{"id":191227,"date":"2026-08-26T13:00:58","date_gmt":"2026-08-26T17:00:58","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ahmed-guidara-la-cpscl-peut-elle-devenir-la-locomotive-du-financement-climatique-des-collectivites-tunisiennes\/"},"modified":"2026-08-26T13:00:58","modified_gmt":"2026-08-26T17:00:58","slug":"ahmed-guidara-la-cpscl-peut-elle-devenir-la-locomotive-du-financement-climatique-des-collectivites-tunisiennes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/ahmed-guidara-la-cpscl-peut-elle-devenir-la-locomotive-du-financement-climatique-des-collectivites-tunisiennes\/","title":{"rendered":"Ahmed Guidara: La CPSCL peut-elle devenir la locomotive du financement climatique des collectivit\u00e9s tunisiennes?"},"content":{"rendered":"<p><span><span><strong>Par Ahmed Guidara &#8211;<\/strong><\/span><\/span> Vagues de chaleur plus longues et plus intenses, pluies torrentielles concentr\u00e9es sur quelques heures, crues \u00e9clair dans des quartiers non pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 absorber ces d\u00e9bits: le d\u00e9r\u00e8glement climatique change d\u00e9j\u00e0 le quotidien des communes tunisiennes. Face \u00e0 cela, ce sont des interventions tr\u00e8s concr\u00e8tes qui s&rsquo;imposent \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle locale \u2014 installer des ombri\u00e8res sur les places et les axes pi\u00e9tons pour r\u00e9duire l&rsquo;exposition \u00e0 la chaleur, dimensionner et poser des buses capables d&rsquo;absorber des pics de ruissellement de plus en plus violents, \u00e9tendre et moderniser les r\u00e9seaux de drainage des eaux pluviales dans des quartiers historiquement sous-\u00e9quip\u00e9s. Ce sont l\u00e0 des investissements d&rsquo;infrastructure lourds, r\u00e9currents, et dont le co\u00fbt d\u00e9passe largement les capacit\u00e9s budg\u00e9taires ordinaires de la plupart des municipalit\u00e9s.<\/p>\n<p>Ces projets ont un point commun: ils rel\u00e8vent typiquement de l&rsquo;adaptation au changement climatique, exactement le type d&rsquo;investissement que financent en priorit\u00e9 les guichets climatiques internationaux comme le Fonds vert pour le climat (FVC). Encore faut-il que les communes disposent d&rsquo;un partenaire financier capable de mobiliser ces ressources concessionnelles fl\u00e9ch\u00e9es climat \u2014 et non de simples pr\u00eats classiques, mal calibr\u00e9s pour ce type de projet. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que se pose la question du r\u00f4le de la Caisse des Pr\u00eats et de Soutien des Collectivit\u00e9s Locales (CPSCL), banquier historique des communes tunisiennes.<\/p>\n<p>Un exemple r\u00e9gional illustre la voie \u00e0 suivre. Au Maroc, le Fonds d&rsquo;\u00e9quipement communal (FEC) \u2014 homologue direct de la CPSCL \u2014 vient de franchir une \u00e9tape d\u00e9cisive: il a s\u00e9lectionn\u00e9 un cabinet sp\u00e9cialis\u00e9 pour pr\u00e9parer son dossier d&rsquo;accr\u00e9ditation aupr\u00e8s du FVC. L&rsquo;objectif est limpide \u2014 acc\u00e9der directement aux ressources climatiques internationales, en qualit\u00e9 d&rsquo;entit\u00e9 de mise en \u0153uvre, sans passer par un interm\u00e9diaire international. Un signal fort, qui invite \u00e0 se poser la question, c\u00f4t\u00e9 tunisien : la CPSCL pourrait-elle emprunter la m\u00eame voie?<\/p>\n<p>\u00c0 ce jour, rien n&rsquo;indique que la CPSCL ait engag\u00e9 une telle d\u00e9marche. Aucun appel d&rsquo;offres, aucune annonce, aucun cabinet mandat\u00e9 pour pr\u00e9parer un dossier d&rsquo;accr\u00e9ditation aupr\u00e8s du FVC. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce silence qui interroge: au regard de son anciennet\u00e9, de son expertise et du pr\u00e9c\u00e9dent national qu&rsquo;offre d\u00e9sormais l&rsquo;Agence de promotion des investissements agricoles (APIA), la CPSCL a toutes les cartes en main pour lancer ce chantier \u2014 mais elle ne l&rsquo;a pas encore fait.<\/p>\n<p><span><span><strong>Une doyenne du financement local, taill\u00e9e pour ce r\u00f4le<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Peu d&rsquo;institutions financi\u00e8res tunisiennes peuvent se pr\u00e9valoir d&rsquo;une telle ant\u00e9riorit\u00e9. La Caisse des pr\u00eats communaux tunisiens est cr\u00e9\u00e9e par d\u00e9cret le 15 d\u00e9cembre 1902. Elle devient Caisse des Pr\u00eats aux Communes en 1932, puis se transforme, par la loi n\u00b075-37 du 14 mai 1975, en Caisse des Pr\u00eats et de Soutien des Collectivit\u00e9s Locales, dot\u00e9e de la personnalit\u00e9 civile et de l&rsquo;autonomie financi\u00e8re. Apr\u00e8s une restructuration en 1992, elle est finalement r\u00e9organis\u00e9e en \u00e9tablissement public \u00e0 caract\u00e8re non administratif par le d\u00e9cret du 31 mars 1997.<\/p>\n<p>Cette long\u00e9vit\u00e9 n&rsquo;est pas qu&rsquo;un argument d&rsquo;image. Elle traduit plus d&rsquo;un si\u00e8cle d&rsquo;expertise accumul\u00e9e dans l&rsquo;instruction, le financement et le suivi des projets communaux : montage de pr\u00eats \u00e0 5, 7, 10 et 15 ans, octroi de subventions et de bonifications, assistance technique aux 350 municipalit\u00e9s du pays, \u00e9valuation de leur performance financi\u00e8re et de leur capacit\u00e9 de mise en \u0153uvre. C&rsquo;est exactement le socle de comp\u00e9tences que le FVC exige de ses entit\u00e9s accr\u00e9dit\u00e9es \u2014 gestion financi\u00e8re rigoureuse, sauvegardes environnementales et sociales, capacit\u00e9 \u00e0 instruire, d\u00e9caisser et suivre des projets sur la dur\u00e9e. La CPSCL n&rsquo;aurait donc pas \u00e0 construire cette expertise de toutes pi\u00e8ces: elle aurait \u00e0 la faire certifier selon les standards internationaux, puis \u00e0 la r\u00e9orienter vers des financements explicitement fl\u00e9ch\u00e9s climat.<\/p>\n<p><span><span><strong>Un savoir-faire d\u00e9j\u00e0 \u00e9prouv\u00e9 aupr\u00e8s des bailleurs internationaux<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de son anciennet\u00e9 institutionnelle, la CPSCL dispose d&rsquo;un atout souvent sous-estim\u00e9: une ing\u00e9nierie interne d\u00e9j\u00e0 calibr\u00e9e aux exigences des grands bailleurs multilat\u00e9raux. La Caisse affiche un taux d&rsquo;encadrement \u00e9lev\u00e9, avec des \u00e9quipes structur\u00e9es autour d&rsquo;ing\u00e9nieurs et d&rsquo;analystes financiers charg\u00e9s d&rsquo;instruire, d&rsquo;\u00e9valuer et de suivre chaque sous-projet communal \u2014 de la faisabilit\u00e9 technique au montage financier, jusqu&rsquo;au d\u00e9caissement et au contr\u00f4le d&rsquo;ex\u00e9cution. Cette capacit\u00e9 d&rsquo;ing\u00e9nierie n&rsquo;est pas th\u00e9orique: elle est mobilis\u00e9e au quotidien sur des centaines de sous-projets communaux r\u00e9partis sur l&rsquo;ensemble du territoire.<\/p>\n<p>La CPSCL est surtout rompue, depuis plusieurs ann\u00e9es, aux exigences des Plans de gestion environnementale et sociale (PGES) et des \u00c9valuations des syst\u00e8mes environnementaux et sociaux (ESES) \u2014 les m\u00eames standards que ceux exig\u00e9s par le FVC pour ses entit\u00e9s accr\u00e9dit\u00e9es. Elle assure en effet le r\u00f4le d&rsquo;agence d&rsquo;ex\u00e9cution du Programme de d\u00e9veloppement urbain et de la gouvernance locale (PDUGL), un programme cofinanc\u00e9 par la Banque mondiale \u00e0 hauteur de 1 220 millions de dinars, structur\u00e9 sous la forme d&rsquo;un Programme pour les r\u00e9sultats (PforR). Dans ce cadre, la CPSCL a pr\u00e9par\u00e9 le Manuel technique de l&rsquo;\u00e9valuation environnementale et sociale qui encadre le classement, l&rsquo;instruction et le suivi environnemental et social de chaque sous-projet communal financ\u00e9 par le programme, et elle supervise la production, commune par commune, des PGES exig\u00e9s pour tout sous-projet \u00e0 impact significatif.<\/p>\n<p>oncr\u00e8tement, cela signifie que la CPSCL sait d\u00e9j\u00e0 classer un projet par cat\u00e9gorie de risque, exiger et valider un PGES, organiser des consultations publiques avec les populations affect\u00e9es, et rendre compte \u00e0 un bailleur international selon des proc\u00e9dures de sauvegarde formalis\u00e9es.<\/p>\n<p>Ce compagnonnage de longue date avec la Banque mondiale, mais aussi avec d&rsquo;autres partenaires techniques et financiers intervenus aux c\u00f4t\u00e9s du PDUGL, a dot\u00e9 la CPSCL d&rsquo;une culture de gestion des risques environnementaux et sociaux, de reporting fiduciaire et de suivi-\u00e9valuation directement transposable aux exigences du FVC. L\u00e0 o\u00f9 d&rsquo;autres institutions candidates \u00e0 l&rsquo;accr\u00e9ditation doivent construire ce dispositif de toutes pi\u00e8ces, la CPSCL n&rsquo;aurait, pour l&rsquo;essentiel, qu&rsquo;\u00e0 formaliser et certifier un savoir-faire d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre sur le terrain depuis pr\u00e8s d&rsquo;une d\u00e9cennie.<\/p>\n<p><span><span><strong>Un pr\u00e9c\u00e9dent tunisien qui ouvre la voie<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>La CPSCL ne partirait pas d&rsquo;une page blanche institutionnelle. Fin octobre 2025, \u00e0 l&rsquo;occasion de la 43\u1d49 r\u00e9union du Conseil du FVC \u00e0 Songdo, en Cor\u00e9e du Sud, la Tunisie a inscrit sa premi\u00e8re entit\u00e9 nationale directement accr\u00e9dit\u00e9e aupr\u00e8s du Fonds : l&rsquo;APIA, agence relevant du minist\u00e8re de l&rsquo;Agriculture. Ce pr\u00e9c\u00e9dent d\u00e9montre trois choses. D&rsquo;abord, qu&rsquo;une institution publique tunisienne peut satisfaire aux exigences de gouvernance financi\u00e8re et de garanties environnementales et sociales du FVC. Ensuite, qu&rsquo;un acc\u00e8s direct \u2014 sans interm\u00e9diaire multilat\u00e9ral \u2014 est concr\u00e8tement accessible \u00e0 un acteur national de taille moyenne, \u00e0 condition de pr\u00e9parer s\u00e9rieusement le dossier. Enfin, que le FVC, qui compte \u00e0 ce jour 158 entit\u00e9s accr\u00e9dit\u00e9es dont 106 \u00e0 acc\u00e8s direct, cherche activement \u00e0 diversifier ses partenaires d&rsquo;ex\u00e9cution nationaux, y compris dans des pays \u00e0 revenu interm\u00e9diaire comme la Tunisie.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;agriculture a d\u00e9sormais sa porte d&rsquo;entr\u00e9e directe au FVC, le secteur communal \u2014 pourtant en premi\u00e8re ligne de l&rsquo;adaptation \u2014 n&rsquo;en a toujours pas.<\/p>\n<p><span><span><strong>Les municipalit\u00e9s, maillon central de l&rsquo;adaptation climatique<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>C&rsquo;est l\u00e0 que r\u00e9side l&rsquo;enjeu le plus urgent. Contrairement \u00e0 l&rsquo;att\u00e9nuation, largement pilot\u00e9e par les politiques \u00e9nerg\u00e9tiques nationales et les grands op\u00e9rateurs industriels, l&rsquo;adaptation au changement climatique se joue d&rsquo;abord \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle locale \u2014 dans la gestion de l&rsquo;eau, l&rsquo;assainissement, la voirie, les espaces verts, la collecte des d\u00e9chets et l&rsquo;am\u00e9nagement urbain. Ce sont les communes qui g\u00e8rent les r\u00e9seaux de drainage pluvial, qui autorisent ou refusent l&rsquo;urbanisation des zones inondables, qui entretiennent les infrastructures expos\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9rosion c\u00f4ti\u00e8re ou au stress hydrique, et qui sont en premi\u00e8re ligne lorsque surviennent crues \u00e9clair, vagues de chaleur ou p\u00e9nuries d&rsquo;eau. Les Contributions d\u00e9termin\u00e9es au niveau national (CDN) de la Tunisie elles-m\u00eames appellent \u00e0 une meilleure int\u00e9gration de l&rsquo;adaptation dans la planification territoriale, aux niveaux national et local.<\/p>\n<p>Or, sans un partenaire financier capable de mobiliser des ressources concessionnelles sp\u00e9cifiquement climat, les municipalit\u00e9s tunisiennes restent cantonn\u00e9es \u00e0 des pr\u00eats classiques, mal calibr\u00e9s pour des investissements d&rsquo;adaptation dont le retour n&rsquo;est pas toujours financier mais avant tout un retour en r\u00e9silience \u00e9vit\u00e9e \u2014 inondations moins destructrices, r\u00e9seaux d&rsquo;eau moins vuln\u00e9rables, \u00eelots de chaleur urbains att\u00e9nu\u00e9s. Trois dynamiques rendent aujourd&rsquo;hui ce d\u00e9ficit particuli\u00e8rement criant:<\/p>\n<p><span><strong>\u2022 L&rsquo;\u00e9chelon communal s&rsquo;impose comme le niveau pertinent de l&rsquo;action climatique.<\/strong><\/span> La d\u00e9centralisation et le nouveau Code des collectivit\u00e9s locales ont transf\u00e9r\u00e9 aux municipalit\u00e9s des comp\u00e9tences \u00e9largies en mati\u00e8re d&rsquo;environnement et d&rsquo;am\u00e9nagement, sans transf\u00e9rer en parall\u00e8le un acc\u00e8s \u00e0 des guichets climatiques d\u00e9di\u00e9s.<\/p>\n<p><span><strong>\u2022 L&rsquo;exposition climatique s&rsquo;aggrave.<\/strong><\/span> Inondations urbaines r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, stress hydrique croissant, \u00e9rosion du littoral: les investissements communaux deviennent de facto des priorit\u00e9s d&rsquo;adaptation \u2014 exactement le type de projets que le FVC finance en priorit\u00e9, aux c\u00f4t\u00e9s de l&rsquo;att\u00e9nuation.<\/p>\n<p><span><strong>\u2022 La demande d\u00e9passe l&rsquo;offre.<\/strong><\/span> Sans acc\u00e8s direct \u00e0 des guichets climatiques, les collectivit\u00e9s tunisiennes restent d\u00e9pendantes de programmes port\u00e9s par des partenaires techniques et financiers (PTF) internationaux, souvent moins ancr\u00e9s dans le tissu communal, moins r\u00e9actifs et moins familiers des r\u00e9alit\u00e9s locales que ne le serait la CPSCL.<\/p>\n<p><span><span><strong>Quels m\u00e9canismes et v\u00e9hicules financiers pour la CPSCL?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>Devenir entit\u00e9 accr\u00e9dit\u00e9e du FVC n&rsquo;est pas un aboutissement en soi: c&rsquo;est un statut qui ouvre l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 une palette d&rsquo;instruments que la CPSCL pourrait mobiliser et red\u00e9ployer vers les communes. Plusieurs pistes de v\u00e9hicules financiers m\u00e9ritent d&rsquo;\u00eatre pos\u00e9es sur la table:<\/p>\n<p><span><strong>\u2022 Une ligne de cr\u00e9dit climat d\u00e9di\u00e9e,<\/strong><\/span> adoss\u00e9e \u00e0 des ressources concessionnelles du FVC, permettant \u00e0 la CPSCL de proposer aux communes des pr\u00eats \u00e0 taux bonifi\u00e9 sp\u00e9cifiquement fl\u00e9ch\u00e9s vers des projets d&rsquo;adaptation (r\u00e9habilitation de r\u00e9seaux de drainage, protection c\u00f4ti\u00e8re, gestion des eaux pluviales) ou d&rsquo;att\u00e9nuation (\u00e9clairage public basse consommation, photovolta\u00efque communal, flottes de collecte \u00e9lectrifi\u00e9es).<\/p>\n<p><span><strong>\u2022 Un guichet de subventions et de bonifications climat,<\/strong><\/span> compl\u00e9mentaire aux pr\u00eats, pour financer les \u00e9tudes de vuln\u00e9rabilit\u00e9, les plans d&rsquo;adaptation locaux et l&rsquo;assistance technique aux petites communes qui n&rsquo;ont pas l&rsquo;ing\u00e9nierie n\u00e9cessaire pour monter seules un dossier bancable.<\/p>\n<p><span><strong>\u2022 Un m\u00e9canisme de garantie ou de partage de risque,<\/strong><\/span> pour r\u00e9duire le co\u00fbt du financement des projets communaux jug\u00e9s plus risqu\u00e9s par les bailleurs classiques, en s&rsquo;appuyant sur les standards de sauvegarde environnementale et sociale exig\u00e9s par le FVC.<\/p>\n<p><span><strong>\u2022 Un programme d&rsquo;acc\u00e8s facilit\u00e9 (\u00abReadiness Programme\u00bb) du FVC,<\/strong><\/span> que la CPSCL pourrait solliciter en amont de l&rsquo;accr\u00e9ditation elle-m\u00eame, pour financer la pr\u00e9paration de son dossier, la mise \u00e0 niveau de son syst\u00e8me de gestion environnementale et sociale, et le renforcement de ses capacit\u00e9s internes \u2014 une voie que l&rsquo;APIA et le FEC marocain ont tous deux emprunt\u00e9e.<\/p>\n<p><span><strong>\u2022 Un fonds de blending national,<\/strong><\/span> associant ressources du FVC, cofinancements bilat\u00e9raux et ressources propres de la CPSCL, pour d\u00e9multiplier l&rsquo;effet de levier et proposer aux communes un guichet unique, plut\u00f4t qu&rsquo;une mosa\u00efque de programmes port\u00e9s par diff\u00e9rents PTF.<\/p>\n<p>Aucun de ces instruments n&rsquo;est hors de port\u00e9e. Le FEC marocain, avec lequel la CPSCL partage largement le m\u00eame m\u00e9tier \u2014 banquier des collectivit\u00e9s locales \u2014 a choisi de s&rsquo;y engager formellement en mandatant un cabinet sp\u00e9cialis\u00e9. L&rsquo;APIA, en Tunisie m\u00eame, a d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;un acteur public national pouvait aboutir en quelques mois \u00e0 une accr\u00e9ditation compl\u00e8te. La CPSCL, elle, part avec une longueur d&rsquo;avance: une ing\u00e9nierie d\u00e9j\u00e0 rompue aux proc\u00e9dures fiduciaires et environnementales des bailleurs internationaux, acquise sur le terrain \u00e0 travers le PDUGL et ses partenariats avec la Banque mondiale.<\/p>\n<p><span><span><strong>Un chantier \u00e0 ouvrir, pas \u00e0 improviser<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>L&rsquo;accr\u00e9ditation aupr\u00e8s du FVC est un processus exigeant, qui suppose une mise \u00e0 niveau de la gouvernance financi\u00e8re, des syst\u00e8mes de gestion des risques environnementaux et sociaux, et des m\u00e9canismes de suivi-\u00e9valuation des projets. Ce n&rsquo;est toutefois pas un chantier \u00e0 b\u00e2tir depuis z\u00e9ro pour la CPSCL : son exp\u00e9rience d&rsquo;agence d&rsquo;ex\u00e9cution du PDUGL aux c\u00f4t\u00e9s de la Banque mondiale, son taux d&rsquo;encadrement \u00e9lev\u00e9 en ing\u00e9nieurs et analystes financiers, et sa pratique courante des PGES constituent un socle rarement r\u00e9uni par un candidat \u00e0 l&rsquo;accr\u00e9ditation. Reste, comme pour l&rsquo;APIA avant elle et le FEC aujourd&rsquo;hui, \u00e0 s&rsquo;appuyer sur une assistance technique sp\u00e9cialis\u00e9e pour transformer cette exp\u00e9rience de terrain en dossier de candidature formel.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;absence de toute d\u00e9marche engag\u00e9e \u00e0 ce jour a un co\u00fbt d&rsquo;opportunit\u00e9 r\u00e9el. Chaque cycle de projet retard\u00e9 est un cycle de financement climat qui continue de transiter par des canaux moins ancr\u00e9s localement, avec des d\u00e9lais d&rsquo;instruction plus longs et une connaissance plus limit\u00e9e des priorit\u00e9s communales tunisiennes. Le pr\u00e9c\u00e9dent marocain, comme le pr\u00e9c\u00e9dent de l&rsquo;APIA, montre que la fen\u00eatre est ouverte. Reste \u00e0 savoir si la CPSCL choisira de la franchir \u2014 et de devenir, \u00e0 son tour, la locomotive du financement climatique des collectivit\u00e9s tunisiennes.<\/p>\n<p><strong>Ahmed Guidara\u00a0<\/strong><br \/><span><em>Conseiller des services publics et directeur g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la commune de Sfax<\/em><\/span><br \/>\u00a0<\/p>\n<p>Auteur:<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.leaders.com.tn\/article\/38394-ahmed-guidara-la-cpscl-peut-elle-devenir-la-locomotive-du-financement-climatique-des-collectivites-tunisiennes\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Ahmed Guidara &#8211; Vagues de chaleur plus longues et plus intenses, pluies torrentielles concentr\u00e9es sur quelques heures, crues \u00e9clair dans des quartiers non pr\u00e9par\u00e9s \u00e0 absorber ces d\u00e9bits: le d\u00e9r\u00e8glement climatique change d\u00e9j\u00e0 le quotidien des communes tunisiennes. 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