{"id":190734,"date":"2026-08-14T13:01:00","date_gmt":"2026-08-14T17:01:00","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/fifa-quand-le-succes-produit-ses-propres-derives\/"},"modified":"2026-08-14T13:01:00","modified_gmt":"2026-08-14T17:01:00","slug":"fifa-quand-le-succes-produit-ses-propres-derives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/fifa-quand-le-succes-produit-ses-propres-derives\/","title":{"rendered":"FIFA : quand le succ\u00e8s produit ses propres d\u00e9rives"},"content":{"rendered":"<p><span><span><strong>Par Youssef Charfi &#8211;<\/strong><\/span><\/span> Le 28 juillet 2026 marque le d\u00e9but d\u2019une nouvelle crise de gouvernance de la FIFA. Tout commence avec le projet de cr\u00e9ation d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 commerciale : la FIFA Forward Enterprise. Elle regrouperait les activit\u00e9s commerciales et \u00e9v\u00e9nementielles g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus de l\u2019organisation. Jusqu\u2019\u00e0 20 % de son capital pourrait \u00eatre c\u00e9d\u00e9 au secteur priv\u00e9 pour une lev\u00e9e de fonds de 4,2 milliards de dollars am\u00e9ricains. Soit, mais o\u00f9 est le probl\u00e8me ? C\u2019est la premi\u00e8re fois que la FIFA envisagerait d\u2019ouvrir le capital d\u2019une telle structure \u00e0 ce type d\u2019investisseurs. Une telle op\u00e9ration ferait entrer des int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s au c\u0153ur d\u2019activit\u00e9s jusqu\u2019ici contr\u00f4l\u00e9es directement par l\u2019organisation, soulevant imm\u00e9diatement des questions de contr\u00f4le, de transparence et de partage du pouvoir \u00e9conomique.<\/p>\n<p>De fortes oppositions de l\u2019UEFA, de l\u2019AFC et de la CONCACAF ont entra\u00een\u00e9 l\u2019abandon du projet. La FIFA, apr\u00e8s quelques jours, reconna\u00eet des erreurs dans le processus d\u00e9cisionnel, notamment l\u2019insuffisance des consultations pr\u00e9alables. Quant aux opposants, ils en viennent \u00e0 demander un examen ind\u00e9pendant du processus d\u00e9cisionnel dans un climat de d\u00e9fiance envers la direction. En somme, ce qui apparaissait initialement comme un projet commercial de plusieurs milliards de dollars se transforme en crise de gouvernance.<\/p>\n<p>Cet \u00e9pisode compte, bien s\u00fbr, mais il r\u00e9v\u00e8le surtout un probl\u00e8me plus profond. Il y a quelques d\u00e9cennies, un projet d\u2019une telle envergure aurait relev\u00e9 de l\u2019inconcevable pour la FIFA. N\u00e9e comme une modeste association administrative, cette organisation a chang\u00e9 radicalement d\u2019\u00e9chelle.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Comment la r\u00e9ussite \u00e9conomique et politique de ce qui \u00e9tait une petite association a-t-elle cr\u00e9\u00e9 les conditions permettant aux r\u00e9seaux client\u00e9listes et aux abus de prosp\u00e9rer?<\/p>\n<p>R\u00e9pondre \u00e0 cette question suppose de d\u00e9passer l\u2019actualit\u00e9 et les nombreux scandales ayant jalonn\u00e9 l\u2019histoire de la FIFA. Pour comprendre leur r\u00e9currence, il faut analyser les structures de pouvoir qui leur ont permis de prosp\u00e9rer. Cela suppose d\u2019abord de comprendre le succ\u00e8s de l\u2019organisation que nous connaissons aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p><span><span><strong>Acte I: naissance d\u2019un g\u00e9ant<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>1904, Paris, au 229 rue Saint-Honor\u00e9, 7 membres fondateurs cr\u00e9ent une petite association charg\u00e9e de coordonner le football international. C\u2019est la naissance de la FIFA. Elle a, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, deux missions principales: organiser les rencontres internationales et uniformiser l\u2019application des r\u00e8gles du football international. \u00c0 sa cr\u00e9ation, l\u2019association est plus proche du secr\u00e9tariat administratif dot\u00e9 d\u2019une gouvernance adapt\u00e9e \u00e0 sa taille que de l\u2019organisation que nous connaissons aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>En 1930, Jules Rimet, alors pr\u00e9sident de la FIFA, concr\u00e9tise un projet historique: la Coupe du monde de la FIFA. Un premier tournoi modeste regroupant seulement treize \u00e9quipes est organis\u00e9. Puis tout s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re en quelques d\u00e9cennies. En 1954, le tournoi, pour la premi\u00e8re fois diffus\u00e9e \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, regroupe pr\u00e8s de 90 millions de t\u00e9l\u00e9spectateurs. En 1974, la Coupe du monde est d\u00e9j\u00e0 un spectacle incontournable, suivi selon les estimations de l\u2019\u00e9poque par pr\u00e8s de 800 millions de personnes. Malgr\u00e9 cette grande r\u00e9ussite, un b\u00e9mol subsiste : les revenus de la comp\u00e9tition ne sont pas \u00e0 la hauteur du potentiel commercial.<\/p>\n<p>1974. Ann\u00e9e \u00e9lectorale pivot pour la FIFA. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, elle organise un tournoi sportif mondial dot\u00e9 d\u2019un immense potentiel \u00e9conomique. De l&rsquo;autre, sa base \u00e9lectorale s&rsquo;est profond\u00e9ment transform\u00e9e avec l&rsquo;arriv\u00e9e de nombreuses nouvelles f\u00e9d\u00e9rations issues des d\u00e9colonisations. D\u00e8s lors, elle poss\u00e8de \u00e0 la fois une ressource exceptionnelle \u00e0 exploiter et une nouvelle majorit\u00e9 \u00e0 convaincre.<\/p>\n<p>Jo\u00e3o Havelange, pr\u00e9sident de la Conf\u00e9d\u00e9ration br\u00e9silienne des sports, comprend avant ses adversaires que le centre de gravit\u00e9 \u00e9lectoral de la FIFA s&rsquo;est d\u00e9plac\u00e9. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, des dizaines de nouveaux \u00c9tats acc\u00e8dent \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance. Ce sont autant de nouvelles f\u00e9d\u00e9rations qui rejoignent progressivement la FIFA.<\/p>\n<p>L\u2019arithm\u00e9tique \u00e9lectorale est aussi simple que le mod\u00e8le de gouvernance qu\u2019elle r\u00e9v\u00e8le. Chaque f\u00e9d\u00e9ration dispose d\u2019une voix. L\u2019Angleterre p\u00e8se autant que la Tunisie qui p\u00e8se autant que le Panama. Les f\u00e9d\u00e9rations europ\u00e9ennes deviennent ainsi largement minoritaires. Havelange construit sa campagne autour de ce constat. Il promet aux nouveaux membres de financer le d\u00e9veloppement du football et de leur donner davantage de repr\u00e9sentation. Pour lui, la Coupe du monde peut devenir le moteur financier capable de transformer ses promesses \u00e9lectorales en r\u00e9alit\u00e9. Il est \u00e9lu le 11 juin 1974, mais comment financer ses projets<\/p>\n<p><span><span><strong>Acte II: une r\u00e9volution commerciale<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La Coupe du monde en 1974 \u00e9tait encore commercialement sous-exploit\u00e9e. Horst Dassler, h\u00e9ritier de l\u2019empire ADIDAS, partage ce constat avec le pr\u00e9sident. C\u2019est l\u2019entrepreneur Patrick Nally qui leur donnera la moiti\u00e9 de la solution. Il d\u00e9veloppe un nouveau mod\u00e8le de sponsoring mondial: d\u2019abord identifier et regrouper les diff\u00e9rents droits commerciaux de la FIFA puis les vendre \u00e0 des sponsors mondiaux, en exclusivit\u00e9 par cat\u00e9gorie de produits. La strat\u00e9gie porte ses fruits et de nombreux sponsors rejoignent la FIFA, le plus illustre \u00e9tant Coca-Cola.<\/p>\n<p>En parall\u00e8le, les revenus des droits audiovisuels augmentent consid\u00e9rablement et consolident l\u2019empire \u00e9conomique de la FIFA. Havelange affirmera avoir quitt\u00e9 la FIFA en 1998 en lui laissant plus de 4 milliards de dollars de biens et de contrats, de quoi financer sa politique de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Ces nouveaux revenus lui permettent de mener une politique d\u2019expansion sans pr\u00e9c\u00e9dent: sous sa pr\u00e9sidence, il finance des programmes de d\u00e9veloppement ambitieux, 4 nouvelles comp\u00e9titions mondiales sont organis\u00e9es par la FIFA, le nombre de participants \u00e0 la Coupe du monde double tandis que l\u2019organisation accueille 50 nouvelles f\u00e9d\u00e9rations.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019ici tout va bien. Non? Cet \u00e9largissement contribue \u00e0 consolider le bloc \u00e9lectoral, largement extra-europ\u00e9en, sur lequel le pr\u00e9sident s\u2019appuie politiquement. Cela s\u2019explique par le mod\u00e8le de gouvernance simple et repr\u00e9sentatif de l\u2019\u00e9poque. Le Congr\u00e8s est l&rsquo;organe souverain et chaque f\u00e9d\u00e9ration membre dispose d&rsquo;une voix et participe notamment \u00e0 l\u2019\u00e9lection du pr\u00e9sident, ce qui peut sembler tout \u00e0 fait d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p>Dans les faits, l\u2019\u00e9quilibre n\u2019est qu\u2019apparent. La pr\u00e9sidence concentre fortement le pouvoir. Cela ne s\u2019explique d\u2019ailleurs pas uniquement par les pr\u00e9rogatives statutaires du poste, mais aussi par le r\u00e9seau politique du pr\u00e9sident. En somme, de nombreuses petites f\u00e9d\u00e9rations ont des revenus domestiques insuffisants et les aides de la FIFA deviennent pour elles une ressource essentielle. M\u00eame si les programmes ont r\u00e9ellement contribu\u00e9 au d\u00e9veloppement du football mondial, le syst\u00e8me qui les produit pr\u00e9sente une particularit\u00e9 fondamentale. Les b\u00e9n\u00e9ficiaires de cette redistribution sont \u00e9galement les \u00e9lecteurs du pr\u00e9sident.<\/p>\n<p>Il ne s&rsquo;agit donc pas d&rsquo;affirmer que chaque aide distribu\u00e9e ach\u00e8te un vote, mais de montrer qu&rsquo;un syst\u00e8me combinant redistribution des ressources et pouvoir \u00e9lectoral favorise structurellement la constitution et la conservation de r\u00e9seaux \u00e9lectoraux. C\u2019est en ce sens que l\u2019on peut parler d\u2019une logique structurellement client\u00e9liste au sein de la FIFA de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Mais o\u00f9 sont donc les contre-pouvoirs ? La FIFA fonctionne encore largement en vase clos. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, le pr\u00e9sident n\u2019est soumis \u00e0 aucune limite de mandat. Cela lui permet de construire, renforcer et maintenir ses relations avec le corps \u00e9lectoral pendant des d\u00e9cennies. Si l\u2019on ajoute \u00e0 cela l\u2019absence d\u2019organes \u00e9thiques ou financiers effectivement ind\u00e9pendants, les m\u00e9canismes susceptibles de contenir les abus sont, par construction, dramatiquement faibles.<\/p>\n<p><span><span><strong>Acte III: fracas et changements de gouvernance<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>En 1998, Joe Havelange quitte la pr\u00e9sidence apr\u00e8s 24 ans. En 2012, des documents judiciaires rendus publics \u00e9tablissent qu\u2019il a re\u00e7u au moins 1,5 million de francs suisses dans le cadre de versements occultes.<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e du premier sacre des Bleus, Sepp Blatter est \u00e9lu selon une logique \u00e9lectorale similaire \u00e0 celle qui avait port\u00e9 Havelange au pouvoir. Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la FIFA depuis 17 ans, le Suisse conna\u00eet intimement l\u2019organisation et le r\u00e9seau de son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Son engagement en faveur de l\u2019organisation d\u2019une Coupe du monde en Afrique accompagne le basculement d\u2019une partie du vote continental en sa faveur.<\/p>\n<p>Une promesse \u00e9lectorale n\u2019est \u00e9videmment pas en elle-m\u00eame un acte de corruption : Blatter fait ici ce que tout candidat fait pour construire une coalition en proposant une politique susceptible de convaincre un \u00e9lectorat. Ce qui rend la FIFA singuli\u00e8re, c\u2019est que ce m\u00eame candidat, une fois pr\u00e9sident, prend la t\u00eate de l\u2019organisation charg\u00e9e de la redistribution des ressources aupr\u00e8s de son propre corps \u00e9lectoral.<\/p>\n<p>En 2015, le d\u00e9partement de la Justice am\u00e9ricain inculpe, dans un premier temps, 9 hauts responsables du football international et 5 du monde de l\u2019entreprise. La justice am\u00e9ricaine estime que plus de 150 millions de dollars de pots-de-vins ont \u00e9t\u00e9 vers\u00e9s ou promis par des entreprises \u00e0 des hauts responsables du football international dans le cadre d\u2019attribution, entre autres, de droits commerciaux pour les comp\u00e9titions internationales.<\/p>\n<p>La justice am\u00e9ricaine fait donc la lumi\u00e8re sur un syst\u00e8me remontant au moins \u00e0 1991, qui a permis \u00e0 deux g\u00e9n\u00e9rations de dirigeants de s\u2019enrichir avec l\u2019aide d\u2019entreprises de marketing. Ce scandale pose une question simple. Pourquoi la FIFA a-t-elle laiss\u00e9 un tel syst\u00e8me prosp\u00e9rer?<\/p>\n<p>R\u00e9ponse courte: la faiblesse de ses contre-pouvoirs. Le scandale de 2015 rend intenable le mod\u00e8le de gouvernance de l\u2019organisation en place depuis plusieurs d\u00e9cennies. La question ne se limite plus aux hommes. Elle concerne aussi les institutions qui n\u2019ont pas su les contr\u00f4ler. Un processus de r\u00e9forme \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9 depuis 2011, mais durant la crise existentielle de 2015, la FIFA n\u2019a plus le choix. R\u00e9former ou mourir.<\/p>\n<p>Les r\u00e9formes ont-elles chang\u00e9 quoi que ce soit ? Oui. Les mandats pr\u00e9sidentiels sont limit\u00e9s. Les fonctions politiques et administratives sont mieux s\u00e9par\u00e9es. Le contr\u00f4le \u00e9thique et financier est renforc\u00e9. M\u00eame la redistribution est profond\u00e9ment r\u00e9form\u00e9e via le programme de d\u00e9veloppement FIFA Forward. Les financements continuent d\u2019augmenter consid\u00e9rablement mais ils sont d\u00e9sormais mieux supervis\u00e9s et audit\u00e9s. Ces r\u00e9formes r\u00e9pondent au moins partiellement au diagnostic. Pourquoi les controverses persistent sous la pr\u00e9sidence de Gianni Infantino?<\/p>\n<p>Les r\u00e9formes n\u2019ont pas supprim\u00e9 la boucle politique fondamentale de la FIFA. Chaque f\u00e9d\u00e9ration a une voix et la FIFA continue de leur redistribuer des revenus consid\u00e9rables. Malgr\u00e9 le meilleur encadrement de FIFA Forward, le lien structurel entre redistribution des ressources et pouvoir \u00e9lectoral demeure. La logique politique h\u00e9rit\u00e9e de l&rsquo;\u00e8re Havelange ne dispara\u00eet pas, elle mue et accepte davantage de contr\u00f4le.<\/p>\n<p>Quel bilan pour Infantino ? Revenons \u00e0 la FIFA Forward Enterprise. Au c\u0153ur de la temp\u00eate, le comit\u00e9 ex\u00e9cutif de la CAF lui reconfirme unanimement son soutien et le remercie explicitement pour son action en faveur du football africain. Quelques mois plus t\u00f4t, les membres de la CAF avaient d\u00e9j\u00e0 soutenu unanimement sa r\u00e9\u00e9lection. Finalement, rien de surprenant au regard du syst\u00e8me que nous venons de d\u00e9crire.<\/p>\n<p>L\u2019histoire invite \u00e0 d\u00e9passer une lecture exclusivement morale. Havelange, Blatter ou Infantino sont trois dirigeants diff\u00e9rents, confront\u00e9s \u00e0 des contextes diff\u00e9rents mais tous pris dans une m\u00eame logique institutionnelle. La FIFA a progressivement acquis une puissance \u00e9conomique et politique mondiale sans que ses contre-pouvoirs \u00e9voluent toujours \u00e0 la m\u00eame vitesse. Les r\u00e9formes entreprises depuis 2011 ne peuvent \u00eatre un aboutissement.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable enjeu n\u2019est donc plus seulement de changer les hommes, mais de construire des institutions capables de contenir durablement le pouvoir qu\u2019elles leur confient.<\/p>\n<p><strong>Youssef Charfi<\/strong><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/38367-fifa-quand-le-succes-produit-ses-propres-derives\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Youssef Charfi &#8211; Le 28 juillet 2026 marque le d\u00e9but d\u2019une nouvelle crise de gouvernance de la FIFA. Tout commence avec le projet de cr\u00e9ation d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 commerciale : la FIFA Forward Enterprise. Elle regrouperait les activit\u00e9s commerciales et \u00e9v\u00e9nementielles g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus de l\u2019organisation. 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