{"id":189671,"date":"2026-07-22T13:04:48","date_gmt":"2026-07-22T17:04:48","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/elyes-ghariani-washington-redessine-ses-lignes-rouges-israel-sinquiete-la-turquie-avance\/"},"modified":"2026-07-22T13:04:48","modified_gmt":"2026-07-22T17:04:48","slug":"elyes-ghariani-washington-redessine-ses-lignes-rouges-israel-sinquiete-la-turquie-avance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/elyes-ghariani-washington-redessine-ses-lignes-rouges-israel-sinquiete-la-turquie-avance\/","title":{"rendered":"Elyes Ghariani: Washington redessine ses lignes rouges, Isra\u00ebl s\u2019inqui\u00e8te, la Turquie avance"},"content":{"rendered":"<p><span><span><em><strong>Par Elyes Ghariani &#8211;<\/strong><\/em><\/span><\/span> <strong>Le possible retour de la Turquie dans le programme des F-35 d\u00e9passe largement la question d&rsquo;un avion de combat. Il r\u00e9v\u00e8le une \u00e9volution plus profonde: les \u00c9tats-Unis semblent red\u00e9finir certaines de leurs lignes rouges, au risque de bousculer les \u00e9quilibres r\u00e9gionaux. Pour Isra\u00ebl, ce changement est lourd de cons\u00e9quences. Pour Ankara, il ouvre une nouvelle fen\u00eatre strat\u00e9gique.<\/strong><\/p>\n<p><span><span><strong>Un simple contrat\u2026 ou un tournant strat\u00e9gique?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Certaines s\u00e9quences diplomatiques en disent plus qu&rsquo;un long rapport d&rsquo;experts. Celle qui se joue aujourd&rsquo;hui autour d&rsquo;une \u00e9ventuelle vente de F-35 \u00e0 la Turquie en fait partie. Washington avait exclu Ankara du programme en 2019, apr\u00e8s l&rsquo;acquisition du syst\u00e8me russe S-400 \u2014 une d\u00e9cision pr\u00e9sent\u00e9e alors comme d\u00e9finitive. Que ce dossier revienne sur la table r\u00e9v\u00e8le d\u00e9j\u00e0, \u00e0 lui seul, une \u00e9volution : l&rsquo;incertitude de la politique am\u00e9ricaine sous Donald Trump, le retour de la Turquie comme acteur r\u00e9gional incontournable, et les inqui\u00e9tudes d&rsquo;Isra\u00ebl face \u00e0 une possible remise en cause de l&rsquo;un des piliers de sa s\u00e9curit\u00e9 \u2014 le maintien de son avantage militaire qualitatif.<\/p>\n<p>Benjamin Netanyahu ne s&rsquo;inqui\u00e8te pas d&rsquo;un simple contrat d&rsquo;armement. \u00c0 ses yeux, l&rsquo;enjeu d\u00e9passe largement l&rsquo;acquisition d&rsquo;un avion de combat de cinqui\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration. Une telle d\u00e9cision modifierait l&rsquo;\u00e9quilibre strat\u00e9gique au Moyen-Orient. Plus qu&rsquo;un choix technique, elle constituerait un signal politique fort. Or, dans cette r\u00e9gion, les signaux comptent souvent autant que les capacit\u00e9s militaires elles-m\u00eames.<\/p>\n<p><span><span><strong>Pourquoi la Turquie pr\u00e9occupe davantage Isra\u00ebl dans ce dossier<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Pour comprendre la r\u00e9action isra\u00e9lienne, il faut partir d&rsquo;un constat simple: dans cette affaire, la Turquie ne repr\u00e9sente pas le m\u00eame type de d\u00e9fi que l&rsquo;Iran.<br \/>L&rsquo;Iran demeure l&rsquo;adversaire d\u00e9clar\u00e9 d&rsquo;Isra\u00ebl. Ses positions sont connues et sa strat\u00e9gie est int\u00e9gr\u00e9e depuis longtemps dans les calculs isra\u00e9liens. La Turquie pr\u00e9sente un d\u00e9fi d&rsquo;une autre nature. Membre de l&rsquo;OTAN et partenaire de l&rsquo;Occident, elle m\u00e8ne pourtant une politique \u00e9trang\u00e8re de plus en plus autonome, qui la conduit r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 prendre ses distances avec ses alli\u00e9s.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette position interm\u00e9diaire qui nourrit les pr\u00e9occupations isra\u00e9liennes. Aux yeux de Tel-Aviv, une Turquie pleinement r\u00e9int\u00e9gr\u00e9e dans les programmes militaires am\u00e9ricains serait un acteur plus influent, plus cr\u00e9dible et plus difficile \u00e0 anticiper.<\/p>\n<p><span><span><strong>La strat\u00e9gie d&rsquo;Ankara: rester dans le jeu sans s&rsquo;aligner<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Pour autant, Ankara ne cherche pas \u00e0 rompre avec l&rsquo;Occident. Son objectif est plut\u00f4t d&rsquo;en red\u00e9finir les r\u00e8gles. La Turquie entend rester un alli\u00e9, tout en pr\u00e9servant une large autonomie de d\u00e9cision. Elle n\u00e9gocie sans s&rsquo;aligner totalement, coop\u00e8re sans renoncer \u00e0 sa libert\u00e9 d&rsquo;action, et utilise sa position g\u00e9ographique comme son poids strat\u00e9gique pour renforcer son influence.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9marche est caract\u00e9ristique des puissances dites \u00abinterm\u00e9diaires\u00bb ou \u00abde seuil\u00bb: elles tirent parti des rivalit\u00e9s entre grandes puissances pour accro\u00eetre leur propre marge de man\u0153uvre. Dans cette perspective, le dossier des F-35 d\u00e9passe largement la question militaire. Pour Ankara, il constitue aussi un symbole de r\u00e9habilitation politique et de retour au premier plan au sein du camp occidental.<\/p>\n<p><span><span><strong>Washington change de m\u00e9thode<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>C&rsquo;est dans ce contexte qu&rsquo;intervient Donald Trump. Plus que le dossier des F-35 lui-m\u00eame, c&rsquo;est sa mani\u00e8re d&rsquo;aborder les relations internationales qui suscite les interrogations. Son approche repose davantage sur des relations personnelles et des rapports de force \u00e9volutifs que sur des \u00e9quilibres diplomatiques \u00e9tablis de longue date.<\/p>\n<p>La relation qu&rsquo;il entretient avec Recep Tayyip Erdogan illustre cette logique. Tous deux privil\u00e9gient une diplomatie directe, accordent une grande importance aux rapports personnels entre dirigeants, et se montrent souvent m\u00e9fiants \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des m\u00e9canismes traditionnels de d\u00e9cision.<br \/>Cette \u00e9volution nourrit les interrogations de nombreux alli\u00e9s des \u00c9tats-Unis. Lorsque les r\u00e8gles paraissent moins pr\u00e9visibles, chacun s&rsquo;interroge sur la solidit\u00e9 des engagements am\u00e9ricains. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette incertitude qui donne aujourd&rsquo;hui au dossier des F-35 une port\u00e9e bien plus large qu&rsquo;une simple vente d&rsquo;armement.<\/p>\n<p><span><span><strong>Le v\u00e9ritable enjeu: la cr\u00e9dibilit\u00e9 des engagements am\u00e9ricains<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Lorsque les relations internationales reposent davantage sur les rapports personnels que sur des r\u00e8gles stables, l&rsquo;incertitude grandit. Les alli\u00e9s ne savent plus jusqu&rsquo;o\u00f9 vont les engagements am\u00e9ricains. Les adversaires sont tent\u00e9s de tester les limites.<\/p>\n<p>Quant aux puissances interm\u00e9diaires, comme la Turquie, elles per\u00e7oivent rapidement les nouvelles marges de man\u0153uvre qui s&rsquo;offrent \u00e0 elles.<\/p>\n<p>Isra\u00ebl l&rsquo;a parfaitement compris. En exprimant publiquement son opposition \u00e0 un \u00e9ventuel retour de la Turquie dans le programme des F-35, Benjamin Netanyahu ne cherchait pas seulement \u00e0 emp\u00eacher cette vente. Il voulait rappeler qu&rsquo;au-del\u00e0 de l&rsquo;avion, c&rsquo;est la cr\u00e9dibilit\u00e9 des engagements am\u00e9ricains qui est en jeu.<\/p>\n<p><span><span><strong>Le pilier de la s\u00e9curit\u00e9 isra\u00e9lienne<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Au c\u0153ur de cette affaire se trouve un principe qui guide depuis des d\u00e9cennies la relation entre Washington et Tel-Aviv : les \u00c9tats-Unis veillent \u00e0 pr\u00e9server l&rsquo;avantage militaire qualitatif d&rsquo;Isra\u00ebl sur les autres puissances de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Cette garantie est l&rsquo;un des fondements de la strat\u00e9gie de dissuasion isra\u00e9lienne. Isra\u00ebl mise depuis longtemps sur une sup\u00e9riorit\u00e9 technologique et op\u00e9rationnelle pour compenser ses vuln\u00e9rabilit\u00e9s g\u00e9ographiques.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, le F-35 n&rsquo;est pas un avion comme les autres. Gr\u00e2ce \u00e0 sa furtivit\u00e9, \u00e0 ses capacit\u00e9s de d\u00e9tection et \u00e0 son potentiel d&rsquo;\u00e9volution, il repr\u00e9sente un v\u00e9ritable multiplicateur de puissance. Son \u00e9ventuelle livraison \u00e0 la Turquie aurait donc une port\u00e9e bien plus politique que militaire. Au-del\u00e0 de ses performances actuelles, c&rsquo;est le potentiel strat\u00e9gique qu&rsquo;il ouvre pour les ann\u00e9es \u00e0 venir qui retient l&rsquo;attention.<\/p>\n<p><span><span><strong>Le signal envoy\u00e9 \u00e0 toute la r\u00e9gion<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Aux yeux d&rsquo;Isra\u00ebl, le risque est double. Le premier est une r\u00e9duction progressive de son avance technologique. Le second est le message politique qu&rsquo;une telle d\u00e9cision enverrait \u00e0 l&rsquo;ensemble du Moyen-Orient: ce qui avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9, apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9pisode des S-400, comme une exclusion d\u00e9finitive redeviendrait n\u00e9gociable. Pour de nombreux acteurs r\u00e9gionaux, cela signifierait que les lignes rouges am\u00e9ricaines sont d\u00e9sormais plus flexibles qu&rsquo;elles ne l&rsquo;\u00e9taient.<\/p>\n<p><span><span><strong>Ankara saisit une occasion strat\u00e9gique<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La Turquie voit dans cette \u00e9volution une opportunit\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 sa position g\u00e9ographique et \u00e0 son r\u00f4le au sein de l&rsquo;OTAN, elle demeure un partenaire incontournable sur plusieurs dossiers de s\u00e9curit\u00e9. Cette situation lui permet de dialoguer avec Washington depuis une position de force.<\/p>\n<p>Recep Tayyip Erdogan sait que retrouver l&rsquo;acc\u00e8s au programme des F-35 aurait une valeur qui d\u00e9passe largement l&rsquo;aspect militaire. Ce serait le signe que la Turquie retrouve une place centrale dans les calculs strat\u00e9giques am\u00e9ricains \u2014 non plus un alli\u00e9 difficile \u00e0 g\u00e9rer, mais un partenaire que Washington juge de nouveau indispensable.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette perspective qui nourrit les inqui\u00e9tudes isra\u00e9liennes. Une Turquie autonome constitue d\u00e9j\u00e0 un acteur majeur. Une Turquie renouant pleinement avec la coop\u00e9ration militaire am\u00e9ricaine disposerait d&rsquo;une influence encore plus grande, de la M\u00e9diterran\u00e9e orientale jusqu&rsquo;au Levant.<\/p>\n<p><span><span><strong>Des cons\u00e9quences bien au-del\u00e0 du dossier des F-35<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Les r\u00e9percussions d&rsquo;une telle d\u00e9cision d\u00e9passeraient largement les relations entre Washington, Ankara et Tel-Aviv. La Gr\u00e8ce, elle-m\u00eame engag\u00e9e dans un programme de modernisation de ses F-16, suivrait cette \u00e9volution avec une attention particuli\u00e8re, compte tenu de ses rivalit\u00e9s avec la Turquie en mer \u00c9g\u00e9e et en M\u00e9diterran\u00e9e orientale. Plusieurs capitales arabes, du Golfe \u00e0 l&rsquo;\u00c9gypte, observeraient \u00e9galement l&rsquo;\u00e9volution du rapport de forces dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du Moyen-Orient, une question plus g\u00e9n\u00e9rale se pose \u00e0 la diplomatie am\u00e9ricaine : les \u00c9tats-Unis peuvent-ils \u00e0 la fois rassurer Isra\u00ebl, renouer avec la Turquie et pr\u00e9server la coh\u00e9rence de leur strat\u00e9gie r\u00e9gionale?<\/p>\n<p><span><span><strong>Au-del\u00e0 des F-35, une nouvelle logique de puissance<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du d\u00e9bat sur les F-35, c&rsquo;est une \u00e9volution plus profonde qui se dessine au Moyen-Orient. La r\u00e9gion n&rsquo;est plus seulement le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;affrontements militaires. Elle est aussi un espace o\u00f9 les \u00e9quilibres se construisent par les transferts de technologies, les partenariats de d\u00e9fense, les sanctions, les signaux politiques et les choix diplomatiques.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, un avion de combat comme le F-35 repr\u00e9sente bien davantage qu&rsquo;un \u00e9quipement militaire. Il symbolise un niveau de confiance, un acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9 aux technologies les plus avanc\u00e9es et une reconnaissance politique. Au Moyen-Orient, le statut qu&rsquo;il conf\u00e8re peut parfois peser autant que ses performances op\u00e9rationnelles.<\/p>\n<p><span><span><strong>Des lignes rouges devenues plus flexibles<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Il serait toutefois r\u00e9ducteur de voir dans Donald Trump le seul facteur d&rsquo;incertitude. Cette affaire met en lumi\u00e8re une \u00e9volution plus large des relations internationales : les lignes rouges ne disparaissent pas, mais elles deviennent n\u00e9gociables. Ce qui paraissait hier d\u00e9finitivement exclu peut aujourd&rsquo;hui redevenir envisageable sous l&rsquo;effet d&rsquo;un changement de contexte, d&rsquo;une convergence d&rsquo;int\u00e9r\u00eats ou d&rsquo;une nouvelle approche politique \u2014 brouillant les rep\u00e8res sur lesquels alli\u00e9s et partenaires avaient construit leurs strat\u00e9gies.<\/p>\n<p><span><span><strong>Quand chacun recherche sa propre s\u00e9curit\u00e9<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Au fond, chacun agit selon sa propre logique de s\u00e9curit\u00e9 \u2014 ce que les th\u00e9oriciens des relations internationales appellent un dilemme de s\u00e9curit\u00e9 : les mesures qu&rsquo;un \u00c9tat prend pour se rassurer finissent par inqui\u00e9ter les autres, qui r\u00e9pliquent \u00e0 leur tour. Isra\u00ebl d\u00e9fend l&rsquo;avantage strat\u00e9gique qui fonde sa doctrine de d\u00e9fense. La Turquie consolide son statut de puissance r\u00e9gionale. Washington cherche \u00e0 pr\u00e9server sa libert\u00e9 d&rsquo;action tout en maintenant ses partenariats.<br \/>Ces logiques, coh\u00e9rentes du point de vue de chacun, ne produisent pas n\u00e9cessairement de la stabilit\u00e9 une fois superpos\u00e9es: faute de vision commune, elles alimentent au contraire un climat d&rsquo;incertitude \u2014 et au Moyen-Orient, l&rsquo;incertitude pr\u00e9c\u00e8de souvent un nouvel \u00e9pisode de tensions.<\/p>\n<p><span><span><strong>Une le\u00e7on qui d\u00e9passe le Moyen-Orient<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>L&rsquo;affaire des F-35 est ainsi r\u00e9v\u00e9latrice d&rsquo;une transformation plus profonde de la politique internationale. La puissance ne se mesure plus seulement au nombre d&rsquo;avions, de chars ou de missiles; elle d\u00e9pend aussi de l&rsquo;acc\u00e8s aux technologies avanc\u00e9es, de la confiance des alli\u00e9s, et de la place qu&rsquo;un \u00c9tat occupe dans les grands \u00e9quilibres strat\u00e9giques. Elle montre qu&rsquo;un partenaire peut devenir, non par hostilit\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e mais par sa seule mont\u00e9e en puissance, un sujet de pr\u00e9occupation pour ses propres alli\u00e9s. Elle rappelle enfin qu&rsquo;une diplomatie fond\u00e9e sur des ajustements permanents et des d\u00e9cisions personnalis\u00e9es peut, sans le vouloir, acc\u00e9l\u00e9rer des recompositions r\u00e9gionales difficiles \u00e0 ma\u00eetriser.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable enjeu de cette affaire n&rsquo;est donc peut-\u00eatre pas le retour \u00e9ventuel de la Turquie dans le programme des F-35. Il est ailleurs: dans la mani\u00e8re dont les \u00c9tats-Unis red\u00e9finissent progressivement les r\u00e8gles du jeu avec leurs alli\u00e9s. Car lorsque les r\u00e8gles deviennent incertaines, chacun est tent\u00e9 de revoir ses propres calculs. Et c&rsquo;est souvent ainsi que les \u00e9quilibres r\u00e9gionaux commencent \u00e0 basculer.<\/p>\n<p><strong>Elyes Ghariani<\/strong><br \/><span><em>Ancien ambassadeur\u00a0<\/em><\/span><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/38296-elyes-ghariani-washington-redessine-ses-lignes-rouges-israel-s-inquiete-la-turquie-avance\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Elyes Ghariani &#8211; Le possible retour de la Turquie dans le programme des F-35 d\u00e9passe largement la question d&rsquo;un avion de combat. Il r\u00e9v\u00e8le une \u00e9volution plus profonde: les \u00c9tats-Unis semblent red\u00e9finir certaines de leurs lignes rouges, au risque de bousculer les \u00e9quilibres r\u00e9gionaux. Pour Isra\u00ebl, ce changement est lourd de cons\u00e9quences. 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