{"id":186654,"date":"2026-05-26T17:17:35","date_gmt":"2026-05-26T21:17:35","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/gabon-pourquoi-le-marocain-cimaf-investit-40-millions-deuros\/"},"modified":"2026-05-26T17:17:35","modified_gmt":"2026-05-26T21:17:35","slug":"gabon-pourquoi-le-marocain-cimaf-investit-40-millions-deuros","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/gabon-pourquoi-le-marocain-cimaf-investit-40-millions-deuros\/","title":{"rendered":"Gabon: pourquoi le marocain CIMAF investit 40 millions d\u2019euros?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Troisi\u00e8me ligne de production, expansion , participation \u00e9tatique au capital: l\u2019investissement du groupe marocain CIMAF au Gabon raconte bien plus qu\u2019une expansion industrielle. Au moment o\u00f9 l\u2019acteur ach\u00e8ve son recentrage continental, Libreville impose un mod\u00e8le de co-pilotage. D\u00e9cryptage.<\/strong><\/p>\n<p>Les faits : Libreville, mai 2026. Dans le ballet silencieux des capitaux qui redessinent le continent, un mouvement m\u00e9rite une attention, aussi discret que lourd de sens. Le 20 mai dernier, au Palais R\u00e9novation, une poign\u00e9e de main entre Anas Sefrioui, PDG de Ciments de l\u2019Afrique (CIMAF), et le pr\u00e9sident gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a scell\u00e9 bien plus qu\u2019un investissement de 40 millions d\u2019euros.\u00a0 Expansion, modernisation, r\u00e9ponse \u00e0 une demande locale en hausse : les ingr\u00e9dients classiques d\u2019une multinationale qui se renforce sur un march\u00e9 porteur. Pourtant, le d\u00e9tail tue la banalit\u00e9. Cette fois, l\u2019\u00c9tat gabonais entre au capital. Et Libreville ne cache plus son intention : activation d\u2019un \u201cco-pilotage\u201d.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, le Gabon exige de si\u00e9ger \u00e0 la table des d\u00e9cisions strat\u00e9giques, un mot sur les orientations. CIMAF accepte. Pourquoi ? Parce que le groupe est en pleine phase de recentrage africain, et qu\u2019au moment o\u00f9 il abandonne certains march\u00e9s marginaux, il ne peut pas se permettre de perdre Libreville. Pour comprendre l\u2019importance du moment, il faut partir du Maroc, o\u00f9, deux jours plus t\u00f4t, la presse annon\u00e7ait la cession de la derni\u00e8re cimenterie fran\u00e7aise de CIMAF.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi |\u00a0<a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/le-maroc-simpose-comme-la-premiere-force-industrielle-en-afrique-320713\/#:~:text=INDUSTRIE-,Le%20Maroc%20s%E2%80%99impose%20comme%20la%20premi%C3%A8re%20force%20industrielle%20en%20Afrique,-written%20by%20Challenge\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Le Maroc s\u2019impose comme la premi\u00e8re force industrielle en Afrique<\/a><\/strong><\/p>\n<p>Le groupe d\u2019Anas Sefrioui tourne progressivement la page europ\u00e9enne, pour se concentrer sur les march\u00e9s africains. La logique est \u00e9conomique: un march\u00e9 europ\u00e9en mature, co\u00fbteux, aux marges comprim\u00e9es, oppos\u00e9 \u00e0 des \u00e9conomies africaines o\u00f9 les besoins en mat\u00e9riaux de construction restent consid\u00e9rables.<\/p>\n<p><strong>Recomposition\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Enfin, le cas gabonais illustre les nouvelles dynamiques des relations Maroc-Afrique. Cette op\u00e9ration symbolise une \u00e9tape suppl\u00e9mentaire dans l\u2019expansion continentale du groupe. \u00c0 travers ses grands acteurs priv\u00e9s, le Maroc affirme progressivement son r\u00f4le dans l\u2019industrialisation du continent, en investissant dans des secteurs structurants comme le ciment, indispensable \u00e0 l\u2019urbanisation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e de l\u2019Afrique.<\/p>\n<p>CIMAF ne commercialise pas un produit technologique complexe, mais participe directement \u00e0 la construction des infrastructures de base : routes, ponts, logements et villes. Son implantation en Afrique centrale, r\u00e9gion historiquement moins investie par les groupes marocains que l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, redessine ainsi les contours de l\u2019influence \u00e9conomique marocaine. Pour le Gabon, pays longtemps d\u00e9pendant de la rente p\u00e9troli\u00e8re, ce projet repr\u00e9sente \u00e9galement un laboratoire de diversification \u00e9conomique fond\u00e9 sur l\u2019alliance entre capitaux priv\u00e9s, accompagnement public et logique d\u2019int\u00e9gration industrielle.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi | <a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/le-conseil-daffaires-maroc-finlande-voit-le-jour-a-helsinki-320716\/#:~:text=BUSINESS-,Le%20Conseil%20d%E2%80%99Affaires%20Maroc%E2%80%93Finlande%20voit%20le%20jour%20%C3%A0%20Helsinki,-written%20by%20Challenge\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Le Conseil d\u2019Affaires Maroc\u2013Finlande voit le jour \u00e0 Helsinki<\/a><\/strong><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de l\u2019usine d\u2019Owendo, les enjeux sont plus larges. Ils traduisent la rencontre entre un groupe marocain qui fait le pari du continent africain, un \u00c9tat gabonais qui souhaite conserver une ma\u00eetrise strat\u00e9gique via sa pr\u00e9sence au capital, une transition politique cherchant \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer les infrastructures, et une population en attente d\u2019emplois durables et d\u2019am\u00e9lioration du cadre de vie. Cette convergence fait du Gabon, en 2026, un v\u00e9ritable symbole des mutations \u00e9conomiques africaines.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00c9tat multiplie les prises de participation \u00a0<\/strong><\/p>\n<p>En r\u00e9orientant ses investissements de l\u2019Europe vers l\u2019Afrique, Anas Sefrioui ne poursuit pas uniquement une logique de rentabilit\u00e9. Il accompagne aussi l\u2019\u00e9mergence d\u2019\u00c9tats africains d\u00e9sireux de passer d\u2019une position de simples march\u00e9s consommateurs \u00e0 celle d\u2019acteurs impliqu\u00e9s dans leur propre d\u00e9veloppement industriel. La participation de l\u2019\u00c9tat gabonais au capital lance une nouvelle dynamique \u00e0 la coop\u00e9ration.<\/p>\n<p>Dans le secteur du ciment, cette volont\u00e9 d\u2019industrialisation affich\u00e9e commence d\u00e9sormais par la capacit\u00e9 des \u00c9tats \u00e0 d\u00e9tenir une part de l\u2019outil de production. Pour rappel en d\u00e9cembre 2025, l\u2019\u00c9tat gabonais a obtenu une participation de 10% dans le capital de la filiale gabonaise de CIMAF.<\/p>\n<p><strong>Lire aussi | <a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/bam-le-resultat-net-beneficiaire-setablit-a-574-mmdh-en-2025-320670\/#:~:text=BANQUES-,BAM%3A%20le%20r%C3%A9sultat%20net%20b%C3%A9n%C3%A9ficiaire%20s%E2%80%99%C3%A9tablit%20%C3%A0%205%2C74%20MMDH%20en%202025,-written%20by%20Challenge\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">BAM: le r\u00e9sultat net b\u00e9n\u00e9ficiaire s\u2019\u00e9tablit \u00e0 5,74 MMDH en 2025<\/a><\/strong><\/p>\n<p>Selon la presse gabonaise, le jeudi dernier 21 mai 2026, le chef de l\u2019\u00c9tat, Brice Clotaire Oligui Nguema, a formellement notifi\u00e9 aux dirigeants de la soci\u00e9t\u00e9 marocaine CIMAF l\u2019intention de Libreville d\u2019acqu\u00e9rir une participation \u00e0 hauteur de 20% dans le capital de sa filiale locale. Information qui n\u2019est pas un d\u00e9tail contractuel, mais un acte de gouvernance. Depuis ao\u00fbt 2023, le gouvernement multiplie les investissements publics et, ce faisant, se dote d\u2019un levier: faire de chaque grand projet une copropri\u00e9t\u00e9 nationale.<\/p>\n<p>Auteur: Ismail Saraoui<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.challenge.ma\/gabon-pourquoi-le-marocain-cimaf-investit-40-millions-deuros-320719\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Troisi\u00e8me ligne de production, expansion , participation \u00e9tatique au capital: l\u2019investissement du groupe marocain CIMAF au Gabon raconte bien plus qu\u2019une expansion industrielle. Au moment o\u00f9 l\u2019acteur ach\u00e8ve son recentrage continental, Libreville impose un mod\u00e8le de co-pilotage. D\u00e9cryptage. Les faits : Libreville, mai 2026. 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