{"id":189843,"date":"2026-07-24T10:45:00","date_gmt":"2026-07-24T14:45:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/en-afrique-linsecurite-alimentaire-recule-pour-la-premiere-fois-depuis-dix-ans-le-prochain-enjeu-est-de-rendre-ces-progres-difficiles-a-inverser\/"},"modified":"2026-07-24T10:45:00","modified_gmt":"2026-07-24T14:45:00","slug":"en-afrique-linsecurite-alimentaire-recule-pour-la-premiere-fois-depuis-dix-ans-le-prochain-enjeu-est-de-rendre-ces-progres-difficiles-a-inverser","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/en-afrique-linsecurite-alimentaire-recule-pour-la-premiere-fois-depuis-dix-ans-le-prochain-enjeu-est-de-rendre-ces-progres-difficiles-a-inverser\/","title":{"rendered":"En Afrique, l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire recule pour la premi\u00e8re fois depuis dix ans, le prochain enjeu est de rendre ces progr\u00e8s difficiles \u00e0 inverser"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, dans l\u2019ensemble de l\u2019Afrique, le nombre de personnes qui doutaient de pouvoir se procurer une nourriture ad\u00e9quate ou \u00e9taient contraintes de r\u00e9duire la qualit\u00e9 et la quantit\u00e9 de leur nourriture a diminu\u00e9. Pour la premi\u00e8re fois depuis dix ans, la situation en mati\u00e8re d\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire s\u2019est am\u00e9lior\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du continent. La proportion de la population souffrant de la faim a recul\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en pr\u00e8s de dix ans, passant de 20,3\u00a0pour cent en 2024 \u00e0 20\u00a0pour cent en 2025. La pr\u00e9valence de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire mod\u00e9r\u00e9e ou grave a recul\u00e9 de\u00a058,5 \u00e0 56,6\u00a0pour cent, soit 8,6\u00a0millions de personnes de moins. La pr\u00e9valence de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire grave a \u00e9galement diminu\u00e9. Les cas de retard de croissance chez les enfants r\u00e9gressent. La faim, qui \u00e9tait en hausse sur le continent depuis 2017, semble m\u00eame avoir cess\u00e9 de gagner du terrain.<\/p>\n<p>Ce changement, certes modeste, pourrait constituer un v\u00e9ritable tournant. Apr\u00e8s une d\u00e9cennie marqu\u00e9e par une d\u00e9t\u00e9rioration de la situation, l\u2019Afrique a montr\u00e9 que l\u2019architecture qui sous\u2011tend la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire pouvait fonctionner. Pour pr\u00e9server ces progr\u00e8s, un deuxi\u00e8me changement de cap sera n\u00e9cessaire: il faudra aller au-del\u00e0 de la seule r\u00e9duction de la faim et mettre l\u2019alimentation nutritive \u00e0 la port\u00e9e de chacun. Les investissements dans les institutions, les infrastructures et les march\u00e9s, de m\u00eame que les choix budg\u00e9taires, influent sur les prix bien avant que les aliments ne parviennent aux m\u00e9nages.<\/p>\n<div readability=\"7\">\n<p>LA SUITE APR\u00c8S LA PUBLICIT\u00c9<\/p>\n<p><ins class=\"adsbygoogle\" data-ad-client=\"ca-pub-9760088965124508\" data-ad-slot=\"2140806877\"\/><br \/>\n<\/div>\n<p>Depuis vingt ans, un petit groupe de pays africains met en place les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de cette architecture: la recherche agricole et des services de vulgarisation, des r\u00e9seaux v\u00e9t\u00e9rinaires, des routes rurales et des liaisons avec les march\u00e9s, ainsi que des organismes statistiques qui mesurent les privations au moyen d\u2019enqu\u00eates aupr\u00e8s des m\u00e9nages. Ces acquis ont \u00e9t\u00e9 obtenus alors m\u00eame qu\u2019il devenait de plus en plus difficile de compter sur les financements ext\u00e9rieurs. L\u2019aide demeure indispensable, en particulier dans les pays touch\u00e9s par un conflit, o\u00f9 elle permet aux populations de survivre.<\/p>\n<p>Toutefois, dans le contexte actuel, toutefois, les capacit\u00e9s nationales, des d\u00e9penses publiques plus judicieuses et des cha\u00eenes d\u2019approvisionnement r\u00e9silientes rev\u00eatent une importance accrue. La mani\u00e8re dont les gouvernements mobiliseront d\u00e9sormais ces instruments pour agir sur le co\u00fbt d\u2019une alimentation saine d\u00e9terminera si l\u2019ann\u00e9e 2025 ouvre une nouvelle \u00e8re de progr\u00e8s durables ou si elle restera une embellie sans lendemain.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique reste confront\u00e9e \u00e0 un d\u00e9fi en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire plus consid\u00e9rable que celui de toute autre r\u00e9gion. Le continent compte 309\u00a0millions de personnes souffrant de la faim, soit plus que toute autre r\u00e9gion du monde, et, d\u2019ici \u00e0\u00a02030, il abritera 56\u00a0pour cent de toutes les personnes qui seront encore confront\u00e9es \u00e0 la faim dans le monde. Deux Africains sur trois n\u2019ont pas les moyens de s\u2019alimenter sainement et cette proportion continue d\u2019augmenter, alors qu\u2019elle diminue dans les autres r\u00e9gions du monde.<\/p>\n<p>Pourtant, ces progr\u00e8s reposent sur des r\u00e9sultats nationaux obtenus dans la dur\u00e9e. Au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, le S\u00e9n\u00e9gal a ramen\u00e9 la proportion de sa population souffrant de la faim de\u00a015,8 \u00e0 5,3\u00a0pour cent. Au Togo, cette proportion est pass\u00e9e de\u00a024,6 \u00e0 10,2\u00a0pour cent; au Ghana, de\u00a011,1 \u00e0 6,4\u00a0pour cent; en C\u00f4te d\u2019Ivoire, de\u00a017,6 \u00e0 11,4\u00a0pour cent; au Rwanda, de\u00a031,8 \u00e0 22,6\u00a0pour cent; et au Mozambique, de 29,2 \u00e0 22,3\u00a0pour cent, tous ces pays ayant maintenu le cap malgr\u00e9 les crises des prix et la pand\u00e9mie. Des progr\u00e8s d\u2019une telle ampleur sont le r\u00e9sultat de politiques publiques et non des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques.<\/p>\n<p>Il sera plus difficile de rendre l\u2019alimentation saine abordable que de faire reculer la faim. L\u2019obstacle r\u00e9side dans le prix des aliments qui composent une alimentation saine, plut\u00f4t que simplement rassasiante: le lait, les \u0153ufs, le poisson, la viande, les fruits, les l\u00e9gumes et les l\u00e9gumineuses. Les aliments d\u2019origine animale constituent le groupe d\u2019aliments dont le co\u00fbt est le plus important en Afrique et 69\u00a0pour cent des pays africains figurent, pour cette cat\u00e9gorie, dans le tercile des co\u00fbts les plus \u00e9lev\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, tandis que les f\u00e9culents de base ne repr\u00e9sentent qu\u2019une part relativement faible du co\u00fbt total d\u2019une alimentation saine.<\/p>\n<p>Ces prix se forment maillon apr\u00e8s maillon, sous l\u2019effet des maladies animales, de cha\u00eenes du froid insuffisantes, de r\u00e9seaux routiers d\u00e9faillants, de co\u00fbts \u00e9nerg\u00e9tiques \u00e9lev\u00e9s et de march\u00e9s locaux peu d\u00e9velopp\u00e9s, bien avant que les produits ne parviennent sur les \u00e9tals. Le prix des aliments de base n\u2019a cess\u00e9 de baisser, tandis que celui de nombreux aliments parmi les plus importants demeure obstin\u00e9ment \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p>Les gouvernements africains peuvent financer une grande partie de cette transition en r\u00e9orientant les subventions qu\u2019ils versent d\u00e9j\u00e0. En Afrique, une subvention g\u00e9n\u00e9rale de 10\u00a0pour cent \u00e0 la production r\u00e9duit d\u2019environ 4\u00a0pour cent le co\u00fbt d\u2019une alimentation saine, soit \u00e0 peu pr\u00e8s la moiti\u00e9 de ce que la m\u00eame somme permet d\u2019obtenir en Am\u00e9rique latine: la question tient donc davantage \u00e0 l\u2019affectation de ces budgets qu\u2019\u00e0 leur montant. Si on les oriente vers la sant\u00e9 animale, la s\u00e9lection et l\u2019aquaculture, les cha\u00eenes du froid, les routes rurales et une \u00e9nergie moins ch\u00e8re, ainsi que vers la recherche sur les fruits, les l\u00e9gumes et les l\u00e9gumineuses indispensables \u00e0 toute alimentation saine, la structure des co\u00fbts qui maintient l\u2019alimentation saine hors de port\u00e9e pour deux Africains sur trois commencera \u00e0 \u00e9voluer.<\/p>\n<p>Les syst\u00e8mes africains ne sont pas encore en mesure d\u2019assumer seuls tous les aspects de cet effort. Dans les pays pris au pi\u00e8ge de crises alimentaires aigu\u00ebs, ces m\u00eames \u00c9tats touch\u00e9s par les conflits qui tirent les moyennes continentales vers le bas, l\u2019assistance ext\u00e9rieure permet aux populations de survivre. Les services statistiques qui ont permis de rendre visibles les progr\u00e8s enregistr\u00e9s cette ann\u00e9e d\u00e9pendent eux aussi de financements aujourd\u2019hui sous pression. Les estimations de 2025 d\u00e9crivent la situation qui pr\u00e9valait avant que les r\u00e9ductions op\u00e9r\u00e9es cette ann\u00e9e ne produisent pleinement leurs effets; il faudra en payer le prix en 2026 et au-del\u00e0.<\/p>\n<p>Une seule ann\u00e9e de progr\u00e8s ne suffit pas \u00e0 \u00e9tablir une tendance, mais elle permet de mieux cerner la t\u00e2che \u00e0 accomplir. Les gouvernements africains ont montr\u00e9 ce que leurs syst\u00e8mes \u00e9taient capables d\u2019accomplir malgr\u00e9 les difficult\u00e9s. Cette m\u00eame capacit\u00e9 doit d\u00e9sormais \u00eatre mobilis\u00e9e pour agir sur le co\u00fbt des aliments nutritifs, le seul chiffre qui continue d\u2019\u00e9voluer dans la mauvaise direction. La premi\u00e8re am\u00e9lioration enregistr\u00e9e depuis dix ans est acquise. Il faut d\u00e9sormais la p\u00e9renniser.<\/p>\n<p><strong>M\u00e1ximo Torero,<\/strong> <strong>\u00c9conomiste en chef<\/strong> de l\u2019<strong>Organisation des Nations Unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture<\/strong>.<\/p>\n<p>Auteur: Arnaud Nicolas MAWEL<br \/>\n<a href=\"https:\/\/fr.journalducameroun.com\/en-afrique-linsecurite-alimentaire-recule-pour-la-premiere-fois-depuis-dix-ans-le-prochain-enjeu-est-de-rendre-ces-progres-difficiles-a-inverser\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, dans l\u2019ensemble de l\u2019Afrique, le nombre de personnes qui doutaient de pouvoir se procurer une nourriture ad\u00e9quate ou \u00e9taient contraintes de r\u00e9duire la qualit\u00e9 et la quantit\u00e9 de leur nourriture a diminu\u00e9. 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