{"id":190895,"date":"2026-08-18T13:00:33","date_gmt":"2026-08-18T17:00:33","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/mourad-bourehla-cinq-ans-de-solitude-lafghanistan-sous-les-talibans-entre-normalisation-et-crise-permanente\/"},"modified":"2026-08-18T13:00:33","modified_gmt":"2026-08-18T17:00:33","slug":"mourad-bourehla-cinq-ans-de-solitude-lafghanistan-sous-les-talibans-entre-normalisation-et-crise-permanente","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/mourad-bourehla-cinq-ans-de-solitude-lafghanistan-sous-les-talibans-entre-normalisation-et-crise-permanente\/","title":{"rendered":"Mourad Bourehla &#8211; Cinq ans de solitude: l\u2019Afghanistan sous les talibans, entre normalisation et crise permanente"},"content":{"rendered":"<p><span><span><strong>Par Mourad Bourehla. <em>Ancien ambassadeur &#8211;<\/em><\/strong><\/span><\/span> Le 15 ao\u00fbt 2026 marque le cinqui\u00e8me anniversaire du retour des talibans au pouvoir \u00e0 Kaboul et de la restauration de l\u2019\u00c9mirat islamique d\u2019Afghanistan. Cinq ann\u00e9es apr\u00e8s le retrait des forces occidentales et l\u2019effondrement du r\u00e9gime soutenu par la communaut\u00e9 internationale, les talibans ont d\u00e9montr\u00e9 leur capacit\u00e9 \u00e0 conserver le pouvoir et \u00e0 imposer leur autorit\u00e9 sur l\u2019ensemble du pays. Pourtant, cette stabilit\u00e9 politique ne s\u2019est pas accompagn\u00e9e d\u2019une v\u00e9ritable normalisation internationale, ni d\u2019une am\u00e9lioration substantielle des conditions de vie de la population.<\/p>\n<p>L\u2019Afghanistan se trouve aujourd\u2019hui dans une situation paradoxale. Le r\u00e9gime taliban n\u2019a ni implos\u00e9 ni \u00e9t\u00e9 renvers\u00e9 ; il a au contraire consolid\u00e9 son contr\u00f4le de l\u2019\u00c9tat. Mais il demeure largement priv\u00e9 de reconnaissance diplomatique et confront\u00e9 \u00e0 une crise \u00e9conomique et humanitaire qui semble devenir structurelle. Dans le m\u00eame temps, les restrictions impos\u00e9es aux femmes et aux filles, la marginalisation des minorit\u00e9s et la r\u00e9pression des voix critiques continuent d\u2019\u00e9loigner l\u2019\u00c9mirat des normes d\u00e9fendues par une grande partie de la communaut\u00e9 internationale.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de ces contradictions, cinq tendances majeures permettraient de comprendre l\u2019\u00e9volution de l\u2019Afghanistan depuis ao\u00fbt 2021 : la consolidation du pouvoir taliban, le renforcement de l\u2019emprise sociale, la normalisation progressive du r\u00e9gime, l\u2019installation d\u2019un cycle de crise structurelle aliment\u00e9e par les retours forc\u00e9s et, enfin, la responsabilit\u00e9 partag\u00e9e entre les politiques du r\u00e9gime et certaines cons\u00e9quences des choix op\u00e9r\u00e9s par les puissances \u00e9trang\u00e8res.<img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Carte-Afganistane.jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p><span><span><strong>Un r\u00e9gime qui a consolid\u00e9 son pouvoir<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La premi\u00e8re caract\u00e9ristique de ces cinq derni\u00e8res ann\u00e9es est la stabilit\u00e9 du r\u00e9gime taliban. Contrairement aux pr\u00e9visions les plus pessimistes qui avaient accompagn\u00e9 leur retour \u00e0 Kaboul, les talibans n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s \u00e0 une insurrection capable de remettre s\u00e9rieusement en cause leur contr\u00f4le du territoire. Ils ont r\u00e9ussi \u00e0 transformer une organisation de gu\u00e9rilla en appareil de gouvernement exer\u00e7ant un monopole de fait politique, militaire et social.<br \/>Cette transformation ne signifie pas pour autant que le r\u00e9gime soit homog\u00e8ne. Des tensions internes existent, notamment autour de l\u2019interpr\u00e9tation de la doctrine islamique, de la place du pragmatisme dans la politique \u00e9trang\u00e8re et de la gestion des relations avec les puissances r\u00e9gionales. Mais ces divergences n\u2019ont jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent pas produit de v\u00e9ritable rupture susceptible de menacer la coh\u00e9sion de l\u2019\u00c9mirat.<\/p>\n<p>Sur le plan ext\u00e9rieur, les talibans ont \u00e9galement fait preuve de pragmatisme.\u00a0 Ils ont d\u00e9velopp\u00e9 des relations avec plusieurs \u00c9tats voisins et avec des puissances comme la Chine et la Russie, tout en maintenant des canaux de dialogue avec les pays occidentaux. La Russie a franchi en 2025 une \u00e9tape particuli\u00e8rement importante en reconnaissant officiellement le gouvernement taliban. D\u2019autres \u00c9tats ont choisi une approche plus prudente, en maintenant des relations diplomatiques et \u00e9conomiques avec Kaboul sans aller jusqu\u2019\u00e0 une reconnaissance formelle.<\/p>\n<p>Cette strat\u00e9gie a permis \u00e0 l\u2019\u00c9mirat d\u2019\u00e9viter un isolement total. Mais elle reste fragile, notamment en raison de la d\u00e9gradation de ses relations avec le grand voisin, le Pakistan.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir longtemps consid\u00e9r\u00e9 les talibans afghans comme un partenaire strat\u00e9gique susceptible de stabiliser sa fronti\u00e8re occidentale des provinces Khayber pakhtunkha et Balouchistan, Islamabad se trouve d\u00e9sormais confront\u00e9 \u00e0 une situation profond\u00e9ment diff\u00e9rente, le principal contentieux porte sur le Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), mouvement distinct des talibans afghans mais qui entretient avec eux des liens id\u00e9ologiques et op\u00e9rationnels \u00e9troits.<\/p>\n<p>slamabad accuse Kaboul de tol\u00e9rer, voire de permettre, l\u2019utilisation du territoire afghan par le TTP pour mener des attaques au Pakistan, ce que les autorit\u00e9s talibanes d\u00e9mentent. Il est \u00e9vident que les services secrets indiens, le rival s\u00e9culaire du Pakistan, ont jou\u00e9 un r\u00f4le actif dans ces \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<p>Cette tension a progressivement transform\u00e9 une relation historiquement complexe en v\u00e9ritable confrontation. Apr\u00e8s plusieurs mois d\u2019affrontements et de frappes transfrontali\u00e8res, les hostilit\u00e9s ont culmin\u00e9 en f\u00e9vrier 2026, lorsque les forces pakistanaises ont men\u00e9 l&rsquo;op\u00e9ration militaire Ghazab lil haq \u00e0 laquelle les talibans ont r\u00e9pondu par des attaques contre des positions pakistanaises. Les tentatives de m\u00e9diation, notamment celles engag\u00e9es avec l\u2019appui du Qatar, de la Turquie, de l\u2019Arabie saoudite puis de la Chine, n\u2019ont pas permis jusqu\u2019ici de r\u00e9gler les causes profondes du conflit.<\/p>\n<p>Cette confrontation constitue l\u2019un des principaux paradoxes de la nouvelle politique r\u00e9gionale de Kaboul. Le Pakistan est devenu l\u2019un de leurs adversaires les plus d\u00e9termin\u00e9s. La question du TTP se combine d\u00e9sormais avec d\u2019autres contentieux, notamment le contr\u00f4le de la fronti\u00e8re et la question de la ligne Durand, que l\u2019Afghanistan n\u2019a historiquement jamais pleinement reconnue.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"\/uploads\/FCK_files\/Danboul.jpg\" width=\"100%\" vspace=\"5\" hspace=\"5\" align=\"middle\" alt=\"\"\/><\/p>\n<p>Le conflit a \u00e9galement une dimension humanitaire consid\u00e9rable. Les combats et les frappes transfrontali\u00e8res ont provoqu\u00e9 des d\u00e9placements de population et de nombreuses victimes civiles afghanes estim\u00e9es \u00e0 plusieurs centaines depuis l\u2019automne 2025.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le Pakistan acc\u00e9l\u00e8re les expulsions d\u2019Afghans pr\u00e9sents sur son territoire estim\u00e9s \u00e0 plus de trois millions dont des centaines de milliers n\u00e9s sur le sol pakistanais. La crise s\u00e9curitaire et la crise migratoire se renforcent ainsi mutuellement, Kaboul d\u00e9nonce, ainsi, une politique de pression \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une population afghane d\u00e9j\u00e0 extr\u00eamement vuln\u00e9rable.<\/p>\n<p><span><span><strong>Le contr\u00f4le de la soci\u00e9t\u00e9 et la crise des droits des femmes<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me tendance est le renforcement progressif du contr\u00f4le exerc\u00e9 par les talibans sur la soci\u00e9t\u00e9 afghane. Celui-ci repose principalement sur deux instruments : le monopole de la force et le contr\u00f4le de l\u2019\u00e9ducation et de la formation id\u00e9ologique.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9ducation constitue \u00e0 cet \u00e9gard un enjeu essentiel. Depuis leur retour au pouvoir, les talibans ont profond\u00e9ment transform\u00e9 le syst\u00e8me \u00e9ducatif, en particulier son contenu et ses objectifs id\u00e9ologiques. L\u2019exclusion des filles de l\u2019enseignement secondaire et sup\u00e9rieur repr\u00e9sente toutefois la manifestation la plus visible de cette politique. Les restrictions se sont progressivement \u00e9tendues \u00e0 pratiquement tous les aspects de leur vie : \u00e9ducation, emploi, d\u00e9placements, participation \u00e0 la vie publique et acc\u00e8s \u00e0 certains services.<\/p>\n<p>Les minorit\u00e9s religieuses et les voix critiques sont \u00e9galement confront\u00e9es \u00e0 un environnement de plus en plus restrictif. Journalistes, militants et opposants continuent de faire \u00e9tat d\u2019arrestations arbitraires, de d\u00e9tentions et de pressions. L\u2019Afghanistan appara\u00eet ainsi comme l\u2019un des cas les plus pr\u00e9occupants au monde en mati\u00e8re de droits fondamentaux.<\/p>\n<p><span><span><strong>De l\u2019isolement \u00e0 une normalisation pragmatique<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La troisi\u00e8me tendance est peut-\u00eatre la plus paradoxale : alors m\u00eame que la situation des droits humains se d\u00e9grade, les talibans connaissent une forme de normalisation progressive.<\/p>\n<p>Cette normalisation ne signifie pas n\u00e9cessairement reconnaissance juridique ou politique. Les \u00c9tats qui avaient initialement refus\u00e9 tout contact avec l\u2019\u00c9mirat ont progressivement accept\u00e9 de traiter avec ses repr\u00e9sentants sur des questions concr\u00e8tes : s\u00e9curit\u00e9, migration, lutte contre le terrorisme, \u00e9changes de prisonniers, aide humanitaire ou commerce.<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution est particuli\u00e8rement visible chez certains acteurs r\u00e9gionaux, mais elle touche d\u00e9sormais \u00e9galement les pays occidentaux.\u00a0<br \/>La question des rapatriements et expulsions illustre particuli\u00e8rement bien cette contradiction. Les discussions entre repr\u00e9sentants afghans et europ\u00e9ens sur le retour des migrants t\u00e9moignent d\u2019un changement de logique : les talibans ne sont plus seulement consid\u00e9r\u00e9s comme un r\u00e9gime dont il faut d\u00e9noncer les pratiques, mais \u00e9galement comme un interlocuteur avec lequel il faut n\u00e9gocier pour g\u00e9rer des int\u00e9r\u00eats concrets. Ainsi les imp\u00e9ratifs de realpolitik entrent en concurrence avec les principes proclam\u00e9s sur les droits de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p><span><span><strong>Rapatriements forc\u00e9s et installation d\u2019un cycle structurel de crise<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La quatri\u00e8me tendance concerne la dimension humanitaire et migratoire. L\u2019Afghanistan n\u2019est plus seulement un pays de d\u00e9part de migrants et de r\u00e9fugi\u00e9s ; il est devenu le th\u00e9\u00e2tre de l\u2019un des plus importants mouvements de rapatriements forc\u00e9s au monde.<\/p>\n<p>Au cours des cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, plusieurs millions d\u2019Afghans sont revenus d\u2019Iran et du Pakistan, souvent sous la contrainte. Selon les donn\u00e9es statistiques des Nations unies, quelque 6,3 millions de personnes ont \u00e9t\u00e9 contraintes de quitter ces deux pays depuis 2021.<\/p>\n<p>Ces retours interviennent dans un pays qui dispose de capacit\u00e9s extr\u00eamement limit\u00e9es pour absorber de nouvelles populations. La crise ne peut donc plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une simple urgence humanitaire, elle prend progressivement la forme d\u2019un cycle structurel : les retours forc\u00e9s aggravent la pauvret\u00e9, la pauvret\u00e9 accro\u00eet la pression sur les communaut\u00e9s d\u2019accueil, la faiblesse des perspectives \u00e9conomiques encourage \u00e0 son tour de nouvelles migrations irr\u00e9guli\u00e8res.<\/p>\n<p>Les chiffres humanitaires illustrent l\u2019ampleur du probl\u00e8me. Des dizaines de millions d\u2019Afghans d\u00e9pendent encore de l\u2019assistance internationale et des millions sont confront\u00e9s \u00e0 l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire. La diminution progressive des financements internationaux r\u00e9duit parall\u00e8lement la capacit\u00e9 des organisations humanitaires \u00e0 r\u00e9pondre aux besoins.<\/p>\n<p>L\u2019enjeu n\u2019est donc plus seulement de financer l\u2019aide d\u2019urgence, mais de reconstruire les conditions minimales d\u2019un d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n<p><span><span><strong>Une crise dont la responsabilit\u00e9 ne peut \u00eatre imput\u00e9e aux seuls talibans<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La cinqui\u00e8me tendance est politiquement plus sensible. La crise afghane ne peut \u00eatre expliqu\u00e9e exclusivement par la politique du r\u00e9gime taliban. Si les restrictions impos\u00e9es aux femmes, les atteintes aux libert\u00e9s publiques et l\u2019exclusion politique ont incontestablement aggrav\u00e9 les difficult\u00e9s \u00e9conomiques et sociales du pays, les cons\u00e9quences des politiques occidentales apr\u00e8s 2021 doivent \u00e9galement \u00eatre prises en compte.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s deux d\u00e9cennies de pr\u00e9sence internationale, l\u2019\u00e9conomie afghane \u00e9tait devenue profond\u00e9ment d\u00e9pendante de l\u2019aide ext\u00e9rieure. Le retrait occidental a donc provoqu\u00e9 un choc \u00e9conomique majeur. Une grande partie de l\u2019aide au d\u00e9veloppement a disparu, tandis que les \u00c9tats-Unis ont interrompu leur soutien financier direct aux institutions afghanes. Le gel d\u2019une partie des r\u00e9serves ext\u00e9rieures de la banque centrale a \u00e9galement consid\u00e9rablement r\u00e9duit la marge de man\u0153uvre du syst\u00e8me financier.<\/p>\n<p>Cette situation cr\u00e9e ce que certains analystes qualifient de \u00ab double peine \u00bb. La population afghane est prise entre, d\u2019une part, un r\u00e9gime autoritaire dont les politiques entravent les libert\u00e9s, l\u2019\u00e9ducation, l\u2019emploi et l\u2019investissement et, d\u2019autre part, des politiques ext\u00e9rieures qui, lorsqu\u2019elles frappent indistinctement les institutions et l\u2019\u00e9conomie, font \u00e9galement peser leurs cons\u00e9quences sur les populations civiles.<\/p>\n<p>La question centrale devient alors celle de la distinction entre sanctionner un r\u00e9gime et p\u00e9naliser une soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8re. Une politique destin\u00e9e \u00e0 exercer une pression sur les talibans peut devenir contre-productive si elle contribue \u00e0 affaiblir davantage les institutions \u00e9conomiques, \u00e0 accro\u00eetre la d\u00e9pendance humanitaire et \u00e0 r\u00e9duire les perspectives de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p><span><span><strong>Sortir de l\u2019impasse<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Cinq ans apr\u00e8s le retour des talibans, l\u2019Afghanistan n\u2019est donc ni un \u00c9tat effondr\u00e9 ni un pays normalis\u00e9. Il se trouve dans une zone grise durable : un r\u00e9gime politiquement stable, progressivement r\u00e9int\u00e9gr\u00e9 dans certains r\u00e9seaux diplomatiques r\u00e9gionaux, mais toujours largement isol\u00e9 sur le plan international et confront\u00e9 \u00e0 une crise humanitaire et sociale profonde.<\/p>\n<p>La communaut\u00e9 internationale est, elle aussi, confront\u00e9e \u00e0 un dilemme. Maintenir un isolement absolu n\u2019a pas conduit \u00e0 un changement fondamental de comportement des talibans. Une normalisation sans conditions risquerait, \u00e0 l\u2019inverse, de consacrer des politiques qui violent les droits fondamentaux, notamment ceux des femmes et des filles.<\/p>\n<p>La voie la plus r\u00e9aliste semble donc \u00eatre celle d\u2019un engagement conditionnel, diff\u00e9renciant clairement les relations avec les autorit\u00e9s de Kaboul du soutien \u00e0 la population afghane. Il s\u2019agit de maintenir la pression sur les responsables des violations des droits humains tout en \u00e9vitant que les sanctions et l\u2019isolement \u00e9conomique ne se transforment en sanctions collectives contre la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019aide humanitaire doit, parall\u00e8lement, cesser d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une solution durable. Elle doit servir de pont vers la reconstruction des moyens de subsistance, l\u2019emploi, l\u2019\u00e9ducation et les services essentiels. La question des retours forc\u00e9s doit \u00e9galement \u00eatre abord\u00e9e comme un probl\u00e8me de d\u00e9veloppement et de protection, et non comme une simple question migratoire.<\/p>\n<p>L\u2019Afghanistan ne pourra donc sortir de sa solitude ni par une reconnaissance pr\u00e9cipit\u00e9e du r\u00e9gime ni par un isolement sans perspective. C\u2019est \u00e0 cette condition que le cinqui\u00e8me anniversaire du retour des talibans pourra constituer le point de d\u00e9part d\u2019une nouvelle approche internationale de l\u2019Afghanistan.<\/p>\n<p><strong>Mourad Bourehla<\/strong><br \/><span><em>Ancien ambassadeur<\/em><\/span><\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/38383-mourad-bourehla-cinq-ans-de-solitude-l-afghanistan-sous-les-talibans-entre-normalisation-et-crise-permanente\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Mourad Bourehla. Ancien ambassadeur &#8211; Le 15 ao\u00fbt 2026 marque le cinqui\u00e8me anniversaire du retour des talibans au pouvoir \u00e0 Kaboul et de la restauration de l\u2019\u00c9mirat islamique d\u2019Afghanistan. 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