{"id":18479,"date":"2019-02-28T17:26:40","date_gmt":"2019-02-28T22:26:40","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/centenaire-du-burkina-faso-une-si-longue-marche\/"},"modified":"2019-02-28T17:26:40","modified_gmt":"2019-02-28T22:26:40","slug":"centenaire-du-burkina-faso-une-si-longue-marche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/centenaire-du-burkina-faso-une-si-longue-marche\/","title":{"rendered":"Centenaire du Burkina Faso : Une si longue marche\u2026"},"content":{"rendered":"<div class=\"td-post-featured-image\"><a href=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Conquete.jpg?fit=600%2C444&#038;ssl=1\" data-caption=\"\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"444\" class=\"entry-thumb td-modal-image\" src=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Conquete.jpg?resize=600%2C444&#038;ssl=1\" srcset=\"https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Conquete.jpg?w=600&#038;ssl=1 600w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Conquete.jpg?resize=300%2C222&#038;ssl=1 300w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Conquete.jpg?resize=80%2C60&#038;ssl=1 80w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Conquete.jpg?resize=485%2C360&#038;ssl=1 485w, https:\/\/i2.wp.com\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Conquete.jpg?resize=568%2C420&#038;ssl=1 568w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" alt=\"\" title=\"Conquete\"\/><\/a><\/div>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_top td_uid_24_5c7864543c841_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4463\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/FESPACO-TOUR-2019-Bannie%CC%80re-728x90-1.jpg\" alt=\"\" width=\"728\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p><strong>La Haute-Volta, actuel Burkina Faso, a 100 ans ce vendredi 1er mars 2019. De la conqu\u00eate coloniale \u00e0 sa cr\u00e9ation en passant par l\u2019accession \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance, la marche vers la construction de la nation burkinab\u00e8 a \u00e9t\u00e9 parsem\u00e9e d\u2019emb\u00fbches.<\/strong><\/p>\n<p>Le Burkina Faso, ancienne colonie fran\u00e7aise, a 100 ans. Ce si\u00e8cle d\u2019histoire n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 un long fleuve tranquille. Il a fallu passer par une longue p\u00e9riode d\u2019exploration et de conqu\u00eate des territoires, marqu\u00e9e par de nombreuses r\u00e9sistances des peuples Lobi, Marka, Samo et la guerre de Bani Volta.\u00a0\u00ab\u00a0Avant l\u2019arriv\u00e9e des colons, nous \u00e9tions d\u00e9j\u00e0 des Etats organis\u00e9s, puissants politiquement et \u00e9conomiquement, avec des rois, des coutumes et des lois claires. C\u2019est pourquoi, les blancs \u00e9taient oblig\u00e9s de nous coloniser \u00e0 coups de canons, de fusils\u2026\u00a0\u00bb, t\u00e9moigne le Dima de Boussouma.<\/p>\n<p>La colonie de Haute-Volta a vu le jour le 1er mars 1919. Trois raisons ont pr\u00e9valu \u00e0 sa cr\u00e9ation. Selon le sp\u00e9cialiste en histoire politique, Domba Jean Marc Palm, la premi\u00e8re \u00e9tait de mieux contr\u00f4ler les zones de r\u00e9bellion. La seconde, plut\u00f4t d\u2019ordre \u00e9conomique, \u00e9tait de se servir des Volta\u00efques pour le d\u00e9veloppement des autres colonies. La troisi\u00e8me consistait \u00e0 imposer la domination du colonisateur fran\u00e7ais. La structuration s\u2019\u00e9tait alors faite autour du groupe ethnique moaga qui devient le centre de diffusion de l\u2019influence fran\u00e7aise. Ainsi s\u2019explique le choix de Ouagadougou, comme la capitale de la colonie.<\/p>\n<p>Le premier gouverneur, Edouard Hesling, entreprend d\u00e8s lors, d\u2019organiser le d\u00e9coupage des cercles constitutifs de la Haute Volta. Ouahigouya jadis rattach\u00e9 \u00e0 Ouagadougou, devient un cercle autonome en 1920, Tenkodogo en 1921, Kaya et Koudougou en 1922. Les cercles de Gaoua, Bobo-Dioulasso, D\u00e9dougou, Dori, Saye et Fada N\u2019Gourma\u00a0sont aussi cr\u00e9\u00e9s. Mais, la colonie va connaitre une br\u00e8ve existence. En 1932, le d\u00e9cret du 5 septembre repartit la colonie entre le Soudan fran\u00e7ais (actuel Mali), le Niger et la C\u00f4te d\u2019Ivoire qui obtient 56% du territoire.<\/p>\n<p>Ce d\u00e9coupage s\u2019explique par la non-viabilit\u00e9 de la Haute Volta, selon un diagnostic de l\u2019inspecteur g\u00e9n\u00e9ral des colonies, Bernard Sol. \u00ab\u00a0A ce qu\u2019on dit, le pays n\u2019a pas de ressources connues. La colonie a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e pour des raisons essentiellement \u00e9conomiques, parce qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas viable. Mais ce n\u2019\u00e9tait pas vrai, car en r\u00e9alit\u00e9, on a m\u00e9connu un certain nombre de choses\u00bb, d\u00e9montre Pr Palm.<\/p>\n<blockquote>\n<p>La renaissance<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mais le 4 septembre 1947, la France revient sur cette d\u00e9cision sous la protestation \u00e9nergique des forces politiques nationales et de la chefferie traditionnelle. La Haute-Volta est reconstitu\u00e9e dans ses fronti\u00e8res de 1932. \u00ab Les fils qui ont milit\u00e9 pour la reconstitution ont eu raison de mener ce combat, puisque depuis la dissolution, aucun investissement s\u00e9rieux n\u2019a \u00e9t\u00e9 fait sur le territoire. Tout se faisait ailleurs. C\u2019est pourquoi, beaucoup de fils ont lutt\u00e9 pour la reconstitution \u00bb, a confirm\u00e9 l\u2019historien Palm.<\/p>\n<p>En acceptant de reconstituer la Haute-Volta, l\u2019ancienne m\u00e9tropole entendait aussi contrer l\u2019influence du Rassemblement d\u00e9mocratique africain (R.D.A.) que les leaders du continent venaient de cr\u00e9er en 1946 \u00e0 Bamako. L\u2019apr\u00e8s seconde guerre mondiale, va constituer un tournant dans la vie politique et administrative du monde colonial. Les africains deviennent des acteurs de premier plan de leur propre histoire. La conf\u00e9rence de Brazzaville, le 30 janvier 1944, jette les bases d\u2019une participation des Africains \u00e0 l\u2019exercice du pouvoir politique.<\/p>\n<p>Les frustrations des Volta\u00efques n\u2019\u00e9taient pas seulement d\u2019ordre politique. Le sentiment d\u2019\u00eatre asservi par le syst\u00e8me colonial cr\u00e9e aussi un \u00e9lan de solidarit\u00e9. Les premi\u00e8res protestations officielles viennent du Moogho-Naaba Koom II. Il s\u2019agissait des manifestations d\u2019un souverain traditionnel pour maintenir l\u2019existence de l\u2019entit\u00e9 territoriale dans le monde colonial. Alliant tradition et formes d\u2019organisation moderne, les partisans de la reconstitution forment un parti : l\u2019Union pour la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats volta\u00efques (UDIV), dont le cheval de bataille est la reconstitution du pays.<\/p>\n<p>La Haute-Volta \u00e9volue dans le cadre de l\u2019Union fran\u00e7aise en 1948. Elle \u00e9lit ses conseillers g\u00e9n\u00e9raux (sorte de parlement local), puis ses d\u00e9put\u00e9s \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale fran\u00e7aise. La liste de l\u2019UDIV comprend Henri Guissou et Mamadou Ou\u00e9draogo. Celle de Boni Nazi prend le dessus sur celle du RDA. La vie politique et sociale dans la colonie reconstitu\u00e9e a \u00e9t\u00e9 aussi anim\u00e9e par des organisations syndicales et des associations politico-culturelles. Les syndicats sont apparus en Haute Volta en 1946. D\u2019abord, \u00e0 Bobo-Dioulasso puis \u00e0 Ouagadougou en 1948.<\/p>\n<p>C\u2019est sous le Front populaire de 1936 en France, que les premi\u00e8res organisations sont n\u00e9es avec l\u2019appui des centrales syndicales fran\u00e7aises, telles que la CGT. Les organisations estudiantines voient le jour \u00e0 partir de 1950 \u00e0 Dakar avec l\u2019association des scolaires et \u00e9tudiants volta\u00efques (ASV) et \u00e0 Paris, l\u2019association des \u00e9tudiants volta\u00efques en France (AVEF). Vers la fin de la colonisation, des partis politiques d\u2019un nouveau genre sont cr\u00e9\u00e9s : le Parti africain de l\u2019ind\u00e9pendance (PAI) en 1957 et le Mouvement de lib\u00e9ration nationale (MLN) en 1958. Ils affichent leur orientation marxiste-l\u00e9niniste pour le PAI et le socialisme pour le MLN.<\/p>\n<p>La loi cadre est vot\u00e9e le 23 juin 1956. Elle institue le suffrage universel. Un compromis est alors trouv\u00e9 avec le Mogo Naba Saga II pour cr\u00e9er le Parti d\u00e9mocratique unifi\u00e9 (PDU), fusion du RDA et le Parti social d\u2019\u00e9ducation des masses africaines (PSEMA) de Joseph Issoufou Conombo. L\u2019objectif est de briser la division factice du pays et des populations en deux entit\u00e9s. Politiquement, la Haute-Volta pouvait, pour la premi\u00e8re fois, disposer d\u2019un conseil de gouvernement \u00e9lu par son Assembl\u00e9e territoriale.<\/p>\n<blockquote readability=\"5\">\n<p>La marche vers l\u2019ind\u00e9pendance<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les membres de l\u2019Assembl\u00e9e territoriale allaient avoir rang de ministre. La gestion des affaires territoriales incombe \u00e0 ce conseil qui doit choisir un vice-pr\u00e9sident parmi ses membres. Le pr\u00e9sident est directement nomm\u00e9 par la m\u00e9tropole. Le RDA va remporter par une courte majorit\u00e9, les \u00e9lections du 31 mars 1957. Le 17 mai de la m\u00eame ann\u00e9e, Ouezzin Coulibaly forme le premier conseil de gouvernement. Yvon Bourges en est de facto, le pr\u00e9sident. Mais une crise politique \u00e9clate le 17 d\u00e9cembre 1957. Une motion est vot\u00e9e par le Groupe de solidarit\u00e9 volta\u00efque contre le gouvernement de Ouezzin Coulibaly.<\/p>\n<p>Le RDA peut alors prendre pied en pays Moaga et gagner les \u00e9lections du 31 mars 1957, avec le PDU. Pour acc\u00e9der au pouvoir, Ouezzin prend langue avec le Mouvement d\u00e9mocratique volta\u00efque (MDV) de Michel Dorange et G\u00e9rard Kango Ou\u00e9draogo, afin de faire \u00e9chec aux ambitions de certains politiciens du Centre (Joseph Ou\u00e9draogo et Joseph Issoufou Conombo), qui aspirent \u00e0 la fonction de vice-pr\u00e9sident du Conseil de gouvernement. Ces personnes estiment que les Moss\u00e9 \u00e9tant les plus nombreux, la direction du pays leur revient.<\/p>\n<p>L\u2019alliance avec le MDV est pour Ouezzin, un moyen de combattre l\u2019ethnocentrisme. Le 17 d\u00e9cembre 1957, apr\u00e8s une motion d\u00e9fiance d\u00e9pos\u00e9e par le Groupe de solidarit\u00e9 volta\u00efque (GSV), une opposition est form\u00e9e \u00e0 partir du PSEMA reconstruit et du MDV qui s\u2019\u00e9tait brouill\u00e9 avec le RDA et du PMA. Ouezzin sauve son gouvernement en s\u2019alliant \u00e0 une aille des conseillers du MDV de Koudougou, conduite par Maurice Yam\u00e9ogo, en d\u00e9bauchant des responsables du PSEMA reconstruit de Joseph Issoufou Conombo, tels Mathias Sorgho et en ralliant un conseiller ind\u00e9pendant, Path\u00e9 Diallo.<\/p>\n<p>Ce regroupement de parlementaires se mue en parti politique. Apr\u00e8s la mort de Ouezzin Coulibaly, les jeux politiciens prennent le dessus et marquent durablement la vie politique de la Haute-Volta, m\u00eame apr\u00e8s les ind\u00e9pendances. La communaut\u00e9 fran\u00e7aise, propos\u00e9e par r\u00e9f\u00e9rendum le 28 septembre 1958, est accept\u00e9e par 99,5 % des votants, et 75 % des inscrits. Le 11 d\u00e9cembre de la m\u00eame ann\u00e9e, la R\u00e9publique volta\u00efque est proclam\u00e9e, et adh\u00e8re aussit\u00f4t \u00e0 la communaut\u00e9.<\/p>\n<p>En 1959, la r\u00e9publique devient autonome, et se retire d\u00e8s le mois de mars du projet de F\u00e9d\u00e9ration du Mali qui r\u00e9unissait la Haute-Volta, le Soudan fran\u00e7ais, le Dahomey (actuel B\u00e9nin) et le S\u00e9n\u00e9gal. L\u2019Assembl\u00e9e territoriale de 1957 devient une assembl\u00e9e constituante et \u00e9labore une Constitution, adopt\u00e9e par r\u00e9f\u00e9rendum le 15 mars 1958. On observe cependant \u00e0 cette occasion des divergences g\u00e9ographiques. Les \u00e9lecteurs de l\u2019Est du pays approuvent majoritairement le projet, tandis que ceux de l\u2019Ouest, plus int\u00e9ress\u00e9s par le projet de f\u00e9d\u00e9ration, sont plus nombreux \u00e0 voter \u00ab non \u00bb.<\/p>\n<p>Aux \u00e9lections l\u00e9gislatives du 19 avril 1959, le RDA arrive tr\u00e8s largement en t\u00eate avec 70% des suffrages, et occupe 65 des 75 si\u00e8ges de l\u2019assembl\u00e9e puis 71 \u00e0 la suite de d\u00e9sistements. Le PRA, tr\u00e8s minoritaire, dispara\u00eet peu apr\u00e8s. Le s\u00e9nateur Kon\u00e9 Begnon est \u00e9lu pr\u00e9sident de l\u2019assembl\u00e9e. Le 6 septembre 1958, Ou\u00e9zzin Coulibaly meurt \u00e0 Paris, et Maurice Yam\u00e9ogo, ministre de l\u2019Int\u00e9rieur assurant l\u2019int\u00e9rim acc\u00e8de \u00e0 la plus haute fonction de gouvernement. Il devient pr\u00e9sident du Conseil des ministres et pr\u00e9sident de la 1re R\u00e9publique. Le 5 ao\u00fbt 1960, l\u2019ind\u00e9pendance de la Haute-Volta est proclam\u00e9e par Maurice Yam\u00e9ogo et d\u00e8s le 20 septembre, le jeune Etat est admis aux Nations unies.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le mouvement pour l\u2019ind\u00e9pendance des colonies fran\u00e7aises a beaucoup \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 les populations et le RDA a fourni la quasi-totalit\u00e9 des cadres des nouveaux \u00c9tats issus des ind\u00e9pendances autour de 1960. Au Mali, en Haute Volta, en Guin\u00e9e ou en C\u00f4te d\u2019Ivoire, ce sont des leaders issus du RDA qui ont pris les r\u00eanes de l\u2019\u00c9tat d\u00e8s les ind\u00e9pendances. Les organisations de lutte pour l\u2019ind\u00e9pendance ont organis\u00e9 les populations en structures politiques tr\u00e8s actives qui ont mobilis\u00e9 les couches sociales (vieux, jeunes, femmes, travailleurs, paysans, etc.).<\/p>\n<p>Les partis politiques, notamment le RDA, ont aussi import\u00e9 en Afrique de l\u2019Ouest les grandes id\u00e9ologies politiques. C\u2019est ainsi que les id\u00e9es de gauche ont largement domin\u00e9 les sc\u00e8nes politiques post-ind\u00e9pendances dans la plupart des pays. Certains Etats comme le Burkina Faso, conservent une opinion anti-imp\u00e9rialiste et \u00e9galitariste significative, en particulier apr\u00e8s l\u2019\u00e9pisode du sankarisme entre 1983 et 1987\u00a0\u00bb, d\u00e9taille l\u2019analyste politique, Siaka Coulibaly.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Un nouveau d\u00e9part<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour Jean Marc Palm, le Burkina est fait d\u2019hommes courageux qui ont su relever de nombreux d\u00e9fis. La reconstitution du territoire a \u00e9t\u00e9 un d\u00e9fi, vaincre la nature pas tr\u00e8s cl\u00e9mente fut un autre, a-t-il dit. Le 3 janvier 1966, Maurice Yam\u00e9ogo fait face \u00e0 un soul\u00e8vement populaire due \u00e0 une mal gouvernance (mauvaise gestion financi\u00e8re, politique\u2026). Syndicats et partis politiques sont dans la rue avec la population. Sous pression, Yam\u00e9ogo d\u00e9missionne. L\u2019arm\u00e9e s\u2019empare du pouvoir. Et c\u2019est le lieutenant-colonel Sangoul\u00e9 Lamizana, chef d\u2019Etat-major qui devient le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Il reste pr\u00e8s de 15 ans \u00e0 la t\u00eate du pays. Le 14 juin 1970, une nouvelle Constitution est adopt\u00e9e par r\u00e9f\u00e9rendum. Elle instaure un r\u00e9gime parlementaire.<\/p>\n<p>Les l\u00e9gislatives organis\u00e9es, le 20 d\u00e9cembre, sont remport\u00e9es par le RDA devant le Parti du regroupement africain (PRA) et le MLN. Ainsi, le pr\u00e9sident du RDA, G\u00e9rard Kango Ou\u00e9draogo devient Premier ministre. En 1974, l\u2019ann\u00e9e commence avec une grave crise au sein du RDA, le parti au pouvoir. Le Premier ministre, G\u00e9rard Kango Ou\u00e9draogo et le pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e nationale, Joseph Ou\u00e9draogo, se disputent le leadership du parti. Une motion de censure est d\u00e9pos\u00e9e contre le chef du gouvernement. L\u2019assembl\u00e9e refuse de voter la Loi des finances. Le 8 f\u00e9vrier, l\u2019arm\u00e9e se saisit du pr\u00e9texte de \u00abblocage institutionnel\u00bb pour reprendre le pouvoir avec toujours Sangoul\u00e9 Lamizana, comme chef de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>Les syndicats volta\u00efques protestent vigoureusement et r\u00e9clament un retour \u00e0 l\u2019ordre constitutionnel. Ils lancent, les 17 et 18 d\u00e9cembre, un mot d\u2019ordre de gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale qui paralyse le pays. Le pouvoir abdique. En f\u00e9vrier 1976, il forme un nouveau gouvernement et cr\u00e9e en avril une commission charg\u00e9e d\u2019\u00e9laborer une nouvelle Constitution. Le pays vit \u00e0 l\u2019\u00e8re de la IIIe R\u00e9publique apr\u00e8s son adoption par r\u00e9f\u00e9rendum le 27 novembre 1977.<\/p>\n<p>Le 30 avril 1978, les \u00e9lections l\u00e9gislatives sont remport\u00e9es par le RDA devant l\u2019Union nationale pour la d\u00e9fense de la d\u00e9mocratie (UNDD) et l\u2019Union progressiste volta\u00efque (UPV) de Joseph Ki-Zerbo. Le 14 mai se tient l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle : Sangoul\u00e9 Lamizana, candidat du RDA, affronte pour la premi\u00e8re fois dans les urnes les leaders politiques. Il est mis en ballotage par Macaire Ou\u00e9draogo, candidat de l\u2019UNDD. C\u2019est une premi\u00e8re en Afrique pour un pr\u00e9sident en exercice. Mais \u00e0 l\u2019issue du second tour organis\u00e9 le 28 mai 1978, Lamizana est \u00e9lu.<\/p>\n<p>La Haute-Volta connait de nouvelles turbulences en 1980. Depuis octobre, une longue gr\u00e8ve paralyse le secteur de l\u2019\u00e9ducation. Le 25 novembre 1980, le g\u00e9n\u00e9ral Sangoul\u00e9 Lamizana est renvers\u00e9 par le colonel Saye Zerbo. Il cr\u00e9e le Comit\u00e9 militaire de redressement pour le progr\u00e8s national (CMRPN). Le 7 novembre 1982, un nouveau coup d\u2019\u00c9tat militaire\u00a0: le m\u00e9decin-commandant, Jean-Baptiste Ou\u00e9draogo, devient pr\u00e9sident. Il dirige le Conseil de salut du peuple (CSP).<\/p>\n<p>Le 11 janvier 1983, le capitaine Thomas Sankara est nomm\u00e9 Premier ministre. Le 17 mai 1983, il est arr\u00eat\u00e9 pour des divergences avec le pr\u00e9sident. Les \u00e9l\u00e8ves et \u00e9tudiants descendent dans la rue pour r\u00e9clamer sa lib\u00e9ration. Le capitaine Blaise Compaor\u00e9 se retranche dans le camp de P\u00f4 et organise la r\u00e9sistance. Celle-ci va aboutir au renversement du r\u00e9gime, le 4 ao\u00fbt 1983. Ce sont les d\u00e9buts de la R\u00e9volution d\u00e9mocratique et populaire, avec \u00e0 sa t\u00eate le Conseil national de la r\u00e9volution. Sous l\u2019impulsion de Thomas Sankara, la Haute Volta devint le Burkina Faso en 1984. Le drapeau rouge, blanc et noir est remplac\u00e9 par un nouveau.<\/p>\n<p>Il est form\u00e9 de deux bandes horizontales, de taille \u00e9gale une rouge au-dessus et une verte au-dessous avec une \u00e9toile jaune \u00e0 cinq branches au milieu. L\u2019hymne national devient le Ditany\u00e8. Les contradictions entre les dirigeants r\u00e9volutionnaires (Thomas Sankara, Blaise Compaor\u00e9, Henri Zongo et Jean-Baptiste Ou\u00e9draogo) se terminent dans un bain de sang. Le capitaine Thomas Sankara est assassin\u00e9 le 15 octobre 1987, avec 12 de ses compagnons. Blaise Compaor\u00e9 devient le pr\u00e9sident. Il cr\u00e9e le Front populaire. C\u2019est la \u00ab rectification\u00bb de la r\u00e9volution du 4 ao\u00fbt 1983.<\/p>\n<blockquote>\n<p>De nouvelles aspirations<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En 1991, le Burkina fait un retour \u00e0 l\u2019\u00c9tat de droit. Une nouvelle Constitution qui instaure la IVe r\u00e9publique est adopt\u00e9e le 2 juin. Une \u00e9lection pr\u00e9sidentielle est programm\u00e9e pour le 21 novembre 2010. Selon les termes de la Constitution, c\u2019est le dernier mandat possible pour Blaise Compaor\u00e9. Mais ses partisans appellent \u00e0 une modification de la loi fondamentale pour lui permettre de rester au pouvoir apr\u00e8s 2015. Il sera chass\u00e9 du pouvoir par une insurrection populaire, en octobre 2014. Un r\u00e9gime de Transition mis en place et dirig\u00e9 par Michel Kafando, va \u00eatre momentan\u00e9ment interrompu par un coup d\u2019Etat avort\u00e9 du g\u00e9n\u00e9ral Gilbert Diend\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>La Transition, qui se remet en selle sous la pression populaire, va ensuite passer le pouvoir \u00e0 un pr\u00e9sident d\u00e9mocratiquement \u00e9lu, Roch Marc Christian Kabor\u00e9, le 29 novembre 2015. \u00ab\u00a0Le pays a connu des leaders politiques tr\u00e8s qualifi\u00e9s en th\u00e9ories et strat\u00e9gies politiques. Cependant force est de constater une certaine stagnation dans la construction de l\u2019\u00c9tat de droit et de la d\u00e9mocratie. La r\u00e9alit\u00e9 est que le potentiel politique acquis durant les vingt premi\u00e8res ann\u00e9es d\u2019ind\u00e9pendance n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 reproduit par les g\u00e9n\u00e9rations suivantes.<\/p>\n<p>Les jeunes Burkinab\u00e8 qui, \u00e0 partir de 2010 et les ann\u00e9es suivantes ont voulu participer \u00e0 la vie publique et politique de leur pays, y sont arriv\u00e9s sans vraie pr\u00e9paration pour affronter les d\u00e9fis qui s\u2019\u00e9taient accrus de mani\u00e8re exponentielle\u00a0\u00bb, explique Siaka Coulibaly. Sur le plan \u00e9conomique, diverses politiques ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es (SCADD, PAS, PNDES\u2026), mais leurs effets sur la population se font toujours attendre. Un si\u00e8cle d\u2019histoire, s\u2019explique par la volont\u00e9 des Volta\u00efques, devenus Burkinab\u00e8 aujourd\u2019hui, d\u2019exister parce que le pays n\u2019a pas un environnement naturel cl\u00e9ment, soutient le Pr Palm. A l\u2019entendre, un pays sans id\u00e9al ne vit pas.<\/p>\n<p>Donc, il revient \u00e0 la jeune g\u00e9n\u00e9ration de savoir trouver leur chemin et de construire aussi leur pyramide. \u00ab\u00a0Nous avons men\u00e9 un ensemble de luttes, remporter des victoires sur le plan politique, \u00e9conomique\u2026 Nous avons fait des erreurs, mais je ne d\u00e9sesp\u00e8re pas. Il y a des jeunes conscients, malgr\u00e9 les r\u00e9criminations contre eux\u00a0\u00bb, confie l\u2019historien. Apr\u00e8s les combats rat\u00e9s pour l\u2019unit\u00e9 de l\u2019Afrique, notamment pour le maintien de l\u2019AOF, avec la F\u00e9d\u00e9ration du Mali, il faut que les jeunes travaillent pour un id\u00e9al panafricaniste qui permettra de mutualiser les efforts pour venir \u00e0 bout des probl\u00e8mes que les pays du continent rencontrent.<\/p>\n<p>Le Dima de Boussouma dit \u00eatre satisfait de la marche de la nation en 100 ans. Aujourd\u2019hui et demain, il faut s\u2019inscrire dans les r\u00e8gles de l\u2019Etat de droit et tous les fils de la nation doivent demeurer unis dans la construction du pays, conseille-t-il. \u00ab\u00a0Nous avons toujours d\u00e9montr\u00e9 cet amour entre nous depuis la cr\u00e9ation du pays. Voil\u00e0 100 ans, que nous vivons ensemble, donc il faut qu\u2019on continue de vivre dans la solidarit\u00e9 malgr\u00e9 nos diff\u00e9rences \u00bb, souhaite le Dima de Boussouma.<\/p>\n<p>Du bilan du centenaire, l\u2019analyste politique Siaka Coulibaly estime que\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Plusieurs coups d\u2019\u00c9tats et des soul\u00e8vements populaires, des r\u00e9gimes d\u2019exceptions ou des d\u00e9mocraties c\u00e9sariennes ont \u00e9t\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9 de la soixantaine d\u2019ann\u00e9es d\u2019ind\u00e9pendance sur lesquelles on peut tenir les Burkinab\u00e8 pour responsables, puisque la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019ind\u00e9pendance a \u00e9t\u00e9 la colonisation. On aurait pu \u00e9voquer un bilan positif si, en 2019, le Burkina Faso n\u2019\u00e9tait pas au bord de l\u2019implosion du fait du terrorisme, de la r\u00e9bellion ou de la fracture communautariste.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s peu de partis politiques et des organisations non partisanes produisent une r\u00e9flexion cons\u00e9quente, mais surtout une \u00e9bauche de perspectives \u00bb. Mais, pour lui, l\u2019heure est \u00e0 la recherche de solutions. Car, la hantise des Burkinab\u00e8 de nos jours, clame M. Coulibaly, c\u2019est de savoir quand prendra fin la situation d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 et de rupture de confiance entre les citoyens et les institutions et les citoyens entre eux. Pour, lui, il est plut\u00f4t attendu des dirigeants, des propositions et des mesures de correction des insuffisances actuelles, plut\u00f4t que des \u00ab\u00a0r\u00e8glements de compte\u00a0\u00bb qui ne sauraient tenir lieu d\u2019exutoire de responsabilit\u00e9s politiques.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Une lueur d\u2019espoir a bien \u00e9t\u00e9 per\u00e7ue avec le discours de politique g\u00e9n\u00e9rale du Premier Ministre le 17 f\u00e9vrier 2019. Mais les craintes de voir remonter au cr\u00e9neau les plus durs de la majorit\u00e9 sont tr\u00e8s vivaces. Un seul homme ne peut conduire une action. Sans une prise de conscience de la situation actuelle par la classe politique, assortie de propositions de m\u00e9canismes et de politiques audacieuses, l\u2019avenir ne sera pas meilleur\u00a0\u00bb, estime M. Coulibaly. \u00ab\u00a0L\u2019avenir du Burkina d\u00e9pendra de l\u2019attitude que les jeunes adopteront\u00bb, se convainc l\u2019historien Jean Marc Palm. Mais, en attendant que la jeunesse actuelle b\u00e2tisse prennent des d\u00e9fis, l\u2019histoire suit son cours\u2026<\/p>\n<p><strong>Abdel Aziz NABALOUM<\/strong><br \/><em>emirathe@yahoo.fr<\/em><\/p>\n<hr\/>\n<p><strong>Quelques dates importantes<\/strong><\/p>\n<p>1898 : Fin de la conqu\u00eate coloniale.<\/p>\n<p>1919 : Cr\u00e9ation de la colonie de Haute-Volta<\/p>\n<p>1932 : Dissolution de la colonie<\/p>\n<p>1947 : Reconstitution de la colonie<\/p>\n<p>1958 : Proclamation de la R\u00e9publique<\/p>\n<p>1960 : Ind\u00e9pendance de la Haute-Volta<\/p>\n<p>1966 : Soul\u00e8vement populaire et fin de r\u00e8gne de Maurice Yam\u00e9ogo<\/p>\n<p>1966 : Accession du G\u00e9n\u00e9ral Sangoul\u00e9 Lamizana au pouvoir<\/p>\n<p>1970 : Sangoul\u00e9 Lamizana est renvers\u00e9 par Saye Zerbo.<\/p>\n<p>1980 : Saye Zerbo est renvers\u00e9 par le m\u00e9decin-commandant Jean Baptiste Ou\u00e9draogo.<\/p>\n<p>1983 : Thomas Sankara prend le pouvoir et instaure la R\u00e9volution d\u00e9mocratique et populaire.<\/p>\n<p>1987 : Assassinat de Thomas Sankara, Blaise arrive au pouvoir.<\/p>\n<p>1991 : Retour \u00e0 une vie constitutionnelle normale avec l\u2019adoption de la Constitution de la 4e R\u00e9publique.<\/p>\n<p>2015 : Insurrection populaire, Blaise Compaor\u00e9 est chass\u00e9 du pouvoir. Michel Kafando devient pr\u00e9sident de la Transition.<\/p>\n<p>2016 : Roch est \u00e9lu pr\u00e9sident du Faso.<\/p>\n<div class=\"td-a-rec td-a-rec-id-content_bottom td_uid_25_5c7864543c9a1_rand td_block_template_1\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-full wp-image-1724\" src=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/sidwaya-pub.jpg\" alt=\"\" width=\"720\" height=\"90\"\/><\/div>\n<p>Auteur: DB. Sidwaya<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.sidwaya.info\/blog\/2019\/02\/28\/centenaire-du-burkina-faso-une-si-longue-marche\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Haute-Volta, actuel Burkina Faso, a 100 ans ce vendredi 1er mars 2019. De la conqu\u00eate coloniale \u00e0 sa cr\u00e9ation en passant par l\u2019accession \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance, la marche vers la construction de la nation burkinab\u00e8 a \u00e9t\u00e9 parsem\u00e9e d\u2019emb\u00fbches. Le Burkina Faso, ancienne colonie fran\u00e7aise, a 100 ans. Ce si\u00e8cle d\u2019histoire n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1816,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,81],"tags":[],"class_list":["post-18479","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualite","category-burkina-faso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18479","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1816"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18479"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18479\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18479"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18479"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18479"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}