{"id":18524,"date":"2019-02-28T17:31:48","date_gmt":"2019-02-28T22:31:48","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/la-colline-oubliee-ou-la-cartographie-des-affects\/"},"modified":"2019-02-28T17:31:48","modified_gmt":"2019-02-28T22:31:48","slug":"la-colline-oubliee-ou-la-cartographie-des-affects","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/la-colline-oubliee-ou-la-cartographie-des-affects\/","title":{"rendered":"La Colline oubli\u00e9e\u00a0ou la cartographie des affects"},"content":{"rendered":"<h4 class=\"title-14\">Mohamed-Racim Boughrara. Auteur<\/h4>\n<div class=\"featured_image\"><img width=\"600\" height=\"842\" data-cfsrc=\"https:\/\/www.elwatan.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Sans-titre-1-40.gif\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image c1\" alt=\"\"\/><noscript><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"842\" src=\"https:\/\/www.elwatan.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/Sans-titre-1-40.gif\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p><\/noscript><\/div>\n<p class=\"p4\"><strong><em>Il y a 30 ans, le 26 f\u00e9vrier 1989, l\u2019\u00e9crivain Mouloud Mammeri p\u00e9rissait dans un accident de voiture, non loin de A\u00efn Defla. Retour sur son premier roman qui pr\u00e9figurait son \u0153uvre.<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"p4\"><em>La Colline oubli\u00e9e<\/em>, premier roman de Mammeri, paru en 1952, \u00e9voque la destin\u00e9e du peuple alg\u00e9rien \u00e0 travers l\u2019image d\u2019un village d\u00e9laiss\u00e9 sur les collines de Kabylie. La Seconde Guerre mondiale dissipe la gaiet\u00e9 du village de Tasga. Le monde change au fil des saisons, tout est bouleversement. La vie et les espoirs de Mokrane, Menach et Aazi, la fianc\u00e9e du soir, prennent un jour sombre.<\/p>\n<p class=\"p4\">Les rires et les exaltations de l\u2019enfance disparaissent peu \u00e0 peu. Les trois protagonistes r\u00eavent de rouvrir Taasast, terrain de jeu perch\u00e9 de leur jeunesse et symbole d\u2019un pass\u00e9 qu\u2019ils peinent \u00e0 oublier. La petite bande semble refuser l\u2019entr\u00e9e dans un monde adulte fig\u00e9 dans les traditions.<\/p>\n<p class=\"p4\">La mobilisation g\u00e9n\u00e9rale rend d\u00e9sormais impossible toute tentative d\u2019acc\u00e9der \u00e0 leur donjon, dont la belle Aazi d\u00e9tient la cl\u00e9. Celui-ci symbolise le temps de l\u2019innocence d\u2019un monde enchant\u00e9, malgr\u00e9 l\u2019alternance des douleurs, des esp\u00e9rances et des vengeances. La colline oubli\u00e9e au c\u0153ur de l\u2019Alg\u00e9rie vit comme une mal\u00e9diction les changements dans les mentalit\u00e9s et l\u2019irruption du malheur.<\/p>\n<p class=\"p4\">Le monde ancien para\u00eet avoir fait son temps, tandis que l\u2019av\u00e8nement du nouveau se profile. Le roman tout entier est fait de r\u00e9miniscences de l\u2019enfance qui se m\u00ealent au pr\u00e9sent de l\u2019\u00e2ge adulte. Ce va-et-vient entre souvenir et moment de l\u2019histoire installe les protagonistes dans le doute et semble susciter chez eux une forme d\u2019inqui\u00e9tude.<\/p>\n<p class=\"p4\">L\u2019\u0153uvre de Mammeri est en effet centr\u00e9 sur l\u2019enfance, dans la mesure o\u00f9 la s\u00e9rie d\u2019adieux qu\u2019effectue Menach \u00e0 la fin du roman est essentiellement fond\u00e9e sur le souvenir. Cette image de l\u2019enfance souligne la dimension commune de leurs souvenirs : ceux-ci rattachent chacun d\u2019entre eux \u00e0 un pass\u00e9 et un territoire communs.<\/p>\n<p class=\"p4\">Tous les h\u00e9ros du roman sont, d\u00e9sormais, \u00e0 travers leur m\u00e9moire collective, impliqu\u00e9s dans la repr\u00e9sentation d\u2019un espace oubli\u00e9 par les dieux et les hommes. Sur la tombe de son ami, Menach invite, convoque m\u00eame, ses amis d\u2019enfance dans ses r\u00e9miniscences et prononce ce qui s\u2019apparente \u00e0 un discours fun\u00e8bre, \u00e0 la deuxi\u00e8me personne du pluriel. S\u2019adressant \u00e0 Mokrane, il \u00e9voque des \u00e9pisodes o\u00f9 l\u2019enfance est coup\u00e9e du monde des adultes, sans comptes \u00e0 rendre, autonome.<\/p>\n<p class=\"p4\">Les protagonistes paraissent tels qu\u2019ils \u00e9taient enfants, comme \u00e9trangers au monde qui les entoure, avec leurs pr\u00e9occupations exclusives. Menach parle avec lassitude et m\u00e9lancolie de ce pass\u00e9 r\u00e9volu comme d\u2019un \u00e9chec. A ses yeux, Mokrane \u00abest encore (celui) qui a eu la meilleure fin\u00bb, comme si l\u2019\u00e2ge adulte n\u2019\u00e9tait m\u00eame pas envisageable.<\/p>\n<p class=\"p4\">L\u2019\u0153uvre se termine dans une nostalgie pleine d\u2019incertitude concernant l\u2019avenir : des personnages qui ont du mal \u00e0 quitter l\u2019adolescence, unis dans le souvenir d\u2019un pass\u00e9 et d\u2019un lieu ind\u00e9passables, et demeurant dans une chastet\u00e9 id\u00e9ale. Cependant, cette p\u00e9riode appara\u00eet d\u00e9sormais bien lointaine.<\/p>\n<p class=\"p4\">L\u2019\u0153uvre, dans sa dimension r\u00e9trospective, peut donc \u00eatre rattach\u00e9e au r\u00e9cit d\u2019apprentissage en ce qu\u2019elle engendre la nostalgie d\u2019un pass\u00e9 inaccessible, voire insurpassable. En effet, La Colline oubli\u00e9e raconte indirectement et de fa\u00e7on fragment\u00e9e la formation d\u2019adolescents puis de jeunes adultes marqu\u00e9s par la m\u00e9lancolie et le sentiment d\u2019un \u00e9chec diffus, voire d\u2019amertume\u2026<\/p>\n<p class=\"p4\">La sc\u00e8ne de d\u00e9part d\u00e9crite \u00e0 la fin de l\u2019\u0153uvre, dans son aspect path\u00e9tique, permet une ultime invocation, les personnages principaux et les lieux \u00e9tant une derni\u00e8re fois convoqu\u00e9s. L\u2019adieu \u00e0 Mokrane se mue en une d\u00e9ploration \u00e9l\u00e9giaque, signe de la fin de ce que l\u2019on peut consid\u00e9rer comme un roman de formation.<\/p>\n<p class=\"p4\">La fin du roman marque \u00e9galement la fin d\u2019un monde. De fait, La Colline oubli\u00e9e peint le tableau d\u2019un univers en mutation ; sa fin constitue l\u2019aboutissement d\u2019une histoire quasi mythologique.<\/p>\n<p class=\"p4\">Dans ce combat douteux, le village est par ailleurs puni par le malheur. Les lieux sont atteints de mal\u00e9diction : \u00abTyphus, s\u00e9cheresse, st\u00e9rilit\u00e9 des femmes.\u00bb Le monde des anciens aux traditions aust\u00e8res, dont les pens\u00e9es semblent clo\u00eetr\u00e9es, s\u2019oppose ainsi \u00e0 celui des compagnons de Mokrane marqu\u00e9s par une sourde r\u00e9bellion qui se transforme peu \u00e0 peu en am\u00e8re d\u00e9sillusion.<\/p>\n<p class=\"p4\">Ces personnages en devenir au d\u00e9but du roman sont comme \u00e9touff\u00e9s dans une soci\u00e9t\u00e9 fig\u00e9e. Ils semblent vouloir se persuader de l\u2019effondrement de la topographie des lieux. Plus de doute, cette fois c\u2019est bien fini, l\u2019adolescence s\u2019y est \u00ab\u00e9puis\u00e9(e)\u00bb. Le serment fun\u00e8bre de Menach montre significativement que le locuteur \u00e9prouve du mal \u00e0 effacer l\u2019image du monde de nagu\u00e8re. \u00abNous n\u2019avons pas pu rouvrir ensemble Taasast\u00bb, proclame-t-il avec regret.<\/p>\n<p class=\"p4\">Cette r\u00e9v\u00e9lation, renforc\u00e9e par l\u2019emploi du pass\u00e9 compos\u00e9, \u00e9voque l\u2019attachement \u00e0 une \u00e9poque omnipr\u00e9sente mais paradoxalement inaccessible. Leur d\u00e9senchantement les pousse \u00e0 refuser les valeurs traditionnelles qui perdurent, per\u00e7ues ici comme \u00absouffrance et obstacle\u00bb. Aussi la perspective de rouvrir le donjon devient-elle de plus en plus incertaine, d\u2019autant que l\u2019espace est d\u00e9limit\u00e9 et ferm\u00e9 aux regards. Ainsi, na\u00eet et s\u2019incarne la peur de la rupture du charme dans la tentative de fuite de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p4\">Taasast, lieu duquel viennent les souvenirs, a donc cr\u00e9\u00e9 un envo\u00fbtement \u00e0 la limite de l\u2019onirisme. Mais la pesanteur d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 traditionnelle et fig\u00e9e sonne l\u2019\u00e9chec de la mythologie du lieu et de son pass\u00e9. L\u2019id\u00e9e du d\u00e9part y est implicitement sugg\u00e9r\u00e9e, baignant la fin du roman dans une atmosph\u00e8re de nostalgie \u00e9l\u00e9giaque empreinte de m\u00e9lancolie ; Menach annonce son d\u00e9part, un d\u00e9part qui appara\u00eet comme in\u00e9luctable. La colline doit \u00eatre oubli\u00e9e\u2026<\/p>\n<p class=\"p4\">L\u2019adieu final, confirm\u00e9 par la mention \u00abamin\u00bb (\u00abainsi soit-il\u00bb), r\u00e9sonne comme la fin de la dimension mythologique, voire eschatologique, du r\u00e9cit. Menach \u00e9voque le \u00abjour prochain\u00bb o\u00f9, \u00e0 coup s\u00fbr, son \u00e2me retrouvera celle de ses amis dans un monde o\u00f9 ni la souffrance ni l\u2019obstacle ne seront plus.<\/p>\n<p class=\"p4\">On tourne d\u00e8s lors le dos \u00e0 l\u2019uchronie et \u00e0 l\u2019utopie que repr\u00e9sentait la colline. Il confie \u00e0 Mokrane la d\u00e9termination de son d\u00e9part. L\u2019enfance et, partant, le roman, sont termin\u00e9s : \u00abJe ne reviendrai jamais sur cette colline oubli\u00e9e o\u00f9 je ne te retrouverai plus.\u00bb Cette r\u00e9v\u00e9lation de Menach, rench\u00e9rie par l\u2019emploi du futur et l\u2019adverbe \u00abjamais\u00bb, montre son envie de laisser une terre sur laquelle les r\u00eaves demeurent inaboutis.<\/p>\n<p class=\"p4\">Il y laisse donc enterr\u00e9e son enfance, tandis que l\u2019innocence a bel et bien disparu. Il dit d\u2019ailleurs y avoir \u00ab\u00e9puis\u00e9 son adolescence\u00bb. Le verbe \u00ab\u00e9puiser\u00bb t\u00e9moigne ici des multiples tentatives du groupe de retrouver l\u2019enfance \u00e0 jamais perdue et de vouloir changer le monde, en vain. Ainsi, les pr\u00e9mices d\u2019un nouveau monde surgissent peu \u00e0 peu et l\u2019irruption de valeurs nouvelles prend forme.<\/p>\n<p class=\"p4\">En \u00absortant\u00bb de la mythologie, Menach prend d\u00e9sormais sa destin\u00e9e en main et se d\u00e9tache du personnage tragique, mais il est d\u00e9sormais seul. Il devient ainsi un personnage romanesque par sa destin\u00e9e, \u00e0 partir du moment o\u00f9 il rompt avec cette soci\u00e9t\u00e9 fig\u00e9e, mais aussi avec ce pass\u00e9 id\u00e9alis\u00e9, dont l\u2019hypoth\u00e9tique r\u00e9surrection est d\u00e9sormais renvoy\u00e9e \u00e0 un avenir ind\u00e9termin\u00e9.<\/p>\n<p class=\"p4\">De fait, nous parviennent peu \u00e0 peu les \u00e9chos assourdis de la modernit\u00e9, illustr\u00e9s en filigrane par les allusions \u00e0 la Seconde Guerre mondiale. Comme le dit Menach \u00e0 son ami Mokrane, ils ont v\u00e9cu \u00e0 Tasga leur r\u00eave commun, sous-entendant que, d\u00e8s lors, tout ne fut que vaines tentatives pour le ressusciter. Menach a douloureusement pris conscience de cet impossible oubli et, pronon\u00e7ant deux fois \u00abadieu\u00bb \u00e0 la fin de son invocation au mort, de la n\u00e9cessit\u00e9 de partir.<\/p>\n<p class=\"p4\">Cette modernit\u00e9 fait v\u00e9ritablement sortir le personnage de l\u2019enfance, ce monde clos mais connu et rassurant malgr\u00e9 tout, et cependant, qui nie l\u2019individu. Le monde s\u2019ouvre, la colline sera oubli\u00e9e, symbole d\u2019un monde englouti. Bient\u00f4t, sous les coups de la modernit\u00e9, l\u2019Alg\u00e9rie va entrer dans l\u2019histoire, son histoire\u2026<\/p>\n<p class=\"p4\">L\u2019invocation \u00e9l\u00e9giaque qui marque la sc\u00e8ne de d\u00e9part refermant le roman rend possible l\u2019\u00e9cho avec l\u2019amorce du livre et peut \u00eatre per\u00e7ue comme la fin d\u2019un r\u00e9cit d\u2019apprentissage. La description du d\u00e9part et l\u2019effondrement de l\u2019espace tels que Mammeri les peint rendent sensibles la fin d\u2019une \u00e9poque cliv\u00e9e et la n\u00e9cessit\u00e9 de rupture.<\/p>\n<p class=\"p4\">Ainsi ce roman marque-t-il la fin de la mythologie d\u2019un pass\u00e9 et d\u2019un lieu fig\u00e9s et sugg\u00e8re-t-il l\u2019entr\u00e9e dans une modernit\u00e9 marqu\u00e9e par l\u2019absurdit\u00e9 de l\u2019existence et de l\u2019histoire. Fuir la colline oubli\u00e9e, lieu condamn\u00e9 \u00e0 l\u2019oubli, n\u2019illustre-t-il pas l\u2019aspiration \u00e0 un nouveau monde sans souffrance ni obstacle ?<\/p>\n<p class=\"p4\">De sorte qu\u2019on ne peut manquer d\u2019inscrire l\u2019\u0153uvre de Mouloud Mammeri dans son contexte historique, faisant de La Colline oubli\u00e9e le t\u00e9moin des ferments et des espoirs de la lutte des Alg\u00e9riens pour l\u2019ind\u00e9pendance de leur terre.<\/p>\n<p><span class=\"post-views-label\">Post Views:<\/span> <span class=\"post-views-count\">73<\/span><\/p>\n<p>Auteur: Anis Khecheba<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.elwatan.com\/edition\/actualite\/la-colline-oubliee-ou-la-cartographie-des-affects-28-02-2019\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mohamed-Racim Boughrara. Auteur Il y a 30 ans, le 26 f\u00e9vrier 1989, l\u2019\u00e9crivain Mouloud Mammeri p\u00e9rissait dans un accident de voiture, non loin de A\u00efn Defla. Retour sur son premier roman qui pr\u00e9figurait son \u0153uvre. La Colline oubli\u00e9e, premier roman de Mammeri, paru en 1952, \u00e9voque la destin\u00e9e du peuple alg\u00e9rien \u00e0 travers l\u2019image d\u2019un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1743,"featured_media":18527,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"","fifu_image_alt":"","footnotes":""},"categories":[73,53],"tags":[],"class_list":["post-18524","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-algerie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18524","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1743"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18524"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/18524\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18524"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=18524"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=18524"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}