre la main \u00e0 son mari et surtout subvenir aux besoins de sa famille. Mais h\u00e9las\u00a0! Car, lorsque nous l\u2019avons rencontr\u00e9e, dans la matin\u00e9e du 24 d\u00e9cembre, elle \u00e9tait au bout du d\u00e9couragement. Pour cause, cela fait 7 mois, a-t-elle dit, qu\u2019elle n\u2019a pas encore per\u00e7u un seul kopeck. Selon elle, faute d\u2019argent, un de ses enfants n\u2019a pas pu aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole pour la rentr\u00e9e scolaire 2018-2019. Moi, je pense particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019\u00e9cole de mes enfants parce que j\u2019ai eu \u00e0 emprunter de l\u2019argent pour faire face \u00e0 quelques d\u00e9penses pour l\u2019\u00e9cole. Nous pensions qu\u2019on aurait au moins de l\u2019argent pour rembourser nos dettes mais, il n\u2019y a rien pour l\u2019instant (NDLR\u00a0: la rencontre a eu lieu le 24 d\u00e9cembre)<\/em><\/p>\n<p><strong>La croix et la banni\u00e8re pour avoir ses \u00ab\u00a0maigreurs\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>C\u2019est s\u00fbr qu\u2019apr\u00e8s les f\u00eates, nos enfants seront chass\u00e9s de leur \u00e9cole parce qu\u2019on n\u2019a pas encore tout r\u00e9gl\u00e9. Comment allons-nous faire? Nous nous sommes plaints aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 qui nous a embauch\u00e9es mais les responsables ont fait savoir que le probl\u00e8me n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 leur niveau mais au niveau de la direction de la CNSS. Trop c\u2019est trop\u00a0!\u00bb, mart\u00e8le t-elle. \u00ab\u00a0On nous a dit que la CNSS, c\u2019est l\u2019entraide, le social mais pour des n\u00e9cessiteuses comme nous, la structure devrait se pencher sur notre sort et r\u00e9gler les factures dans les d\u00e9lais\u00a0pour que nos patrons puissent aussi payer nos salaires \u00e0 temps\u00bb, a estim\u00e9 M. Ou\u00e9draogo. Talata Solga, une coll\u00e8gue de Binta Ou\u00e9draogo, est plus am\u00e8re.<\/em><br \/><em>\u00ab\u00a0Tr\u00e8s souvent, on se demande si ces patrons savent que nous avons des familles. Nous avons accept\u00e9 de faire ce travail \u00e0 12\u00a0500 F CFA pour pouvoir nous occuper de nos familles. Mais pour avoir ces maigreurs-l\u00e0 aussi, c\u2019est la croix et la banni\u00e8re. Pour des gens qui cherchent leur pitance quotidienne, si on doit leur imposer 6 \u00e0 7 mois sans salaire, voyez que cela est intenable. Nous sommes vraiment fatigu\u00e9es. Qu\u2019ils sachent que nous aussi avons besoin de vivre\u00a0\u00bb, lance-t-elle.<\/em> <em>Talata Solga, tr\u00e8s en col\u00e8re, pendant que son b\u00e9b\u00e9, lui \u00e9tait accroch\u00e9 au sein. Cette habitante des zones non-loties du quartier Zongo affirme mener ce travail depuis 8 ans. Tout comme Binta Ou\u00e9draogo, dame Solga a dit avoir aussi emprunt\u00e9 de l\u2019argent pour payer la scolarit\u00e9 de ses enfants. \u00ab\u00a0Pendant la rentr\u00e9e, j\u2019ai emprunt\u00e9 de l\u2019argent pour payer la scolarit\u00e9 et quelques fournitures des enfants. J\u2019ai toujours ces cr\u00e9dits \u00e0 rembourser. Si seulement ils allaient rembourser tout ce qu\u2019ils nous doivent, cela nous arrangerait mais ils vont venir nous donner les salaires de deux \u00e0 trois mois et il faut encore gal\u00e9rer pour avoir d\u2019autres salaires. C\u2019est toujours ainsi. On se demande souvent s\u2019il vaut mieux rester \u00e0 la maison ou continuer dans ces conditions\u00a0\u00bb, s\u2019est-elle interrog\u00e9e, tr\u00e8s remont\u00e9e. \u00ab\u00a0Moi, je viens \u00e0 v\u00e9lo et tr\u00e8s souvent, il y a des crevaisons et autres pannes, et je n\u2019ai m\u00eame pas 5 F CFA pour pouvoir r\u00e9parer mon v\u00e9lo. Je suis oblig\u00e9e de le pousser. Vraiment, nous sommes fatigu\u00e9es, nous avons mal au c\u0153ur\u00a0\u00bb, ajoute-t-elle presque les larmes aux yeux. \u00ab\u00a0C\u2019est toi qui sors tr\u00e8s trop de chez toi, c\u2019est toi qui n\u2019as jamais rien. Pourtant, tu dis que tu travailles. Au d\u00e9but, mon \u00e9poux (NDLR\u00a0: un ma\u00e7on) se plaignait mais au fil du temps, il a accept\u00e9 mon travail parce qu\u2019\u00e0 Ouagadougou, la vie est dure et il faut s\u2019entraider. Mais si le salaire tombait correctement, chaque fin de mois, il n\u2019y aurait pas de probl\u00e8me mais de l\u00e0 \u00e0 faire 5, 6 ou 7 mois sans \u00eatre pay\u00e9, cela r\u00e9volte tr\u00e8s souvent mon mari. Le hic, c\u2019est que si les patrons d\u00e9cident de nous payer, on ne touchera que le cumul de deux ou trois mois. C\u2019est toujours le m\u00eame sc\u00e9nario\u00a0\u00bb, a affirm\u00e9 pour sa part Pauline Ou\u00e9draogo qui habite \u00e0 Bissighin et exerce dans le domaine depuis 5 ans. Pour rejoindre son lieu de travail, elle doit prendre la route sous le coup de 3h 30mn. La plupart des femmes que nous avons rencontr\u00e9es, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elles habitent dans les p\u00e9riph\u00e9ries de la ville, sont oblig\u00e9es de quitter leur domicile entre 3h 30mn et 4h du matin.<\/em><\/p>\n<p><strong>Expos\u00e9es \u00e0 des agressions de tous genres<\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>Et c\u2019est peu dire que cette situation les expose \u00e0 toutes sortes d\u2019agressions (vols, viols, etc). Rasmata Ilboudo en est une victime. Celle que nous avons rencontr\u00e9e le 24 d\u00e9cembre dernier, venait d\u2019\u00eatre quelques jours auparavant, victime de vol. \u00ab\u00a0J\u2019habite \u00e0 Sonr\u00e9, et je viens au travail \u00e0 v\u00e9lo. Il y a cinq jours de cela, quand je venais, un monsieur m\u2019a crois\u00e9e \u00e0 moto. Je tenais un sachet dans lequel se trouvaient un pagne et mon porte-monnaie. Croyant que j\u2019avais de l\u2019argent, il a tir\u00e9 le sachet de force et je suis tomb\u00e9e. Il a fouill\u00e9 puis a enlev\u00e9 mon porte-monnaie qui contenait mon t\u00e9l\u00e9phone portable et ma CNIB. Je n\u2019ai ni pi\u00e8ce d\u2019identit\u00e9, ni t\u00e9l\u00e9phone portable. Je me prom\u00e8ne ainsi, sans aucun document, comme un poulet. Je n\u2019ai pas non plus d\u2019argent pour me faire \u00e9tablir une CNIB car cela fait 7 mois que nous sommes sans salaire. M\u00eame manger chez moi est devenu une v\u00e9ritable \u00e9quation\u00a0\u00bb, a t\u00e9moign\u00e9 Rasmata Ilboudo, le regard triste. Cl\u00e9mentine Marie Solange Kabor\u00e9\/ Ou\u00e9draogo, nettoyeuse au Centre m\u00e9dical avec antenne chirurgicale (CMA) de Pissy, que nous avons rencontr\u00e9e le 22 d\u00e9cembre, est dans le m\u00e9tier depuis 12 ans. Selon elle, \u00e0 deux reprises, elle a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 des agressions. La premi\u00e8re fois, c\u2019est un motocycliste qui est venu la coincer sur son c\u00f4t\u00e9 droit si fait qu\u2019elle est tomb\u00e9e avec sa moto. Fort heureusement, un automobiliste passait et son agresseur a pris peur et s\u2019est enfui. La deuxi\u00e8me fois, c\u2019\u00e9tait pratiquement le m\u00eame sc\u00e9nario et elle a eu la vie sauve gr\u00e2ce aux fid\u00e8les musulmans qui se rendaient \u00e0 la pri\u00e8re de 4h du matin.<\/em><br \/><em>Fatimata Sacko, elle, a failli \u00eatre agress\u00e9e par un fou. Un jour, ayant quitt\u00e9 Saint L\u00e9on \u00e0 pied pour la CNSS face \u00e0 la SITARAIL comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e, elle a crois\u00e9 un fou. Paniqu\u00e9e, elle s\u2019est enfuie et a trouv\u00e9 refuge aupr\u00e8s d\u2019un vigile. \u00ab\u00a0Ce dernier a intimid\u00e9 le fou et il est parti. Je suis rest\u00e9e pendant longtemps pour qu\u2019il disparaisse avant que je ne reprenne la route pour rejoindre mon service\u00a0\u00bb, a-t-elle dit.<\/em> <em>En plus d\u2019\u00eatre expos\u00e9es aux nombreuses agressions lorsqu\u2019elles rejoignent leurs services, les nettoyeuses sont \u00e0 la merci de toutes sortes de maladies, surtout pour celles travaillant dans les h\u00f4pitaux. Adissa Congo officie \u00e0 la clinique Suka depuis maintenant 9 ans. \u00ab\u00a0Nous sommes expos\u00e9es \u00e0 toutes sortes de maladies puisque nous sommes en contact avec les malades de tous genres. Nous n\u2019avons pas le mat\u00e9riel ad\u00e9quat pour nous prot\u00e9ger (gants, cache-nez, etc). Lorsque nos gants ou autre mat\u00e9riel se d\u00e9chirent et que nous en demandons, c\u2019est comme si nous les consommions. Ils mettront un bon bout de temps avant de nous en donner. C\u2019est nous qui nettoyons le bloc op\u00e9ratoire rempli de sang et autres salet\u00e9s lorsque les m\u00e9decins finissent leur travail. Imaginez lorsque tu dois faire cela sans protection, tu ne peux qu\u2019\u00eatre expos\u00e9 \u00e0 des maladies. Si tu tombes malade, c\u2019est \u00e0 tes risques et p\u00e9rils car tu devras te soigner toute seule\u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Adissa Congo. Selon dame Congo, qui a \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9e comme fille de salle et en plus de faire les permanences pour la garde, elle doit aussi faire le nettoyage pour un salaire de 20\u00a0000 F CFA, lequel est pass\u00e9 \u00e0 30\u00a0000 F CFA pour les anciennes et 25\u00a0000 F CFA pour les nouvelles, suite \u00e0 de multiples revendications. \u00ab\u00a0Nous faisons le travail de filles de salle. Pourtant, nous ne percevons pas le salaire d\u2019une fille de salle. Cela fait environ deux mois que nous n\u2019avons pas de salaire\u00a0\u00bb, a-t-elle affirm\u00e9.<\/em><\/p>\n<p><strong>Un plan B pour ne pas mourir de faim<\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>A en croire Fatimata Bah qui est dans le milieu depuis 12 ans, l\u2019une des difficult\u00e9s qu\u2019elles rencontrent est le fait qu\u2019elles ne per\u00e7oivent pas leurs r\u00e9mun\u00e9rations. \u00ab\u00a0Tu peux faire plusieurs mois sans avoir ton argent et lorsqu\u2019on d\u00e9cide de te payer, tu n\u2019as pas la totalit\u00e9. Ce qui fait que nous ne pouvons rien entreprendre. D\u00e9j\u00e0 que les salaires sont insignifiants (NDLR\u00a0: 16\u00a0000 F CFA), si tu dois faire 3, 4 voire 5 mois sans salaire pour qu\u2019on vienne te donner au finish l\u2019argent d\u2019un ou de deux mois, c\u2019est difficile. Les patrons se permettent tous les retards mais lorsque nous faisons un petit retard, c\u2019est sans piti\u00e9\u00a0\u00bb, a d\u00e9plor\u00e9 Fatimata Bah. \u00ab\u00a0Quand tu arrives en retard, on te refoule et on soustrait 1 000 F CFA de ton salaire. Si tu as un emp\u00eachement d\u00fb \u00e0 la maladie, ou \u00e0 la pluie, on retient 1 000 F CFA sur ton salaire. C\u2019est tout simplement m\u00e9chant et r\u00e9voltant\u00a0\u00bb, a regrett\u00e9 Bibata Sawadogo, nettoyeuse au CMA de Pissy depuis maintenant 4 ans. Elle est d\u2019ailleurs la pr\u00e9sidente du Syndicat national des nettoyeuses et balayeuses (SYNNETBA), lequel syndicat se bat pour l\u2019am\u00e9lioration des conditions de travail et de vie des nettoyeuses et balayeuses. Selon elle, les conditions que vivent les nettoyeuses sont d\u00e9gradantes, \u00e0 la limite inhumaines. \u00ab\u00a0En plus d\u2019\u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es \u00e0 des sommes d\u00e9risoires, nous avons de la peine \u00e0 percevoir nos sous. Nous sommes expos\u00e9es \u00e0 tous les dangers et peinons \u00e0 atteindre notre objectif premier qui est de pouvoir au moins assurer le repas quotidien de nos familles\u00a0\u00bb, a d\u00e9plor\u00e9 Bibata Sawadogo. Au regard de cette situation, nombre d\u2019entre elles ont adopt\u00e9 un plan B. En effet, apr\u00e8s le nettoyage, certaines se prom\u00e8nent pour faire la lessive dans des domiciles \u00e0 l\u2019image de Fatimata Bah, et Rasmata Ilboudo. D\u2019autres, comme Fatimata Sacko, fabriquent le savon liquide et se prom\u00e8nent pour le vendre. Talata Solga, elle, fait le tissage et Binta Ou\u00e9draogo vend des bijoux pour femmes. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 ce que chacune aura eu comme gain le soir qu\u2019elle arrive \u00e0 concocter quelque chose pour sa prog\u00e9niture. Tout en saluant les promoteurs de services de nettoyage pour leur avoir permis de s\u2019occuper, Bibata Sawadogo les a exhort\u00e9s \u00e0 plus d\u2019humanisme. Quant aux autorit\u00e9s, elle les invite \u00e0 jeter un regard sur le milieu des soci\u00e9t\u00e9s de nettoyage afin que les prestataires respectent au moins un certain nombre de principes (salaires r\u00e9guliers, etc). \u00ab\u00a0Nous souhaitons que le gouvernement suspende les activit\u00e9s de toutes les soci\u00e9t\u00e9s qui ne respectent pas un minimum de r\u00e8gles\u00a0\u00bb, a plaid\u00e9 la pr\u00e9sidente du SYNNETBA. Et sur toutes les l\u00e8vres, elles n\u2019avaient qu\u2019un seul refrain\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Nous demandons aux autorit\u00e9s de se pencher s\u00e9rieusement sur notre sort sinon, nous souffrons\u00a0\u00bb. Nous avons joint au t\u00e9l\u00e9phone certains promoteurs de soci\u00e9t\u00e9s de nettoyage pour avoir leur avis sur certains points dont on les accuse. Mais h\u00e9las\u00a0! Malgr\u00e9 notre insistance, nous n\u2019avons pas eu de r\u00e9ponses favorables \u00e0 notre requ\u00eate.<\/em> <em>\u00ab\u00a0Le patron est hors du pays pour des soins. Je l\u2019ai joint mais il dit \u00eatre le seul habilit\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre aux questions\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Je suis en d\u00e9placement, hors de Ouagadougou\u00a0\u00bb, etc. sont, entre autres, les r\u00e9ponses qui nous ont \u00e9t\u00e9 servies au t\u00e9l\u00e9phone.<\/em><\/p>\n<p><strong>Colette DRABO<\/strong><\/p>\n<p><strong>Il faut noter que Force ouvri\u00e8re\/Union nationale de syndicats (FO\/UNS) a accompagn\u00e9 ces femmes dans le cadre de la mise en place du SYNNETBA<\/strong><\/p>\n<p><strong>El hadj Inoussa Nana, Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral Force ouvri\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p class=\"c4\"><em>\u00ab\u00a0Nous avons mis en place le Syndicat national des nettoyeuses et des balayeuses (SYNNETBA) courant septembre 2017. En effet, nous avons remarqu\u00e9 que dans ce secteur, les femmes travaillent beaucoup. Quand nous avons constat\u00e9 qu\u2019elles gagnaient des salaires de l\u2019ordre de 10 000, 15 000 F CFA et celles qui en avaient plus \u00e9taient \u00e0 20 000 F CFA, nous nous sommes dit que c\u2019\u00e9taient des salaires en de\u00e7\u00e0 de ce qui pouvait leur permettre de se prendre en charge vu que ce sont g\u00e9n\u00e9ralement des femmes d\u00e9munies, veuves avec des enfants, ou \u00e2g\u00e9es. Nous avons alors jug\u00e9 utile d\u2019attirer l\u2019attention des promoteurs pour qu\u2019ils puissent les encadrer et am\u00e9liorer leurs r\u00e9mun\u00e9rations de sorte \u00e0 leur permettre de vivre un peu d\u00e9cemment. Nous saluons d\u00e9j\u00e0 le fait que ces promoteurs essaient de trouver quelque chose pour ces femmes qui sont dans le besoin, mais nous avons attir\u00e9 leur attention afin qu\u2019ils prennent les pr\u00e9cautions pour que le travail qu\u2019ils leur donnent ne soit pas une source d\u2019exploitation. Car au-del\u00e0 de leur travail, certains promoteurs profitent de l\u2019occasion pour leur confier d\u2019autres t\u00e2ches ne relevant pas de leur ressort. Dans certains milieux, elles sont oblig\u00e9es de d\u00e9sherber et pire, surtout dans les h\u00f4pitaux, elles assistent des malades en observation. Ce n\u2019est pas leur travail. Ce sont toutes ces raisons qui nous ont pouss\u00e9 \u00e0 mettre en place le SYNNETBA. En effet, vu le travail qu\u2019elles font, elles sont dans le formel car \u00e0 partir du moment o\u00f9 on leur donne un salaire, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 le formel. Les objectifs que nous poursuivons, c\u2019est qu\u2019\u00e0 terme, on puisse ne serait-ce que leur donner le salaire minimum garanti, c\u2019est-\u00e0-dire le SMIG qui tourne aujourd\u2019hui autour de 38 000 F CFA et aussi les d\u00e9clarer \u00e0 la Caisse. C\u2019est ce combat que nous menons.\u00a0<\/em> <em>Mais notre travail ne concernera pas uniquement les promoteurs, nous allons aussi rencontrer ceux qui signent les contrats avec les prestataires parce que quand ces derniers soumissionnent, ceux qui signent le contrat doivent tenir compte du fait qu\u2019elles doivent \u00eatre pay\u00e9es suivant le SMIG au moins. Ce que nous avons remarqu\u00e9, c\u2019est que ce n\u2019est pas parce que les contrats ne sont pas substantiels, mais il y a des prestataires qui d\u00e9clarent des salaires \u00e9lev\u00e9s mais ce n\u2019est pas ce qu\u2019ils servent aux int\u00e9ress\u00e9es. Nous avons pu rencontrer d\u00e9j\u00e0 quelques promoteurs qui ont compris la situation et ont revu un peu le traitement salarial. Certaines \u00e9taient \u00e0 15 000 et aujourd\u2019hui, elles ont atteint presque les 30 000 F CFA. Cela est d\u00fb \u00e0 nos actions et nous profitons de l\u2019occasion pour saluer les promoteurs qui ont compris et ont am\u00e9lior\u00e9 les choses. Nous disons que c\u2019est bien mais ce n\u2019est pas arriv\u00e9 car nous voulons que ces femmes-l\u00e0 atteignent, ne serait-ce que le SMIG. Elles se l\u00e8vent tr\u00e8s t\u00f4t, soit \u00e0 3h ou 4h du matin, et cela les expose. Nous disons qu\u2019il va falloir trouver des solutions pour qu\u2019elles ne soient pas trop expos\u00e9es\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><strong>Propos recueillis par CD<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-60576\" src=\"http:\/\/lepays.bf\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/01-6-7-221x300.jpg\" alt=\"\" width=\"221\" height=\"300\" srcset=\"http:\/\/lepays.bf\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/01-6-7-221x300.jpg 221w, http:\/\/lepays.bf\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/01-6-7.jpg 425w\" sizes=\"auto, (max-width: 221px) 100vw, 221px\"\/><\/p>\n<p>Auteur: Le Pays<br \/>\n<a href=\"http:\/\/lepays.bf\/femmes-nettoyeuses-dans-les-services-publics-et-prives-quand-la-galere-le-dispute-aux-agressions\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par ces temps d\u2019harmattan qui courent, sortir de sa couchette \u00e0 3h ou 4 h du matin n\u2019est pas chose ais\u00e9e pour nombre de personnes. 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