{"id":19154,"date":"2019-03-03T04:00:01","date_gmt":"2019-03-03T09:00:01","guid":{"rendered":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/500-000-emplois-des-chiffres-interrogateurs-alors-que-le-sous-emploi-gagne-du-terrain\/"},"modified":"2019-03-03T04:00:01","modified_gmt":"2019-03-03T09:00:01","slug":"500-000-emplois-des-chiffres-interrogateurs-alors-que-le-sous-emploi-gagne-du-terrain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/linitiative.ca\/International\/500-000-emplois-des-chiffres-interrogateurs-alors-que-le-sous-emploi-gagne-du-terrain\/","title":{"rendered":"500 000 emplois: des chiffres interrogateurs alors que le sous-emploi gagne du terrain"},"content":{"rendered":"<p>Patrick Bilong, ag\u00e9 de 27 ans est \u00ab\u00a0call-boxeur\u00a0\u00bb au quartier Melen depuis pr\u00e8s de trois ans d\u00e9j\u00e0. Sur son tabouret en bois plac\u00e9 au-dessous d\u2019un parasol qui lui sert de kiosque, il exerce quotidiennement son activit\u00e9 pr\u00e8s d\u2019un centre de sant\u00e9 de la place. Une activit\u00e9 qui ne lui garantit pas un confort total, mais au moins lui permet de satisfaire quelques besoins essentiels\u00a0: \u00ab<em>\u00a0Je ne gagne pas grand-chose mais je g\u00e8re le peu que \u00e7a me donne. Dans la mesure o\u00f9 j\u2019ai quitt\u00e9 la maison familiale et je suis all\u00e9 en location gr\u00e2ce au call-box, je peux dire que je m\u2019en sors. Mais s\u2019il faut regarder le fait que je puisse b\u00e2tir un futur, avoir une maison propre \u00e0 moi, des enfants, je dirai non parce que c\u2019est trop minable pour r\u00e9aliser cela<\/em> \u00bb. Titulaire d\u2019une licence puis d\u2019un master 2 en droit public obtenus \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Yaound\u00e9 II-Soa, Patrick a beau faire des concours en vue d\u2019un recrutement \u00e0 la fonction publique, d\u00e9poser des demandes de recrutement dans des structures aussi bien publiques que priv\u00e9es, mais aucun ne lui a souri jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>Comme lui, Roland Abomo, gagne son pain dans la vente de chaussures pour femme tous les matins\u00a0au march\u00e9 du Rond-point express, avant de se rendre \u00e0 l\u2019Institut sup\u00e9rieur Siantou de Yaound\u00e9 pour poursuivre sa formation en Communication d\u2019entreprises. En effet, depuis l\u2019obtention de son baccalaur\u00e9at A4 en 2013 puis sa licence en sociologie \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I, Roland s\u2019est rendu compte de ce qu\u2019il n\u2019avait \u00ab<em>\u00a0concr\u00e8tement aucun savoir-faire\u00a0<\/em>\u00bb qui puisse lui permettre de trouver un emploi g\u00e9n\u00e9rateur de revenus dans son domaine d\u2019activit\u00e9. Raison pour laquelle il a opt\u00e9 pour une autre formation, cette fois \u00ab<em>\u00a0professionnelle et r\u00e9pondant aux exigences actuelles du march\u00e9 de l\u2019emploi<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote readability=\"10\">\n<p>Des chiffres qui semblent incroyables et loin de la r\u00e9alit\u00e9, au regard du taux de ch\u00f4mage remarquable, estim\u00e9 \u00e0 <strong>27%<\/strong> en 2016, et du taux de sous-emploi particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 (plus de <strong>70%<\/strong>) au Cameroun<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Comme eux, plusieurs autres camerounais sont dans la m\u00eame situation\u00a0: vendeurs de chaussures, de v\u00eatements, de mat\u00e9riels \u00e9lectroniques, de denr\u00e9es alimentaires, et autres produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9, on les retrouve dans presque toutes les art\u00e8res des quartiers et villes. Interrog\u00e9s, la plupart met en cause le ch\u00f4mage apr\u00e8s leurs \u00e9tudes acad\u00e9miques. En effet, si certains peuvent \u00eatre qualifi\u00e9s de sous scolaris\u00e9s, d\u2019autres en revanche n\u2019ont juste pas les profils requis par les employeurs de certaines structures. Une situation qui pousse les plus chanceux \u00e0 se r\u00e9orienter vers de nouveaux secteurs et qui suscite en m\u00eame temps des interrogations quant aux types d\u2019emplois que l\u2019Etat dit et projette cr\u00e9er chaque ann\u00e9e, notamment les 500\u00a0000 emplois annonc\u00e9s pour l\u2019ann\u00e9e 2019.<\/p>\n<p>Rappelons que le taux de ch\u00f4mage est de 27% en 2016. Et qu\u2019en milieu urbain, il est plus \u00e9lev\u00e9 chez les personnes ayant suivi un cursus acad\u00e9mique g\u00e9n\u00e9ral que ceux ayant suivi un cursus technique ou professionnel selon des statistiques du minist\u00e8re de l\u2019emploi et de la formation professionnelle publi\u00e9es en 2016. Le sous-emploi, de plus en plus grandissant, est quant \u00e0 lui est \u00e9valu\u00e9 \u00e0 75,8% selon la m\u00eame institution.<\/p>\n<p><strong>Curiosit\u00e9 sur les 500 000 emplois de Paul Biya<\/strong><\/p>\n<p>Dans son adresse \u00e0 la jeunesse de son pays au soir du 10 f\u00e9vrier, veille de la f\u00eate consacr\u00e9e \u00e0 cette tranche de la population en effet, Paul Biya a annonc\u00e9 avoir cr\u00e9\u00e9 plus de 500 000 emplois pour la seule ann\u00e9e 2018. Le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique indique ces emplois proviennent des \u00ab\u00a0<em>projets agricoles, routiers et\u00a0infrastructurels, ainsi que des travaux men\u00e9s par les collectivit\u00e9s territoriales d\u00e9centralis\u00e9es\u00a0<\/em>\u00bb. Le chef de l\u2019Etat table encore sur au moins 500 000 emplois pour l\u2019ann\u00e9e 2019 en cours. Des chiffres qui semblent incroyables et loin de la r\u00e9alit\u00e9, au regard du taux de ch\u00f4mage remarquable, estim\u00e9 \u00e0 <strong>27%<\/strong> en 2016, et du taux de sous-emploi particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 (plus de <strong>70%<\/strong>) au Cameroun. Pour les autorit\u00e9s en charge de l\u2019Emploi et de la formation professionnelle pourtant, ces chiffres sont plut\u00f4t modestes, vu le processus de comptage qui ignore une bonne part d\u2019emplois cr\u00e9\u00e9s. A l\u2019instar des emplois indirects que g\u00e9n\u00e8re l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un march\u00e9 public, et les sous-traitants d\u2019entreprises de t\u00e9l\u00e9phonie mobile, expliquent les services du minist\u00e8re de l\u2019Emploi et de la formation professionnelle (<strong>Minefop<\/strong>). Les activit\u00e9s de revendeurs de cr\u00e9dit de communication et de mototaxis ne font pas partie des 500 000 emplois annonc\u00e9s par les autorit\u00e9s, m\u00eame s\u2019ils constituent des emplois, tel que d\u00e9finis par le Bureau international du travail (BIT).<\/p>\n<p><span class=\"c2\">D\u00e9but encadre<\/span><\/p>\n<hr\/>\n<p><strong>Comment se fait le comptage des emplois<\/strong><\/p>\n<p>Selon le responsable de la cellule de communication du Minefop, le comptage des emplois cr\u00e9\u00e9s se fait gr\u00e2ce notamment aux formulaires de collecte et rapports transmis au niveau central par les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s r\u00e9gionaux, des contrats d\u2019embauche mis \u00e0 leur disposition, ainsi que des chiffres de l\u2019observatoire national de l\u2019emploi. S\u2019il ne revient pas au Minefop de cr\u00e9er les emplois en question, l\u2019institution se charge de mettre en place un r\u00e9seau pour assurer la collecte des informations y aff\u00e9rentes. Chaque entreprise qui recrute a donc obligation d\u2019informer le Minefop, autorit\u00e9 en charge de la r\u00e9gulation de la main d\u2019\u0153uvre au Cameroun. D\u2019apr\u00e8s le responsable du Minefop, il faut prendre en compte le nombre d\u2019entreprises au Cameroun (2000 grandes entreprises selon l\u2019Institut national de la statistique), ainsi que les petites entreprises cr\u00e9\u00e9es au niveau du minist\u00e8re des Petites et moyennes entreprises, notamment dans les Centres de formalit\u00e9 et de cr\u00e9ation d\u2019entreprises (Cfce). \u00ab\u00a0<strong>Chaque entreprise cr\u00e9\u00e9e \u00e9quivaut \u00e0 au moins un emploi cr\u00e9\u00e9<\/strong>\u00a0\u00bb, explique le responsable du Minefop.<\/p>\n<p>Les sources de donn\u00e9es du minist\u00e8re de l\u2019Emploi et de la formation professionnelle (Minefop) affichent un total de <strong>506 025 emplois<\/strong> cr\u00e9\u00e9s au 31 d\u00e9cembre 2018 par le \u00ab\u00a0secteur moderne\u00a0\u00bb de l\u2019\u00e9conomie. <strong>231 139 emplois<\/strong> dans les 10 r\u00e9gions\u00a0; les institutions du secteur de l\u2019emploi (<strong>FNE<\/strong> et <strong>Piaasi<\/strong>) totalisent 43 035 emplois nouveaux. 89 739 emplois dans les administrations publiques\u00a0; les autres entreprises et administrations priv\u00e9es telles que Peace Corps, Addax Petroleum, Cr\u00e9dit Foncier \u2026 ont g\u00e9n\u00e9r\u00e9 <strong>3 171 emplois<\/strong>\u00a0; alors que les projets et programmes sous tutelle du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture et du d\u00e9veloppement rural (Minader) ont produit <strong>755 emplois<\/strong>\u00a0; les projets de la CAN ont quant \u00e0 eux g\u00e9n\u00e9r\u00e9 au 30 juin 2018, 4 458 emplois directs\u00a0; le projet d\u2019appui \u00e0 la r\u00e9silience socio\u00e9conomique affiche 2 500 jeunes ins\u00e9r\u00e9s\u00a0; tandis que le projet Parse compte 280 jeunes. Calculette en main, l\u2019addition de ces chiffres donne un total de <strong>375 077 emplois<\/strong> cr\u00e9\u00e9s, bien en de\u00e7\u00e0 des 500 000 annonc\u00e9s par les autorit\u00e9s.<\/p>\n<p><span class=\"c2\">Fin encadr\u00e9<\/span><\/p>\n<hr\/>\n<p><strong>Le sous-emploi domine les chiffres<\/strong><\/p>\n<p>En scrutant de pr\u00e8s les chiffres du minist\u00e8re de l\u2019Emploi, l\u2019on se rend bien compte qu\u2019une bonne part d\u2019emplois g\u00e9n\u00e9r\u00e9s se recrute dans le sous-emploi. Les statistiques du Minefop prend notamment en compte les occupations de jeunes par les collectivit\u00e9s territoriales d\u00e9centralis\u00e9es comme celle de Douala qui a recrut\u00e9 2 150 jeunes, le projet Himo (777 emplois) et les filets sociaux (3 000 jeunes b\u00e9n\u00e9ficiaires) dans la r\u00e9gion du Nord, tout comme les projets de la CAN qui ont permis de g\u00e9n\u00e9rer 4 458 emplois. Ces emplois occupent les jeunes pendant une p\u00e9riode d\u00e9termin\u00e9e, et la r\u00e9mun\u00e9ration n\u2019est parfois pas garantie. Le temps pour ces derniers de se retrouver \u00e0 nouveau au ch\u00f4mage.<\/p>\n<div class=\"about-author about-author-box container-wrapper\">\n<div class=\"author-avatar\">\n<p><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/\" alt=\"\"\/><\/p>\n<\/div>\n<p><h4>La R\u00e9daction EcoMatin<\/h4>\n<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"awac-wrapper awac widget blog_subscription-2\">\n<h4 class=\"widget-title\">Abonnez-vous \u00e0 notre lettre d&rsquo;information<\/h4>\n<\/div>\n<p>Auteur: EcoMatin<br \/>\n<a href=\"https:\/\/ecomatin.net\/500-000-emplois-des-chiffres-interrogateurs-alors-que-le-sous-emploi-gagne-du-terrain\/\">Cliquez ici pour lire l&rsquo;article depuis sa source.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Patrick Bilong, ag\u00e9 de 27 ans est \u00ab\u00a0call-boxeur\u00a0\u00bb au quartier Melen depuis pr\u00e8s de trois ans d\u00e9j\u00e0. 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