{"id":186095,"date":"2026-05-13T17:01:54","date_gmt":"2026-05-13T21:01:54","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/document-ahmed-ounaies-soixante-dixieme-anniversaire-du-ministere-des-affaires-etrangeres\/"},"modified":"2026-05-13T17:01:54","modified_gmt":"2026-05-13T21:01:54","slug":"document-ahmed-ounaies-soixante-dixieme-anniversaire-du-ministere-des-affaires-etrangeres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/document-ahmed-ounaies-soixante-dixieme-anniversaire-du-ministere-des-affaires-etrangeres\/","title":{"rendered":"Document \u2013 Ahmed Ouna\u00efes: Soixante-dixi\u00e8me anniversaire du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res"},"content":{"rendered":"<p><strong>A l\u2019invitation de l\u2019Association tunisienne des anciens ambassadeurs et consuls g\u00e9n\u00e9raux, l\u2019ambassadeur Ahmed Ouna\u00efes a retrac\u00e9, dans la conf\u00e9rence suivante, l\u2019historique de la diplomatie tunisienne, \u00e0 l\u2019occasion de la c\u00e9l\u00e9bration du 70\u00e8me anniversaire du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res.<br \/>Texte int\u00e9gral.<\/strong><\/p>\n<p><span><span><em><strong>Par Ahmed Ouna\u00efes &#8211;<\/strong><\/em><\/span><\/span> Le 3 mai 2026 marque le 70e anniversaire du r\u00e9tablissement du Minist\u00e8re des Affaires Etrang\u00e8res et du Minist\u00e8re de la D\u00e9fense Nationale. Deux D\u00e9crets \u00e9taient publi\u00e9s le 3 mai 1956 \u00e0 cette fin. La Tunisie s\u2019\u00e9tait en effet dessaisie des deux attributions au profit de la France au lendemain de la signature du Trait\u00e9 de Protectorat. Je voudrais situer cette date dans son contexte pour mieux illustrer la port\u00e9e de ces D\u00e9crets symboliques.<\/p>\n<p>Le D\u00e9cret du 3 mai 1956 stipule en son Article 1<sup>er<\/sup>: \u00abLe Minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res est r\u00e9tabli\u00bb. Le r\u00e9tablissement renvoie d\u2019abord \u00e0 la date de l\u2019institution du Minist\u00e8re, 96 ans auparavant, en 1860. Aujourd\u2019hui, \u00e0 la date de 2026, <strong>l\u2019institution compte 166 ans<\/strong>, tandis que <strong>la fonction de Ministre<\/strong>, en tant que telle, remonte \u00e0 1837, soit 189 ans. Le 3 mai renvoie aussi \u00e0 la date o\u00f9 le Minist\u00e8re \u00e9tait d\u00e9volu au R\u00e9sident G\u00e9n\u00e9ral de France, le 9 juin 1881, date \u00e0 laquelle Sadok Bey, en vertu du Trait\u00e9 du Bardo, transf\u00e8re par D\u00e9cret les attributions du Minist\u00e8re des Affaires Etrang\u00e8res au Ministre Pl\u00e9nipotentiaire de France r\u00e9sidant \u00e0 Tunis.<\/p>\n<p>Rappelons qu\u2019Ahmed Bey (1837-1855) avait, le premier, nomm\u00e9 au rang de Ministre des Affaires Etrang\u00e8res Joseph Raffo, lequel avait auparavant occup\u00e9 la fonction de <strong>Conseiller pour les affaires \u00e9trang\u00e8res<\/strong> aupr\u00e8s de Hussein Bey (1824-1835), puis de Mustapha Bey (1835-1837). Mustapha Bey, le p\u00e8re d\u2019Ahmed Bey (1837-1855), \u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 la s\u0153ur de Joseph Raffo, sujet d\u2019origine italienne, n\u00e9 \u00e0 Tunis. Raffo est le premier titulaire du rang de Ministre des Affaires Etrang\u00e8res de la Tunisie, rang qu\u2019il occupe durant 22 ans, depuis l\u2019av\u00e8nement d\u2019Ahmed Bey en 1837 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019av\u00e8nement de Sadok Bey en 1859.<\/p>\n<p>Au d\u00e9part, le noyau de l\u2019institution est un Secr\u00e9tariat install\u00e9 \u00e0 Dar el-Bey, si\u00e8ge du Premier Minist\u00e8re, et compos\u00e9 d\u2019une dizaine d\u2019agents charg\u00e9s de la traduction, \u00e0 partir de l\u2019arabe ou vers l\u2019arabe, de cinq autres langues : le turc, l\u2019italien, le fran\u00e7ais, l\u2019anglais et l\u2019espagnol.<\/p>\n<p>C\u2019est Sadok Bey qui fonde <strong>le Minist\u00e8re en tant qu\u2019Institution<\/strong> et qui d\u00e9finit ses attributions, par un D\u00e9cret dat\u00e9 27 f\u00e9vrier 1860 (5 Chaabane 1276). Le Minist\u00e8re est aussit\u00f4t rattach\u00e9 au Premier Minist\u00e8re. Sous le r\u00e8gne de Sadok Bey, le Premier Ministre Mustapha Khaznadar cumule ses fonctions avec celles de <strong>Ministre des Affaires Etrang\u00e8res<\/strong> et de Ministre de la Marine.<\/p>\n<p>A ce titre, Mustapha Khaznadar avait nomm\u00e9 le G\u00e9n\u00e9ral Mohamed Baccouche <strong>Conseiller charg\u00e9 des Affaires Etrang\u00e8res<\/strong>. Le G\u00e9n\u00e9ral Baccouche, occupera cette fonction jusqu\u2019au 9 juin 1881, date \u00e0 laquelle Sadok Bey, en vertu du Trait\u00e9 du Bardo, transf\u00e8re par D\u00e9cret les attributions du Minist\u00e8re des Affaires Etrang\u00e8res au Ministre Pl\u00e9nipotentiaire de France r\u00e9sidant \u00e0 Tunis, Th\u00e9odore Roustan.<\/p>\n<p>Le G\u00e9n\u00e9ral Mohamed Baccouche est le p\u00e8re de Slaheddine Baccouche, qui fut nomm\u00e9 Premier Ministre par Lamine Bey, le jour de son investiture, le 15 mai 1943, quand il avait succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Moncef Bey.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p><strong>Historiquement<\/strong>, l\u2019activit\u00e9 baptis\u00e9e \u2018\u2019Affaires \u00e9trang\u00e8res\u2019\u2019 prenait une part croissante en Europe au cours du XIXe si\u00e8cle, apr\u00e8s la Conf\u00e9rence de Vienne de 1814-1815. Les missions diplomatiques s\u2019\u00e9taient alors multipli\u00e9es et diversifi\u00e9es en Europe et en M\u00e9diterran\u00e9e. L\u2019historien Mongi Smida mentionne une vingtaine de postes consulaires tunisiens en 1850, vers la fin du r\u00e8gne d\u2019Ahmed Bey.<\/p>\n<p>En outre, six Ambassadeurs et charg\u00e9s de mission tunisiens s\u2019\u00e9taient distingu\u00e9s au cours du XIXe si\u00e8cle : Slimane Malamalli, premier Ambassadeur de Tunisie, d\u00e9p\u00each\u00e9 par Hamouda Pacha en d\u00e9cembre 1805 aupr\u00e8s du Pr\u00e9sident des Etats-Unis d\u2019Am\u00e9rique, Thomas Jefferson. D\u2019autres missions, dict\u00e9es notamment par l\u2019invasion de l\u2019Alg\u00e9rie en 1830, \u00e9taient assum\u00e9es dans des capitales d\u2019Europe et d\u2019Orient par Othman Hachem, Mohamed Jallouli, Khayreddine Pacha, le G\u00e9n\u00e9ral Hussein et le G\u00e9n\u00e9ral Mohamed Baccouche.<\/p>\n<p><strong>Le D\u00e9cret du 3 mai 1956<\/strong> renvoie \u00e9galement \u00e0 un contexte particulier. En vertu du Protocole du 20 mars 1956, la reconnaissance de l\u2019ind\u00e9pendance et l\u2019abolition du Trait\u00e9 du Bardo suffisaient <strong>en principe<\/strong> pour restituer \u00e0 la Tunisie ipso facto l\u2019ensemble des attributs de la souverainet\u00e9. <strong>En fait<\/strong>, l\u2019exercice de la souverainet\u00e9 ext\u00e9rieure \u00e9tait express\u00e9ment subordonn\u00e9, aux termes du Protocole du 20 mars 1956, \u00e0 un nouvel accord avec la France, sachant que la Convention sign\u00e9e dix mois auparavant \u2013 <strong>la Convention d\u2019Autonomie interne du 3 juin 1955<\/strong> \u2013 statuait (Article 4) \u00ab le maintien, dans le domaine des affaires ext\u00e9rieures, de toutes les dispositions en vigueur en l\u2019absence de modification, d\u2019abrogation ou d\u2019un nouvel acte international \u00bb. Le Protocole pr\u00e9conise que \u00abcelles des dispositions des Conventions du 3 juin 1955 qui seraient en contradiction avec le nouveau statut de la Tunisie, Etat ind\u00e9pendant et souverain, seraient modifi\u00e9es ou abrog\u00e9es\u00bb. De ce fait, une nouvelle n\u00e9gociation s\u2019imposait afin d\u2019abroger cette disposition<span><sup><strong>(1)<\/strong><\/sup><\/span>.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p><strong>Quant \u00e0 la D\u00e9fense,<\/strong> le probl\u00e8me tient moins \u00e0 l\u2019institution de l\u2019arm\u00e9e nationale tunisienne qu\u2019\u00e0 l\u2019imp\u00e9ratif d\u2019\u00e9vacuation des troupes fran\u00e7aises, bas\u00e9es dans des casernes implant\u00e9es de bout en bout de la Tunisie et dont les effectifs avaient \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9s en 1954, apr\u00e8s le retrait des forces fran\u00e7aises du Vietnam et apr\u00e8s le d\u00e9clenchement de la R\u00e9volution alg\u00e9rienne.<\/p>\n<p>Ce contexte a dict\u00e9, d\u00e8s l\u2019investiture du Gouvernement Bourguiba le 11 avril 1956, une strat\u00e9gie politique particuli\u00e8re, dans un climat tendu entre la Tunisie et la France du fait de l\u2019engagement de la Tunisie avec la R\u00e9volution alg\u00e9rienne. En outre, la lutte pour l\u2019\u00e9vacuation avait pris sept ans, jusqu\u2019au 15 octobre 1963, date de l\u2019\u00e9vacuation de l\u2019ultime base, celle de Bizerte.<\/p>\n<p>Par calcul, Habib Bourguiba rattachait \u00e0 sa qualit\u00e9 de Premier Ministre les titres de Ministre des Affaires Etrang\u00e8res et de Ministre de la D\u00e9fense. Ainsi affirmait-il d\u2019embl\u00e9e la r\u00e9cup\u00e9ration des attributs de la souverainet\u00e9. L\u2019acte est suivi d\u2019une s\u00e9rie de faits accomplis destin\u00e9s \u00e0 forcer l\u2019Accord formel avec la France, qui fut conclu trois mois plus tard, le 20 juin 1956. Les d\u00e9crets du 3 mai participent de ce calcul.\u00a0 \u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Le 24 avril 1956, d\u00e8s la formation de son gouvernement, Habib Bourguiba recevait <strong>le corps consulaire<\/strong> au si\u00e8ge du Premier Minist\u00e8re et d\u00e9clarait aux consuls sa volont\u00e9 d\u2019entretenir avec leurs pays \u00abdes relations d\u2019Etat ind\u00e9pendant \u00e0 Etat ind\u00e9pendant\u00bb; du 9 au 12 mai, il soul\u00e8ve \u00e0 Paris, avec Guy Mollet, Pr\u00e9sident du Conseil et Christian Pineau, Ministre des Affaires Etrang\u00e8res, la question de l\u2019exercice de la souverainet\u00e9 ext\u00e9rieure.<br \/>Dans l\u2019intervalle, trois faits changent la donne:<\/p>\n<p><span><strong>\u2022<\/strong><\/span> Le 10 mai, l\u2019OMS admettait la Tunisie comme Etat membre<span><sup><strong>(2)<\/strong><\/sup><\/span>;<\/p>\n<p><span><strong>\u2022<\/strong><\/span> Le 15 mai, Bourguiba re\u00e7oit le Consul des Etats-Unis qui lui communique la d\u00e9cision de Washington <strong>d\u2019\u00e9tablir des relations diplomatiques<\/strong> avec la Tunisie;<\/p>\n<p><span><strong>\u2022<\/strong><\/span> Le lendemain, 16 mai, les n\u00e9gociations s\u2019ouvrent \u00e0 Paris entre la Tunisie et la France au sujet de la politique ext\u00e9rieure ; elles n\u2019\u00e9taient pas encore conclues quand, le 12 juin, l\u2019OIT admettait \u00e0 son tour la Tunisie comme Etat membre.\u00a0 \u00a0<\/p>\n<p>Le t\u00eate-\u00e0-t\u00eate avec la France \u00e9tait d\u00e9pass\u00e9. La reconqu\u00eate de la souverainet\u00e9 ext\u00e9rieure s\u2019inscrivait peu \u00e0 peu dans les faits.\u00a0<\/p>\n<p><strong>Sur le fond<\/strong>, la position fran\u00e7aise subordonnait l\u2019Accord \u00e0 la conclusion d\u2019un <strong>Trait\u00e9 d\u2019alliance<\/strong> en mati\u00e8re de politique ext\u00e9rieure et de d\u00e9fense. La Tunisie, tactiquement, n\u2019en rejetait pas le principe, mais revendiquait la reconnaissance pr\u00e9alable des droits inh\u00e9rents \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance afin de pouvoir n\u00e9gocier en toute cr\u00e9dibilit\u00e9 un Trait\u00e9 de cette port\u00e9e avec la France.<\/p>\n<p>Il est clair que la pr\u00e9cipitation des faits accomplis, du c\u00f4t\u00e9 tunisien, et la crainte de la France que les Etats arabes n\u2019\u00e9tablissent aussit\u00f4t des relations diplomatiques avec la Tunisie, ont pouss\u00e9 la France \u00e0 h\u00e2ter la conclusion de l\u2019Accord sur la souverainet\u00e9 ext\u00e9rieure. Les deux facteurs d\u00e9cisifs ayant alors motiv\u00e9 la d\u00e9cision fran\u00e7aise \u00e9taient:<\/p>\n<p><span><strong>\u2022<\/strong><\/span> La mission du Dr Sadok Mokaddem dans sept capitales arabes. Dr Mokaddem, accompagn\u00e9 de Ta\u00efeb Slim, avait effectu\u00e9 la mission <strong>au cours du mois d\u2019avril<\/strong> dans le but de pr\u00e9ciser le contexte strat\u00e9gique du Maghreb, notamment la non \u00e9vacuation des bases fran\u00e7aises et la poursuite de la guerre de lib\u00e9ration nationale en Alg\u00e9rie;\u00a0<\/p>\n<p><span><strong>\u2022<\/strong><\/span> La fermet\u00e9 de Washington et de Londres qui ont <strong>nomm\u00e9 des Charg\u00e9s d\u2019Affaires les 5 et 7 juin,<\/strong> et qui ont rendu publique aux m\u00eames dates leur d\u00e9cision d\u2019\u00e9tablir des relations diplomatiques avec la Tunisie.\u00a0<br \/>En d\u00e9finitive, <strong>\u2018\u2019l\u2019Accord sur la repr\u00e9sentation diplomatique\u2019\u2019<\/strong> \u00e9tait sign\u00e9 le 20 juin 1956 \u00e0 Tunis par Habib Bourguiba et Roger Seydoux, Haut-Commissaire de France.<\/p>\n<p>Le 25 juin, les quatre premiers Ambassadeurs de Tunisie \u00e9taient nomm\u00e9s par D\u00e9crets et rejoignaient aussit\u00f4t leurs postes : Dr Sadok Mokaddem au Caire, Ta\u00efeb Sahbani \u00e0 Rabat, Ameur Mokni \u00e0 Tripoli et Ta\u00efeb Annabi \u00e0 Jedda. La veille, <strong>le 24 juin, le d\u00e9fil\u00e9 inaugural de l\u2019arm\u00e9e nationale tunisienne<\/strong> \u00e9tait organis\u00e9 Boulevard Gambetta \u2013 rebaptis\u00e9 <strong>le 22 octobre<\/strong> du nom de Mohamed V. Sur ce point, l\u2019objectif est atteint.\u00a0<br \/>Ainsi le r\u00e9tablissement du Minist\u00e8re des Affaires Etrang\u00e8res est-il affirm\u00e9 en quatre temps:<\/p>\n<p><span><strong>\u2022<\/strong><\/span> <strong>17 avril 1956<\/strong>, Habib Bourguiba r\u00e9ins\u00e9rait formellement le titre et la fonction lors de la proclamation du premier gouvernement de la Tunisie ind\u00e9pendante;<\/p>\n<p><span><strong>\u2022<\/strong><\/span> <strong>3 mai<\/strong>, le r\u00e9tablissement du Minist\u00e8re \u00e9tait formalis\u00e9 dans le corps de l\u2019Etat; le d\u00e9cret fixe quatre services distincts: le Cabinet du Ministre, le Secr\u00e9tariat G\u00e9n\u00e9ral, l\u2019Administration Centrale et les Services Ext\u00e9rieurs;\u00a0<\/p>\n<p><span><strong>\u2022<\/strong><\/span> <strong>5 mai<\/strong>, Khema\u00efs Hajeri est nomm\u00e9 Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral du Minist\u00e8re;<\/p>\n<p><span><strong>\u2022<\/strong><\/span> <strong>25 juin<\/strong>, les Services Ext\u00e9rieurs du Minist\u00e8re prenaient corps \u00e0 travers la d\u00e9signation des premiers Ambassadeurs.<\/p>\n<p><strong>Quant au fond,<\/strong> nous sommes conscients que la famille diplomatique tunisienne n\u2019est pas n\u00e9e de 1956 et que la doctrine de politique ext\u00e9rieure, \u00e0 cette date, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 form\u00e9e. Les hommes et les id\u00e9es qui ont fait la Tunisie moderne \u00e9taient forg\u00e9s dans les p\u00e9rip\u00e9ties de la lutte de lib\u00e9ration nationale.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Dix ans apr\u00e8s la fin de la II<sup>\u00e8me<\/sup> Guerre Mondiale et apr\u00e8s la cr\u00e9ation des Nations Unies et de la Ligue Arabe, une avant-garde de tunisiens, d\u00fbment avertis des forces et des faiblesses relatives du nouvel ordre international, avait d\u00e9j\u00e0 fr\u00e9quent\u00e9 les chancelleries d\u2019Europe, d\u2019Am\u00e9rique et d\u2019Asie et pratiqu\u00e9 les coulisses des grandes institutions internationales. Ces a\u00een\u00e9s n\u2019ont pas tous surv\u00e9cu, ils n\u2019ont pas tous cueilli le fruit du combat, mais ils ont contribu\u00e9 \u00e0 jeter les bases de la politique ext\u00e9rieure de la Tunisie moderne. Je ne saurais taire le m\u00e9rite de Habib Thameur et de Farhat Hached au cours de ces ann\u00e9es h\u00e9ro\u00efques o\u00f9 l\u2019histoire h\u00e9sitait, mais o\u00f9 les grandes \u00e2mes, au plus fort du combat, gardaient la foi et communiquaient la flamme, la flamme qui ne s\u2019\u00e9tait jamais \u00e9teinte.<\/p>\n<p>Soyons clairs: nous avons connu deux g\u00e9n\u00e9rations d\u2019hommes, reflets de deux g\u00e9n\u00e9rations conceptuelles. Les premiers \u00e9missaires tunisiens qui, \u00e0 partir de 1919, s\u2019effor\u00e7aient de plaider la cause nationale dans les capitales des pays islamiques et aupr\u00e8s des partis politiques lib\u00e9raux de France, \u00e9taient issus des rangs du <strong>Destour<\/strong> et tentaient de tirer parti de la politique du Pr\u00e9sident Wilson qui, face aux Etats europ\u00e9ens, plaidait le principe de l\u2019autod\u00e9termination des peuples. Cette premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration, \u00e0 laquelle se sont joints <strong>les premiers militants du communisme<\/strong> s\u00e9duits par l\u2019impact de la R\u00e9volution Russe et la naissance des partis communistes en Europe, eut le m\u00e9rite de transcender le t\u00eate-\u00e0-t\u00eate avec les pr\u00e9pond\u00e9rants de la colonisation dans le syst\u00e8me clos du Protectorat et de poser le probl\u00e8me national dans le monde de l\u2019entre-deux-guerres. Mais leur discours, domin\u00e9 par le pathos de <em><strong>La Tunisie Martyre<\/strong><\/em> ou le dogme de la R\u00e9volution Communiste, s\u2019\u00e9puisait dans les r\u00e9criminations et dans les gestes romantiques.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>La g\u00e9n\u00e9ration du <strong>N\u00e9o Destour<\/strong>, \u00e9mergeant dans les ann\u00e9es trente, a pris la mesure des besoins et des exigences du peuple de bout en bout de la Tunisie, et a pos\u00e9 le probl\u00e8me national dans le contexte de *la chute du dernier Empire musulman, de *l\u2019extension de la colonisation au Machrek*\u00a0et des premiers assauts en Palestine. Cette g\u00e9n\u00e9ration, qui con\u00e7oit la lutte populaire et qui assimile la dialectique de l\u2019adversaire, a pris la rel\u00e8ve et forc\u00e9 le destin.<\/p>\n<p>Sans succomber aux id\u00e9aux du communisme, elle \u00e9tait arm\u00e9e pour les vrais enjeux, loin de la mentalit\u00e9 nostalgique et des cat\u00e9gories du pass\u00e9. La g\u00e9n\u00e9ration des questionnements essentiels, des combats essentiels et du renouvellement des concepts essentiels. Cette g\u00e9n\u00e9ration d\u2019avant-garde a conduit la lutte \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la Tunisie. Ses \u00e9missaires en Am\u00e9rique, en Europe, en Asie et dans les capitales arabes ont eu le m\u00e9rite de jeter les bases de la diplomatie tunisienne. En vertu de cette diplomatie, nous avons acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance dans l\u2019accord et l\u2019amiti\u00e9 de la France.<\/p>\n<p>Je ne saurais manquer d\u2019\u00e9voquer leurs noms et d\u2019honorer la m\u00e9moire de ceux d\u2019entre eux qui nous ont quitt\u00e9: Bahi Ladgham \u00e0 New York, Jallouli Far\u00e8s \u00e0 Paris, Ahmed Ben Salah \u00e0 Bruxelles, Ali Ben Salem \u00e0 Stockholm, Habib Thameur puis Salah Ben Youssef et Hamadi Badra au Caire, Ali Balahwan \u00e0 Bagdad, Youssef Rouissi \u00e0 Damas, Ta\u00efeb Slim \u00e0 Delhi, Rachid Driss \u00e0 Karachi, Tahar Amira \u00e0 Jakarta<span><sup><strong>(3)<\/strong><\/sup><\/span>. Ils m\u00e9ritent notre respect et notre reconnaissance. Ils ont servi la patrie dans des conditions s\u00e9v\u00e8res. Ils ont trac\u00e9 la voie. C\u2019est avec fiert\u00e9 et \u00e9motion que nous les avons c\u00f4toy\u00e9s, au si\u00e8ge de Dar El Bey, au cours du premier \u00e2ge d\u2019or de notre Minist\u00e8re.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la <strong>doctrine de politique \u00e9trang\u00e8re<\/strong>, je tiens \u00e0 esquisser ses grandes lignes. Quelles sont nos constantes?<\/p>\n<p><span><strong>1.<\/strong><\/span> Tout d\u2019abord, le principe de la Tunisie territoriale, Etat ind\u00e9pendant et souverain, dans des fronti\u00e8res d\u00e9finies;<\/p>\n<p><span><strong>2.<\/strong><\/span> Notre politique ext\u00e9rieure, qualifi\u00e9e \u00e0 tort comme acquise \u00e0 la doctrine du r\u00e9alisme, se rattache r\u00e9solument \u00e0 <strong>la doctrine lib\u00e9rale<\/strong>. Si Habib Bourguiba, dans sa d\u00e9marche, est partisan de la politique des \u00e9tapes, s\u2019il pratique la flexibilit\u00e9, le pragmatisme, la voie passante relativement au contexte r\u00e9el \u2013 ce sont ses termes \u2013 c\u2019est par souci de r\u00e9duire l\u2019obstacle dans le temps et de faire passer plus souplement les d\u00e9cisions difficiles. Telle est la m\u00e9thode. Quant au fond, sa conviction est que les relations internationales sont fond\u00e9es, en dernier ressort, non sur la force mais sur la rationalit\u00e9 et sur les principes. La politique de force n\u2019est qu\u2019apparemment efficace, elle est fondamentalement vaine et toujours pr\u00e9caire. Telle est la doctrine lib\u00e9rale.<\/p>\n<p><span><strong>3.<\/strong><\/span> Notre doctrine de politique ext\u00e9rieure est qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019ennemi permanent ni d\u2019alli\u00e9 permanent, tout est susceptible d\u2019\u00e9voluer en fonction du jugement de raison et de la supr\u00e9matie des principes. Dans notre lutte de lib\u00e9ration nationale, notre ennemi \u00e9tait le colonialisme, un ordre bas\u00e9 sur la force. Notre ennemi n\u2019\u00e9tait pas la France. Bien au contraire, nous invitions la France \u00e0 se concilier avec ses propres valeurs et \u00e0 se d\u00e9livrer elle-m\u00eame du colonialisme.<\/p>\n<p>La France d\u00e9barrass\u00e9e du colonialisme est plus forte et notre amiti\u00e9, bas\u00e9e d\u00e9sormais sur des principes commun\u00e9ment respect\u00e9s, est solide et sans tache. Il en est ainsi de tous les Etats. Des relations bas\u00e9es sur des principes sont s\u00fbres et durables, tandis que des relations bas\u00e9es sur la force sont al\u00e9atoires et constamment menac\u00e9es par une force ou une coalition plus puissante. L\u2019histoire nous enseigne que \u2018\u2019tout Empire p\u00e9rira\u2019\u2019.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p><span><strong>4.<\/strong><\/span> La Tunisie ind\u00e9pendante a poursuivi le combat pour <strong>l\u2019\u00e9vacuation des forces \u00e9trang\u00e8res<\/strong>. C\u2019est en juin 1958 que la d\u00e9cision commune d\u2019\u00e9vacuation des bases fran\u00e7aises, \u00e0 l\u2019exception de la base navale de Bizerte, \u00e9tait convenue entre la Tunisie et la France. Cette victoire a repr\u00e9sent\u00e9 une \u00e9tape d\u00e9cisive permettant la lib\u00e9ration de nos territoires et l\u2019approvisionnement ais\u00e9 et syst\u00e9matique en armes de la r\u00e9sistance alg\u00e9rienne. Nous devons cette victoire \u00e0 Mongi Slim qui, au lendemain de l\u2019attaque de Sakiet Sidi Youssef, avait r\u00e9ussi \u00e0 engager les Etats-Unis et la Grande Bretagne dans un processus de <strong>Bons Offices<\/strong> entre la Tunisie et la France, pr\u00e9cipitant la d\u00e9cision de d\u00e9gagement de la France qui, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, conservait un commandement dans le Sud, bas\u00e9 \u00e0 Gab\u00e8s.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019\u00e9vacuation de la base de Bizerte, qui nous a co\u00fbt\u00e9 trois ans plus tard un affrontement sanglant, elle \u00e9tait acquise apr\u00e8s une bataille diplomatique o\u00f9 Mongi Slim obtenait, en conclusion d\u2019une session extraordinaire de l\u2019Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale, le <strong>vote historique de 66 voix contre z\u00e9ro<\/strong>, un vote unique dans les annales des Nations Unies. Mongi Slim, un mois plus tard, en septembre 1961, \u00e9tait \u00e9lu Pr\u00e9sident de la XVIe session de l\u2019Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale, par 90 voix contre z\u00e9ro, au scrutin secret.<\/p>\n<p><span><strong>5.<\/strong><\/span> La Tunisie ind\u00e9pendante a tent\u00e9 d\u2019organiser <strong>le premier Sommet Maghr\u00e9bin<\/strong> de l\u2019histoire, avec Mohamed V et les dirigeants du Front de Lib\u00e9ration Nationale de l\u2019Alg\u00e9rie, dans le but d\u2019interc\u00e9der aupr\u00e8s de la France afin de mettre fin \u00e0 la guerre d\u2019Alg\u00e9rie au moyen de la n\u00e9gociation. Le d\u00e9tournement par l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise d\u2019Alg\u00e9rie de l\u2019avion qui, le 22 octobre 1956, transportait les leaders alg\u00e9riens de Rabat vers Tunis, a frustr\u00e9 l\u2019initiative. La guerre se poursuivra encore six ans avant d\u2019\u00eatre surmont\u00e9e\u2026 par la voie de la n\u00e9gociation.<\/p>\n<p><span><strong>6.<\/strong><\/span> La Tunisie ind\u00e9pendante n\u2019est jamais, \u00e0 ce jour, entr\u00e9e en guerre; elle a constamment fait pr\u00e9valoir le principe du r\u00e8glement pacifique et le respect de la l\u00e9galit\u00e9 internationale. C\u2019est dans cet esprit qu\u2019elle a poursuivi la lutte pour la d\u00e9colonisation et pour l\u2019\u00e9limination de l\u2019apartheid, pour la pr\u00e9servation des droits du peuple palestinien et la reconnaissance de son Etat et de sa capitale J\u00e9rusalem, en admettant le principe du partage du territoire Palestinien.<\/p>\n<p><span><strong>7.<\/strong><\/span> La Tunisie ne s\u2019est jamais d\u00e9rob\u00e9e au <strong>devoir de fraternit\u00e9<\/strong>. Elle a accueilli le Gouvernement Provisoire de la R\u00e9publique Alg\u00e9rienne d\u00e8s sa cr\u00e9ation en septembre 1958 jusqu\u2019\u00e0 son entr\u00e9e triomphale dans l\u2019Alg\u00e9rie ind\u00e9pendante en juillet 1962. C\u2019est \u00e0 la demande unanime des pays fr\u00e8res que la Tunisie a accueilli en septembre 1982 la direction Palestinienne jusqu\u2019\u00e0 son retour historique en territoire palestinien, en juillet 1994, dans la reconnaissance de ses droits et de sa dignit\u00e9. C\u2019est \u00e9galement \u00e0 la demande des pays fr\u00e8res que nous avons accueillis pendant plus de dix ans le Secr\u00e9tariat G\u00e9n\u00e9ral de la Ligue des Etats Arabes.<\/p>\n<p><strong>La vocation de la Tunisie<\/strong> est d\u2019\u00e9difier un mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 arabe d\u00e9mocratique = telle est l\u2019essence de l\u2019avant-garde tunisienne de tout temps. Cette vocation nous expose certes, mais nous avons foi dans cette gageure.<\/p>\n<p>Le g\u00e9nie distinctif de la Tunisie est d\u2019avoir vaincu l\u2019adversit\u00e9 non par la guerre, mais par la culture diplomatique. La grandeur de la Tunisie, son rayonnement et son cr\u00e9dit, nous les devons \u00e0 la politique de principe, \u00e0 l\u2019attachement aux valeurs et \u00e0 la qualit\u00e9 des hommes qui ont assum\u00e9 la haute responsabilit\u00e9 avec abn\u00e9gation. La communaut\u00e9 diplomatique tunisienne porte cette vertu.<\/p>\n<p>C\u2019est par le labeur de ses enfants, non par un don jailli des sables, que ce pays s\u2019est \u00e9difi\u00e9. Autant que nos a\u00een\u00e9s, nous honorons cette vertu, nos juniors l\u2019assumeront et la transmettront.\u00a0 \u00a0<\/p>\n<p><strong>Ahmed Ouna\u00efes,<\/strong><br \/><em>9 mai 2026<\/em><\/p>\n<p><span><strong>Notes<\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>(1)<\/strong> Comparativement, le Maroc acc\u00e8de d\u2019embl\u00e9e \u00e0 l\u2019exercice de la souverainet\u00e9 ext\u00e9rieure, en vertu de la D\u00e9claration commune d\u2019ind\u00e9pendance du 2 mars 1956, sign\u00e9e au Quai d&rsquo;Orsay par Christian Pineau et le Premier Ministre Mubarak Bekka\u00ef, r\u00e9tablissant la souverainet\u00e9 du royaume;<\/p>\n<p><strong>(2)<\/strong> Le 25 novembre 1955, quatre mois avant l\u2019ind\u00e9pendance, la Tunisie adh\u00e8re \u00e0 la FAO en tant que membre \u00e0 part enti\u00e8re. Messages de f\u00e9licitation \u00e9chang\u00e9s entre le Premier Ministre Tahar Ben Ammar et Antoine Pinay, MAE de la France.<\/p>\n<p><strong>(3)<\/strong> Dix bureaux de repr\u00e9sentation de la Tunisie dans trois continents:<\/p>\n<p>1- <strong>D\u00e9cembre 1936 \u00e0 Paris<\/strong> par H\u00e9di Nouira, Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral ; les pr\u00e9sidents successifs : Habib Thameur, Slimane Ben Slimane, Jallouli Far\u00e8s, Mohamed Masmoudi, H\u00e9di Baccouche, Sadok Ben Jemaa, H\u00e9di Ben Ayed, Laroussi Mekki;<br \/>2- <strong>21 juillet 1943 \u00e0 Berlin<\/strong>, fondation du Bureau du Maghreb Arabe par Rachid Driss au si\u00e8ge du Centre Islamique ; apr\u00e8s la reprise du Bureau par Youssef Rouissi au cours de l\u2019\u00e9t\u00e9 1944, paraissent deux num\u00e9ros du journal <strong>Le Maghreb Arabe<\/strong> (bilingue arabo-allemand) le 26 f\u00e9vrier 1945 et le 14 mars 1945 ; apr\u00e8s cette date, Youssef Rouissi quitte Berlin pour l\u2019Autriche o\u00f9 il est fait prisonnier par les forces d\u2019occupation Anglaises qui le transf\u00e8rent \u00e0 Bruxelles o\u00f9 il est d\u00e9tenu onze mois ; apr\u00e8s sa lib\u00e9ration, il rejoint Damas;<br \/>3- Fin d\u00e9cembre 1951 \u00e0 Bruxelles, Ahmed Ben Salah (CISL et N\u00e9o Destour);<br \/>4- 6 juillet 1946 \u00e0 Damas, Youssef Rouissi, jusqu\u2019en juin 1949;<br \/>5 \u2013 Juillet 1946 au Caire : Habib Thameur, Ta\u00efeb Slim, Rachid Driss;<br \/>6 \u2013 Septembre 1951 \u00e0 Bagdad : Ali Balahwane;<br \/>7 \u2013 4 avril 1952, ouverture \u00e0 New York du Tunisian Office par Bahi Ladgham;<br \/>8 \u2013 Octobre 1952 : ouverture \u00e0 Jakarta du Tunisian Office : Ta\u00efeb Slim, puis Rachid Driss puis Tahar Amira;<br \/>9 \u2013 Novembre 1952 ouverture \u00e0 New Delhi du Tunisian Office par Ta\u00efeb Slim;<br \/>10 \u2013 30 juillet 1953, Tunisian Office \u00e0 Karachi : Rachid Driss jusqu\u2019au 28 novembre 1954.<\/p>\n<p>Ces bureaux ont mis fin \u00e0 leur activit\u00e9 d\u00e8s l\u2019accession de la Tunisie \u00e0 l\u2019autonomie interne en juin 1955. Seul le Bureau du Caire \u00e9tait maintenu comme si\u00e8ge de l\u2019activit\u00e9 de Salah Ben Youssef, avec l\u2019appui du Pr\u00e9sident Nasser, jusqu\u2019en ao\u00fbt 1961.<\/p>\n<p>Durant la longue d\u00e9cennie qui s\u2019\u00e9tend du d\u00e9barquement alli\u00e9 en Afrique du Nord en novembre 1942 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019autonomie interne en juin 1955, dix militants se sont d\u00e9vou\u00e9s \u00e0 la cause de la Tunisie et que nous consid\u00e9rons comme nos doyens: Habib Thameur, Ta\u00efeb Slim, Rachid Driss, Youssef Rouissi, Ahmed Ben Salah, Ali Balahwane, Tahar Amira, Salah Ben Youssef, Hamadi Badra et Bahi Ladgham. Hommage \u00e0 Ali Ben Salem, bas\u00e9 \u00e0 Stockholm apr\u00e8s la guerre, et qui a contribu\u00e9 en authentique militant au succ\u00e8s des d\u00e9l\u00e9gations du N\u00e9o Destour et de l\u2019UGTT \u00e0 l\u2019occasion de leurs missions en Su\u00e8de. On ne saurait cependant assimiler son \u0153uvre \u00e0 celle d\u2019un Bureau de repr\u00e9sentation de la Tunisie.\u00a0<br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/38041-document-ahmed-ounaies-soixante-dixieme-anniversaire-du-ministere-des-affaires-etrangeres\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A l\u2019invitation de l\u2019Association tunisienne des anciens ambassadeurs et consuls g\u00e9n\u00e9raux, l\u2019ambassadeur Ahmed Ouna\u00efes a retrac\u00e9, dans la conf\u00e9rence suivante, l\u2019historique de la diplomatie tunisienne, \u00e0 l\u2019occasion de la c\u00e9l\u00e9bration du 70\u00e8me anniversaire du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res.Texte int\u00e9gral. Par Ahmed Ouna\u00efes &#8211; Le 3 mai 2026 marque le 70e anniversaire du r\u00e9tablissement du Minist\u00e8re [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1772,"featured_media":186096,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"fifu_image_url":"https:\/\/www.leaders.com.tn\/uploads\/content\/thumbnails\/177866035595_content.jpg","fifu_image_alt":"Document \u2013 Ahmed Ouna\u00efes: Soixante-dixi\u00e8me anniversaire du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res","footnotes":""},"categories":[73,55],"tags":[],"class_list":["post-186095","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualite","category-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/186095","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1772"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=186095"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/186095\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media\/186096"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=186095"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=186095"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=186095"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}