{"id":186361,"date":"2026-05-18T17:01:13","date_gmt":"2026-05-18T21:01:13","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/decheance-dun-chef-a-boussouma-une-nouvelle-ere-dans-les-rapports-entre-coutume-et-etat\/"},"modified":"2026-05-18T17:01:13","modified_gmt":"2026-05-18T21:01:13","slug":"decheance-dun-chef-a-boussouma-une-nouvelle-ere-dans-les-rapports-entre-coutume-et-etat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/decheance-dun-chef-a-boussouma-une-nouvelle-ere-dans-les-rapports-entre-coutume-et-etat\/","title":{"rendered":"DECHEANCE D\u2019UN CHEF A BOUSSOUMA : Une nouvelle \u00e8re dans les rapports entre coutume et Etat ?"},"content":{"rendered":"<p><em>L\u2019affaire de la d\u00e9ch\u00e9ance de Boussoum Wayalghin Wapassi, Naaba Liguidi, constitue, sans doute, un \u00e9v\u00e9nement sans pr\u00e9c\u00e9dent r\u00e9cent dans sa forme au Burkina Faso, et marque un tournant dans l\u2019histoire de la chefferie coutumi\u00e8re dans notre pays. Non pas parce que des conflits ou des sanctions internes n\u2019ont jamais exist\u00e9, notamment dans les royaumes mossis, mais parce que, cette fois-ci, la sanction sort du cercle discret de la coutume pour entrer officiellement dans le champ institutionnel et administratif. Pour la premi\u00e8re fois dans une affaire de cette nature, en effet, une autorit\u00e9 traditionnelle ne se contente pas de d\u00e9savouer moralement un notable portant le titre de Naaba en lui retirant ses charges, ses attributs et jusqu\u2019au droit de porter le bonnet traditionnel ; elle d\u00e9cr\u00e8te publiquement sa chute, invoque une loi de la R\u00e9publique (la loi n\u00b0002-2026\/ALT portant statut de la chefferie coutumi\u00e8re et traditionnelle) et sollicite implicitement l\u2019onction de l\u2019Administration pour consacrer sa disgr\u00e2ce. Derri\u00e8re les formules apparemment sobres de \u00ab prises de parole publiques \u00bb et de \u00ab comportements en soci\u00e9t\u00e9 \u00bb, pourrait se cacher une accusation extr\u00eamement grave dans l\u2019univers coutumier moaga, celle d\u2019avoir port\u00e9 atteinte \u00e0 l\u2019honneur, \u00e0 la cr\u00e9dibilit\u00e9 et \u00e0 la sacralit\u00e9 m\u00eame de l\u2019institution royale. Une zone d\u2019ombre majeure entoure cependant cette affaire, notamment le contraste entre la gravit\u00e9 suppos\u00e9e de l\u2019accusation et le flou qui entoure les faits reproch\u00e9s. La sanction prononc\u00e9e le 8 mai dernier soul\u00e8ve, en effet, plusieurs interrogations, d\u2019autant que les griefs retenus contre le d\u00e9sormais ex-Naaba restent \u00e9tonnamment vagues, alimentant in\u00e9vitablement les sp\u00e9culations.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong><em>La d\u00e9cision parait, sur le principe, conforme \u00e0 la logique coutumi\u00e8re<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>La Cour royale de Boussouma invoque une \u00ab faute grave \u00bb sans jamais exposer clairement au public la nature exacte des faits reproch\u00e9s au notable. Quels propos condamnables Naaba Liguidi a-t-il r\u00e9ellement tenus ? Quels comportements lui sont concr\u00e8tement reproch\u00e9s ? S\u2019agit-il d\u2019une simple affaire de discipline interne, d\u2019une d\u00e9fiance envers l\u2019autorit\u00e9 royale, d\u2019un conflit personnel ou d\u2019une rupture des obligations de r\u00e9serve impos\u00e9es aux dignitaires coutumiers ? En l\u2019absence de pr\u00e9cisions suffisantes, l\u2019opinion publique demeure condamn\u00e9e aux hypoth\u00e8ses. En tout \u00e9tat de cause, la d\u00e9cision parait, sur le principe, conforme \u00e0 la logique coutumi\u00e8re. La tradition reconna\u00eet, en effet, au roi de Boussouma, un pouvoir de discipline et de r\u00e9gulation sur les notables et chefs relevant de son autorit\u00e9. La loyaut\u00e9, la retenue, la dignit\u00e9 et l\u2019exemplarit\u00e9 constituent des obligations implicites attach\u00e9es au statut m\u00eame de dignitaire traditionnel moaga. Dans cette logique, la d\u00e9ch\u00e9ance, qui serait intervenue apr\u00e8s plusieurs mises en garde rest\u00e9es sans effet, selon la Cour royale de Boussouma, peut appara\u00eetre comme une mesure ultime et justifi\u00e9e, voire comme un m\u00e9canisme normal et classique de pr\u00e9servation de l\u2019ordre symbolique du royaume. Au fond, cette affaire d\u00e9passe largement le cas personnel de Naaba Liguidi, et ce qui se joue \u00e0 Boussouma, n\u2019est peut-\u00eatre pas seulement la chute d\u2019un notable. C\u2019est peut-\u00eatre l\u2019ouverture d\u2019une nouvelle \u00e8re dans les rapports entre la coutume et l\u2019Etat au Burkina Faso, telle que semble d\u00e9sormais lui consacrer la loi n\u00b0002-2026\/ALT portant statut de la chefferie coutumi\u00e8re et traditionnelle au \u00ab pays des Hommes int\u00e8gres\u00bb.<\/em><\/p>\n<p><em><br \/><strong>Sidzabda<\/strong><\/em><\/p>\n<p>\nAuteur: Editions LEPAYS<br \/>\n<a href=\"https:\/\/lepays.bf\/decheance-dun-chef-a-boussouma-une-nouvelle-ere-dans-les-rapports-entre-coutume-et-etat\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019affaire de la d\u00e9ch\u00e9ance de Boussoum Wayalghin Wapassi, Naaba Liguidi, constitue, sans doute, un \u00e9v\u00e9nement sans pr\u00e9c\u00e9dent r\u00e9cent dans sa forme au Burkina Faso, et marque un tournant dans l\u2019histoire de la chefferie coutumi\u00e8re dans notre pays. 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