{"id":185975,"date":"2026-05-11T17:17:12","date_gmt":"2026-05-11T21:17:12","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/pourquoi-macron-delocalise-son-dernier-sommet-afrique-france-a-nairobi\/"},"modified":"2026-05-11T17:17:12","modified_gmt":"2026-05-11T21:17:12","slug":"pourquoi-macron-delocalise-son-dernier-sommet-afrique-france-a-nairobi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/pourquoi-macron-delocalise-son-dernier-sommet-afrique-france-a-nairobi\/","title":{"rendered":"Pourquoi Macron d\u00e9localise son dernier sommet Afrique-France \u00e0 Nairobi"},"content":{"rendered":"<p><strong>Fragilis\u00e9e sur le continent africain, notamment dans son ancien pr\u00e9-carr\u00e9 francophone o\u00f9 son influence s\u2019est consid\u00e9rablement \u00e9rod\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la France tentera de jouer la carte de la discr\u00e9tion \u00e0 Nairobi, les 11 et 12 mai. Pour la premi\u00e8re fois depuis la cr\u00e9ation des sommets Afrique-France en 1973, sous l\u2019impulsion de Georges Pompidou et de L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor, cette grand-messe diplomatique se tiendra dans un pays anglophone, le Kenya.<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est un sommet qui ressemble autant \u00e0 une tentative de relance diplomatique qu\u2019\u00e0 une op\u00e9ration de repositionnement strat\u00e9gique. Les 11 et 12 mai \u00e0 Nairobi, au Kenya, la France organise, avec les autorit\u00e9s k\u00e9nyanes, le sommet \u00ab Africa Forwards : partenariats entre l\u2019Afrique et la France pour l\u2019innovation et la croissance \u00bb. Derri\u00e8re les discours sur la jeunesse, l\u2019innovation, le financement du d\u00e9veloppement ou les diasporas, ce rendez-vous marque surtout un tournant politique : pour la premi\u00e8re fois depuis la cr\u00e9ation des sommets Afrique-France en 1973 sous l\u2019impulsion de Georges Pompidou et L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor, la France d\u00e9localise ce grand rendez-vous diplomatique dans un pays anglophone d\u2019Afrique de l\u2019Est.<\/p>\n<p>Le symbole est fort. Pendant des d\u00e9cennies, la relation franco-africaine s\u2019est construite autour du pr\u00e9 carr\u00e9 francophone, entre r\u00e9seaux politiques, coop\u00e9ration militaire, influence culturelle et int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques. Aujourd\u2019hui, ce socle s\u2019effrite \u00e0 grande vitesse. Le Sahel s\u2019est referm\u00e9 sur Paris. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont tourn\u00e9 la page fran\u00e7aise. D\u2019autres capitales africaines, plus discr\u00e8tement, cherchent elles aussi \u00e0 diversifier leurs alliances strat\u00e9giques. Dans ce contexte, Nairobi appara\u00eet comme une tentative d\u2019ouverture vers une autre Afrique : celle des \u00e9conomies anglophones, des hubs technologiques, des march\u00e9s financiers \u00e9mergents et des nouvelles classes entrepreneuriales.<\/p>\n<p>Pour Emmanuel Macron, ce sommet poss\u00e8de \u00e9galement une dimension personnelle et politique. Dix ans apr\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e, il s\u2019agit de son dernier sommet Afrique-France. Un cycle se referme. Depuis son discours de Ouagadougou en 2017, o\u00f9 il promettait de b\u00e2tir une relation \u00ab d\u00e9complex\u00e9e \u00bb avec le continent, le pr\u00e9sident fran\u00e7ais n\u2019a cess\u00e9 d\u2019affirmer vouloir rompre avec les pratiques h\u00e9rit\u00e9es de la Fran\u00e7afrique. Pourtant, malgr\u00e9 les d\u00e9clarations, les perceptions africaines ont rarement \u00e9t\u00e9 aussi critiques vis-\u00e0-vis de Paris. Entre accusations d\u2019ing\u00e9rence, rejet militaire, perte d\u2019influence \u00e9conomique et concurrence agressive de nouvelles puissances comme la Chine, la Turquie, les \u00c9mirats arabes unis ou la Russie, la France donne aujourd\u2019hui l\u2019image d\u2019un acteur en recul sur un continent qu\u2019elle consid\u00e9rait longtemps comme son espace d\u2019influence privil\u00e9gi\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi I\u00a0<a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/en-france-les-etudiants-etrangers-inquiets-face-a-la-hausse-des-frais-universitaires-319544\/#:~:text=ENSEIGNEMENT-,En%20France%2C%20les%20%C3%A9tudiants%20%C3%A9trangers%20inquiets%20face%20%C3%A0%20la%20hausse%20des%20frais%20universitaires,-written%20by%20Challenge\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">En France, les \u00e9tudiants \u00e9trangers inquiets face \u00e0 la hausse des frais universitaires<\/a><\/strong><\/p>\n<p>Le choix du Kenya n\u2019est d\u2019ailleurs pas anodin. Nairobi est devenue, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, l\u2019une des capitales diplomatiques et \u00e9conomiques majeures du continent. Centre financier r\u00e9gional, hub technologique, si\u00e8ge de nombreuses agences internationales, la ville attire d\u00e9sormais les grandes puissances qui cherchent \u00e0 red\u00e9finir leur pr\u00e9sence africaine. En choisissant cette sc\u00e8ne, Paris tente d\u2019envoyer un message : la France veut encore compter dans la nouvelle g\u00e9ographie \u00e9conomique et politique de l\u2019Afrique. \u00ab Le choix de Nairobi pour accueillir le dernier sommet Afrique\u2013France de la pr\u00e9sidence Macron traduit une inflexion strat\u00e9gique : fragilis\u00e9 dans une partie de son ancien pr\u00e9 carr\u00e9 francophone, le chef de l\u2019Etat cherche \u00e0 repositionner la France dans l\u2019aire anglophone en misant sur un pays dynamique et influent comme le Kenya. Cette d\u00e9cision illustre une volont\u00e9 de diversification, mais aussi une reconnaissance implicite de l\u2019\u00e9rosion de son influence traditionnelle \u00bb, nous confirme l\u2019expert en gouvernance publique Michel Vialatte.<\/p>\n<p><strong>Point d\u2019ancrage du Reset Afrique France \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Officiellement, \u00ab Africa Forwards \u00bb doit illustrer une nouvelle dynamique entre la France et le continent africain. L\u2019\u00c9lys\u00e9e parle d\u2019un partenariat fond\u00e9 sur l\u2019investissement, l\u2019innovation, la jeunesse et la croissance inclusive. La journ\u00e9e du 11 mai, baptis\u00e9e \u00ab Inspire and Connect \u00bb, doit accueillir pr\u00e8s de 1 500 op\u00e9rateurs \u00e9conomiques lors d\u2019un grand forum d\u2019affaires. Les discussions doivent ensuite se poursuivre autour de l\u2019emploi des jeunes, du sport, des diasporas africaines ou encore des nouvelles formes de financement du d\u00e9veloppement. Le lendemain, les chefs d\u2019\u00c9tat et les institutions internationales aborderont les grands enjeux \u00e9conomiques mondiaux, avec en ligne de mire la pr\u00e9paration du prochain sommet du G7 qu\u2019accueillera la France \u00e0 \u00c9vian en juin.<\/p>\n<p>Une vingtaine de dirigeants africains sont attendus \u00e0 Nairobi. Parmi eux figurent notamment Alassane Ouattara, Bassirou Diomaye Faye, Bola Tinubu, John Dramani Mahama, Faure Gnassingb\u00e9, Isma\u00efl Omar Guelleh, Mahamat Idriss D\u00e9by ou encore Paul Kagame. Le nouveau pr\u00e9sident b\u00e9ninois Romuald Wadagni devrait \u00e9galement effectuer l\u2019une de ses premi\u00e8res grandes sorties diplomatiques apr\u00e8s son \u00e9lection r\u00e9cente.<\/p>\n<p>Mais derri\u00e8re cette vitrine diplomatique, les fragilit\u00e9s fran\u00e7aises apparaissent clairement. Car si Paris tente d\u2019afficher un partenariat renouvel\u00e9 avec l\u2019Afrique, la r\u00e9alit\u00e9 g\u00e9opolitique raconte une autre histoire. Jamais depuis plusieurs d\u00e9cennies la pr\u00e9sence fran\u00e7aise n\u2019a \u00e9t\u00e9 aussi contest\u00e9e sur le continent.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi |\u00a0<a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/comprendre-larrivee-dun-diplomate-a-la-tete-de-lafd-319733\/#:~:text=COOP%C3%89RATION-,Comprendre%20l%E2%80%99arriv%C3%A9e%20d%E2%80%99un%20diplomate%20%C3%A0%20la%20t%C3%AAte%20de%20l%E2%80%99AFD%E2%80%A6,-written%20by%20Ismail\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Comprendre l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un diplomate \u00e0 la t\u00eate de l\u2019AFD\u2026<\/a><\/strong><\/p>\n<p>Le recul militaire constitue probablement le symbole le plus visible de cette perte d\u2019influence. Chass\u00e9e du Mali, pouss\u00e9e vers la sortie au Burkina Faso puis au Niger, la France a vu son dispositif s\u00e9curitaire sah\u00e9lien s\u2019effondrer en quelques ann\u00e9es. M\u00eame dans des pays historiquement proches de Paris, le climat a chang\u00e9. Le S\u00e9n\u00e9gal, la C\u00f4te d\u2019Ivoire ou encore le Tchad ont engag\u00e9 des discussions autour de la r\u00e9duction, de la r\u00e9organisation ou de la r\u00e9trocession des bases fran\u00e7aises. Le partenariat militaire fran\u00e7ais, longtemps pr\u00e9sent\u00e9 comme le pilier de la stabilit\u00e9 r\u00e9gionale, est d\u00e9sormais per\u00e7u par une partie des opinions publiques africaines comme l\u2019incarnation d\u2019une relation d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e h\u00e9rit\u00e9e du pass\u00e9 colonial.<\/p>\n<p>Cette contestation d\u00e9passe largement le seul terrain s\u00e9curitaire. Dans de nombreuses capitales africaines, la France souffre aujourd\u2019hui d\u2019un d\u00e9ficit d\u2019image profond. Les r\u00e9seaux sociaux, les m\u00e9dias alternatifs et les mouvements panafricanistes ont progressivement impos\u00e9 un r\u00e9cit beaucoup plus critique de la pr\u00e9sence fran\u00e7aise. Les accusations de n\u00e9ocolonialisme, autrefois marginales, occupent d\u00e9sormais le c\u0153ur du d\u00e9bat public africain. \u00c0 Nairobi, plusieurs organisations et mouvements politiques ont pr\u00e9vu des manifestations ainsi qu\u2019un contre-sommet pour d\u00e9noncer ce qu\u2019ils consid\u00e8rent comme une op\u00e9ration de recyclage de l\u2019influence fran\u00e7aise sous une nouvelle appellation.<\/p>\n<p>La difficult\u00e9 fran\u00e7aise est aussi \u00e9conomique. Pendant longtemps, Paris pouvait encore s\u2019appuyer sur ses grandes entreprises, ses banques et ses groupes industriels pour maintenir son influence. Ce levier s\u2019affaiblit lui aussi. Les \u00e9changes commerciaux entre la France et l\u2019Afrique subsaharienne reculent continuellement depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es. Aujourd\u2019hui, l\u2019ensemble des 48 pays d\u2019Afrique subsaharienne ne repr\u00e9sente plus qu\u2019une part marginale du commerce ext\u00e9rieur fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Plus inqui\u00e9tant encore pour Paris : les grandes banques fran\u00e7aises quittent progressivement le continent. BNP Paribas, Cr\u00e9dit Agricole ou Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale ont engag\u00e9 depuis plusieurs ann\u00e9es des op\u00e9rations de retrait ou de cession. La vente en cours de la filiale camerounaise de la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale illustre cette tendance. Or, sans banques, les groupes fran\u00e7ais perdent un outil essentiel de financement et d\u2019accompagnement de leurs investissements africains. Pendant ce temps, d\u2019autres acteurs avancent rapidement : banques marocaines, groupes \u00e9miratis, fonds chinois ou investisseurs turcs prennent position sur des march\u00e9s autrefois domin\u00e9s par les int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi |\u00a0<a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/christophe-lecourtier-aux-commandes-de-lagence-francaise-de-developpement-319174\/#:~:text=NOMINATION-,Christophe%20Lecourtier%20aux%20commandes%20de%20l%E2%80%99Agence%20fran%C3%A7aise%20de%20d%C3%A9veloppement,-written%20by%20Challenge\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Christophe Lecourtier aux commandes de l\u2019Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement<\/a><\/strong><\/p>\n<p>Le cas k\u00e9nyan illustre parfaitement cette recomposition des rapports de force. Selon plusieurs sources sp\u00e9cialis\u00e9es, le groupe fran\u00e7ais Vinci, soutenu par le fonds Meridiam, aurait perdu un gigantesque projet autoroutier de 1,5 milliard de dollars reliant Nairobi \u00e0 la vall\u00e9e du Rift. Initialement attribu\u00e9 au consortium fran\u00e7ais en 2019, le contrat a finalement \u00e9t\u00e9 r\u00e9orient\u00e9 vers la Chine. P\u00e9kin aurait conditionn\u00e9 le prolongement du chemin de fer Nairobi-Mombasa \u00e0 cette r\u00e9attribution strat\u00e9gique. Cette s\u00e9quence r\u00e9sume \u00e0 elle seule le nouveau rapport de force africain : d\u00e9sormais, la comp\u00e9tition se joue \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale et la France n\u2019est plus en position dominante.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9, Paris tente donc de reconstruire une nouvelle narration africaine. Le sommet de Nairobi doit permettre \u00e0 Emmanuel Macron de montrer que la France demeure un partenaire cr\u00e9dible sur les questions climatiques, technologiques, entrepreneuriales et financi\u00e8res. La pr\u00e9sence des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile, notamment celle du Conseil International de Dialogue et de Partenariat (CIDP), participe aussi \u00e0 cette strat\u00e9gie. Paris cherche \u00e0 contourner les critiques traditionnelles adress\u00e9es \u00e0 la diplomatie d\u2019\u00c9tat en misant davantage sur les entrepreneurs, les jeunes leaders, les diasporas et les r\u00e9seaux associatifs.<\/p>\n<p>Mais cette strat\u00e9gie suffira-t-elle ? Beaucoup en doutent. Car le probl\u00e8me fran\u00e7ais en Afrique d\u00e9passe d\u00e9sormais la simple communication politique. Il touche \u00e0 la nature m\u00eame de la relation entre Paris et le continent. L\u2019Afrique d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019est plus celle des ann\u00e9es 1990 ou 2000. Elle n\u00e9gocie davantage, diversifie ses alliances et refuse de d\u00e9pendre d\u2019un seul partenaire. Les anciennes puissances occidentales doivent d\u00e9sormais composer avec une Afrique plus souveraine, plus connect\u00e9e et beaucoup plus exigeante.<\/p>\n<p>\u00c0 Nairobi, Emmanuel Macron tentera donc probablement moins de reconqu\u00e9rir l\u2019Afrique que de sauver ce qu\u2019il reste encore de l\u2019influence fran\u00e7aise dans un continent devenu l\u2019un des principaux terrains de comp\u00e9tition g\u00e9opolitique mondiale. Derri\u00e8re les discours sur l\u2019innovation et la croissance, c\u2019est bien cette bataille d\u2019influence qui se jouera durant ces deux journ\u00e9es k\u00e9nyanes. \u00ab En s\u2019ouvrant \u00e0 l\u2019Afrique anglophone, Paris tente de r\u00e9\u00e9quilibrer ses partenariats, en sachant que le Royaume-Uni, fort de son r\u00e9seau du Commonwealth, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 prospecter en zone francophone \u2013 comme en t\u00e9moignent les cas du Togo et du Gabon, membres \u00e0 la fois de l\u2019OIF (dont l\u2019actuelle directrice g\u00e9n\u00e9rale est d\u2019ailleurs issue d\u2019un pays anglophone, le Rwanda !) et du Commonwealth. Ce pari comporte n\u00e9anmoins un risque : celui d\u2019inciter Londres, alli\u00e9e historique de Washington, \u00e0 intensifier son implantation dans l\u2019espace francophone au d\u00e9triment des int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais. \u00bb, alterte Vialatte,<\/p>\n<p><strong>CMA CGM : le bras logistique du retour \u00e9conomique fran\u00e7ais en Afrique<\/strong><\/p>\n<p>Longtemps associ\u00e9e \u00e0 sa pr\u00e9sence militaire et diplomatique, la France tente d\u00e9sormais de reconstruire son influence africaine autour de ses grands groupes priv\u00e9s. Dans cette strat\u00e9gie de red\u00e9ploiement \u00e9conomique port\u00e9e par Emmanuel Macron, CMA CGM occupe une place centrale.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi I\u00a0<a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/mission-francaise-periscope-dune-tragedie-financiere-316611\/#:~:text=EDUCATION-,Mission%20fran%C3%A7aise%3A%20p%C3%A9riscope%20d%E2%80%99une%20trag%C3%A9die%20financi%C3%A8re,-written%20by%20Ismail\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Mission fran\u00e7aise: p\u00e9riscope d\u2019une trag\u00e9die financi\u00e8re<\/a><\/strong><\/p>\n<p>Le g\u00e9ant fran\u00e7ais du transport maritime, dirig\u00e9 par Rodolphe Saad\u00e9, acc\u00e9l\u00e8re son implantation sur le continent \u00e0 un moment o\u00f9 Paris cherche \u00e0 pr\u00e9server ses positions \u00e9conomiques face \u00e0 la mont\u00e9e en puissance de la Chine, de la Turquie, des \u00c9mirats arabes unis ou encore des groupes marocains. Pr\u00e9sent en Afrique depuis plus de cinquante ans, CMA CGM ne se contente plus du transport maritime : le groupe investit d\u00e9sormais dans les terminaux portuaires, les infrastructures logistiques, les hubs r\u00e9gionaux, l\u2019innovation et m\u00eame les m\u00e9dias.<\/p>\n<p>L\u2019inauguration r\u00e9cente du bureau r\u00e9gional Afrique \u00e0 Abidjan marque une \u00e9tape strat\u00e9gique majeure. En transf\u00e9rant depuis Marseille le pilotage de ses op\u00e9rations subsahariennes, le groupe envoie un signal clair : l\u2019Afrique n\u2019est plus un simple march\u00e9 p\u00e9riph\u00e9rique mais un centre n\u00e9vralgique de sa croissance future. Ce repositionnement intervient alors que les cha\u00eenes logistiques mondiales se redessinent et que les ports africains deviennent des points d\u2019entr\u00e9e strat\u00e9giques pour le commerce international.<\/p>\n<p>\u00c0 Nairobi, en marge du sommet Africa Forward, la signature d\u2019un partenariat entre CMA CGM et le Kenya pour accompagner l\u2019expansion du port de Mombasa illustre cette nouvelle offensive fran\u00e7aise. Derri\u00e8re cet accord se joue une bataille d\u2019influence \u00e9conomique beaucoup plus large. Le contr\u00f4le des corridors logistiques, des ports et des infrastructures de transport est devenu l\u2019un des principaux leviers de puissance en Afrique. Dans cette comp\u00e9tition, Paris cherche d\u00e9sormais \u00e0 avancer via ses champions priv\u00e9s plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 travers les instruments classiques de la Fran\u00e7afrique.<\/p>\n<p>CMA CGM mise sur le commerce, la logistique, les infrastructures et l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me entrepreneurial. \u00c0 travers ZEBOX Africa &amp; Middle East, le groupe investit \u00e9galement dans les startups et l\u2019innovation logistique, tandis que ses investissements dans Brut Afrique et La Tribune Afrique traduisent une volont\u00e9 d\u2019influence plus large, m\u00ealant \u00e9conomie, information et image.<\/p>\n<p>Cette strat\u00e9gie r\u00e9pond \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 simple : la France a perdu une partie de son pouvoir politique sur le continent, mais elle tente encore de conserver un poids \u00e9conomique dans des secteurs jug\u00e9s strat\u00e9giques. Les infrastructures portuaires, le transport maritime et les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement sont aujourd\u2019hui au c\u0153ur de cette reconqu\u00eate silencieuse.<\/p>\n<p>Auteur: Ismail Saraoui<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/pourquoi-macron-delocalise-son-dernier-sommet-afrique-france-a-nairobi-320167\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fragilis\u00e9e sur le continent africain, notamment dans son ancien pr\u00e9-carr\u00e9 francophone o\u00f9 son influence s\u2019est consid\u00e9rablement \u00e9rod\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la France tentera de jouer la carte de la discr\u00e9tion \u00e0 Nairobi, les 11 et 12 mai. 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