{"id":187473,"date":"2026-06-11T17:03:02","date_gmt":"2026-06-11T21:03:02","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lelimination-du-trachome-en-tunisie-une-victoire-medicale-nationale-et-une-lecon-de-volonte-collective\/"},"modified":"2026-06-11T17:03:02","modified_gmt":"2026-06-11T21:03:02","slug":"lelimination-du-trachome-en-tunisie-une-victoire-medicale-nationale-et-une-lecon-de-volonte-collective","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/lelimination-du-trachome-en-tunisie-une-victoire-medicale-nationale-et-une-lecon-de-volonte-collective\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9limination du trachome en Tunisie: une victoire m\u00e9dicale nationale et une le\u00e7on de volont\u00e9 collective"},"content":{"rendered":"<p><span><span><em><strong>Par Ridha Bergaoui &#8211;<\/strong><\/em><\/span><\/span> La sant\u00e9 est sans doute le bien le plus pr\u00e9cieux que poss\u00e8de l\u2019\u00eatre humain. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 des soins de qualit\u00e9 constitue d\u2019ailleurs l\u2019un des droits fondamentaux que tout citoyen est en droit d\u2019attendre de ses dirigeants.<\/p>\n<p>En Tunisie, cette question demeure particuli\u00e8rement sensible. Depuis la r\u00e9volution, il ne se passe pratiquement pas un jour sans que l\u2019on \u00e9voque les difficult\u00e9s auxquelles est confront\u00e9 notre syst\u00e8me de sant\u00e9 public. Manque de m\u00e9decins sp\u00e9cialistes et de personnel hospitalier, v\u00e9tust\u00e9 et insuffisance des infrastructures et des \u00e9quipements, d\u00e9lais d\u2019attente excessifs, conditions d\u2019accueil parfois difficiles, violences exerc\u00e9es contre le personnel soignant, d\u00e9gradation des infrastructures et du mat\u00e9riel m\u00e9dical : autant de probl\u00e8mes qui alimentent r\u00e9guli\u00e8rement le d\u00e9bat public.<\/p>\n<p>Cette situation tend malheureusement \u00e0 occulter les progr\u00e8s consid\u00e9rables accomplis par notre pays dans le domaine de la sant\u00e9 publique depuis l\u2019ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p><span><span><strong>L\u2019\u00e9limination du trachome: une r\u00e9ussite majeure<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Lorsque l\u2019on compare notre situation sanitaire actuelle \u00e0 celle des premi\u00e8res ann\u00e9es de l\u2019ind\u00e9pendance, le progr\u00e8s est immense: recul spectaculaire de la mortalit\u00e9 infantile, g\u00e9n\u00e9ralisation de la vaccination, am\u00e9lioration de la sant\u00e9 maternelle et infantile, maitrise des naissances, am\u00e9lioration de l\u2019esp\u00e9rance de vie, de nombreuses maladies infectieuses ont disparu ou sont sous contr\u00f4le, rapprochement des services de sant\u00e9 des populations, sans oublier les grands projets actuellement en cours de r\u00e9alisation, tels que l\u2019h\u00f4pital universitaire de Kairouan ou la future Cit\u00e9 m\u00e9dicale des Aghlabides.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation de 4 facult\u00e9s de m\u00e9decine demeure une r\u00e9alisation majestueuse qui a permis \u00e0 la Tunisie de former plus de 800 m\u00e9decins\/an, dont les comp\u00e9tences sont mondialement reconnues. Ces praticiens de haut niveau exercent non seulement au sein de notre syst\u00e8me national de sant\u00e9 (public et priv\u00e9) mais \u00e9galement dans les h\u00f4pitaux les plus prestigieux en Europe et au Canada.<\/p>\n<p>Parmi les r\u00e9ussites du secteur de la sant\u00e9 publique, certaines m\u00e9riteraient une attention particuli\u00e8re. C\u2019est le cas plus particuli\u00e8rement de l\u2019\u00e9limination du trachome (\u0645\u0631\u0636 \u0627\u0644\u0631\u0645\u062f\u060c \u0627\u0644\u0645\u0639\u0631\u0648\u0641 \u0623\u064a\u0636\u064b\u0627 \u0628\u0627\u0644\u062a\u0647\u0627\u0628 \u0627\u0644\u0645\u0644\u062a\u062d\u0645\u0629), reconnue en mai dernier et annonc\u00e9 publiquement par l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS). Une reconnaissance et une distinction prestigieuse qui t\u00e9moigne du long combat men\u00e9 en Tunisie non seulement contre la maladie mais \u00e9galement contre la pauvret\u00e9, l\u2019insalubrit\u00e9, le manque d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable et les conditions de vie pr\u00e9caires qui favorisaient autrefois la propagation de ce terrible fl\u00e9au. Bien que l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement f\u00fbt relay\u00e9 par de nombreux m\u00e9dias, cette importante victoire n&rsquo;a pas re\u00e7u l&rsquo;attention qu&rsquo;elle m\u00e9ritait. Pourtant, elle constitue l&rsquo;une des plus belles r\u00e9alisations de la sant\u00e9 publique tunisienne depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p><span><span><strong>Le trachome: une grave maladie des yeux<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Pour les g\u00e9n\u00e9rations les plus jeunes, le mot \u00ab trachome \u00bb ne signifie presque rien. Pour les Tunisiens plus \u00e2g\u00e9s, il \u00e9voque au contraire un fl\u00e9au familier qui a marqu\u00e9 la vie de milliers de familles.<\/p>\n<p>Le trachome, \u00e9galement appel\u00e9 ophtalmie granuleuse, est une maladie infectieuse chronique des yeux provoqu\u00e9e par la bact\u00e9rie \u00ab Chlamydia trachomatis \u00bb. Transmise par contact direct avec les s\u00e9cr\u00e9tions oculaires ou nasales des personnes infect\u00e9es, mais aussi par les mouches qui transportent ces s\u00e9cr\u00e9tions, la bact\u00e9rie provoque des inflammations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es des paupi\u00e8res. Parmi ses principaux sympt\u00f4mes : une hyperthermie conjonctivale, une photophobie et des larmoiements. \u00c0 long terme, la corn\u00e9e est d\u00e9truite entra\u00eenent progressivement une perte de vision irr\u00e9versible et irr\u00e9m\u00e9diable allant jusqu\u2019\u00e0 la c\u00e9cit\u00e9.<br \/>Aujourd\u2019hui, cette maladie para\u00eet appartenir \u00e0 un autre \u00e2ge. Pourtant, jusqu\u2019au milieu du XXe si\u00e8cle, elle constituait l\u2019un des principaux probl\u00e8mes de sant\u00e9 publique en Tunisie\u00a0 qui touchait, dans certaines r\u00e9gions, plus de la moiti\u00e9 de la population. Les cas de malvoyance et de c\u00e9cit\u00e9 \u00e9taient fr\u00e9quents. Dans certaines familles, plusieurs membres \u00e9taient souvent atteints simultan\u00e9ment.<\/p>\n<p><span><span><strong>Une lutte m\u00e9dicale indispensable mais insuffisante<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Avec l\u2019ind\u00e9pendance, la Tunisie a fait de la lutte contre le trachome l\u2019une de ses priorit\u00e9s nationales. Des dispensaires sont construits dans les r\u00e9gions m\u00eame les plus recul\u00e9es. Les campagnes de d\u00e9pistage se multiplient, les \u00e9quipes m\u00e9dicales sillonnent le pays pour examiner les enfants et traiter les personnes atteintes.<\/p>\n<p>Dans les \u00e9coles, des compagnes de traitement et de pr\u00e9vention du trachome \u00e9taient r\u00e9guli\u00e8rement organis\u00e9es. Des infirmiers passaient mettre de la t\u00e9tracycline pommade dans les yeux des \u00e9coliers. Ces campagnes de sant\u00e9 scolaire ont permis le d\u00e9pistage pr\u00e9coce et le traitement de la maladie chez les enfants. Des milliers de patients ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de traitements adapt\u00e9s. Les formes avanc\u00e9es n\u00e9cessitant une intervention chirurgicale ont \u00e9t\u00e9 prises en charge. Progressivement, les soins ophtalmologiques ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9s dans les structures de sant\u00e9 de base.<\/p>\n<p>Cependant, tr\u00e8s vite, les responsables de l\u2019\u00e9poque avaient compris qu\u2019on ne pouvait pas vaincre durablement le trachome avec les seuls m\u00e9dicaments. Il fallait agir simultan\u00e9ment sur les causes profondes et les vecteurs de la maladie. Le trachome est avant tout la maladie de la pauvret\u00e9 et de la mis\u00e8re. Il prosp\u00e8re l\u00e0 o\u00f9 l\u2019eau manque, o\u00f9 l\u2019assainissement est insuffisant, o\u00f9 les d\u00e9chets organiques s\u2019accumulent, o\u00f9 les mouches prolif\u00e8rent et o\u00f9 les r\u00e8gles \u00e9l\u00e9mentaires d\u2019hygi\u00e8ne sont difficiles \u00e0 respecter.<\/p>\n<p><span><span><strong>Combattre les causes de la maladie<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Pour venir \u00e0 bout du trachome, il fallait am\u00e9liorer les conditions de vie de la population, l\u2019aider \u00e0 disposer de l\u2019eau potable de qualit\u00e9 pour boire et rester propre, assainir l\u2019environnement et lutter contre les mouches, facteur principal de propagation de la maladie.<\/p>\n<p><strong><span><span>Acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p>Ne pas avoir la possibilit\u00e9 de lavage quotidien surtout du visage et des mains constitue un terrain favorable \u00e0 la transmission du trachome. Au lendemain de l\u2019ind\u00e9pendance, de nombreuses familles rurales parcouraient plusieurs kilom\u00e8tres pour s\u2019approvisionner en eau. M\u00eame en ville les m\u00e9nages raccord\u00e9s au r\u00e9seau public d\u2019eau potable \u00e9taient peu nombreuses. On utilisait l\u2019eau de puits ou du \u00ab mejel \u00bb ou on ramenait l\u2019eau de la fontaine publique. Des personnes \u00e0 dos d\u2019\u00e2ne ou de mulet, ou parfois une jarre sur le dos, des femmes approvisionnaient les maisons en eau potable. Denr\u00e9e rare, on faisait attention pour ne pas en gaspiller et pour limiter les bains et les diff\u00e9rents usages domestiques.<\/p>\n<p>Dans le temps, une grande partie des Tunisiens vivait dans des conditions pr\u00e9caires, parfois dans des gourbis en terre ou en t\u00f4le. En ville, on ne connaissait pas les salles de bain, on avait juste des toilettes : un local exigu avec un simple trou au centre, donnant sur un puits perdu ou une fosse septique, et un seau rempli d\u2019eau \u00e0 cot\u00e9. Pour prendre un bain et se laver, on allait au hammam du quartier.<\/p>\n<p>Les immenses programmes hydrauliques, r\u00e9alis\u00e9s depuis plus de soixante ans, ont profond\u00e9ment chang\u00e9 la situation. Les barrages, les adductions d\u2019eau, les r\u00e9seaux de distribution et les branchements domestiques ont permis \u00e0 des millions de Tunisiens d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019eau courante, de disposer d\u2019une salle de bain et de se laver fr\u00e9quemment.<\/p>\n<p><span><span><strong>La bataille de l\u2019assainissement et la lutte contre les mouches<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La collecte des d\u00e9chets, les r\u00e9seaux d\u2019\u00e9gouts, l\u2019\u00e9vacuation des eaux us\u00e9es et l\u2019am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019environnement urbain et rural ont consid\u00e9rablement r\u00e9duit les conditions favorables \u00e0 la prolif\u00e9ration des agents de transmission et particuli\u00e8rement les mouches qui repr\u00e9sentaient l\u2019un des principaux vecteurs m\u00e9caniques du trachome. Attir\u00e9es par les s\u00e9cr\u00e9tions oculaires et nasales des enfants infect\u00e9s, elles transportent les bact\u00e9ries d\u2019un individu malade\u00a0 \u00e0 un autre sain.<\/p>\n<p>Autrefois, les mouches \u00e9taient omnipr\u00e9sentes et en nombre souvent consid\u00e9rable. En ville comme en compagne, la salet\u00e9, les r\u00e9sidus m\u00e9nagers, les d\u00e9chets organiques et les d\u00e9jections animales repr\u00e9sentaient des terrains favorables \u00e0 la pullulation de ces insectes r\u00e9pugnants devenu alors familiers.<\/p>\n<p>Une lutte sans merci a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e par les services publics contre les insectes en g\u00e9n\u00e9ral et les mouches en particulier. L\u2019am\u00e9lioration de l\u2019habitat, la g\u00e9n\u00e9ralisation des services municipaux, la gestion des d\u00e9chets, les programmes de lutte contre les insectes ont contribu\u00e9 consid\u00e9rablement \u00e0 r\u00e9duire les populations de mouches surtout dans les zones habit\u00e9es. Des agents des municipalit\u00e9s passaient presque quotidiennement pulv\u00e9riser des insecticides dans les ruelles et sur des bouquets confectionn\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion avec des feuilles d\u2019eucalyptus accroch\u00e9s aux murs dans les quartiers. Les services d\u2019hygi\u00e8ne imposaient aux commer\u00e7ants des produits alimentaires (bouchers, poissonniers, boulangers, \u00e9piciers\u2026) de couvrir les marchandises expos\u00e9es \u00e0 la vente, avec de la moustiquaire et de combattre les mouches. A la maison, on luttait contre les mouches avec du Fly-tox et une petite pompe manuelle. Il y avait aussi du papier buvard, imbib\u00e9 d\u2019un insecticide, qu\u2019on pla\u00e7ait dans une assiette avec un peu d\u2019eau. Les mouches, attir\u00e9es par la couleur rouge du papier, venaient boire et p\u00e9rir dans l\u2019assiette ou juste \u00e0 cot\u00e9. Des rouleaux de papier adh\u00e9sif \u00e9taient \u00e9galement suspendus au plafond et les mouches qui arrivent sont pi\u00e9g\u00e9es \u00e0 mort.<\/p>\n<p><span><span><strong>L\u2019\u00e9ducation a \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Les campagnes de sensibilisation diffusait dans les \u00e9coles des messages simples mais efficaces : se laver r\u00e9guli\u00e8rement le visage et les mains, maintenir la propret\u00e9 des enfants, \u00e9viter le partage d\u2019objets souill\u00e9s, am\u00e9liorer l\u2019hygi\u00e8ne du foyer. Des millions d\u2019\u00e9coliers tunisiens ont int\u00e9gr\u00e9 ces pratiques qui paraissent aujourd\u2019hui naturelles et \u00e9videntes mais qui ont constitu\u00e9 alors une v\u00e9ritable r\u00e9volution comportementale. L\u2019am\u00e9lioration du niveau de vie de la population, en g\u00e9n\u00e9ral, et le souci d\u2019un environnement sain ont aid\u00e9 \u00e9galement \u00e0 l\u2019acceptation des pratiques d\u2019hygi\u00e8ne et de propret\u00e9.<\/p>\n<p><span><span><strong>Une volont\u00e9 nationale et un combat collectif<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9limination du trachome constitue un symbole fort de la transformation v\u00e9cue par notre pays depuis l\u2019ind\u00e9pendance. Cette victoire est le fruit patient de plusieurs d\u00e9cennies de travail collectif. Elle semble de nos jours, si \u00e9vidente (combattre une simple bact\u00e9rie avec un antibiotique classique) qu\u2019on avait oubli\u00e9 qu\u2019elle paraissait autrefois impossible. En r\u00e9alit\u00e9 ce n\u2019est pas seulement une victoire contre une banale maladie des yeux. C\u2019est un combat continu et durable contre les mauvaises habitudes, les mentalit\u00e9s et les\u00a0 croyances des citoyens en investissant dans l\u2019\u00e9ducation, la sant\u00e9, les infrastructures, l\u2019eau, l\u2019assainissement pour pr\u00e9server la sant\u00e9 et la dignit\u00e9. Ce succ\u00e8s est \u00e9galement le r\u00e9sultat d\u2019une politique nationale avis\u00e9e et du travail cumul\u00e9 de plusieurs g\u00e9n\u00e9rations de m\u00e9decins, du corps de la sant\u00e9 publique, des enseignants, des responsables et des familles et parents.<\/p>\n<p>Cependant, ce succ\u00e8s, dont tous les Tunisiens doivent \u00eatre fiers, ne doit pas nous faire oublier les nouveaux d\u00e9fis du secteur de la sant\u00e9 publique : r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s r\u00e9gionales, renforcer les ressources humaines, moderniser les infrastructures hospitali\u00e8res, am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des services et promouvoir une gouvernance plus transparente.<\/p>\n<p>Cette victoire nous rappelle que les grandes r\u00e9alisations nationales sont toujours le fruit d\u2019une vision, d\u2019une volont\u00e9 collective et d\u2019un effort partag\u00e9. Si la Tunisie a r\u00e9ussi \u00e0 vaincre une maladie qui touchait autrefois des dizaines de milliers de personnes, c\u2019est parce qu\u2019une g\u00e9n\u00e9ration enti\u00e8re a cru au progr\u00e8s et s\u2019est mobilis\u00e9e pour construire un avenir meilleur.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9ussite doit nous inspirer face aux d\u00e9fis d\u2019aujourd\u2019hui et de demain. La Tunisie traverse de nombreuses difficult\u00e9s \u00e9conomiques et sociales, tout en affrontant de nouveaux d\u00e9fis li\u00e9s aux changements climatiques, aux tensions g\u00e9opolitiques et \u00e0 l\u2019instabilit\u00e9 du monde.\u00a0 Dans ce contexte, il est utile de se souvenir de l\u2019esprit des premi\u00e8res ann\u00e9es de l\u2019ind\u00e9pendance, lorsque l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral primait sur les int\u00e9r\u00eats particuliers, et que patriotisme, altruisme et solidarit\u00e9 \u00e9taient des valeurs largement partag\u00e9es.<\/p>\n<p>Enfin, les succ\u00e8s d\u2019une nation ne d\u00e9pendent pas uniquement des moyens financiers, mais de la capacit\u00e9 \u00e0 fixer des objectifs clairs, mobiliser les \u00e9nergies et placer l\u2019int\u00e9r\u00eat collectif au-dessus des consid\u00e9rations individuelles. Les g\u00e9n\u00e9rations qui ont construit la Tunisie moderne disposaient de peu de moyens, mais elles \u00e9taient anim\u00e9es par une confiance profonde dans l\u2019avenir et la volont\u00e9 de changer et d\u2019avancer.<\/p>\n<p><span><span><strong>Conclusion<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9limination du trachome n&rsquo;est pas seulement la disparition d&rsquo;une maladie qui a longtemps frapp\u00e9 les plus vuln\u00e9rables. Elle est le symbole d&rsquo;une Tunisie qui a su transformer son destin.\u00a0 C\u2019est aussi le t\u00e9moignage de ce qu\u2019une nation peut accomplir lorsqu\u2019elle croit en elle-m\u00eame, avance unie et place le bien commun au c\u0153ur de son action.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9ussite nous rappelle que les Tunisiens sont capables de se mobiliser autour de grands objectifs et de relever les d\u00e9fis les plus difficiles lorsqu\u2019ils partagent une m\u00eame ambition. C\u2019est \u00e9galement la preuve que les d\u00e9fis d&rsquo;aujourd&rsquo;hui peuvent, eux aussi, \u00eatre relev\u00e9s lorsque la volont\u00e9 collective est au rendez-vous.<\/p>\n<p><strong>Ridha Bergaoui<\/strong><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/38136-l-elimination-du-trachome-en-tunisie-une-victoire-medicale-nationale-et-une-lecon-de-volonte-collective\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Ridha Bergaoui &#8211; La sant\u00e9 est sans doute le bien le plus pr\u00e9cieux que poss\u00e8de l\u2019\u00eatre humain. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 des soins de qualit\u00e9 constitue d\u2019ailleurs l\u2019un des droits fondamentaux que tout citoyen est en droit d\u2019attendre de ses dirigeants. En Tunisie, cette question demeure particuli\u00e8rement sensible. 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